Qui sont ces puissances qui instrumentalisent le secrétariat général de l’ONU pour imposer l’organisation d’un référendum au Sahara? Le politologue El Moussaoui El Ajlaoui n’hésite pas à désigner une partie du parti démocrate américain, qui veut préserver ses intérêts avec l’Algérie.

Le discours royal tenu le 20 avril lors du sommet Maroc-Pays du Golfe à Ryad a été très ferme à l’égard du secrétaire général de l’ONU et a dénoncé implicitement certains intervenants occultes.

Selon El Moussaoui El Ajlaoui, politologue et expert en géostratégie politique, joint par Médias 24, la version finale toujours aussi agressive du rapport de l’ONU contre le Maroc prouve que le SG se sent soutenu par une partie qui tire les ficelles.

«Pour moi, l’insinuation royale visait clairement une partie du parti démocrate américain (Fondation Kennedy …) , qui veut changer la donne au niveau de la géostratégie régionale en faveur de l’Algérie».

La raison de sa mobilisation serait, pour notre interlocuteur, le nouveau positionnement charismatique du Maroc dans le monde arabe (Egypte, pays du Golfe) qui inquiète certains pays.

El Ajlaoui écarte une diatribe masquée anti-algérienne lors du discours royal, car l’Algérie n’est plus écoutée et n’a plus aucun poids diplomatique ou économique dans les pays arabes qui comptent.

La vraie cible du discours est selon notre interlocuteur, certains politiciens démocrates qui souhaitent rééquilibrer les forces en présence au Maghreb pour offrir le même poids régional à une Algérie surpassée par le Maroc.

«Ces lobbies voient d’un mauvais œil la possibilité que le Maroc gagne la bataille du Sahara en faisant adopter son plan d’autonomie, car cela signifierait que l’Algérie serait balayée de l’échiquier maghrébin et africain», précise notre source.

La raison de cette mobilisation en coulisses découle, selon El Ajlaoui, d’une volonté de préserver les intérêts américains avec la puissance pétrolière et gazière qu’est le voisin de l’est du Royaume.

Concernant la durée de la prolongation du mandat de la Minurso qui sera annoncée à l’issue de la réunion du prochain Conseil de sécurité, notre expert affirme que les adversaires du Maroc feront tout leur possible pour imposer un délai supplémentaire de deux mois au lieu d’une année.

«Avec une résolution réclamant une prorogation de deux mois, on se dirigera vers une crise au sein du Conseil de sécurité, car la France et la Russie pourront faire jouer leur droit de veto. Si le mandat est prorogé d’un an, le Maroc sera poussé à composer avec l’ONU, car le Conseil de sécurité ne manquera pas de demander le retour du personnel civil expulsé de la Minurso. Cela sera compliqué, car le Maroc ne veut plus de membres de l’UA au sein de la mission, cette organisation étant anti-marocaine».

Rappelons que pour la 1re fois depuis le cessez le feu entre le Maroc et le polisario en 1991, l’UA sera auditionnée mardi 26 avril à l’ONU. Même si cette audition est censée n’avoir aucune influence sur la future décision du Conseil de sécurité, cette mobilisation aura un retentissement médiatique inédit, qui donnera du grain à moudre aux adversaires du Maroc, pour imposer un renouvellement dit technique de deux mois.

Cette option, selon une source autorisée du gouvernement marocain, est contre les intérêts du royaume, qui se verrait soumis à de fortes pressions de ses adversaires pour abandonner son plan d’autonomie.

El Moussaoui El Ajlaoui affirme que le Maroc se doit d’être plus ferme à l’image de la diplomatie royale, car celle du gouvernement laisse à désirer avec des ministres qui ne cessent de se contredire.

«Mezouar dit que le Maroc n’a pas de problème avec l’ONU, mais avec son secrétaire général. Le lendemain, Benkirane déclare qu’il n’y a de problème ni avec Ban Ki-moon ni avec son organisation. Après le dernier conseil de gouvernement, El Khalfi déclare attendre la parution du rapport pour exposer la position du Maroc et quelques heures après, Omar Hilale, représentant du royaume à l’ONU, affirme avoir consulté le rapport et que la vraie priorité est la résolution du Conseil de sécurité. Pour finir en beauté, le chef du gouvernement, dans sa guerre avec le PAM sur une éventuelle légalisation du cannabis, évoque la Colombie comme repoussoir alors que ce pays est un allié du Maroc».

Pour mettre fin à ce cafouillage, notre interlocuteur réclame la nécessaire désignation d’un porte-parole des relations extérieures marocaines à l’image de ce qui se fait ailleurs.

Le politologue regrette aussi l’absence de discernement de la majorité des médias marocains, qui ont présenté le rapport de Ban Ki-moon comme étant équilibré, alors que c’est un des pires depuis la création de la Minurso.

«C’est une situation à deux vitesses, avec une diplomatie royale réactive et efficiente et des déclarations gouvernementales et médiatiques qui desservent la cause sacrée du Maroc».

