Le 30 juillet 2013, après la chute de Morsi, célébration de la Fête du Trône à l'ambassade du Maroc au Caire.

Les prochains jours pourraient se révéler décisifs pour l’évolution future des relations entre Le Caire et Rabat.

Des informations non officielles indiquent l’arrivée possible du ministre égyptien des Affaires étrangères Hassan Shoukry  à Rabat.  Les médias égyptiens ont évité l’escalade jusqu’à présent et adopté une réaction calme. Dans un commentaire très remarqué, une chaîne égyptienne a diffusé une longue déclaration d’amour à la fraternité entre les deux pays te les deux peuples (vidéo ci-dessous).

 

 

 Médias 24 a pu apprendre que ce week-end, le ministre marocain des AE Salaheddine Mezouar et son homologue Sameh Shoukry ont eu un échange téléphonique.

Irrité et surpris par les commentaires des médias égyptiens sur les vacances de la famille royale marocaine en Turquie et le soutien affiché au Polisario, Rabat a répliqué par la voix de la TVM et de 2M, rappelant au président égyptien qu’il était «un putschiste» et que Morsi était un président élu lors d’élections démocratiques.

“Des personnes inconnues“

L’ambassadeur du Maroc au Caire Mohamed Saâd Alami a voulu temporiser en affirmant que «des personnes inconnues» étaient derrière les reportages. Mais autant la diffusion des reportages que le commentaire de M.S. Alami expriment l’irritation et la colère de Rabat face à la nouvelle volatilité et imprévisibilité des politiques égyptiens vis-à-vis de Rabat.

Selon le président de la commission des AE du parlement marocain Mehdi Bensaid , «la crise entre Le Caire et Rabat est une crise entre médias, pas entre institutions». Dans une déclaration à Médias 24, Bensaid a éclaré ne pas avoir été surpris par les dérapages anti-marocains en provenance du Caire: «Lors de mes visites en Egypte, et cela peut vous être confirmé, on remarque que l’Algérie est présente diplomatiquement mais aussi dans les universités et dans les milieux intellectuels. Alger offre des bourses aux jeunes égyptiens et les encourage à étudier des sujets pour réécrire l’histoire».

Algérie présente, Maroc absent

Pour Bensaid, «le problème de fond se trouve là, dans la présence algérienne en Egypte et en Afrique et dans une absence plus dynamique du Maroc, pas dans des polémiques avec des médias étrangers».

Médias 24 a retrouvé des documents vidéos qui montrent l’ambiance anti-marocaine régnant lors d’une conférence de soutien au Polisario organisé à Alger en partenariat avec des intellectuels égyptiens (vidéo ci-dessous). La conférence s’est tenue au lendemain de la visite d’Al-Sissi à Alger en mai dernier et une visite du vice-ministre de la culture égyptien à Tindouf cet automne.

 

 

Pour Mohamed Yatim du PJD, il ne fait aucun doute que «c’est cette vidéo qui a amené Rabat à revoir son attitude vis-vis du régime militaire égyptien». En marge de la conférence tenue à Alger, un ouvrage pro-Polisario a été publié au Caire avec l’autorisation des autorités égyptiennes.

Une autre vidéo montre une intervenante à la conférence faisant un parallèle entre la présence marocaine au Sahara et l’occupation israélienne en Cisjordanie (ci-dessous).

 

 

Enfin, une troisième vidéo montre des extraits d’une revue de la presse sur une chaîne de télévision égyptienne (ci-dessous). On y «apprend» que le président turc Erdogan a suggéré au Roi Mohammed VI de répliquer à Al-Sissi après les critiques égyptiennes sur le voyage royal. S’il est vrai que Le Caire redoute et lutte contre la concurrence de la Turquie au Moyen-Orient, Rabat estime sans doute ne pas avoir à faire les frais des faiblesses égyptiennes.

 

Réformer profondément les Affaires étrangères?

Cette crise à trois, Rabat, Le Caire et Ankara, met en lumière les faiblesses diplomatiques et économiques du Caire obligé de faire jouer un pouvoir de nuisance, se mettant à dos deux capitales régionales importantes.

Quant à la problématique de l’efficacité des structures diplomatiques marocaines à l’étranger, il serait plus que temps que le département des AE agisse et fasse des propositions à ce sujet. Jusqu’à l’an passé, la gestion globale des relations maroco-turques n’a pas non plus été d’une grande maestria.

Plusieurs postes diplomatiques marocains ont la réputation d’être pourvus de fonctionnaires dont ce n’est pas forcément la meilleure compétence. Il est temps d’entrer dans le XXIème siècle en la matière. Comme on l’a fait pour la caisse de compensation et la réforme de la constitution.

