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Procès Hirak: Les accusés à l'épreuve de l'interrogatoire  

Vendredi 26 janvier 2018 à 15h44
Procès Hirak: Les accusés à l'épreuve de l'interrogatoire
 

Me Abderrahim Jamai: "Je prie votre honorable Cour d'éviter les questions politiques". Le juge Ali Torchi: "La Cour adresse des questions à la lumière des preuves contenues dans le dossier."

A Casablanca, la Chambre criminelle près la Cour d'appel a entamé, ce vendredi 26 janvier, l'interrogatoire des 54 accusés poursuivis suite aux événements d'Al Hoceima.

Le matin, Mounim Asertihou, Zakaria Kadouri, El Adouli Mohamed ont successivement répondu aux questions de Ali Torchi, président de l'instance en charge de l'affaire, ainsi que celles de la défense et de la partie civile.

Ces trois prévenus font partie des quatre personnes comparaissant, dans ce dossier, en état de liberté provisoire. Selon les cas, ils doivent répondre aux accusations de manifestation sans déclaration préalable, outrage à corps constitué ou d'incitation publique à porter atteinte à l'unité territoriale du Royaume. Un quatrième devait être entendu vers 15h30, heure à laquelle devait reprendre l'audience.

"Je n'ai aucune relation avec Nasser Zefzafi. On est de la même ville (ould bladi)", a affirmé M. Asertihou, répondant à une question concernant ces liens avec le leader du hirak, qui comparait lui aussi mais en détention.

Le prévenu tempère son propos lorsque trois photos successives sont projetées sur les écrans de la salle 7, où se déroule le procès. Deux le montrent en compagnie de Zefzafi, dont une a été prise dans le snack de l'interrogé, situé à Imzouren. Dans une autre, il porte un tee-shirt où est imprimée la photo de l'intéressé. "Zefzafi est un personnage notoire",  "Al Hoceima est une petite ville, nous nous connaissons tous", dit-il

Le président enchaîne les questions. Il est souvent interrompu par la défense. Des avocats, comme Me Mohamed Aghnaj, lui reprochent de projeter des photos qui n'ont pas de liens avec les faits reprochés.

- Avez-vous participé à un sit-in ?

- Jamais.

Le président projette une autre photo. On y voit le prévenu figurant à une vingtaine de mètres d'une foule qui tient une manifestation.

- J'arrivais de Nador. J'ai pris cette photo avant de prendre la route vers Tanger.

- Pourquoi avez-vous pris la photo derrières ce groupe de gens?

- Ils se trouvaient loin de moi.  

(…)

- La photo avec Zefzafi (au snack), dans quelles circonstances l'avez-vous prise ?

- C'est mon client.

C'est au tour de Zakaria Kadouri de passer à la barre. Ali Torchi lui lit ses accusations. Gabarit imposant, voix assurée, il donne le ton avant que le juge ne pose sa première question: " Il n'y a ni incitation [contre l'intégrité territoriale], ni insulte [aux forces de l'ordre]", assure-t-il.

Le président se lance:

-" Quels sont vos liens avec le Hirak ?

-  Le prévenu: Je suis un citoyen marocain qui revendique un hôpital et des usines.

- C'est-à-dire que vous aviez des revendications.

- Oui, des revendications sociales.

- Vous participiez à des manifestations?

- Oui.

- En quelle qualité?

- En tant que citoyen revendiquant un hôpital et des usines.

- Vous étiez parmi les gardes du corps personnels de Zefzafi.

- Oui, et j'étais volontaire. Nasser Zefzafi recevait des menaces de mort au téléphone. Nous habitons le même quartier depuis l'enfance. (…) Il nous fait confiance parce que nous avons grandi dans le même quartier.

- Lors des manifestations, vous portiez des gilets. Qui vous a donné ces gilets?

- Je ne m'en souviens pas.

- Ici, une photo avec le drapeau Amazigh…

- Je suis de nationalité marocaine et d'identité amazigh.

- Pourquoi n'y avait-il pas de drapeaux marocains lors de vos manifestation?

- Pour ma part, je n'en n'ai pas à la maison."

S'ensuit une longue série de questions-réponses. Au prévenu, le juge demandera notamment si, durant les sit-in, lui et ses compagnons interdisaient aux manifestants d'arborer le drapeau marocain. Question à laquelle M. Kadouri répondra par la négative. 

"C'est une question politique. Je prie votre honorable Cour d'éviter les questions à  politiques", intervient l'ex bâtonnier Abderrahim Jamai. " Il n'y a rien de politique, Monsieur le bâtonnier. (…) La Cour adresse des questions à la lumière des preuves contenues dans le dossier."

Place au troisième prévenu, El Adouli Mohamed. Lui aussi, prend la parole avant d'entendre la question du juge. A la barre, comme au perchoir : "  Au nom d’Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux..Monsieur le président, messieurs les conseillers, Monsieur le représentant du ministère public (…)  Je tiens à préciser que  je n'ai assisté qu'à deux ou trois reprises à des manifestations." Une fois pour assister à la marche de soutien à Mohcine Fikri, "martyre de la dignité", et une autre pour " dire que nous ne sommes pas des séparatistes."

Ali Torchi peut enfin poser ses questions, avec la même fixette sur le type de drapeaux brandis lors des manifestations.

- Le drapeaux marocain était-il levé dans les manifestations auxquelles vous avez assisté?

- Continuellement. Et nous en sommes fiers.

- Y avait-il des affrontements lors de ces manifestations?

- Je n'en ai pas vu. Il faut que votre honorable Cour sache que cet individu travaille de 6h du matin à 1h du soir. Je travaille dans mon snack, je n'ai pas le temps de sortir où que ce soit.

Après les questions du président, le prévenu devait également répondre à celles de Abderrahim Jamai, avocat de la défense. L'ancien bâtonnier adresse ses questions au juge, tout en désignant Mohamed Addouli, qui répond:

- Me Jamai: A-t-il déjà incité contre l'unité territoriale du Royaume ?

- Addouli: Non.

- A-t-il déjà appelé à séparer la région Rif du Maroc?

- A Dieu ne plaise.

- A-t-il des liens avec des séparatistes ?

- A Dieu ne plaise.

-A-t-il déjà reçu des sommes d'argent à des fins de propagande ?

- Non.

- A-t-il consulté les PV de police avant de les signer ?

- Non.

- Notez cela, monsieur le secrétaire greffier.  

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