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Documents. Hassan II et le dossier palestinien, sous le regard de Washington 

Lundi 6 octobre 2014 à 11h33
Documents. Hassan II et le dossier palestinien, sous le regard de Washington
(DR) 

Durant 10 années, de 1977 à 1987, Washington a suivi de près l’action diplomatique du Roi Hassan II sur les dossiers israélo-arabes. Des câbles diplomatiques américains révèlent le fort intérêt du département d’Etat pour les initiatives de Hassan II.

Médias 24 a entamé le 3 octobre une plongée dans les archives diplomatiques du département d’Etat américain. Le premier article présentait un document exceptionnel: le témoignage de Kurt Waldheim, secrétaire général de l’ONU, au sujet de l’état de fureur dans lequel l’annonce de la Marche Verte avait mis Houari Boumediene. Ce témoignage figurait dans la  retranscription d’une conversation téléphonique entre Waldheim et Henry Kissinger.

Dans cet article, nous abordons le dossier du Proche Orient sur lequel le Roi Hassan II était très actif.

Dans un câble intitulé «Informations de contacts secrets arabo-israéliens au Maroc» de décembre 1977 et classé «usage officiel limité», le département d’Etat s’interroge sur la tenue de contacts secrets entre des dirigeants du Moyen-Orient ou l’éventuelle préparation d’un voyage officiel de Hassan II en Israël.

Le câble cite le journal Assafir de Beyrouth qui annonce un tel voyage, information reprise par la radio israélienne. La dépêche cite la réaction de Rabat à l’Agence France Presse (AFP) parlant de «fantaisie».

La correspondance du département d’Etat partagée avec les ambassades U.S. à Rabat, Le Caire et Tel Aviv cite également une dépêche du bureau de l’AFP de Jérusalem traitant d’un message du premier ministre israélien de l’époque Menahem Bégin à Hassan II.

 Le câble évoque une rencontre entre Anouar Sadate et Moshé Dayan au Maroc. Rabat par la voix du ministère de l’Information démentira un tel projet le 7 décembre. Sadate en fera de même le 14 décembre.

Le département d’Etat suit l’affaire de près. Il cite le quotidien israélien Maariv du 13 décembre qui parle de contacts entre Dayan et les Egyptiens Hassan Touhami et Hosni Moubarak. Le 5 décembre, Haaretz parle d’une rencontre secrète entre Dayan et Moubarak au Maroc ce mois-là mais sans donner de date spécifique.

La réalité sera connue bien plus tard : il y a bien eu des contacts secrets au Maroc entre Dayan d’un côté, Touhami et Moubarak de l’autre.

La suite on la connaît: un projet de voyage royal n’était pas à l’ordre du jour. En revanche, le Maroc a abrité de nombreuses rencontres préparatoires entre Egyptiens et Israéliens dès septembre 1977 et qui ont mené au voyage de Sadate à Jérusalem puis aux accords de Camp David signés sous la présidence Carter.

On saura plus tard qu’en octobre 1976, alors premier ministre israélien, Ytzhak Rabin est reçu à Rabat. Il le sera à nouveau en 1993 en compagnie de Yasser Arafat.

Les autres suites on les connait aussi : Rabin comme Sadate seront assassinés par leurs opposants politiques. Sadate en 1981, Rabin en 1995.

Peres quitte Ifrane, Bush atterrit à Tel Aviv

10 ans plus tard en juillet 1986, l’avion du vice-premier ministre et ministre israélien des Affaires étrangères israélien Shimon Peres n’a pas encore atterri à Tel Aviv en provenance d’Ifrane où il venait d’être reçu par le Roi Hassan II que le département d’Etat rédige une note.

Il  s’agit de briefer le vice-président U.S. de l’époque George Bush qui doit se rendre au Proche-Orient. En 1986, le locataire de la Maison-Blanche est Ronald Reagan.

