Le discours de la Marche Verte est une feuille de route pour donner au plus vite un contenu concret à la régionalisation avancée dans les trois régions du sud.

D'importants projets seront réalisés mais surtout, la population devra gérer au plus vite ses propres affaires. L'Etat lui transfèrera les ressources humaines et matérielles ainsi que les compétences, comme le prévoit la loi sur la régionalisation. Elles seront les premières régions à le faire après les élections du 4 septembre.

Depuis le mercredi 4 novembre, la ville de Laâyoune vivait dans l’attente de l’arrivée du Roi.

Vendredi en fin de journée, c’est une marée humaine qui a déferlé sur la ville. L’avion du Roi a atterri peu après 20 heures. Entre l’aéroport et la ville, c’est une chaîne humaine qui a probablement dépassé les 200.000 personnes qui a accueilli le Souverain.

Selon nos sources, le Roi Mohammed VI va rester plusieurs jours dans les provinces du sud, probablement une ou deux semaines. Des projets économiques d’envergure doivent être lancés ou inaugurés.

Dans le discours très attendu marquant le 40e anniversaire de la Marche Verte, prononcé vendredi soir à Laâyoune, le Roi Mohammed VI en a énuméré quelques uns: une voie expresse Tiznit-Laâyoune-Dakhla; le port Dakhla Atlantique en eau profonde; une voie ferrée qui ira jusqu’à Lagouira; des projets énergétiques pour toute la région; relier les régions du sud à l’Afrique par le transport et la logistique; un projet de dessalement d’eau de mer à Dakhla; des projets industriels dans toute la région du sud…

Toujours sur le plan économique, le Roi Mohammed VI a annoncé la mise en œuvre du nouveau modèle pour les provinces du sud. “Nous voulons une rupture réelle avec l’économie de rente“, a-t-il dit.

Il a annoncé un cadre juridique qui encouragera les investissements privés dans ces régions.

Sur le plan politique :

-la régionalisation avancée doit être mise en œuvre au plus vite dans les régions du sud et en priorité; le Souverain a évoqué l’un des axes susceptibles de donner rapidement un contenu consistant à la régionalisation: les contrats-programmes avec l’Etat, par lesquels les régions élaborent des politiques dans différents domaines et l’Etat leur transfère les compétences et les financements.

-l’autonomie est le plafond au-delà duquel le Maroc ne peut pas aller. C’est le maximum de ce que peut faire le Royaume. Il n’ira pas au-delà.

-le Maroc garantit la dignité des citoyens issus des provinces sahariennes, ce qui n’est pas le cas à Tindouf où l’Algérie les confine dans des camps insalubres et les laisse à la merci des donateurs internationaux.

Au final, le Roi a annoncé :

-un nouveau modèle de développement, une vision stratégique sur le plan économique faisant de ces régions un hub africain;

-des investissements et des stratégies volontaristes pour accélérer l’intégration de ces provinces à la mère patrie;

-sur le plan politique, le Roi a apporté une réponse à une question que beaucoup d’observateurs se posaient : le Maroc n’avancera pas sur la voie de l’autonomie qu’il a proposée, tant qu’il n’y a pas d’accord sous l’égide des Nations Unies.

-par contre, les provinces sahariennes auront la primauté en termes de concrétisation de la régionalisation avancée. Les trois régions bénéficieront en priorité des moyens humains et financiers, des contrats programmes avec l’Etat, d’un transfert de compétences, de sorte à ce que les populations puissent prendre en main la gestion de leurs affaires. Cela facilitera, s’il y a lieu, la transition vers l’autonomie. A cet égard, une attention particulière sera accordée à la langue et au patrimoine (comme le prévoit la Cosntitution), les structures de médiation et de concertatioin seront renforcées. On comprend bien que tout sera fait pour aider à la réussite d'une prise en main par les populations de leurs propres affaires.

Voici la synthèse officielle du discours royal:

Rupture avec le passé

Le Roi Mohammed VI a souligné la nécessité d'opérer une rupture avec les méthodes adoptées dans la prise en charge des affaires du Sahara.
''Aujourd'hui, après quarante années et ce qu'on peut inscrire à leur actif comme à leur passif, nous voulons opérer une véritable rupture avec les méthodes adoptées jusque-là dans la prise en charge des affaires du Sahara: rupture avec l'économie de rente et des privilèges et la défaillance de l'initiative privée, et rupture avec la mentalité de la concentration administrative''.
Cette rupture est d'autant plus nécessaire qu'au terme d'années de sacrifices et d'efforts au plan politique et en matière de développement, le Maroc est arrivé au stade de ''la maturité'', a expliqué le Roi.
Les affaires du Sahara vont donc être prises en charge conformément à une nouvelle méthodologie, puisque le Maroc a créé ''les conditions de mise en chantier d'une étape nouvelle dans le processus de consolidation de l'intégrité territoriale et d'intégration totales de nos provinces du Sud au sein de la mère patrie'', a poursuivi le Souverain.
C'est dans ce cadre, a dit le Roi, que s'inscrivent la mise en œuvre du modèle de développement des provinces du Sud, et la mise en œuvre de la régionalisation avancée. Le but étant que ''les fils de nos provinces du Sud disposent des moyens nécessaires pour gérer leurs propres affaires et montrer leur capacité à assurer le développement de la région'', a souligné le Souverain qui a tenu à rappeler que le Maroc a toujours veillé à ce que les fils du Sahara puissent se prévaloir des attributs d'une citoyenneté pleine et entière et des conditions d'une vie libre et digne.
''Les Sahraouis sont connus pour être depuis toujours des hommes de commerce et de savoir, vivant de leur labeur, dignes et fiers, n'attendant l'aide de personne, si pénibles que soient les circonstances'', a souligné le Souverain affirmant que l'on parle ici ''des Sahraouis authentiques, des patriotes sincères, qui sont restés fidèles aux liens d'allégeance les unissant, eux et leurs ancêtres, à travers l'histoire, aux Rois du Maroc''.
Le Roi a toutefois affirmé que pour ''ceux, peu nombreux, qui se laissent berner par les thèses des ennemis et s'évertuent à les répandre, il n'y pas de place pour eux parmi nous. Mais pour ceux qui se sont ressaisis et repentis, la patrie est clémente et miséricordieuse''

