Il faudrait écrire état de retard plutôt qu'état d'avancement. Au 22 mai, date du document officiel que nous (re)publions, tous les projets ou presque sont en retard, voire très en retard.

Le samedi 17 octobre 2015 à Tétouan, le Roi Mohammed VI présidait les signatures de lancement d’un programme intitulé "Al Hoceima, phare de la Méditerranée". Un programme qui promettait à la ville et à sa région, grâce à un budget de 6,5 MMDH, de grands projets d’infrastructures, d’éducation, et de santé; sur un horizon temporel de 4 ans.

Les détails du projet d'origine, les montants et les échéances sont exposés dans la vidéo ci-dessous:

La réalisation de ce programme a donc comme date butoir fin 2019. Ceci étant, le bouillonnement social que connaît la région depuis plusieurs mois déjà, a révélé que l’exécution de quasiment tous les projets structurants lancés dans le cadre de ce programme prend du retard. Un retard qui décrédibilise l’apport économique et social qu’il veut apporter.

Les ministres qui se sont déplacés à Al Hoceïma le 22 mai dernier ont présenté lors d’une conférence l’état d’avancement des projets du programme en question. Seulement voilà: Alors qu’elle devait être entamée dès 2015 ou 2016, la réalisation des projets les plus structurants n’a commencé qu’après la montée en puissance des manifestations, face à un gouvernement presque sourd-muet.

Un retard qui confirme que l’époque des beaux discours et du manque d’actions concrètes n’est pas révolue. Chose qui a d’ailleurs suscité la colère du Souverain. Celui-ci a ordonné, lors d'un Conseil des ministres tenu ce dimanche 25 juin, une double enquête:

- Une de l'administration territoriale, qui relève du ministère de l'Intérieur et qui sera probablement chapeautée par la nouvelle inspectrice Zineb Al Adoui, venue de la région Souss-Massa.

- Une de l'IGF, l'inspection générale des Finances, qui dépend du ministère du même nom.

La liste des projets qui accusent du retard est longue et concerne les différents axes structurants du programme. Si certains vont bon pied, comme le centre d'hémodialyse d'Imzouren (dont les travaux ont été entamés le 26 décembre 2016 et qui est à un taux de réalisation de 62%), la majorité traîne encore.

Il y a, par exemple, le centre hospitalier provincial d’Al Hoceïma, dont le coût de réalisation est estimé à 347 MDH, et dont les travaux n’ont été entamés qu’en avril 2017.

Il y a également le grand stade d’Al Hoceïma,  pour un coût de 250 MDH et dont les travaux ne devront être entamés que ce 30 juin après un appel d’offres lancé il y a moins d’un mois, avec d'autres appels d'offres lancés in extremis.

Les travaux de la piscine couverte, nécessitant une modeste enveloppe de 80 MDH, ne commenceront que le 1er octobre 2017.

Quant aux projets relatifs à la construction et à l’aménagement de nouvelles routes reliant les différents douars aux routes principales, la majorité des appels d’offres qui y sont relatifs n’ont été lancés que durant les mois de mai et de juin 2017, soit après la montée des tensions dans la région.

Sans oublier la route express Taza-Al Hoceima qui, en 2014, a été annoncée pour 2017. Le 22 mai dernier et, sans donner de raison ou d’argument quelconque, le ministre des transports expliquait que la route en question ne sera prête qu’en 2019. Sans y voir de contradiction, il ajoute également que "son état d’avancement est de 70% et que les différents tronçons connaissent un avancement remarquable".

Les interrogations liées aux délais du programme "Al Hoceïma: phare de la Méditerranée" pullulent, surtout en ces temps où les tensions sociales dans la ville d'Al Hoceïma et les régions mitoyennes sont montées d'un cran. Le lancement des projets, ayant intervenu après la montée en puissance des manifestations, suscite des questions quant au retard pris sur les engagements.

Le gouvernement, pour sa part, ne livre pas d'explications. Les yeux sont rivés vers les enquêtes ordonnées par le Souverain. A suivre.

Voici projet par projet, l'état d'avancement des projets ainsi que la liste des projets qui ont été ajoutés, de sorte que le programme est désormais doté de près de 10 milliards de DH. Document en langue arabe.

houceima
(Cliquer sur l'image pour lire les slides et les feuilleter)

 

Quoi de neuf ?
Rendez-vous Partenaires
  • Newsletter

    Abonnez-vous à nos newsletters et alertes.

Il faudrait écrire état de retard plutôt qu'état d'avancement. Au 22 mai, date du document officiel que nous (re)publions, tous les projets ou presque sont en retard, voire très en retard. 

