Petite fille d’un des généraux de Mohamed Ben Abdelkrim El Khattabi, la nouvelle présidente du Conseil national des droits de l’Homme (CNDH) est tombée dans le militantisme très jeune, presque malgré elle. Son leitmotiv : la défense des détenus politiques, la parité homme-femme, l’abolition de la peine de mort et la liberté de conscience. Parcours d’une avant-gardiste.

Amina Bouyach était à Stockholm quand elle a reçu un appel du Cabinet royal lui annonçant sa future nomination à la tête du CNDH.

Quand ? Et par qui ?  « Je ne sais pas. Vous n’obtiendrez pas de moi ce genre de  détails », esquive-t-elle, souriante, en bonne diplomate.

Sa mission d’ambassadeure du Maroc en Suède s’achève donc en beauté après plus de deux ans de bons et loyaux services. « Le Maroc avait une mauvaise image auprès des acteurs politiques et des médias en Suède, pays qui était hostile à notre cause nationale. Nous avons réussi, grâce à une action diplomatique sage et posée, à corriger cela. Le Maroc, grâce à la participation de tous les acteurs et départements concernés, est perçu aujourd’hui comme un pays sérieux et crédible. Je suis fière et satisfaite d’avoir été un élément dans ce processus », signale la désormais madame « droits de l’Homme » du royaume.

Une consécration pour cette fervente militante des droits humains : « C’est une énorme responsabilité. Une considération de mon travail, de mon engagement mais aussi une confirmation de la volonté de Sa Majesté pour la consolidation du processus des droits de l’Homme. C’est  le message que je retiens de cette nomination et j’en suis extrêmement fière », nous dit-elle au bout du fil, le lendemain de sa réception par le Roi et quelques heures avant la cérémonie de passation des pouvoirs avec son prédécesseur Driss El Yazami qui a eu lieu vendredi en fin de journée.

Les droits de l’Homme, un destin

Les droits de l’Homme, c’est un peu le destin d’Amina Bouayach. Dès sa naissance. Originaire de Beni Bouayach, commune située à 10 km d’Al Hoceima, elle voit le jour à Tétouan le 10 décembre 1957, date de célébration de la Journée internationale des droits de l’Homme. Un signe, peut-être, de ce qui l’attend plus tard…

Mariée très jeune à un militant d’Ila Al Amam, elle entre un peu malgré elle dans le militantisme. « Le père de mes enfants était détenu politique. Avec les familles des autres prisonniers, on a essayé de se regrouper pour agir pour leur libération. Je me suis donc retrouvée dans une démarche de plaidoyer très jeune », nous raconte-t-elle.

Si son ex-mari  -- arrêté en 1976 pour son action dans l’organisation marxiste léniniste -- a été libéré quelques années plus tard, elle choisit de poursuivre le combat. Une sorte d’ADN hérité de sa famille qui a été au premier rang de la guerre de libération du Rif.

« Mon grand père a été une sorte de ministre de la Défense de Mohamed Ben Abdelkrim El Khattabi », raconte-t-elle. Idem pour son père, un homme très engagé, qui décide de fuir le Rif en direction du Caire pour échapper aux geôles de l’occupation espagnole.

« Il faisait partie avec mon oncle de la première vague d’exilés au Caire. C’est là où il a fait d’ailleurs ses études de droit pour devenir avocat », raconte-t-elle. De retour au Maroc, après un bref détour parisien, son père, Hammadi Bouayach, s’installe à Tétouan et se marie à une fille de commerçant. Le couple donnera naissance à neuf enfants (trois garçons et six filles), dont Amina. « Nous étions une famille de condition moyenne. Mais très digne », raconte-t-elle.

De l’AMDH à l’OMDH, le choix de l’indépendance

Le combat pour la libération des prisonniers politiques des années de plomb la mènera à intégrer l’Association marocaine des droits de l’Homme (AMDH). Mais elle comprend très vite que ce cadre de travail ne lui convient pas, l’AMDH étant alors sous l’influence de courants politiques d’extrême gauche.

Se définissant comme « une femme de consensus qui privilégie le dialogue à la confrontation », elle décide en 1988 avec d’autres camarades et militants des droits de l’Homme de créer une nouvelle organisation, l’OMDH. « Nous voulions revoir notre action et notre manière de faire pour être indépendant des partis politiques. Je me suis ainsi trouvée dans un petit groupe de réflexion et nous avons pris la décision de créer de l’OMDH », se souvient-elle.

