Alignement dépassé d'une construction à Hay Riad

Passe d'armes entre les élus de la FGD et ceux du PJD à Rabat Agdal Hay Riad. Les premiers accusent les seconds de gestion opaque des autorisations urbanistiques. La réponse des élus PJD n'est pas convaincante.

Les élus de la FGD (Fédération de la Gauche démocratique) se sont retirés d’une séance de discussions après le refus du président d’arrondissement d’inscrire à l’ordre du jour un point concernant les irrégularités urbanistiques. Les explications de l’élu Omar Balafrej (FGD) et du président Mohamed Reda Benkhaldoun (PJD).

Après avoir quitté, mardi 6 juin, la réunion du conseil d’Agdal Riad pour protester contre la décision du président d’arrondissement de ne pas discuter d’irrégularités urbanistiques, la FGD (Fédération de la gauche démocratique) publie un communiqué dénonçant les agissements de la majorité PJD, qui gère cette circonscription.

Joint par Médias 24, Omar Balafrej, leader de la FGD, affirme que le président peut dans le cadre de ses fonctions refuser d’inscrire un sujet à l’ordre du jour, mais doit absolument justifier sa décision.

Cette demande de discussion faisait suite, d’après Balafrej, aux nombreuses doléances d’habitants auprès de la FGD sur des nuisances urbanistiques constatées dans leur arrondissement de résidence.

Notre interlocuteur interprète le refus de la majorité communale comme un manque de volonté de son président d’instaurer la transparence en matière de construction. Sans l’accuser directement, il n’exclut pas que des membres communaux du PJD soient mouillés dans ce qu’il appelle des "magouilles".

Il cite en effet plusieurs exemples concrets, qui prouveraient au mieux un laisser-aller, au pire une collusion des élus du PJD membres de la commission d’urbanisme avec des contrevenants.

Ainsi, un café Venezia Ice a installé sur le trottoir une terrasse avec un plancher en bois, sans obtenir la moindre autorisation administrative de la commune, selon notre source. Dans la même zone de Hay Riad, une villa récemment construite dépasse d’un mètre et demi l’alignement obligatoire pour les bâtiments. Son propriétaire a reçu une autorisation communale, alors qu’elle n’est délivrée à personne. Deux immeubles menacent ruine (à l’Agdal) mais leurs propriétaires n’ont pas été sommés de les démolir.

Ces cas, "nombreux", laissent à penser, toujours selon l’élu FGD, que "les réseaux de clientélisme ou d’indulgence perdurent toujours, malgré les promesses de transparence des élus du PJD."

Balafrej avance que si rien ne bouge, c’est "peut-être" parce que le président d’arrondissement a "déjà la tête ailleurs" et pense plus à ses futures fonctions d’ambassadeur en Malaisie qu’à son devoir de gestion.  

Contacté par Médias 24, Mohamed Reda Benkhaldoun, président de l’arrondissement Agdal Riad , n’a pas souhaité nous répondre sur les accusations d’opacité lancées par Omar Balafrej. Refusant "d’entrer dans une polémique sans intérêt", il nous a fait parvenir un communiqué censé répondre à la "posture et au positionnement électoraliste" de la FGD.

Le bureau du président dénonce le retrait du groupe FGD de la réunion, alors que des réponses écrites et détaillées avaient été préparées par le service d’urbanisme pour répondre à ses questions. [NDLR: dans ce cas, et par souci de transparence, pourquoi ne pas les avoir communiquées à la presse?]

Dans sa réponse, il poursuit que ces questions d’irrégularités avaient déjà été soulevées lors d’une réunion avec la commission urbanistique le 25 mai et que des réponses étaient en cours de préparation.

La majorité (PJD) du conseil considère que l’attitude des élus de la fédération procède d’une intention de jeter la confusion et de semer la zizanie dans l’esprit des habitants de la circonscription.

Le communiqué conclut qu’en accusant le PJD d’opacité et de malversation, la FGD a fait preuve d’irresponsabilité, mue par des considérations électoralistes,  à quelques semaines du scrutin législatif.

En conclusion: quelles que soient les motivations de la FGD, elles ne sont que légitimes, car la démocratie fonctionne de cette manière et la politique aussi. La majorité PJD peut accuser la FGD d'arrières-pensées électoralistes. Mais cela ne l'exonère pas de répondre sur le fond: y a-t-il traitement spécial en matière urbanistique et pourquoi?

