Les premières actions concrètes de l’Agence du Développement Digital seront visibles dès le deuxième semestre de cette année 2019, promet Khouloud Abejja, DG par intérim de cette agence. Contactée par Médias24 après la tenue ce vendredi 18 du conseil d’administration de l’agence, Mme Abejja semblait très satisfaite des résultats de cette réunion présidée par le Chef du gouvernement.

Les raisons de se poser des questions quant à l’efficacité de l’Agence ne manquaient pas. Une idée s’est installée au sein de l’opinion selon laquelle l’ADD est très lente au démarrage.

Contacté par nos soins, le Chef du gouvernement Saâdeddine Elotmani qui a présidé ce conseil d’administration, estime que l’agence a au contraire travaillé rapidement : la première année est une année de fondation, explique-t-il.  

Elotmani dit que le Maroc est pressé, que le digital est par définition synonyme de rapidité et que le pays porte de grands espoirs sur cette agence. C’est pour rattraper le retard pris par notre pays dans ce domaine qu’elle a été créée.

En fait, comme on va le voir, cette impatience est partagée par l’équipe d’ADD. Khouloud Abejja a exposé dans sa présentation ce qui a été fait et ce qui doit être fait.

L’ADD, à quoi ça sert ?

Ce vendredi 18 janvier, Khouloud Abejja surprend le chef du gouvernement et la plupart des participants, en organisant un conseil d’administration avec zéro papier. Tout est digital. Chaque participant reçoit une tablette, connectée à une plateforme interactive. Parmi les participants, des indépendants, de la CGEM, ou des experts marocains travaillant dans le Royaume ou à l'étranger.

Quelle est la mission de l’ADD ? C’est avec cette question qu’est introduite la présentation. Une introduction déclinée en 7 autres questions :

-Comment améliorer la qualité des services publics ?

-comment améliorer la compétitivité des secteurs de l’économie marocaine ?

-comment dynamiser le tissu d’acteurs digitaux moteurs de l’innovation ?

-comment améliorer le rayonnement international du Maroc dans le secteur digital ?

-comment aider à réduire les inégalités notamment dans le monde rural ?

-comment aider à faciliter la vie de la population fragile ? 

-comment créer l’environnement nécessaire au développement digital dans l’administration, la société, et l’économie marocaine ?

Mais avant de poser ces questions, n’oublions pas que l’Agence a été créée virtuellement en septembre 2017, lorsque la loi a été publiée au B.O. Trois mois plus tard, en décembre 2017, le décret d’application est publié et l’agence tient son premier conseil d’administration.

En douze ou treize mois, quel est son bilan ?

Rien de comestible en réalité. Pour les médias, il n’y a rien à se mettre sous la dent. “C’est la raison pour laquelle nous n’avons rien communiqué“, explique notre interlocutrice. Lorsqu’un établissement public se crée, certains délais sont incompressibles: le démarrage effectif nécessite une validation de textes, un organigramme, un budget, un statut du personnel, un règlement de marchés pour les achats. Dans le cas de l’ADD, ce processus a duré un semestre comme pour tout établissement public. Les premiers recrutements ont pu être effectués au bout de neuf mois. Fin décembre 2018, 35 personnes ont été recrutées, la moitié de l’effectif cible, avec une moyenne d’âge de 30 ans.

Maroc Digital, la stratégie digitale de l’Etat

La première année a donc été consacrée à la création de l’agence. Et la préparation du transfert de l’écosystème de l’offshoring vers l’ADD.

Au cours du conseil d’administration de ce vendredi, 13 projets de convention ont été présentés :

-2 projets de convention sur la digitalisation de l’administration avec trois ministères : Fonction publique, Intérieur et Industrie.

- 4 projets de conventions concernant l’innovation dans la digital. Les partenaires sont des ministères (Industrie, Education nationale), l’ENSIAS, l’université Mohammed V, le CNRST, le Soft Centre.

-La digitalisation des entreprises : 1 projet convention avec le ministère de l’Industrie et la Fondation de recherche et de développement industriel.

-4 projets de conventions autour du thème “Génération digitale » : INPT, ENSIAS, Université Mohammed V, ministère de l’Education nationale et la fédération internationale des plateformes numériques d’enseignement supérieur.

-Un projet de convention dans la formation, avec le ministère de l’industrie et I’USAID, l’université polytechnique Mohammed VI de Benguérir, l’ENSIAS et Eon Reality Formation spécialisée dans la réalité virtuelle et la réalité augmentée.

-Un projet de convention pour la contribution à la digitalisation des partenaires, Santé publique, Industrie et la Fondation nationale des musées.

Le plan d’action de l’agence

Il s’inscrit dans la continuité de son plan d’action de lancement avec 4 axes principaux :

1-Smart government

Ce volet vise à mettre en place une plateforme d’échange de données entre les administrations / interopérabilité, à mettre en place un «Digital lab» au sein de l’ADD, à contribuer à la digitalisation du parcours de l’investisseur, du parcours de l’import/export et de créer un portail unique pour le citoyen centralisant les démarches administratives existantes et futures.