Une organisation qui compte parmi ses fondateurs de grandes figures du monde politique et académique comme Abderrahmane Youssoufi, Mahdi Mandjra, Omar Azziman ou encore Boubker Largou. La jeune Amina Bouayach se consacre alors à son sujet de prédilection : les détenus politiques, les disparitions, la torture

Un peu comme dans l’AMDH mais avec un modus operandi différent : « Nous n’étions pas dans la confrontation avec les pouvoirs publics, mais dans un processus de construction. Le slogan, comme on dit, est facile, mais la construction ne l’est pas. Ça exige de la sagesse », explique-t-elle.

Le militantisme n’empêchera pas Amina Bouayach de mener une carrière professionnelle plutôt réussie. Diplômée en 1992 en économie politique de l’Université Mohamed V de Rabat, elle intègre le Crédit Agricole où elle officiera au sein du département de la communication. Un poste qu’elle quittera momentanément en 1998 pour entrer au cabinet du Premier ministre socialiste Abderrahmane Youssoufi dont elle a été la Madame communication. Un poste qu’elle occupera jusqu’en 2002, avant d’intégrer le cabinet de Mohamed El Yazghi dont elle gérera les affaires parlementaires.

Sa mission de « cabinarde » arrivant à son terme, elle réintègre la banque, mais se voit obligée de la quitter après son élection à la tête l’OMDH en 2006. « J’ai demandé une retraite anticipée. Je ne voulais en aucun cas être qualifiée de fonctionnaire fantôme », explique-t-elle. Son élection à la tête de l’OMDH est une véritable consécration. Première femme à occuper une telle responsabilité au Maroc, elle succède à un calibre de poids : le Conseiller royal Omar Azziman, deuxième président de l’organisation après Mahdi El Manjra.

2013, nouvelle consécration, cette fois internationale, pour Amina Bouayach qui est élue secrétaire générale de la Fédération internationale des droits de l’Homme avec 66 voix sur 91. Une mission d’ordre exécutif et politique qui la mène aux quatre coins du monde et la faisant intervenir auprès des pouvoirs publics pour plaider la cause des droits humains.

A l’occasion de cette élection remportée haut la main, la chaîne 2M lui consacrera un reportage de 4 minutes en ouverture de son JT. Un privilège dont peu de figures de la société civile peuvent se targuer…

Réforme constitutionnelle : la bataille de la liberté de conscience

C’est donc en experte des questions des droits de l’Homme qu’elle est cooptée en 2011 au sein de la Commission Mennouni chargée de la révision de la Constitution.

Constitutionnaliste et membre de la même commission, Nadia Bernoussi dit avoir «découvert une femme de conviction, une dame de cœur et une grande militante ». « La partie de la Constitution relative aux droits de l’Homme doit beaucoup à son militantisme. Elle était aussi une fervente défenseure de l’égalité homme-femme et de l’amazighité », se souvient notre interlocutrice.

Autre membre de la commission, le constitutionnaliste Najib Ba Mhammed témoigne de l’action d’Amina Bouyach en ces termes : « La commission était répartie en cinq groupes de travail. Amina Bouayach faisait partie du groupe de travail chargé de la rédaction du préambule de la Constitution et essentiellement du titre 1er relatif aux droits et libertés fondamentales. Je me rappelle de sa position abolitionniste sur la question de la peine de mort. Elle s’est aussi démarquée sur la question de la liberté de conscience sur laquelle elle s’est montrée intransigeante. Les débats étaient d’ailleurs si houleux que nous avons du avoir recours au vote pour trancher. C’était la seule fois d’ailleurs où le vote a été nécessaire pour départager les membres de la commission. Le courant Bouayach l’a remporté, mais la disposition a été retirée plus tard sous la pression des islamistes. C’est une passionnée des questions des droits de l’Homme, une femme très intelligente, mais un peu rigide quand il s’agit de négocier…».

Rigide ? Amina Bouyach préfère dire qu’elle était « déterminée » et « intraitable » sur une question aussi importante que la liberté de conscience.

