Le Maroc essaye de bloquer la vente d’un trésor national à Paris

Un squelette de plésiosaure exporté illégalement sera vendu à l’hôtel Drouot à Paris le 7 mars prochain. Le ministère de l’Energie et des Mines a saisi le département marocain des Affaires étrangères pour rapatrier ce patrimoine national. La maison de vente aux enchères réfute l’illégalité de la transaction.

L’affaire a commencé par la publication d’un article dans le journal français Le Figaro annonçant que ce fossile complet à 75% estimé à 450.000 euros sera mis en vente à Paris le 7 mars prochain.

L'Association pour la Protection du Patrimoine Géologique du Maroc (APPGM) a alors dénoncé le pillage de ce plésiosaure marin vieux d'au moins 66 millions d'années (appelé Zarafasaura Oceanis) provenant du bassin des phosphates de Khouribga.

Joint par Médias24, Ahmed Benlakhdim qui dirige le département de la géologie au ministère de l’Energie et des mines confirme le caractère illégal de la sortie de cet exemplaire unique au monde et annonce que le ministère des Affaires étrangères a été saisi pour demander son rapatriement.

Selon lui, la sortie du territoire n'a pu se faire que clandestinement en plusieurs fois sachant qu’il pèse plusieurs tonnes (H 280 cm, L 840, L 370) et que l’exportation des vertébrés est strictement interdite.

"Nous avons préparé les documents administratifs et envoyé une note au MAE pour qu’il avise les autorités françaises de l’illégalité de la vente de ce trésor patrimonial et demander sa restitution à son pays d’origine", précise Benlakhdim.

Notre interlocuteur poursuit qu’il sera compliqué de bloquer la vente car il faudra d’abord prouver, à l’aide de documents la marocanité de ce spécimen, mais que la décision de rapatriement pourra être prise au niveau politique.

L’Ambassadeur du Maroc à Paris, Chakib Benmoussa, nous apprend quant à lui que ses services n’ont pas encore reçu de notification officielle pour entreprendre des démarches de rapatriement.

Contactée à son tour, la maison "Binoche et Giquello" chargée de la vente s’étonne, d’un ton très sec, d’une "fausse polémique" et affirme que la vente du squelette est légale car "il n’a jamais été volé au Maroc".

Un coup d’œil sur la fiche de la vente aux enchères à l’hôtel Drouot montre cependant que l’origine de l’élasmosaure (catégorie de plésiosaure) vieux de 66 à 145 millions d’années est bien marocaine. Or, l'exportation en est formellement interdite.

Selon l’étude Binoche et Giquello, les vérifications préalables de conformité commerciale pour le dédouanement ont été effectuées et le spécimen a été inspecté et contrôlé par les douanes et les autorités du patrimoine en Italie, avant les opérations de préparation.

Interrogé également par Médias24, Mohamed Amine Sbihi, ministre de la Culture, s’insurge contre le prétendu caractère légal de cette vente que défend la maison aux enchères car "quel que soit le chemin qu’a emprunté ce trésor national pour atterrir en France, toute découverte faite au Maroc lui appartient de facto".

En attendant de voir s’il pourra être rapatrié pour être exposé au musée marocain de l’Archéologie, aucun de nos interlocuteurs n’a été en mesure de localiser son emplacement après sa découverte en 2011 dans le bassin phosphatier de Oulad Abdoun (Oued Zem) et avant sa sortie illégale du Maroc.

Rappelons que ce reptile marin faisait partie des plus grands prédateurs de leur temps qui parcourait les vastes mers pendant les périodes Trias, Jurassique et Crétacé. Reconnaissable à son cou extrêmement long qui représentait plus de la moitié du corps, cette particularité lui a donné le surnom du monstre du Loch Ness. 

Lire aussi : Plésiosaure marocain vendu à Paris: que peut faire le Maroc?

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Un squelette de plésiosaure exporté illégalement sera vendu à l’hôtel Drouot à Paris le 7 mars prochain. Le ministère de l’Energie et des Mines a saisi le département marocain des Affaires étrangères pour rapatrier ce patrimoine national. La maison de vente aux enchères réfute l’illégalité de la transaction.

L’affaire a commencé par la publication d’un article dans le journal français Le Figaro annonçant que ce fossile complet à 75% estimé à 450.000 euros sera mis en vente à Paris le 7 mars prochain.

L'Association pour la Protection du Patrimoine Géologique du Maroc (APPGM) a alors dénoncé le pillage de ce plésiosaure marin vieux d'au moins 66 millions d'années (appelé Zarafasaura Oceanis) provenant du bassin des phosphates de Khouribga.

Joint par Médias24, Ahmed Benlakhdim qui dirige le département de la géologie au ministère de l’Energie et des mines confirme le caractère illégal de la sortie de cet exemplaire unique au monde et annonce que le ministère des Affaires étrangères a été saisi pour demander son rapatriement.

Selon lui, la sortie du territoire n'a pu se faire que clandestinement en plusieurs fois sachant qu’il pèse plusieurs tonnes (H 280 cm, L 840, L 370) et que l’exportation des vertébrés est strictement interdite.

"Nous avons préparé les documents administratifs et envoyé une note au MAE pour qu’il avise les autorités françaises de l’illégalité de la vente de ce trésor patrimonial et demander sa restitution à son pays d’origine", précise Benlakhdim.

Notre interlocuteur poursuit qu’il sera compliqué de bloquer la vente car il faudra d’abord prouver, à l’aide de documents la marocanité de ce spécimen, mais que la décision de rapatriement pourra être prise au niveau politique.

L’Ambassadeur du Maroc à Paris, Chakib Benmoussa, nous apprend quant à lui que ses services n’ont pas encore reçu de notification officielle pour entreprendre des démarches de rapatriement.

Contactée à son tour, la maison "Binoche et Giquello" chargée de la vente s’étonne, d’un ton très sec, d’une "fausse polémique" et affirme que la vente du squelette est légale car "il n’a jamais été volé au Maroc".

Un coup d’œil sur la fiche de la vente aux enchères à l’hôtel Drouot montre cependant que l’origine de l’élasmosaure (catégorie de plésiosaure) vieux de 66 à 145 millions d’années est bien marocaine. Or, l'exportation en est formellement interdite.

Selon l’étude Binoche et Giquello, les vérifications préalables de conformité commerciale pour le dédouanement ont été effectuées et le spécimen a été inspecté et contrôlé par les douanes et les autorités du patrimoine en Italie, avant les opérations de préparation.

Interrogé également par Médias24, Mohamed Amine Sbihi, ministre de la Culture, s’insurge contre le prétendu caractère légal de cette vente que défend la maison aux enchères car "quel que soit le chemin qu’a emprunté ce trésor national pour atterrir en France, toute découverte faite au Maroc lui appartient de facto".

En attendant de voir s’il pourra être rapatrié pour être exposé au musée marocain de l’Archéologie, aucun de nos interlocuteurs n’a été en mesure de localiser son emplacement après sa découverte en 2011 dans le bassin phosphatier de Oulad Abdoun (Oued Zem) et avant sa sortie illégale du Maroc.

Rappelons que ce reptile marin faisait partie des plus grands prédateurs de leur temps qui parcourait les vastes mers pendant les périodes Trias, Jurassique et Crétacé. Reconnaissable à son cou extrêmement long qui représentait plus de la moitié du corps, cette particularité lui a donné le surnom du monstre du Loch Ness. 

Lire aussi : Plésiosaure marocain vendu à Paris: que peut faire le Maroc?

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