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Condition de la femme: Lalla Meryem suggère d'adresser un mémorandum au Roi Mohammed VI 

Jeudi 8 mars 2018 à 15h57
Condition de la femme: Lalla Meryem suggère d'adresser un mémorandum au Roi Mohammed VI
 (Photo MAP)

La Princesse Lalla Meryem suggère la remise, au Roi Mohammed VI, d'un mémorandum au sujet de la condition des femmes et d'ouvrir un débat national sur le sujet. Insistant sur sa qualité de "militante des droits de la femme et de l'enfant", elle a relevé les insuffisances relatives à l'application de la Moudawana, dont le mariage des mineures et la méconnaissance par les femmes de leurs propres droits. La confirmation d'une possible réforme du Code de la famille?

La Princesse Lalla Meryem, présidente de l'Union nationale des femmes du Maroc (UNFM), a présidé, jeudi 8 mars au Centre de conférences Mohammed VI à Marrakech, la cérémonie de célébration de la Journée internationale de la femme.

Dans un discours d'ouverture au nom de l'UNFM, la Princesse a souligné les "efforts du Roi Mohammed VI pour améliorer la situation de la femme", faisant savoir que "le Souverain aspire à ce que la femme marocaine accède à un statut comparable à celui de ses homologues dans les pays les plus avancés".

"Mon statut de princesse n’a jamais constitué un obstacle pour que je vive et réalise pleinement ma vocation de militante engagée, plus spécifiquement dans la promotion des droits de la femme et de l’enfant", a-t-elle relevé.

>> Lire aussi : Au Maroc, l'espoir d'une nouvelle génération de réformes au profit des femmes

Elle a en outre indiqué que l’adoption d’un Code de la famille évolué est l’une des principales avancées, réalisées par les femmes au Maroc, notant que cette nouvelle loi, élaborée dans le dessein précis de rendre justice à la femme, entend aussi protéger les droits des enfants et instaurer un climat d’équilibre et de stabilité au sein de la famille.

Beaucoup reste à faire

"D’aucuns prétendent à tort que le code ne s’applique pas, alors que les tribunaux de la famille veillent à la mise en œuvre de ses dispositions", a poursuivi la Princesse, affirmant qu’"en réalité, le problème vient du fait que, à cette date, un trop grand nombre de femmes, vivant notamment en milieu rural et dans des zones reculées, ignorent tout de l’existence de ce code".

"Si, en règle générale, nul n’est censé ignorer la loi, les droits d’un nombre important de femmes continuent néanmoins à être mis à mal, soit parce qu’ils sont tout simplement ignorés, soit parce que les moyens juridiques et matériels permettant d’en jouir pleinement font défaut".

"Certes, il y a eu l’adoption du Code de la famille, la création de tribunaux de la famille et l’élaboration de textes juridiques avancés dans ce domaine. Mais beaucoup reste à faire pour sensibiliser les femmes à leurs droits acquis", a-t-elle dit.

"Si, d’une part, notre devoir est de nous mobiliser pour appuyer les efforts déployés par l’Etat dans ce domaine, nous nous devons, d’autre part, de solliciter son assistance. Cette aide est requise, aussi bien dans le cadre de la sensibilisation aux dispositions du Code de la famille et aux droits de la femme en général, que du point de vue de l’accès aux garanties offertes, à l’ensemble des femmes marocaines, par la loi, comme la fourniture, le cas échéant, de services de traduction à leur intention", a insisté la Princesse Lalla Meryem.

Des défis à relever

S’agissant de la condition de la femme et de l’enfant, la Princesse a indiqué que des questions pressantes restent posées, citant à titre d'exemple le mariage des mineures, la lutte contre la discrimination et les violences faites aux femmes, ainsi que le travail des enfants, notamment en milieu domestique.

"Notre devoir est de participer constructivement au débat national suscité autour de ces questions d’actualité. En tant que militante qui se soucie du devenir de la femme et de l’enfant dans notre pays, je suggère que soit portée à la haute attention de sa Majesté le Roi un mémorandum exposant les différentes questions soulevées en la matière et proposant des solutions raisonnables pour y remédier", a poursuivi la Princesse Lalla Meryem.

"Par ailleurs, nous solliciterons de Sa Majesté qu’il veuille bien orienter le gouvernement et les institutions concernées pour qu’ils se penchent sur l’examen des différentes questions intéressant la femme et l’enfance. De fait, Sa Majesté tient -c’est là notre conviction la plus intime- à ce que le traitement de ces questions soit entrepris dans le cadre d’une démarche participative de portée nationale. Outre la prise en considération des droits et des obligations de tous les protagonistes, l’approche à suivre doit être conçue dans le respect des constantes immuables et des valeurs sacrées de la nation, ainsi que des spécificités religieuses et culturelles de notre pays", a-t-elle dit.

A cette occasion, la directrice de l’Instance nationale d’évaluation auprès du Conseil supérieur de l'éducation, de la formation et de la recherche scientifique, Rahma Bourquia, a annoncé la création, en partenariat avec l’université Mohammed V de Rabat, d’une Chaire dédiée aux questions touchant à la situation et aux droits de la femme et de l’enfant.

Par ailleurs, deux conventions ont été signées, ce jour, entre, d’une part, l'UNFM et, d’autre part, le ministère public et l’Agence marocaine de coopération internationale (AMCI).

La première convention a pour objectif le renforcement des compétences des cadres de l’Union, le développement des échanges entre les deux parties, à travers notamment la création de cellules de prise en charge des femmes et des enfants au sein des tribunaux.

La seconde convention établit un partenariat en vertu duquel l’AMCI appuiera l'UNFM dans le renforcement des capacités de ses cadres en vue de promouvoir l'action de l’Union au niveau africain.

A cette occasion, le secrétaire général de l’Organisation de la coopération islamique (OCI), Youssef Bin Ahmad Al-Othaimeen a remis à la Princesse Lalla Meryem le titre d’"Ambassadeur de bonne volonté de l’OCI".

Par la suite, la Princesse a suivi des explications concernant le projet "Dar Al Korb" (Maison de proximité), initié par l’UNFM en partenariat avec Barid Al Maghrib et l’INDH, un projet qui met à la disposition de femmes en situation de vulnérabilité des espaces de vie, de formation et de renforcement des capacités. A ce jour, trois projets de "Dar Al Korb" ont été réalisés dans les provinces de Khémisset, Rhamna et Beni Mellal.

(Avec MAP)
 

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