« Je ne défendais pas l’athéisme et je n’étais pas contre la religion, mais j’estimais que la liberté de conscience permettrait de libérer les esprits. C’était le moment idéal pour le Maroc pour s’inscrire dans ce principe universel. Il ne fallait pas rater cette occasion. Mais cela n’est en aucun cas de la rigidité », s’explique-t-elle. Déçue après la suppression de cette mention dans le texte final?  « Non, puisqu’il y a eu l’article sur la liberté de pensée qui est plus fort. C’était un compromis satisfaisant », précise-t-elle.

Son mot d’ordre au CNDH : la concertation

Le compromis semble être justement le mot d’ordre d’Amina Bouayach. « Le consensus et la concertation. C’est comme cela que j’ai toujours travaillé et que je continuerai à travailler », précise-t-elle. Notamment sur des sujets clivants comme la liberté de conscience, l’abolition de la peine de mort ou encore l’égalité dans l’héritage entre hommes et femmes.

Vendredi, cérémonie de passation à la tête du CNDH (avec Driss El Yazami). Ph. MAP

Des causes comme le rappelle Najib Ba Mhammed qui ont été également portées par l’ancien président du CNDH, Driss El Yazami. « Elle va construire sur du dur, en capitalisant sur les acquis de l’institution », estime cet ancien membre de l’OMDH, section Fès.

« J’essaierai de me concerter avec les acteurs, tous sans exception. Le consensus, le débat, le dialogue sont importants dans les processus de changement. Dans un environnement où il y a des déficits, il faut agir ensemble pour avancer et réussir. La confrontation n’a jamais rien réglé », explique-t-elle.

Ses priorités à la tête du CNDH, dit-elle, seront celles énumérées dans le communiqué du Cabinet royal annonçant sa nomination. « Je n’ai pas encore de priorités personnelles. Le communiqué du Cabinet royal a défini les axes les plus importants et les plus urgents. Mais je garderai toujours en tête ce message de Sa Majesté qui m’a dit pendant la réception royale qu’il n’accepte et n’acceptera jamais les injustices. Je ferai en sorte avec d’autres acteurs de veiller à cela ».

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Petite fille d’un des généraux de Mohamed Ben Abdelkrim El Khattabi, la nouvelle présidente du Conseil national des droits de l’Homme (CNDH) est tombée dans le militantisme très jeune, presque malgré elle. Son leitmotiv : la défense des détenus politiques, la parité homme-femme, l’abolition de la peine de mort et la liberté de conscience. Parcours d’une avant-gardiste. 

Amina Bouyach était à Stockholm quand elle a reçu un appel du Cabinet royal lui annonçant sa future nomination à la tête du CNDH.

Quand ? Et par qui ?  « Je ne sais pas. Vous n’obtiendrez pas de moi ce genre de  détails », esquive-t-elle, souriante, en bonne diplomate.

Sa mission d’ambassadeure du Maroc en Suède s’achève donc en beauté après plus de deux ans de bons et loyaux services. « Le Maroc avait une mauvaise image auprès des acteurs politiques et des médias en Suède, pays qui était hostile à notre cause nationale. Nous avons réussi, grâce à une action diplomatique sage et posée, à corriger cela. Le Maroc, grâce à la participation de tous les acteurs et départements concernés, est perçu aujourd’hui comme un pays sérieux et crédible. Je suis fière et satisfaite d’avoir été un élément dans ce processus », signale la désormais madame « droits de l’Homme » du royaume.

Une consécration pour cette fervente militante des droits humains : « C’est une énorme responsabilité. Une considération de mon travail, de mon engagement mais aussi une confirmation de la volonté de Sa Majesté pour la consolidation du processus des droits de l’Homme. C’est  le message que je retiens de cette nomination et j’en suis extrêmement fière », nous dit-elle au bout du fil, le lendemain de sa réception par le Roi et quelques heures avant la cérémonie de passation des pouvoirs avec son prédécesseur Driss El Yazami qui a eu lieu vendredi en fin de journée.