 

 

Daté du 24 juillet, la note du département d’Etat est un large briefing destiné à Bush qui s’apprête à se rendre au Caire, à Amman et à Tel Aviv deux jours plus tard. La visite de Peres à Ifrane a eu lieu les 22 et 23 juillet, l’officiel israélien quittant le Maroc le 24 juillet.

La note du département d’Etat traite de nombreux sujets bilatéraux égypto-américains et égypto-israéliens et réserve une large place à la rencontre et aux trois entretiens que Hassan II et Shimon Pérès ont eus à Ifrane les 22 et 23 juillet.

Sous le titre «Rencontre Hassan-Peres» la note du département d’Etat informe George Bush que Hassan II a rencontré en privé Rabin, Dayan et Peres. Qu’en novembre 1985, Hassan II avait déclaré qu’il était prêt à rencontrer les dirigeants israéliens.

A l’époque, Hassan II préside le Comité Al-Qods et la conférence au sommet de la Ligue arabe tenue à Rabat en 1974 a reconnu l’OLP de Yasser Arafat comme «représentant unique et légitime du peuple palestinien».

La note diplomatique américaine rappelle que Hassan II et Shimon Peres se sont vus pendant deux jours et qu’un communiqué a été publié indiquant que le Roi du Maroc a défendu le plan de paix arabe de Fès, Peres présentant la position israélienne pour des négociations directes avec l’OLP basées sur les résolutions 242 et 338 du conseil des Nations-Unies.

La note américaine rappelle les réactions hostiles de l’Algérie, de la Libye et de l’Irak. Au lendemain de la rencontre d’Ifrane, Damas rappellera son ambassadeur en poste à Rabat. On sait où sont l’Irak et la Syrie aujourd’hui. La Palestine aussi.

La note analyse ensuite les implications de la rencontre pour le processus de paix au Moyen-Orient. «Hussein, sans critiquer publiquement Hassan II, écrit le département d’Etat, craint que la rencontre d’Ifrane ne divise les Arabes et rende difficile une participation de Damas ou de Bagdad à de futurs pourparlers de paix».

A l’adresse du vice-président George Bush, la note ajoute que «la visite a crédibilisé dans le monde arabe l’idée du dialogue direct comme moyen d’établir la paix». Pour le département d’Etat, «l’impact le plus positif de cette rencontre est psychologique: Il réduit l’isolement de l’Egypte et, en Israël, écorne la mentalité d’assiégés produite par le rejet arabe».

Dès le 24 juillet, Washington, par la voix du secrétaire d’Etat George Shultz, félicite les Marocains et les Israéliens pour leur initiative diplomatique. Trois jours plus tard à Tel Aviv, le vice –président George Bush fera de même.

Une rencontre à Tanger en 1987?

Un an plus tard, en août 1987, les médias bruissent d’informations sur une visite de Shimon Peres à Tanger.

Le journal israélien Al Hamishmar du 20 août en parle dans un article signé de leur expert en affaires militaires. L’hebdomadaire libanais Al Kifah al Arabi en parle aussi.

Mais autant la rencontre d’Ifrane a été suivie de la publication d’un communiqué commun, d’un discours de Hassan II à la télévision et d’une conférence de presse de Shimon Peres à Tel Aviv, autant les bruits autour de la rencontre de Tanger n’ont pas eu de suite à ce jour.

Le rôle joué par le Maroc et Hassan II court sur plus d'une décennie. Hassan II réunira le sommet historique de Fès après celui historique de Rabat en 1974. Il multipliera les contacts et contribuera à créer une dynamique qui finit par les accords d'Oslo. Au vu du désastre proche oriental actuel, on ne peut que regretter amèrement toutes ces occasions manquées.

Au final, Washington suit avec un immense intérêt le dossier du Proche Orient. Hassan II, les événements ultérieurs l’ont prouvé, a été un visionnaire. Le Front du refus, qui avait combattu ses initiatives, était composé de l’Irak, de la Syrie, de la Libye et de l’Algérie. Un seul de ces quatre pays est encore debout et continue à combattre le Maroc sous quelque forme que ce soit.

 

 

 

 

 

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