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Alignement dépassé d'une construction à Hay Riad

Passe d'armes entre les élus de la FGD et ceux du PJD à Rabat Agdal Hay Riad. Les premiers accusent les seconds de gestion opaque des autorisations urbanistiques. La réponse des élus PJD n'est pas convaincante.

Les élus de la FGD (Fédération de la Gauche démocratique) se sont retirés d’une séance de discussions après le refus du président d’arrondissement d’inscrire à l’ordre du jour un point concernant les irrégularités urbanistiques. Les explications de l’élu Omar Balafrej (FGD) et du président Mohamed Reda Benkhaldoun (PJD).

Après avoir quitté, mardi 6 juin, la réunion du conseil d’Agdal Riad pour protester contre la décision du président d’arrondissement de ne pas discuter d’irrégularités urbanistiques, la FGD (Fédération de la gauche démocratique) publie un communiqué dénonçant les agissements de la majorité PJD, qui gère cette circonscription.

Joint par Médias 24, Omar Balafrej, leader de la FGD, affirme que le président peut dans le cadre de ses fonctions refuser d’inscrire un sujet à l’ordre du jour, mais doit absolument justifier sa décision.

Cette demande de discussion faisait suite, d’après Balafrej, aux nombreuses doléances d’habitants auprès de la FGD sur des nuisances urbanistiques constatées dans leur arrondissement de résidence.

Notre interlocuteur interprète le refus de la majorité communale comme un manque de volonté de son président d’instaurer la transparence en matière de construction. Sans l’accuser directement, il n’exclut pas que des membres communaux du PJD soient mouillés dans ce qu’il appelle des "magouilles".

Il cite en effet plusieurs exemples concrets, qui prouveraient au mieux un laisser-aller, au pire une collusion des élus du PJD membres de la commission d’urbanisme avec des contrevenants.

Ainsi, un café Venezia Ice a installé sur le trottoir une terrasse avec un plancher en bois, sans obtenir la moindre autorisation administrative de la commune, selon notre source. Dans la même zone de Hay Riad, une villa récemment construite dépasse d’un mètre et demi l’alignement obligatoire pour les bâtiments. Son propriétaire a reçu une autorisation communale, alors qu’elle n’est délivrée à personne. Deux immeubles menacent ruine (à l’Agdal) mais leurs propriétaires n’ont pas été sommés de les démolir.

Ces cas, "nombreux", laissent à penser, toujours selon l’élu FGD, que "les réseaux de clientélisme ou d’indulgence perdurent toujours, malgré les promesses de transparence des élus du PJD."

Balafrej avance que si rien ne bouge, c’est "peut-être" parce que le président d’arrondissement a "déjà la tête ailleurs" et pense plus à ses futures fonctions d’ambassadeur en Malaisie qu’à son devoir de gestion.  

Contacté par Médias 24, Mohamed Reda Benkhaldoun, président de l’arrondissement Agdal Riad , n’a pas souhaité nous répondre sur les accusations d’opacité lancées par Omar Balafrej. Refusant "d’entrer dans une polémique sans intérêt", il nous a fait parvenir un communiqué censé répondre à la "posture et au positionnement électoraliste" de la FGD.

Le bureau du président dénonce le retrait du groupe FGD de la réunion, alors que des réponses écrites et détaillées avaient été préparées par le service d’urbanisme pour répondre à ses questions. [NDLR: dans ce cas, et par souci de transparence, pourquoi ne pas les avoir communiquées à la presse?]

Dans sa réponse, il poursuit que ces questions d’irrégularités avaient déjà été soulevées lors d’une réunion avec la commission urbanistique le 25 mai et que des réponses étaient en cours de préparation.

La majorité (PJD) du conseil considère que l’attitude des élus de la fédération procède d’une intention de jeter la confusion et de semer la zizanie dans l’esprit des habitants de la circonscription.

Le communiqué conclut qu’en accusant le PJD d’opacité et de malversation, la FGD a fait preuve d’irresponsabilité, mue par des considérations électoralistes,  à quelques semaines du scrutin législatif.

En conclusion: quelles que soient les motivations de la FGD, elles ne sont que légitimes, car la démocratie fonctionne de cette manière et la politique aussi. La majorité PJD peut accuser la FGD d'arrières-pensées électoralistes. Mais cela ne l'exonère pas de répondre sur le fond: y a-t-il traitement spécial en matière urbanistique et pourquoi?

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