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Dans un contexte incertain et hostile, le Maroc reste engagé pour la Palestine 

Lundi 25 juin 2018 à 14h33
Dans un contexte incertain et hostile, le Maroc reste engagé pour la Palestine
Départ des premiers avions des Forces Armées Royales pour acheminer l'aide et déployer l'hôpital de campagne marocain en Palestine. (Photo MAP)

13.000 blessés palestiniens par Israël depuis mars dernier, une ambassade américaine ouverte à Al Qods, une cause palestinienne qui devient de moins en moins audible: c’est dans ce contexte que le Maroc accueille du mardi 26 au jeudi 28 juin, une conférence internationale sur la Palestine.

Comme on va le voir, accueillir cette conférence n’est pas anodin et ce, quel que soit l’impact qu’elle va avoir. Le Maroc est aujourd’hui l’un des rares pays qui soutient d’une manière concrète et continue, les droits palestiniens. Dans la région arabe, ce n’est plus une position évidente ni confortable.

La conférence de Rabat

Elle est organisée par le Comité des Nations unies pour l’exercice des droits inaliénables du peuple palestinien, organe subsidiaire de l’Assemblée générale, avec le soutien de l’Organisation de la coopération islamique. Cette Conférence internationale sur la question d’Al Qods a pour thème: “La question d’Al Qods après 50 ans d’occupation et 25 ans d’existence des Accords d’Oslo“.

Le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération Nasser Bourita donnera lecture d’un message du Roi Mohammed VI.

Les Palestiniens de plus en plus lâchés par leurs “frères“

Dans un contexte moyen-oriental mouvant et sismique, la cause palestinienne est passée au second plan. Reléguée par la guerre en Syrie, la lutte contre Daesh, le Yémen, l’Iran, voire les différends fratricides entre le Qatar et ses frères ennemis ou encore les révolutions arabes.

Les informations en provenance de l’administration américaine convergent toutes vers un constat glaçant : la volonté de résoudre définitivement la question palestinienne par une dissolution des Palestiniens: Gaza en Egypte, la Cisjordanie en Jordanie et Al Qods reconnue en tant que capitale indivisible d’Israël. Quelques pays du Golfe sont sollicités pour fournir aux Palestiniens une compensation financière censée les amadouer.

Trump est déterminé et sincère lorsqu’il évoque une solution définitive du problème. A condition que cela soit à sens unique, au détriment des droits palestiniens.

Mahmoud Abbas refuse cette “transaction du siècle“. Les pressions sur les Palestiniens sont fortes. A titre d’exemple, les Etats-Unis ont arrêté de verser leur contribution à l’agence onusienne chargée des réfugiés palestiniens UNRWA. Les négociations avec Israël sont à l’arrêt. Les Palestiniens sont complètement isolés.

En contrepartie de la “transaction du siècle“, Trump et Israël fourniront aux pays du Golfe qui en ont besoin, une protection contre l’Iran et une aide au Yémen où leurs troupes sont enlisées depuis quelques années.

Quelle position pour le Maroc?

Le Maroc a-t-il pesé sa position avec “des œufs de fourmis“? Si c’est le cas, on le comprendrait, car le contexte est complexe, implosif et les risques collatéraux sont élevés. Quoi qu’il en soit, il a maintenu une position claire et fondée sur des principes, malgré les pressions que l’on peut deviner:

-“préserver“ le principe d’une solution à 2 Etats. Le terme “préserver“, utilisé par la diplomatie marocaine, signifie que cette solution est menacée.

-Jérusalem-Est doit être la capitale de l’Etat palestinien, qui doit être créé sur les frontières du 4 juin 1967.

-le Maroc refuse toute disposition unilatérale et considère Al Qods comme un territoire occupé, comme l’indique la légalité internationale. Une allusion claire au transfert de l’ambassade américaine.

A l’opposé de cette position marocaine, des pays puissants, du Golfe par exemple ou les Etats-Unis de Trump.

Trump dont le style, disons très singulier, tétanise de nombreux dirigeants qui affichent des mines de petits enfants en sa présence.

Le Maroc ne s’est pas arrêté aux déclarations.

Le 5 décembre 2017, le Roi Mohammed VI met en garde Trump, contre la décision de reconnaître Al-Qods comme capitale d’Israël et d'y transférer l'ambassade américaine. Dans un message, le Souverain écrit que cette décision suscite l’inquiétude des musulmans et des Arabes et elle est susceptible d’impacter négativement les perspectives d’une solution juste et globale au conflit palestino-israélien.

Le 21 janvier, le Maroc publie la réponse de Trump. Celui-ci se veut rassurant mais ne prend aucun engagement concret ou précis. Il en reste aux généralités. Sa réponse peut être interprétée de nombreuses manières :

1. Jérusalem est une ville qui doit rester ouverte aux Juifs, Chrétiens et Musulmans pour des raisons de foi.

2. Le statut final de la ville dépendra des négociations.

3. Il se dit déterminé à parvenir à un accord de paix durable entre Isarël et les Palestiniens et soutient la solution à deux Etat si les parties y adhèrent.

Depuis le mois de janvier, le Maroc a maintenu un contact continu avec l’autorité palestinienne et le fait savoir. Visite de Nasser Bourita à la mosquée Al Aqsa et à Ramallah, visite du ministre des Habous Ahmed Toufiq, échanges téléphoniques entre le Roi et Mahmoud Abbas.

13.000 Palestiniens blessés par balles

Entre mars et juin 2018, la Croix Rouge internationale recense 13.000 blessés palestiniens par l’armée israélienne, chiffres révélés par le rapport Guterres du 19 juin. Dans les territoires et à Gaza, la situation est intenable. Sur le plan sanitaire, les médicaments se font rares et trop chers, les hôpitaux sont pris d’assaut et surpeuplés.

Fin mai, le Roi décide l’envoi de médicaments, de couvertures et surtout de déployer un hôpital militaire. 17 rotations d’avions militaires sont nécessaires pour transporter le personnel médical marocain et le matériel.

 

#المغرب تفتتح مشفاها الميداني العسكري في #غزة.. مساهمة عربية في مواجهة الأزمة الصحية المتفاقمة بالقطاع pic.twitter.com/fI3qhu3Juu

— قناة الجزيرة(@AJArabic) 12 juin 2018

 

D'une capacité d’accueil de 60 lits, cet hôpital comprend un bloc opératoire, un laboratoire d'analyses médicales, une unité radiologie-échographie, des unités de soins spécialisés, un cabinet dentaire et une pharmacie. Le staff médical de cette structure hospitalière se compose de 97 éléments, dont 13 médecins et 21 infirmiers de différentes spécialités.

Outre l'hôpital de campagne des FAR, l'opération humanitaire marocaine destinée à la bande de Gaza englobe l’octroi de couvertures et de lots de médicaments de première nécessité, ainsi que la fourniture d’une aide alimentaire.

Au Moyen-Orient, le Maroc marche des œufs mais parvient à garder son indépendance de décision et son respect des principes et du droit international. Ce n’est pas tâche aisée. Citons l’affrontement violent entre frères ennemis, Qatar d’un côté, Arabie saoudite et Emirats de l’autre. Ou encore la défense de la cause palestinienne à un moment où elle n'a jamais été si peu audible. Si les Arabes continuent à lâcher les Palestiniens, il va sans dire qu'ils vont les jeter dans les bras du Hezbollah et de l'Iran.

Le Maroc a raison d'agir ainsi mais il n’a pas choisi la voie la plus facile.

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