Avis d'expert: comment la campagne électorale a démarré

Notre interlocutrice est spécialiste en marketing produits et depuis une année, s’intéresse à la communication et au marketing politiques. Elle suit au jour le jour et avec intérêt la campagne politique pour les communales et les régionales.

Dans cette interview, elle livre à nos lecteurs sa perception du démarrage de la campagne. Elle a requis l’anonymat pour éviter les mélanges des genres.

-Quelle est votre perception générale du démarrage de la campagne électorale?

-Beaucoup de partis ont voulu montrer qu’ils étaient devenus modernes en utilisant des hashtags ou en allant sur le digital, mais le fond ne change pas. Nous avons eu beaucoup de promesses, de paroles en l’air et assez peu de connaissance de la chose publique et de la chose communale.

Je reste déçu de ce que nous offre la communication politique aujourd’hui.

Deux partis sortent du lot. Le PJD par sa force de frappe en termes de communication.  Je pense que ce parti a préparé sa campagne longtemps à l’avance.  Vouloir reprendre “yes we can“, c’est très osé et très intéressant. J’ai l’impression que de gros moyens financiers ont été mis en œuvre.

Le second parti qui sort du lot, c’est l’UC, finalement un parti qui parle peu mais qui parle vrai. Pas de blabla politique, du concret, se différencie par le message.

-Et le PAM ?

-Il continue à se positionner comme un parti dominant sur la scène, arrivé deuxième aux législatives de 2011.

Les interventions de Bakkoury sont intéressantes, mais je reste sur ma faim, on parle de promesses et pas de réalisations; tous les partis ont eu des villes, des communes, depuis 2009; mais ne parlent pas de leurs bilans.

-Sans Benkirane, la communication du PJD aurait-elle le même impact?

-Vous touchez le point de faiblesse du PJD. Benkirane est une marque porteuse, c’est un très grand communicateur. Le parti a d’autres ténors, mais Benkirane est à part.

Il y a toutefois chez lui un mélange des genres et des costumes; il s’exprime davantage en tant que chef de parti qu’en tant que chef du gouvernement.

En 2011, le discours du PJD était innovant, aujourd’hui, on en a marre des slogans, des insultes, on a besoin de moraliser le discours politique.

-Ce n’est pas lui qui est allé le premier sur le registre des insultes.

-Même dans ce cas, il n’a pas à répondre et polémiquer. Celui qui parlera vrai sans entrer dans la polémique, celui-là aura marqué des points

-Le parler vrai, c’est le Maâkoul du PPS et à un degré moindre du PJD

-Le Maâkoul est tout sauf un positionnement.

En marketing, pour n’importe quelle marque, il y a des points de parité et des points de différence.

AlâMaakoul (le sérieux) est censé être un point de parité entre les différents partis, ce n’est pas censé être un point de différence.

C’est censé être la base pour un parti politique.

En tant que citoyenne, j’ai le droit de demander: qu’est-ce que vous êtes en train de me promettre en dehors du maâkoul?

Car au final, vous êtes en train de me dire, votez pour moi, je ne suis pas pourri. J’ai peut-être besoin d’un peu plus que cela.

-C’est peut-être parce que le citoyen perçoit la corruption comme très étendue et l’intégrité comme une vertu rare…

-Oui les citoyens le pensent. Mais ce n’est pas parce que vous vous revendiquez du maâkoul que c’est le cas.

-Est-ce que l’idéologie a encore sa place en termes de communication politique?

-A mon sens non, je viens d’une école qui dit que l’exécution est la seule et unique stratégie que les gens regardent. Telle est la demande des citoyens aujourd’hui.

Nous sommes dans un pays, et nous avons cette chance, où la direction est clairement établie par Sa Majesté. Le citoyen veut des gens capables d’exécuter au mieux cette orientation.

-Quels conseils aux partis politiques?

-Les partis doivent arrêter de se réveiller la veille des élections pour inonder les médias puis disparaitre après les élections.

La communication politique commence le jour où l’on est élu, pour rendre des comptes au citoyen dans la durée, c’est ce qui marche dans le marketing commercial comme dans le marketing politique.

