La tension est montée d'un cran vendredi 11 janvier entre Renault et Nissan, le groupe français évoquant "une campagne de déstabilisation" après des révélations visant une de ses dirigeantes, alors que Carlos Ghosn, bâtisseur de l'alliance automobile franco-japonaise, a fait l'objet de nouvelles inculpations qui prolongent sa détention au Japon.

Mouna Sepehri, proche de Carlos Ghosn et directrice déléguée à la présidence de Renault, a reçu près de 500.000 euros répartis sur plusieurs années en tant que membre du directoire de l'alliance Renault-Nissan, selon des documents consultés par l'AFP.

Cette proche de Carlos Ghosn "est la seule des neuf administrateurs à avoir reçu une rémunération payée directement par la société Renault-Nissan BV (RNBV)", la holding néerlandaise chapeautant le partenariat entre les constructeurs automobiles français et japonais, a commenté une source proche du dossier.

Chez le constructeur français, on souligne qu' "il y a d'autres cadres de Renault et de Nissan qui, dans le cadre de missions spécifiques pour l'Alliance, touchent des indemnités de (sa) part". Le groupe au losange a dénoncé dans un communiqué une "mise en cause qui s'insère dans une campagne de déstabilisation délibérément orchestrée".

A Paris, une source évoque même une machination et des fuites orchestrées par un responsable de Nissan. Mme Sepehri, entrée chez Renault en 1996 à l'époque de l'ancien PDG, Louis Schweitzer, est "une des personnes à l'origine de l'Alliance, ce qui pourrait expliquer qu'elle soit dans la ligne de mire", estime cette source.

Parallèlement, l'étau judiciaire japonais s'est resserré autour de celui qui reste officiellement PDG de Renault.

Le parquet de Tokyo a décidé vendredi de le poursuivre pour abus de confiance et pour avoir minoré ses revenus dans des rapports boursiers de Nissan entre 2015 et 2018.

Son bras droit, Greg Kelly, relâché sous caution le 25 décembre, a aussi été inculpé pour le deuxième motif, tout comme le constructeur d'automobiles nippon, en tant qu'entité morale ayant remis les documents incriminés.

MM. Ghosn et Kelly ainsi que Nissan avaient déjà été mis en examen, le 10 décembre, pour avoir déclaré des rétributions amoindries sur les cinq années précédentes.

Les avocats de M. Ghosn ont déposé une demande de libération sous caution, mais cette requête a peu de chances d'aboutir. En cas de refus, il restera en prison au moins jusqu'au 10 mars.

Le tribunal a en revanche autorisé, contre l'avis du parquet, les visites de sa famille, outre celles de ses avocats et du personnel consulaire de la France, du Liban et du Brésil, les trois pays dont il est citoyen.

(Avec AFP)

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La tension est montée d'un cran vendredi 11 janvier entre Renault et Nissan, le groupe français évoquant "une campagne de déstabilisation" après des révélations visant une de ses dirigeantes, alors que Carlos Ghosn, bâtisseur de l'alliance automobile franco-japonaise, a fait l'objet de nouvelles inculpations qui prolongent sa détention au Japon.

Mouna Sepehri, proche de Carlos Ghosn et directrice déléguée à la présidence de Renault, a reçu près de 500.000 euros répartis sur plusieurs années en tant que membre du directoire de l'alliance Renault-Nissan, selon des documents consultés par l'AFP.

Cette proche de Carlos Ghosn "est la seule des neuf administrateurs à avoir reçu une rémunération payée directement par la société Renault-Nissan BV (RNBV)", la holding néerlandaise chapeautant le partenariat entre les constructeurs automobiles français et japonais, a commenté une source proche du dossier.

Chez le constructeur français, on souligne qu' "il y a d'autres cadres de Renault et de Nissan qui, dans le cadre de missions spécifiques pour l'Alliance, touchent des indemnités de (sa) part". Le groupe au losange a dénoncé dans un communiqué une "mise en cause qui s'insère dans une campagne de déstabilisation délibérément orchestrée".

A Paris, une source évoque même une machination et des fuites orchestrées par un responsable de Nissan. Mme Sepehri, entrée chez Renault en 1996 à l'époque de l'ancien PDG, Louis Schweitzer, est "une des personnes à l'origine de l'Alliance, ce qui pourrait expliquer qu'elle soit dans la ligne de mire", estime cette source.

Parallèlement, l'étau judiciaire japonais s'est resserré autour de celui qui reste officiellement PDG de Renault.

Le parquet de Tokyo a décidé vendredi de le poursuivre pour abus de confiance et pour avoir minoré ses revenus dans des rapports boursiers de Nissan entre 2015 et 2018.

Son bras droit, Greg Kelly, relâché sous caution le 25 décembre, a aussi été inculpé pour le deuxième motif, tout comme le constructeur d'automobiles nippon, en tant qu'entité morale ayant remis les documents incriminés.

MM. Ghosn et Kelly ainsi que Nissan avaient déjà été mis en examen, le 10 décembre, pour avoir déclaré des rétributions amoindries sur les cinq années précédentes.

Les avocats de M. Ghosn ont déposé une demande de libération sous caution, mais cette requête a peu de chances d'aboutir. En cas de refus, il restera en prison au moins jusqu'au 10 mars.

Le tribunal a en revanche autorisé, contre l'avis du parquet, les visites de sa famille, outre celles de ses avocats et du personnel consulaire de la France, du Liban et du Brésil, les trois pays dont il est citoyen.

(Avec AFP)

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