2- Ecosystème digital et innovation

Ce volet est caractérisé par la mise en place d’un « Digital park », d’une « Smart factory », d’un dispositif complet de digitalisation de la PME « Digital PME », du dispositif « Digital Auto-entrepreneur » et d’actions d’appui aux Startups.

3-  Inclusion sociale et développement humain

Ce volet sera marqué par la création d’un pipeline de « défis nationaux » et la mise en place d’une plateforme d’applications pour les jeunes.

4- Environnement et confiance digitale

Ce volet concerne essentiellement la mise en place d’un cadre réglementaire, d’un programme national de formation aux métiers du digital et le support pour mettre en place d’une infrastructure nécessaire à la transformation digitale du pays.

L’année 2019 marque l’ajout d’un nouveau chantier « Ecosystème dédié à l’intelligence artificielle ».

Ce chantier vise à mettre en place un écosystème d’intelligence artificielle sur les volets «Natural language processing » et « Natural language generation » pour l’inclusion digitale avec un moteur d’IA conversationnel.

Il est également prévu de contribuer au lancement d’un programme de recherche thématique sur l’intelligence artificielle, articulé sur des cas d’usage sectoriels, avec un objectif de coordonner autour du sujet de recherche ciblé les donneurs d’ordre ou clients finaux, les start-ups innovantes et les organismes publiques et privés de formation.

Au total, ce sont 16 chantiers qui sont lancés. Question moyens, le budget 2019 a été adopté : 44 MDH pour le fonctionnement et 235 MDH pour l’investissement.

L’agence déménage dans ses nouveaux locaux, loués, dans quelques jours. Le conseil d’administration a accepté d’examiner l’option de la construction d’un siège. Un projet en ce sens devra être présenté au conseil pour approbation.

Pour Mme Abejja, les Marocains ont des prédispositions reconnues dans certains domaines tels que les maths ou le développement informatique. Elle pense que le big data et l’intelligence artificielle sont des domaines naturels eux.

Elle nous annonce la première action concrète, le premier fruit de la création de l’ADD pour le second trimestre 2019. Ce sera le Digital Lab dédié à l’administration pour développer “d’une manière agile“ les nouvelles solutions. On devrait voir également assez rapidement se mettre en place les cursus de formation : “nous avons besoin de former suffisamment de ressources pour cette stratégie, il est question de plusieurs dizaines de milliers de personnes“, promet Khouloud Abejja.

Le Chef du gouvernement semble lui aussi y croire. Rendez-vous dans quelques mois pour vérifier les premières concrétisations.

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Les premières actions concrètes de l’Agence du Développement Digital seront visibles dès le deuxième semestre de cette année 2019, promet Khouloud Abejja, DG par intérim de cette agence. Contactée par Médias24 après la tenue ce vendredi 18 du conseil d’administration de l’agence, Mme Abejja semblait très satisfaite des résultats de cette réunion présidée par le Chef du gouvernement.

Les raisons de se poser des questions quant à l’efficacité de l’Agence ne manquaient pas. Une idée s’est installée au sein de l’opinion selon laquelle l’ADD est très lente au démarrage.

Contacté par nos soins, le Chef du gouvernement Saâdeddine Elotmani qui a présidé ce conseil d’administration, estime que l’agence a au contraire travaillé rapidement : la première année est une année de fondation, explique-t-il.  

Elotmani dit que le Maroc est pressé, que le digital est par définition synonyme de rapidité et que le pays porte de grands espoirs sur cette agence. C’est pour rattraper le retard pris par notre pays dans ce domaine qu’elle a été créée.

En fait, comme on va le voir, cette impatience est partagée par l’équipe d’ADD. Khouloud Abejja a exposé dans sa présentation ce qui a été fait et ce qui doit être fait.

L’ADD, à quoi ça sert ?

Ce vendredi 18 janvier, Khouloud Abejja surprend le chef du gouvernement et la plupart des participants, en organisant un conseil d’administration avec zéro papier. Tout est digital. Chaque participant reçoit une tablette, connectée à une plateforme interactive. Parmi les participants, des indépendants, de la CGEM, ou des experts marocains travaillant dans le Royaume ou à l'étranger.

Quelle est la mission de l’ADD ? C’est avec cette question qu’est introduite la présentation. Une introduction déclinée en 7 autres questions :

-Comment améliorer la qualité des services publics ?

-comment améliorer la compétitivité des secteurs de l’économie marocaine ?

-comment dynamiser le tissu d’acteurs digitaux moteurs de l’innovation ?

-comment améliorer le rayonnement international du Maroc dans le secteur digital ?

-comment aider à réduire les inégalités notamment dans le monde rural ?

-comment aider à faciliter la vie de la population fragile ? 

-comment créer l’environnement nécessaire au développement digital dans l’administration, la société, et l’économie marocaine ?

Mais avant de poser ces questions, n’oublions pas que l’Agence a été créée virtuellement en septembre 2017, lorsque la loi a été publiée au B.O. Trois mois plus tard, en décembre 2017, le décret d’application est publié et l’agence tient son premier conseil d’administration.