Il faudra attendre jeudi 28 avril, jour de l’adoption de la résolution annuelle du Conseil de sécurité, pour voir si l’administration Obama va soutenir la position marocaine ou vouloir engager une nouvelle dynamique qui risque de nuire au Maroc et à toute la région du Maghreb.

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Le discours royal tenu le 20 avril lors du sommet Maroc-Pays du Golfe à Ryad a été très ferme à l’égard du secrétaire général de l’ONU et a dénoncé implicitement certains intervenants occultes.

Selon El Moussaoui El Ajlaoui, politologue et expert en géostratégie politique, joint par Médias 24, la version finale toujours aussi agressive du rapport de l’ONU contre le Maroc prouve que le SG se sent soutenu par une partie qui tire les ficelles.

«Pour moi, l’insinuation royale visait clairement une partie du parti démocrate américain (Fondation Kennedy …) , qui veut changer la donne au niveau de la géostratégie régionale en faveur de l’Algérie».

La raison de sa mobilisation serait, pour notre interlocuteur, le nouveau positionnement charismatique du Maroc dans le monde arabe (Egypte, pays du Golfe) qui inquiète certains pays.

El Ajlaoui écarte une diatribe masquée anti-algérienne lors du discours royal, car l’Algérie n’est plus écoutée et n’a plus aucun poids diplomatique ou économique dans les pays arabes qui comptent.

La vraie cible du discours est selon notre interlocuteur, certains politiciens démocrates qui souhaitent rééquilibrer les forces en présence au Maghreb pour offrir le même poids régional à une Algérie surpassée par le Maroc.

«Ces lobbies voient d’un mauvais œil la possibilité que le Maroc gagne la bataille du Sahara en faisant adopter son plan d’autonomie, car cela signifierait que l’Algérie serait balayée de l’échiquier maghrébin et africain», précise notre source.

La raison de cette mobilisation en coulisses découle, selon El Ajlaoui, d’une volonté de préserver les intérêts américains avec la puissance pétrolière et gazière qu’est le voisin de l’est du Royaume.

Concernant la durée de la prolongation du mandat de la Minurso qui sera annoncée à l’issue de la réunion du prochain Conseil de sécurité, notre expert affirme que les adversaires du Maroc feront tout leur possible pour imposer un délai supplémentaire de deux mois au lieu d’une année.

«Avec une résolution réclamant une prorogation de deux mois, on se dirigera vers une crise au sein du Conseil de sécurité, car la France et la Russie pourront faire jouer leur droit de veto. Si le mandat est prorogé d’un an, le Maroc sera poussé à composer avec l’ONU, car le Conseil de sécurité ne manquera pas de demander le retour du personnel civil expulsé de la Minurso. Cela sera compliqué, car le Maroc ne veut plus de membres de l’UA au sein de la mission, cette organisation étant anti-marocaine».

Rappelons que pour la 1re fois depuis le cessez le feu entre le Maroc et le polisario en 1991, l’UA sera auditionnée mardi 26 avril à l’ONU. Même si cette audition est censée n’avoir aucune influence sur la future décision du Conseil de sécurité, cette mobilisation aura un retentissement médiatique inédit, qui donnera du grain à moudre aux adversaires du Maroc, pour imposer un renouvellement dit technique de deux mois.

Cette option, selon une source autorisée du gouvernement marocain, est contre les intérêts du royaume, qui se verrait soumis à de fortes pressions de ses adversaires pour abandonner son plan d’autonomie.

El Moussaoui El Ajlaoui affirme que le Maroc se doit d’être plus ferme à l’image de la diplomatie royale, car celle du gouvernement laisse à désirer avec des ministres qui ne cessent de se contredire.

«Mezouar dit que le Maroc n’a pas de problème avec l’ONU, mais avec son secrétaire général. Le lendemain, Benkirane déclare qu’il n’y a de problème ni avec Ban Ki-moon ni avec son organisation. Après le dernier conseil de gouvernement, El Khalfi déclare attendre la parution du rapport pour exposer la position du Maroc et quelques heures après, Omar Hilale, représentant du royaume à l’ONU, affirme avoir consulté le rapport et que la vraie priorité est la résolution du Conseil de sécurité. Pour finir en beauté, le chef du gouvernement, dans sa guerre avec le PAM sur une éventuelle légalisation du cannabis, évoque la Colombie comme repoussoir alors que ce pays est un allié du Maroc».

Pour mettre fin à ce cafouillage, notre interlocuteur réclame la nécessaire désignation d’un porte-parole des relations extérieures marocaines à l’image de ce qui se fait ailleurs.

Le politologue regrette aussi l’absence de discernement de la majorité des médias marocains, qui ont présenté le rapport de Ban Ki-moon comme étant équilibré, alors que c’est un des pires depuis la création de la Minurso.

«C’est une situation à deux vitesses, avec une diplomatie royale réactive et efficiente et des déclarations gouvernementales et médiatiques qui desservent la cause sacrée du Maroc».

Il faudra attendre jeudi 28 avril, jour de l’adoption de la résolution annuelle du Conseil de sécurité, pour voir si l’administration Obama va soutenir la position marocaine ou vouloir engager une nouvelle dynamique qui risque de nuire au Maroc et à toute la région du Maghreb.

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