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Notre interlocutrice est spécialiste en marketing produits et depuis une année, s’intéresse à la communication et au marketing politiques. Elle suit au jour le jour et avec intérêt la campagne politique pour les communales et les régionales.

Dans cette interview, elle livre à nos lecteurs sa perception du démarrage de la campagne. Elle a requis l’anonymat pour éviter les mélanges des genres.

-Quelle est votre perception générale du démarrage de la campagne électorale?

-Beaucoup de partis ont voulu montrer qu’ils étaient devenus modernes en utilisant des hashtags ou en allant sur le digital, mais le fond ne change pas. Nous avons eu beaucoup de promesses, de paroles en l’air et assez peu de connaissance de la chose publique et de la chose communale.

Je reste déçu de ce que nous offre la communication politique aujourd’hui.

Deux partis sortent du lot. Le PJD par sa force de frappe en termes de communication.  Je pense que ce parti a préparé sa campagne longtemps à l’avance.  Vouloir reprendre “yes we can“, c’est très osé et très intéressant. J’ai l’impression que de gros moyens financiers ont été mis en œuvre.

Le second parti qui sort du lot, c’est l’UC, finalement un parti qui parle peu mais qui parle vrai. Pas de blabla politique, du concret, se différencie par le message.

-Et le PAM ?

-Il continue à se positionner comme un parti dominant sur la scène, arrivé deuxième aux législatives de 2011.

Les interventions de Bakkoury sont intéressantes, mais je reste sur ma faim, on parle de promesses et pas de réalisations; tous les partis ont eu des villes, des communes, depuis 2009; mais ne parlent pas de leurs bilans.

-Sans Benkirane, la communication du PJD aurait-elle le même impact?

-Vous touchez le point de faiblesse du PJD. Benkirane est une marque porteuse, c’est un très grand communicateur. Le parti a d’autres ténors, mais Benkirane est à part.

Il y a toutefois chez lui un mélange des genres et des costumes; il s’exprime davantage en tant que chef de parti qu’en tant que chef du gouvernement.

En 2011, le discours du PJD était innovant, aujourd’hui, on en a marre des slogans, des insultes, on a besoin de moraliser le discours politique.

-Ce n’est pas lui qui est allé le premier sur le registre des insultes.

-Même dans ce cas, il n’a pas à répondre et polémiquer. Celui qui parlera vrai sans entrer dans la polémique, celui-là aura marqué des points

-Le parler vrai, c’est le Maâkoul du PPS et à un degré moindre du PJD

-Le Maâkoul est tout sauf un positionnement.

En marketing, pour n’importe quelle marque, il y a des points de parité et des points de différence.

AlâMaakoul (le sérieux) est censé être un point de parité entre les différents partis, ce n’est pas censé être un point de différence.

C’est censé être la base pour un parti politique.

En tant que citoyenne, j’ai le droit de demander: qu’est-ce que vous êtes en train de me promettre en dehors du maâkoul?

Car au final, vous êtes en train de me dire, votez pour moi, je ne suis pas pourri. J’ai peut-être besoin d’un peu plus que cela.

-C’est peut-être parce que le citoyen perçoit la corruption comme très étendue et l’intégrité comme une vertu rare…

-Oui les citoyens le pensent. Mais ce n’est pas parce que vous vous revendiquez du maâkoul que c’est le cas.

-Est-ce que l’idéologie a encore sa place en termes de communication politique?

-A mon sens non, je viens d’une école qui dit que l’exécution est la seule et unique stratégie que les gens regardent. Telle est la demande des citoyens aujourd’hui.

Nous sommes dans un pays, et nous avons cette chance, où la direction est clairement établie par Sa Majesté. Le citoyen veut des gens capables d’exécuter au mieux cette orientation.

-Quels conseils aux partis politiques?

-Les partis doivent arrêter de se réveiller la veille des élections pour inonder les médias puis disparaitre après les élections.

La communication politique commence le jour où l’on est élu, pour rendre des comptes au citoyen dans la durée, c’est ce qui marche dans le marketing commercial comme dans le marketing politique.

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