En douze ou treize mois, quel est son bilan ?

Rien de comestible en réalité. Pour les médias, il n’y a rien à se mettre sous la dent. “C’est la raison pour laquelle nous n’avons rien communiqué“, explique notre interlocutrice. Lorsqu’un établissement public se crée, certains délais sont incompressibles: le démarrage effectif nécessite une validation de textes, un organigramme, un budget, un statut du personnel, un règlement de marchés pour les achats. Dans le cas de l’ADD, ce processus a duré un semestre comme pour tout établissement public. Les premiers recrutements ont pu être effectués au bout de neuf mois. Fin décembre 2018, 35 personnes ont été recrutées, la moitié de l’effectif cible, avec une moyenne d’âge de 30 ans.

Maroc Digital, la stratégie digitale de l’Etat

La première année a donc été consacrée à la création de l’agence. Et la préparation du transfert de l’écosystème de l’offshoring vers l’ADD.

Au cours du conseil d’administration de ce vendredi, 13 projets de convention ont été présentés :

-2 projets de convention sur la digitalisation de l’administration avec trois ministères : Fonction publique, Intérieur et Industrie.

- 4 projets de conventions concernant l’innovation dans la digital. Les partenaires sont des ministères (Industrie, Education nationale), l’ENSIAS, l’université Mohammed V, le CNRST, le Soft Centre.

-La digitalisation des entreprises : 1 projet convention avec le ministère de l’Industrie et la Fondation de recherche et de développement industriel.

-4 projets de conventions autour du thème “Génération digitale » : INPT, ENSIAS, Université Mohammed V, ministère de l’Education nationale et la fédération internationale des plateformes numériques d’enseignement supérieur.

-Un projet de convention dans la formation, avec le ministère de l’industrie et I’USAID, l’université polytechnique Mohammed VI de Benguérir, l’ENSIAS et Eon Reality Formation spécialisée dans la réalité virtuelle et la réalité augmentée.

-Un projet de convention pour la contribution à la digitalisation des partenaires, Santé publique, Industrie et la Fondation nationale des musées.

Le plan d’action de l’agence

Il s’inscrit dans la continuité de son plan d’action de lancement avec 4 axes principaux :

1-Smart government

Ce volet vise à mettre en place une plateforme d’échange de données entre les administrations / interopérabilité, à mettre en place un «Digital lab» au sein de l’ADD, à contribuer à la digitalisation du parcours de l’investisseur, du parcours de l’import/export et de créer un portail unique pour le citoyen centralisant les démarches administratives existantes et futures.

2- Ecosystème digital et innovation

Ce volet est caractérisé par la mise en place d’un « Digital park », d’une « Smart factory », d’un dispositif complet de digitalisation de la PME « Digital PME », du dispositif « Digital Auto-entrepreneur » et d’actions d’appui aux Startups.

3-  Inclusion sociale et développement humain

Ce volet sera marqué par la création d’un pipeline de « défis nationaux » et la mise en place d’une plateforme d’applications pour les jeunes.

4- Environnement et confiance digitale

Ce volet concerne essentiellement la mise en place d’un cadre réglementaire, d’un programme national de formation aux métiers du digital et le support pour mettre en place d’une infrastructure nécessaire à la transformation digitale du pays.

L’année 2019 marque l’ajout d’un nouveau chantier « Ecosystème dédié à l’intelligence artificielle ».

Ce chantier vise à mettre en place un écosystème d’intelligence artificielle sur les volets «Natural language processing » et « Natural language generation » pour l’inclusion digitale avec un moteur d’IA conversationnel.

Il est également prévu de contribuer au lancement d’un programme de recherche thématique sur l’intelligence artificielle, articulé sur des cas d’usage sectoriels, avec un objectif de coordonner autour du sujet de recherche ciblé les donneurs d’ordre ou clients finaux, les start-ups innovantes et les organismes publiques et privés de formation.

Au total, ce sont 16 chantiers qui sont lancés. Question moyens, le budget 2019 a été adopté : 44 MDH pour le fonctionnement et 235 MDH pour l’investissement.

L’agence déménage dans ses nouveaux locaux, loués, dans quelques jours. Le conseil d’administration a accepté d’examiner l’option de la construction d’un siège. Un projet en ce sens devra être présenté au conseil pour approbation.

Pour Mme Abejja, les Marocains ont des prédispositions reconnues dans certains domaines tels que les maths ou le développement informatique. Elle pense que le big data et l’intelligence artificielle sont des domaines naturels eux.

Elle nous annonce la première action concrète, le premier fruit de la création de l’ADD pour le second trimestre 2019. Ce sera le Digital Lab dédié à l’administration pour développer “d’une manière agile“ les nouvelles solutions. On devrait voir également assez rapidement se mettre en place les cursus de formation : “nous avons besoin de former suffisamment de ressources pour cette stratégie, il est question de plusieurs dizaines de milliers de personnes“, promet Khouloud Abejja.

Le Chef du gouvernement semble lui aussi y croire. Rendez-vous dans quelques mois pour vérifier les premières concrétisations.

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