Dans le cadre d’un entretien exclusif avec le directeur du BCIJ, Médias24 l’a interrogé sur l’état des relations algéro-marocaines au niveau sécuritaire. Inquiet du manque de réactivité de ses homologues qui pourrait aboutir à un drame régional, Abdelhak Khiame avance cependant que les services marocains ne manquent pas de leur communiquer toutes les informations qu'ils pourraient détenir et qui seraient relatives à la sécurité et à la stabilité de l’Algérie.

« Nous n’avons aucun contact digne de ce nom avec les services algériens de renseignements que ce soit dans le cadre de la lutte contre le terrorisme ou contre la grande criminalité ». C’est en ces termes que le directeur général du Bureau central des investigations judiciaires résume les relations sécuritaires entre les deux pays voisins.

Regrettant cette situation, Khiame rappelle que le spectre de la menace terroriste ne cesse de s’amplifier et qu’aucun pays de la planète ne pourra en venir à bout sans une vraie collaboration.

« Comment est-il possible de continuer à s’ignorer alors que les conditions de la région et en particulier du grand Sahara et du Sahel ne cessent de se détériorer au niveau sécuritaire? La situation est quasi-explosive avec la présence de réseaux transfrontaliers du crime, la prolifération d’armes qui circulent, l’immigration clandestine et ses réseaux de trafic de faux documents, et plus généralement avec des menaces hybrides qui mêlent terrorisme et grande criminalité.

"Il est regrettable que notre voisin ne veuille pas collaborer avec nous pour faire face à tout ce qui se passe dans la région. En se comportant ainsi, c’est comme si on laissait la voie libre aux criminels alors que les services de sécurité des deux pays ont l’obligation de défendre leurs citoyens », regrette Khiame en espérant que ses homologues finissent par changer d’avis.

Interrogé sur son éventuel déplacement en Algérie depuis sa nomination à la tête du BCIJ ou sur celui d’un de ses homologues au Maroc, le directeur affirme qu’il n’y en a eu aucun.

« L’absence de collaboration algérienne ne nous empêche pas de transmettre toutes les informations relatives à leurs sécurité et stabilité à nos homologues. Dès que nous disposons d’une information en mesure de réduire le risque terroriste en Algérie, les services marocains la communiquent automatiquement sans demande préalable », affirme Khiame qui sous-entend que la réciproque n’est pas valable.

Notre interlocuteur regrette également l’installation par l’Algérie d’un foyer de tensions aux frontières du Royaume qui peut être exploité par des organisations terroristes ou criminelles.

« Nous avons mené des enquêtes à la PJ (police judiciaire) qui prouvent l’implication directe de personnes appartenant au polisario dans des affaires de terrorisme. Elles montrent que les séparatistes ont des connexions directes avec des branches de Boko Haram ou Ansar Charia.

"Si un jour, ces organisations terroristes finissent par s'unir, il pourrait y avoir un drame dans la région. Ainsi on voit bien que même si Daech a été chassée de la région syro-irakienne, cette organisation s’est redéployée au sud de la Libye ce qui lui a permis de commettre des attentats en Tunisie », conclut le directeur du BCIJ pour qui la menace se rapproche donc de l’Algérie et du Maroc.

Ci-dessus la partie de l'entretien de Médias24 avec Abdelhak Khiame sur le manque de collaboration sécuritaire entre l'Algérie et la Maroc.

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Dans le cadre d’un entretien exclusif avec le directeur du BCIJ, Médias24 l’a interrogé sur l’état des relations algéro-marocaines au niveau sécuritaire. Inquiet du manque de réactivité de ses homologues qui pourrait aboutir à un drame régional, Abdelhak Khiame avance cependant que les services marocains ne manquent pas de leur communiquer toutes les informations qu'ils pourraient détenir et qui seraient relatives à la sécurité et à la stabilité de l’Algérie. 

 

« Nous n’avons aucun contact digne de ce nom avec les services algériens de renseignements que ce soit dans le cadre de la lutte contre le terrorisme ou contre la grande criminalité ». C’est en ces termes que le directeur général du Bureau central des investigations judiciaires résume les relations sécuritaires entre les deux pays voisins.

Regrettant cette situation, Khiame rappelle que le spectre de la menace terroriste ne cesse de s’amplifier et qu’aucun pays de la planète ne pourra en venir à bout sans une vraie collaboration.

« Comment est-il possible de continuer à s’ignorer alors que les conditions de la région et en particulier du grand Sahara et du Sahel ne cessent de se détériorer au niveau sécuritaire? La situation est quasi-explosive avec la présence de réseaux transfrontaliers du crime, la prolifération d’armes qui circulent, l’immigration clandestine et ses réseaux de trafic de faux documents, et plus généralement avec des menaces hybrides qui mêlent terrorisme et grande criminalité.

"Il est regrettable que notre voisin ne veuille pas collaborer avec nous pour faire face à tout ce qui se passe dans la région. En se comportant ainsi, c’est comme si on laissait la voie libre aux criminels alors que les services de sécurité des deux pays ont l’obligation de défendre leurs citoyens », regrette Khiame en espérant que ses homologues finissent par changer d’avis.

Interrogé sur son éventuel déplacement en Algérie depuis sa nomination à la tête du BCIJ ou sur celui d’un de ses homologues au Maroc, le directeur affirme qu’il n’y en a eu aucun.

« L’absence de collaboration algérienne ne nous empêche pas de transmettre toutes les informations relatives à leurs sécurité et stabilité à nos homologues. Dès que nous disposons d’une information en mesure de réduire le risque terroriste en Algérie, les services marocains la communiquent automatiquement sans demande préalable », affirme Khiame qui sous-entend que la réciproque n’est pas valable.

Notre interlocuteur regrette également l’installation par l’Algérie d’un foyer de tensions aux frontières du Royaume qui peut être exploité par des organisations terroristes ou criminelles.

« Nous avons mené des enquêtes à la PJ (police judiciaire) qui prouvent l’implication directe de personnes appartenant au polisario dans des affaires de terrorisme. Elles montrent que les séparatistes ont des connexions directes avec des branches de Boko Haram ou Ansar Charia.

"Si un jour, ces organisations terroristes finissent par s'unir, il pourrait y avoir un drame dans la région. Ainsi on voit bien que même si Daech a été chassée de la région syro-irakienne, cette organisation s’est redéployée au sud de la Libye ce qui lui a permis de commettre des attentats en Tunisie », conclut le directeur du BCIJ pour qui la menace se rapproche donc de l’Algérie et du Maroc.

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