Les résultats de la vingtième enquête annuelle des salaires au Maroc, réalisée conjointement par le cabinet RH Diorh et Mercer viennent d’être dévoilés. On connait désormais les tendances parmi les cadres, superviseurs, managers et directeurs.

"Il s’agit de l’un des principaux outils pour éclairer les entreprises sur les recrutements et les augmentations de salaires annuelles. C’est pour cette raison qu’elle est publiée en septembre-octobre de chaque année", nous explique Mehdi El Yousfi, DGA de Diorh.  

Le panel de cette année est de 127 entreprises, contre 20 pour la première enquête, il y a 20 ans de cela. Quelque 30.000 lignes ont été traitées, chacune correspondant à un titulaire.

Le panel est constitué essentiellement de multinationales installées au Maroc, mais aussi de sociétés marocaines. "Les meilleures entreprises sont ciblées, celles capables de jouer le jeu, de fournir des informations. 100% des collaborateurs faisant l’objet de l’enquête ont un contrat de travail de droit marocain. Les expatriés et les CDD ne sont pas inclus", précise-t-il.

Que révèle donc cette enquête?

Premier élément à retenir: Les augmentations salariales n’ont été corrélées ni à l’inflation de 1,7% en moyenne ces dernières années, ni à la croissance de 3% en moyenne.

Managers, l’inflation salariale continue en 2016

Autre point important: ces dernières années, la catégorie qui connaît la plus forte inflation salariale est celle des managers (7% en moyenne contre 4% en moyenne toutes catégories confondues ces dernières années). "A part l’inflation des salaires les plus bas, qui a eu lieu en marge du 20 février, c'est-à-dire en 2011 et 2012, et qui a été conjoncturelle, la catégorie qui bénéficie d’une augmentation salariale significative et structurelle est celle des managers", précise M. El Yousfi.

C’est la loi de l’offre et de la demande sur le marché de l’emploi qui en est la cause. "Le salaire reflète le prix du marché des compétences qui sont rares. Elles sont dans un rapport de force qui leur est favorable", poursuit-il.

Pour les non cadres, l’augmentation moyenne des salaires a été d’à peine 1%, contre  2 à 4% pour les cadres et 7% pour les managers. Le tableau ci-dessous concerne 2016.

Les métiers support ont la cote

D’une manière générale, les métiers les mieux rémunérés sont les métiers support. "Les familles professionnelles qui sont au dessus de la moyenne du marché sont les RH et la finance pour les managers, l’IT et le marketing pour les cadres et les middle managers et enfin la vente pour les cadres. Le reste qui est la fabrication, la logistique, la maintenance… qui forment le cœur de métier d’une entreprise industrielle sont moins bien payées", précise le DGA de Diorh.

La capacité de se réinventer dans un domaine d’activité autre que celui dans lequel un salarié a affûté leurs armes joue en sa faveur. Les métiers support ont cette capacité.  Ils ont un côté "transposable".

"Il faut savoir également que dans les fonctions support, la rémunération joue un rôle important. Un financier dans l'industrie par exemple peut se comparer à un autre financier dans n'importe quel autre secteur d'activité". 

Les secteurs les plus généreux

Globalement, les meilleurs payeurs du marché sont ceux de la grande distribution, de l'industrie pharmaceutique et de l'IT. "Ce sont les plus matures qui, annuellement, ont des processus d'augmentations individuels et qui utilisent des enquêtes salariales".

Quelques exemples: dans la population des managers, la grande consommation paie en moyenne 14% de plus que le marché, l'IT 21% de plus que le marché et la pharmacie 10% de plus que le marché". 

"Ce sont également des entreprises sont prêtes à payer plus cher certains profils pour les retenir, ce qui fait monter la moyenne", poursuit M. El Yousfi.

Avantages sociaux ou en nature, ce qu’offrent les entreprises

Selon l’enquête, les entreprises favorisent le plan de retraite et soins médicaux comme premier choix en avantages sociaux. Ils sont suivis de l’assurance vie et de l’assurance individuelle accident.

Le véhicule d’entreprise et le téléphone sont les avantages en nature les plus accordés. Les prêts, les clubs sportifs et le logement viennent après.

Quid de la compétitivité du Maroc?

La hausse des salaires des managers pose la question de la compétitivité du Maroc sur les métiers mondiaux externalisés à faible valeur ajoutée, comme les centres d’appels par exemple. Le DGA de Diroh en est convaincu.

"La notion de la maîtrise de la masse salariale posera à terme la problématique de la compétitivité du Maroc. Sur certains métiers, une entreprise parisienne pourra pencher pour une installation à Nantes ou en Espagne plutôt que de venir au Maroc vu le rapport qualité-prix". 