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Des informations non officielles indiquent l’arrivée possible du ministre égyptien des Affaires étrangères Hassan Shoukry  à Rabat.  Les médias égyptiens ont évité l’escalade jusqu’à présent et adopté une réaction calme. Dans un commentaire très remarqué, une chaîne égyptienne a diffusé une longue déclaration d’amour à la fraternité entre les deux pays te les deux peuples (vidéo ci-dessous).

 

 

 Médias 24 a pu apprendre que ce week-end, le ministre marocain des AE Salaheddine Mezouar et son homologue Sameh Shoukry ont eu un échange téléphonique.

Irrité et surpris par les commentaires des médias égyptiens sur les vacances de la famille royale marocaine en Turquie et le soutien affiché au Polisario, Rabat a répliqué par la voix de la TVM et de 2M, rappelant au président égyptien qu’il était «un putschiste» et que Morsi était un président élu lors d’élections démocratiques.

“Des personnes inconnues“

L’ambassadeur du Maroc au Caire Mohamed Saâd Alami a voulu temporiser en affirmant que «des personnes inconnues» étaient derrière les reportages. Mais autant la diffusion des reportages que le commentaire de M.S. Alami expriment l’irritation et la colère de Rabat face à la nouvelle volatilité et imprévisibilité des politiques égyptiens vis-à-vis de Rabat.

Selon le président de la commission des AE du parlement marocain Mehdi Bensaid , «la crise entre Le Caire et Rabat est une crise entre médias, pas entre institutions». Dans une déclaration à Médias 24, Bensaid a éclaré ne pas avoir été surpris par les dérapages anti-marocains en provenance du Caire: «Lors de mes visites en Egypte, et cela peut vous être confirmé, on remarque que l’Algérie est présente diplomatiquement mais aussi dans les universités et dans les milieux intellectuels. Alger offre des bourses aux jeunes égyptiens et les encourage à étudier des sujets pour réécrire l’histoire».

Algérie présente, Maroc absent

Pour Bensaid, «le problème de fond se trouve là, dans la présence algérienne en Egypte et en Afrique et dans une absence plus dynamique du Maroc, pas dans des polémiques avec des médias étrangers».

Médias 24 a retrouvé des documents vidéos qui montrent l’ambiance anti-marocaine régnant lors d’une conférence de soutien au Polisario organisé à Alger en partenariat avec des intellectuels égyptiens (vidéo ci-dessous). La conférence s’est tenue au lendemain de la visite d’Al-Sissi à Alger en mai dernier et une visite du vice-ministre de la culture égyptien à Tindouf cet automne.

 

 

Pour Mohamed Yatim du PJD, il ne fait aucun doute que «c’est cette vidéo qui a amené Rabat à revoir son attitude vis-vis du régime militaire égyptien». En marge de la conférence tenue à Alger, un ouvrage pro-Polisario a été publié au Caire avec l’autorisation des autorités égyptiennes.

Une autre vidéo montre une intervenante à la conférence faisant un parallèle entre la présence marocaine au Sahara et l’occupation israélienne en Cisjordanie (ci-dessous).

 

 

Enfin, une troisième vidéo montre des extraits d’une revue de la presse sur une chaîne de télévision égyptienne (ci-dessous). On y «apprend» que le président turc Erdogan a suggéré au Roi Mohammed VI de répliquer à Al-Sissi après les critiques égyptiennes sur le voyage royal. S’il est vrai que Le Caire redoute et lutte contre la concurrence de la Turquie au Moyen-Orient, Rabat estime sans doute ne pas avoir à faire les frais des faiblesses égyptiennes.

 

Réformer profondément les Affaires étrangères?

Cette crise à trois, Rabat, Le Caire et Ankara, met en lumière les faiblesses diplomatiques et économiques du Caire obligé de faire jouer un pouvoir de nuisance, se mettant à dos deux capitales régionales importantes.

Quant à la problématique de l’efficacité des structures diplomatiques marocaines à l’étranger, il serait plus que temps que le département des AE agisse et fasse des propositions à ce sujet. Jusqu’à l’an passé, la gestion globale des relations maroco-turques n’a pas non plus été d’une grande maestria.

Plusieurs postes diplomatiques marocains ont la réputation d’être pourvus de fonctionnaires dont ce n’est pas forcément la meilleure compétence. Il est temps d’entrer dans le XXIème siècle en la matière. Comme on l’a fait pour la caisse de compensation et la réforme de la constitution.

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