Le samedi 17 octobre 2015 à Tétouan, le Roi Mohammed VI présidait les signatures de lancement d’un programme intitulé "Al Hoceima, phare de la Méditerranée". Un programme qui promettait à la ville et à sa région, grâce à un budget de 6,5 MMDH, de grands projets d’infrastructures, d’éducation, et de santé; sur un horizon temporel de 4 ans.

Les détails du projet d'origine, les montants et les échéances sont exposés dans la vidéo ci-dessous:

La réalisation de ce programme a donc comme date butoir fin 2019. Ceci étant, le bouillonnement social que connaît la région depuis plusieurs mois déjà, a révélé que l’exécution de quasiment tous les projets structurants lancés dans le cadre de ce programme prend du retard. Un retard qui décrédibilise l’apport économique et social qu’il veut apporter.

Les ministres qui se sont déplacés à Al Hoceïma le 22 mai dernier ont présenté lors d’une conférence l’état d’avancement des projets du programme en question. Seulement voilà: Alors qu’elle devait être entamée dès 2015 ou 2016, la réalisation des projets les plus structurants n’a commencé qu’après la montée en puissance des manifestations, face à un gouvernement presque sourd-muet.

Un retard qui confirme que l’époque des beaux discours et du manque d’actions concrètes n’est pas révolue. Chose qui a d’ailleurs suscité la colère du Souverain. Celui-ci a ordonné, lors d'un Conseil des ministres tenu ce dimanche 25 juin, une double enquête:

- Une de l'administration territoriale, qui relève du ministère de l'Intérieur et qui sera probablement chapeautée par la nouvelle inspectrice Zineb Al Adoui, venue de la région Souss-Massa.

- Une de l'IGF, l'inspection générale des Finances, qui dépend du ministère du même nom.

La liste des projets qui accusent du retard est longue et concerne les différents axes structurants du programme. Si certains vont bon pied, comme le centre d'hémodialyse d'Imzouren (dont les travaux ont été entamés le 26 décembre 2016 et qui est à un taux de réalisation de 62%), la majorité traîne encore.

Il y a, par exemple, le centre hospitalier provincial d’Al Hoceïma, dont le coût de réalisation est estimé à 347 MDH, et dont les travaux n’ont été entamés qu’en avril 2017.

Il y a également le grand stade d’Al Hoceïma,  pour un coût de 250 MDH et dont les travaux ne devront être entamés que ce 30 juin après un appel d’offres lancé il y a moins d’un mois, avec d'autres appels d'offres lancés in extremis.

Les travaux de la piscine couverte, nécessitant une modeste enveloppe de 80 MDH, ne commenceront que le 1er octobre 2017.

Quant aux projets relatifs à la construction et à l’aménagement de nouvelles routes reliant les différents douars aux routes principales, la majorité des appels d’offres qui y sont relatifs n’ont été lancés que durant les mois de mai et de juin 2017, soit après la montée des tensions dans la région.

Sans oublier la route express Taza-Al Hoceima qui, en 2014, a été annoncée pour 2017. Le 22 mai dernier et, sans donner de raison ou d’argument quelconque, le ministre des transports expliquait que la route en question ne sera prête qu’en 2019. Sans y voir de contradiction, il ajoute également que "son état d’avancement est de 70% et que les différents tronçons connaissent un avancement remarquable".

Les interrogations liées aux délais du programme "Al Hoceïma: phare de la Méditerranée" pullulent, surtout en ces temps où les tensions sociales dans la ville d'Al Hoceïma et les régions mitoyennes sont montées d'un cran. Le lancement des projets, ayant intervenu après la montée en puissance des manifestations, suscite des questions quant au retard pris sur les engagements.

Le gouvernement, pour sa part, ne livre pas d'explications. Les yeux sont rivés vers les enquêtes ordonnées par le Souverain. A suivre.

Voici projet par projet, l'état d'avancement des projets ainsi que la liste des projets qui ont été ajoutés, de sorte que le programme est désormais doté de près de 10 milliards de DH. Document en langue arabe.

houceima
(Cliquer sur l'image pour lire les slides et les feuilleter)

 

  • Newsletter

    Abonnez-vous à nos newsletters et alertes.
Quoi de neuf ?

A lire aussi


Médias24 est un journal économique marocain en ligne qui fournit des informations orientées business, marchés, data et analyses économiques. Retrouvez en direct et en temps réel, en photos et en vidéos, toute l’actualité économique, politique, sociale, et culturelle au Maroc avec Médias24

Notre journal s’engage à vous livrer une information précise, originale et sans parti-pris vis à vis des opérateurs.