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Les résultats de la vingtième enquête annuelle des salaires au Maroc, réalisée conjointement par le cabinet RH Diorh et Mercer viennent d’être dévoilés. On connait désormais les tendances parmi les cadres, superviseurs, managers et directeurs. 

"Il s’agit de l’un des principaux outils pour éclairer les entreprises sur les recrutements et les augmentations de salaires annuelles. C’est pour cette raison qu’elle est publiée en septembre-octobre de chaque année", nous explique Mehdi El Yousfi, DGA de Diorh.  

Le panel de cette année est de 127 entreprises, contre 20 pour la première enquête, il y a 20 ans de cela. Quelque 30.000 lignes ont été traitées, chacune correspondant à un titulaire.

Le panel est constitué essentiellement de multinationales installées au Maroc, mais aussi de sociétés marocaines. "Les meilleures entreprises sont ciblées, celles capables de jouer le jeu, de fournir des informations. 100% des collaborateurs faisant l’objet de l’enquête ont un contrat de travail de droit marocain. Les expatriés et les CDD ne sont pas inclus", précise-t-il.

Que révèle donc cette enquête?

Premier élément à retenir: Les augmentations salariales n’ont été corrélées ni à l’inflation de 1,7% en moyenne ces dernières années, ni à la croissance de 3% en moyenne.

Managers, l’inflation salariale continue en 2016

Autre point important: ces dernières années, la catégorie qui connaît la plus forte inflation salariale est celle des managers (7% en moyenne contre 4% en moyenne toutes catégories confondues ces dernières années). "A part l’inflation des salaires les plus bas, qui a eu lieu en marge du 20 février, c'est-à-dire en 2011 et 2012, et qui a été conjoncturelle, la catégorie qui bénéficie d’une augmentation salariale significative et structurelle est celle des managers", précise M. El Yousfi.

C’est la loi de l’offre et de la demande sur le marché de l’emploi qui en est la cause. "Le salaire reflète le prix du marché des compétences qui sont rares. Elles sont dans un rapport de force qui leur est favorable", poursuit-il.

Pour les non cadres, l’augmentation moyenne des salaires a été d’à peine 1%, contre  2 à 4% pour les cadres et 7% pour les managers. Le tableau ci-dessous concerne 2016.

Les métiers support ont la cote

D’une manière générale, les métiers les mieux rémunérés sont les métiers support. "Les familles professionnelles qui sont au dessus de la moyenne du marché sont les RH et la finance pour les managers, l’IT et le marketing pour les cadres et les middle managers et enfin la vente pour les cadres. Le reste qui est la fabrication, la logistique, la maintenance… qui forment le cœur de métier d’une entreprise industrielle sont moins bien payées", précise le DGA de Diorh.

La capacité de se réinventer dans un domaine d’activité autre que celui dans lequel un salarié a affûté leurs armes joue en sa faveur. Les métiers support ont cette capacité.  Ils ont un côté "transposable".

"Il faut savoir également que dans les fonctions support, la rémunération joue un rôle important. Un financier dans l'industrie par exemple peut se comparer à un autre financier dans n'importe quel autre secteur d'activité". 

Les secteurs les plus généreux

Globalement, les meilleurs payeurs du marché sont ceux de la grande distribution, de l'industrie pharmaceutique et de l'IT. "Ce sont les plus matures qui, annuellement, ont des processus d'augmentations individuels et qui utilisent des enquêtes salariales".

Quelques exemples: dans la population des managers, la grande consommation paie en moyenne 14% de plus que le marché, l'IT 21% de plus que le marché et la pharmacie 10% de plus que le marché". 

"Ce sont également des entreprises sont prêtes à payer plus cher certains profils pour les retenir, ce qui fait monter la moyenne", poursuit M. El Yousfi.

Avantages sociaux ou en nature, ce qu’offrent les entreprises

Selon l’enquête, les entreprises favorisent le plan de retraite et soins médicaux comme premier choix en avantages sociaux. Ils sont suivis de l’assurance vie et de l’assurance individuelle accident.

Le véhicule d’entreprise et le téléphone sont les avantages en nature les plus accordés. Les prêts, les clubs sportifs et le logement viennent après.

Quid de la compétitivité du Maroc?

La hausse des salaires des managers pose la question de la compétitivité du Maroc sur les métiers mondiaux externalisés à faible valeur ajoutée, comme les centres d’appels par exemple. Le DGA de Diroh en est convaincu.

"La notion de la maîtrise de la masse salariale posera à terme la problématique de la compétitivité du Maroc. Sur certains métiers, une entreprise parisienne pourra pencher pour une installation à Nantes ou en Espagne plutôt que de venir au Maroc vu le rapport qualité-prix". 

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