Les droits de l’Homme, un destin

Les droits de l’Homme, c’est un peu le destin d’Amina Bouayach. Dès sa naissance. Originaire de Beni Bouayach, commune située à 10 km d’Al Hoceima, elle voit le jour à Tétouan le 10 décembre 1957, date de célébration de la Journée internationale des droits de l’Homme. Un signe, peut-être, de ce qui l’attend plus tard…

Mariée très jeune à un militant d’Ila Al Amam, elle entre un peu malgré elle dans le militantisme. « Le père de mes enfants était détenu politique. Avec les familles des autres prisonniers, on a essayé de se regrouper pour agir pour leur libération. Je me suis donc retrouvée dans une démarche de plaidoyer très jeune », nous raconte-t-elle.

Si son ex-mari  -- arrêté en 1976 pour son action dans l’organisation marxiste léniniste -- a été libéré quelques années plus tard, elle choisit de poursuivre le combat. Une sorte d’ADN hérité de sa famille qui a été au premier rang de la guerre de libération du Rif.

« Mon grand père a été une sorte de ministre de la Défense de Mohamed Ben Abdelkrim El Khattabi », raconte-t-elle. Idem pour son père, un homme très engagé, qui décide de fuir le Rif en direction du Caire pour échapper aux geôles de l’occupation espagnole.

« Il faisait partie avec mon oncle de la première vague d’exilés au Caire. C’est là où il a fait d’ailleurs ses études de droit pour devenir avocat », raconte-t-elle. De retour au Maroc, après un bref détour parisien, son père, Hammadi Bouayach, s’installe à Tétouan et se marie à une fille de commerçant. Le couple donnera naissance à neuf enfants (trois garçons et six filles), dont Amina. « Nous étions une famille de condition moyenne. Mais très digne », raconte-t-elle.

De l’AMDH à l’OMDH, le choix de l’indépendance

Le combat pour la libération des prisonniers politiques des années de plomb la mènera à intégrer l’Association marocaine des droits de l’Homme (AMDH). Mais elle comprend très vite que ce cadre de travail ne lui convient pas, l’AMDH étant alors sous l’influence de courants politiques d’extrême gauche.

Se définissant comme « une femme de consensus qui privilégie le dialogue à la confrontation », elle décide en 1988 avec d’autres camarades et militants des droits de l’Homme de créer une nouvelle organisation, l’OMDH. « Nous voulions revoir notre action et notre manière de faire pour être indépendant des partis politiques. Je me suis ainsi trouvée dans un petit groupe de réflexion et nous avons pris la décision de créer de l’OMDH », se souvient-elle.

Une organisation qui compte parmi ses fondateurs de grandes figures du monde politique et académique comme Abderrahmane Youssoufi, Mahdi Mandjra, Omar Azziman ou encore Boubker Largou. La jeune Amina Bouayach se consacre alors à son sujet de prédilection : les détenus politiques, les disparitions, la torture

Un peu comme dans l’AMDH mais avec un modus operandi différent : « Nous n’étions pas dans la confrontation avec les pouvoirs publics, mais dans un processus de construction. Le slogan, comme on dit, est facile, mais la construction ne l’est pas. Ça exige de la sagesse », explique-t-elle.

Le militantisme n’empêchera pas Amina Bouayach de mener une carrière professionnelle plutôt réussie. Diplômée en 1992 en économie politique de l’Université Mohamed V de Rabat, elle intègre le Crédit Agricole où elle officiera au sein du département de la communication. Un poste qu’elle quittera momentanément en 1998 pour entrer au cabinet du Premier ministre socialiste Abderrahmane Youssoufi dont elle a été la Madame communication. Un poste qu’elle occupera jusqu’en 2002, avant d’intégrer le cabinet de Mohamed El Yazghi dont elle gérera les affaires parlementaires.

Sa mission de « cabinarde » arrivant à son terme, elle réintègre la banque, mais se voit obligée de la quitter après son élection à la tête l’OMDH en 2006. « J’ai demandé une retraite anticipée. Je ne voulais en aucun cas être qualifiée de fonctionnaire fantôme », explique-t-elle. Son élection à la tête de l’OMDH est une véritable consécration. Première femme à occuper une telle responsabilité au Maroc, elle succède à un calibre de poids : le Conseiller royal Omar Azziman, deuxième président de l’organisation après Mahdi El Manjra.

