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Page d'accueil INTERNATIONAL"Gilets jaunes": échauffourées et violences près des Champs-Elysées

"Gilets jaunes": échauffourées et violences près des Champs-Elysées 

Samedi 1 décembre 2018 à 13h38

 (Photo AFP)

Le troisième samedi de mobilisation des "gilets jaunes", décidés à maintenir la pression sur le gouvernement, a donné lieu à de nouvelles violences samedi à Paris et plus de 180 interpellations, au grand dam de manifestants venus exprimer leur colère dans le calme. Incendies, voitures en feu par dizaines, restos et magasins brûlés, CRS dépassés, les scènes de violence étaient nombreuses autour des Champs ELysées où l'Arc Triomphe a été taggé en plusieurs endroits.

"200 manifestants pacifiques sur les Champs-Élysées. 1.500 perturbateurs à l'extérieur du périmètre venus pour en découdre", a dénoncé sur Twitter le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner tandis que son secrétaire d'Etat Laurent Nunez évoquait sur BFMTV "3.000" casseurs aux abords de la place de l'Etoile. Des journalistes de la chaîne, présents sur place, évoquaient "une situation quasi(insurrectionnelle", avec pillages, vactes de vandalisme, et forces de l'ordre complètement débordées.

Vers 17H00, les forces de l'ordre avaient procédé à 183 interpellations soit davantage que pendant l'ensemble du précédent rassemblement parisien le 24 novembre, où 103 personnes avaient été arrêtées.

C'est en haut des Champs-Élysées, sur le rond-point de l'Étoile, que les premiers heurts ont éclaté vers 8H45 quand des manifestants ont, selon une source policière, tenté de forcer un barrage. Les forces de l'ordre ont alors répliqué par des tirs de lacrymogène.

Les échauffourées se sont d'abord concentrées autour de l'Arc de Triomphe, ont constaté des journalistes de l'AFP. Dans un climat très tendu, des manifestants encagoulés et masqués ont entonné une Marseillaise près de la flamme du soldat inconnu, sous l'Arc de Triomphe sur lequel un tag "les gilets jaunes triompheront" a été peint.

"La volonté affichée et assumée de s’attaquer à nos forces de l’ordre, aux symboles de notre pays, sont une insulte à la République", a estimé M. Castaner.

Le leader de la France insoumise, Jean-Luc Mélenchon, a au contraire dénoncé "un incroyable acharnement contre les manifestants pacifiques place de l'Etoile", accusant le pouvoir de chercher "un grave incident pour jouer sur la peur". Pour le porte-parole des Républicains (LR) Gilles Platret, "il est impératif" que l'exécutif "fasse un geste significatif en direction des justes réclamations des +gilets jaunes+".

Les forces de l'ordre ont ensuite repoussé les manifestants dans les avenues adjacentes, notamment Avenue Friedland où d'importantes dégradations ont été constatées par les journalistes de l'AFP.

Certains "gilets jaunes" se dirigeaient vers les Galeries-Lafayette ou le musée du Louvre. "Ils oseront pas nous gazer là-bas", disait l'un d'eux.

 Discrédit

Sur l'avenue des Champs-Elysées, sécurisée depuis 6H00 du matin par un quadrillage policier très serré, les manifestants rassemblés dans le calme craignaient que leur message soit éclipsé par les heurts, après les violences qui avaient déjà éclaté le 24 novembre.

"Nous sommes un mouvement pacifique, c'est juste que nous sommes désorganisés, c'est le foutoir car nous n'avons pas de leader", déplorait Dan Lodi, retraité de 68 ans. "Il y a toujours des abrutis venus pour se battre, mais ce n'est pas du tout représentatif."

"Il faut qu'il (Macron) descende de son piédestal, qu'il comprenne que le problème c'est pas la taxe, c'est le pouvoir d'achat. Tous les mois je dois piocher dans mon livret d'épargne", dénonçait Chantal, retraitée des Yvelines.

"Il y a une volonté de casse et ça discrédite un combat légitime qu'exprimaient beaucoup de +gilets jaunes+", a déclaré sur LCI la ministre de la Santé Agnès Buzyn.

Plus d'un millier de personnes défilaient également depuis la gare Saint-Lazare à l'appel du comité Adama créé contre les violences policières dans les quartiers populaires, a constaté un journaliste de l'AFP.

"On vit les mêmes injustices sociales que les gens des milieux ruraux", a dit Sonia Chaouche, éducatrice dans le Val d'Oise.

 Incidents à Nantes

Quinze jours après l'acte de naissance des "gilets jaunes", la mobilisation réunissait à midi quelque 36.000 personnes sur l'ensemble de la France, dont 5.500 à Paris, selon les chiffres donnés par le Premier ministre Edouard Philippe. La première journée nationale, le 17 novembre, avait réuni 282.000 personnes, et la deuxième 106.000, dont 8.000 à Paris.

Ailleurs en France, plusieurs opérations de blocage et de filtrage étaient recensées notamment dans le Var au péage de Bandol sur l'A50 et dans les Bouches-du-Rhône aux barrières de péage de La Ciotat. Dans le Gard, des poids lourds bloquaient les plateformes logistiques de supermarchés à Nîmes.

A Nantes, une cinquantaine de "gilets jaunes" ont fait irruption à deux reprises samedi matin sur le tarmac de l'aéroport de Nantes Atlantique tandis que de brèves échauffourées ont éclaté à Strasbourg.

Dans le sud-ouest, les "gilets jaunes" ont lancé des opérations "barrages filtrants" à Cahors (Lot), et dans 7 villes du Tarn. Sur l'autoroute A9, les manifestants ont ciblé le péage du Perthus, à la frontière entre la France et l'Espagne.

"La taxe sur le diesel, c’est une goutte d’eau. Il y a trop d'inégalités, plus ça va plus on s'enfonce, nous et surtout nos enfants", a déclaré Chantal, 68 ans, retraitée du secteur public lors d'un rassemblement à Lyon.

Malgré l'annonce par Emmanuel Macron de prochaines mesures pour répondre à la "colère légitime" des manifestants, le mouvement qui a essaimé hors de tout cadre syndical ou politique engrange de nouveaux soutiens, notamment du côté de l'ultradroite.

Un "rassemblement des artistes" est aussi prévu devant la salle de l'Olympia à 14H00, à l'initiative de l'humoriste Gérald Dahan. ( Avec AFP)

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