2013, nouvelle consécration, cette fois internationale, pour Amina Bouayach qui est élue secrétaire générale de la Fédération internationale des droits de l’Homme avec 66 voix sur 91. Une mission d’ordre exécutif et politique qui la mène aux quatre coins du monde et la faisant intervenir auprès des pouvoirs publics pour plaider la cause des droits humains.

A l’occasion de cette élection remportée haut la main, la chaîne 2M lui consacrera un reportage de 4 minutes en ouverture de son JT. Un privilège dont peu de figures de la société civile peuvent se targuer…

Réforme constitutionnelle : la bataille de la liberté de conscience

C’est donc en experte des questions des droits de l’Homme qu’elle est cooptée en 2011 au sein de la Commission Mennouni chargée de la révision de la Constitution.

Constitutionnaliste et membre de la même commission, Nadia Bernoussi dit avoir «découvert une femme de conviction, une dame de cœur et une grande militante ». « La partie de la Constitution relative aux droits de l’Homme doit beaucoup à son militantisme. Elle était aussi une fervente défenseure de l’égalité homme-femme et de l’amazighité », se souvient notre interlocutrice.

Autre membre de la commission, le constitutionnaliste Najib Ba Mhammed témoigne de l’action d’Amina Bouyach en ces termes : « La commission était répartie en cinq groupes de travail. Amina Bouayach faisait partie du groupe de travail chargé de la rédaction du préambule de la Constitution et essentiellement du titre 1er relatif aux droits et libertés fondamentales. Je me rappelle de sa position abolitionniste sur la question de la peine de mort. Elle s’est aussi démarquée sur la question de la liberté de conscience sur laquelle elle s’est montrée intransigeante. Les débats étaient d’ailleurs si houleux que nous avons du avoir recours au vote pour trancher. C’était la seule fois d’ailleurs où le vote a été nécessaire pour départager les membres de la commission. Le courant Bouayach l’a remporté, mais la disposition a été retirée plus tard sous la pression des islamistes. C’est une passionnée des questions des droits de l’Homme, une femme très intelligente, mais un peu rigide quand il s’agit de négocier…».

Rigide ? Amina Bouyach préfère dire qu’elle était « déterminée » et « intraitable » sur une question aussi importante que la liberté de conscience.

« Je ne défendais pas l’athéisme et je n’étais pas contre la religion, mais j’estimais que la liberté de conscience permettrait de libérer les esprits. C’était le moment idéal pour le Maroc pour s’inscrire dans ce principe universel. Il ne fallait pas rater cette occasion. Mais cela n’est en aucun cas de la rigidité », s’explique-t-elle. Déçue après la suppression de cette mention dans le texte final?  « Non, puisqu’il y a eu l’article sur la liberté de pensée qui est plus fort. C’était un compromis satisfaisant », précise-t-elle.

Son mot d’ordre au CNDH : la concertation

Le compromis semble être justement le mot d’ordre d’Amina Bouayach. « Le consensus et la concertation. C’est comme cela que j’ai toujours travaillé et que je continuerai à travailler », précise-t-elle. Notamment sur des sujets clivants comme la liberté de conscience, l’abolition de la peine de mort ou encore l’égalité dans l’héritage entre hommes et femmes.

Vendredi, cérémonie de passation à la tête du CNDH (avec Driss El Yazami). Ph. MAP

Des causes comme le rappelle Najib Ba Mhammed qui ont été également portées par l’ancien président du CNDH, Driss El Yazami. « Elle va construire sur du dur, en capitalisant sur les acquis de l’institution », estime cet ancien membre de l’OMDH, section Fès.

« J’essaierai de me concerter avec les acteurs, tous sans exception. Le consensus, le débat, le dialogue sont importants dans les processus de changement. Dans un environnement où il y a des déficits, il faut agir ensemble pour avancer et réussir. La confrontation n’a jamais rien réglé », explique-t-elle.

Ses priorités à la tête du CNDH, dit-elle, seront celles énumérées dans le communiqué du Cabinet royal annonçant sa nomination. « Je n’ai pas encore de priorités personnelles. Le communiqué du Cabinet royal a défini les axes les plus importants et les plus urgents. Mais je garderai toujours en tête ce message de Sa Majesté qui m’a dit pendant la réception royale qu’il n’accepte et n’acceptera jamais les injustices. Je ferai en sorte avec d’autres acteurs de veiller à cela ».

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