Les grands chantiers

Le Roi Mohammed VI a annoncé la mobilisation de tous les moyens disponibles pour la réalisation de grands chantiers et de projets sociaux et médico-éducatifs dans les régions de Laâyoune Sakia El-Hamra, Dakhla Oued Eddahab et Guelmim-Oued Noun, afin d'ériger les provinces du Sud en un véritable modèle de développement intégré.
"L'application du modèle de développement de nos provinces du Sud traduit notre fidélité à notre engagement auprès des citoyens dans nos provinces du Sud pour ériger celles-ci en un véritable modèle de développement intégré", a affirmé le Roi.
Le Souverain n’a pas annoncé de chiffres ni d’enveloppe allouée à ces investissements.
Ce modèle de développement constitue ''un pilier d'appui pour l'insertion définitive de ces provinces dans la patrie unifiée, et pour le renforcement du rayonnement du Sahara, comme centre économique et comme trait d'union entre le Maroc et son prolongement africain", a fait valoir le Souverain.
C'est pourquoi, a dit le Roi, "nous avons décidé de mobiliser, avec l'aide de Dieu, tous les moyens disponibles pour la réalisation de grands chantiers et de projets sociaux et médico-éducatifs, dans les régions de Laâyoune Sakia El-Hamra, Dakhla Oued Eddahab et Guelmim-Oued Noun".

On remarquera que le Souverain a cité la région de Guelmim-Oued Noun, qui est la région présaharienne, comme faisant partie des provinces du sud. Cette région fait partie de la partie du Maroc qui fut sous protectorat français, libérée en 1956. Mais géographiquement, ethniquement et culturellement, il s’agit bien de zones sahariennes.
Dans le domaine des infrastructures, le Roi a annoncé le renforcement du réseau routier de la région, à travers la réalisation d'une voie expresse, aux normes internationales, entre Tiznit-Laâyoune et Dakhla.
Parallèlement, le Souverain a invité le gouvernement à réfléchir à la mise en place dans les provinces du Sud d'un hub de transport aérien desservant l'Afrique.
Le Roi a de même fait état du souhait de construire une ligne ferroviaire de Tanger à Lagouira, pour relier le Maroc au reste de l'Afrique, formant le voeu de trouver les ressources financières qui manquent aujourd'hui en vue de parachever la ligne Marrakech-Lagouira.
De même, le Souverain a indiqué que "nous comptons construire le grand port Atlantique de Dakhla, réaliser d'importants projets d'énergie solaire et éolienne dans le Sud, et connecter la ville de Dakhla au réseau électrique national".
Le Roi a en outre formé l'espoir de voir ces réseaux et ces infrastructures reliées aux pays africains, et contribuer ainsi à leur développement.
Tout en se disant convaincu que ces infrastructures ne sont pas suffisantes, à elles seules, pour améliorer les conditions de vie des citoyens, le Roi a assuré que le secteur économique sera soutenu par des projets de développement humain.
A cet égard, le Souverain a réaffirmé la nécessité de continuer à faire investir les revenus des ressources naturelles au profit des habitants de la région, en concertation et en coordination avec eux.
"C'est dans cette perspective que nous avons décidé de réaliser une série de projets qui permettront de valoriser et d'exploiter les ressources et les produits locaux'', a dit le Souverain, précisant qu'il s'agit notamment de la mise en œuvre du grand projet de dessalement de l'eau de mer à Dakhla, et de la mise en place d'unités et de zones industrielles à Laâyoune, Marsa et Boujdour.
La nécessité de conforter ces initiatives à travers la mise en place d'un cadre juridique incitatif pour l'investissement, garantissant au secteur privé national et étranger, la visibilité et les conditions de compétitivité nécessaires pour contribuer au développement de la région, a été de même soulignée par le Roi qui a annoncé la prochaine création d'un Fonds de développement économique ayant vocation à renforcer le tissu économique, soutenir les entreprises et l'économie sociale et assurer l'emploi et un revenu stable, surtout pour les jeunes.

Restructurer le dispositif de soutien social des provinces du sud

Le Roi Mohammed VI a annoncé avoir chargé le gouvernement de restructurer le dispositif de soutien social dans les provinces du Sud pour le rendre plus transparent et plus équitable.
Cette restructuration doit être opérée "dans le respect des principes d'égalité, et de la justice sociale réclamée par la majorité des catégories concernées".
Cette décision, a assuré le Roi, procède du souci "de préserver la dignité des fils du Sahara, surtout les générations montantes, et d'instiller en eux l'amour et l'attachement à la patrie".
C'est pourquoi, a précisé le Souverain, "nous avons décidé de mobiliser, avec l'aide de Dieu, tous les moyens disponibles pour la réalisation de grands chantiers et de projets sociaux et médico-éducatifs, dans les régions de Laâyoune Sakia El-Hamra, Dakhla Oued Eddahab et Guelmim-Oued Noun".
A cet égard, le Roi a fait part de sa détermination à doter les fils des provinces du Sud des moyens nécessaires "pour gérer leurs propres affaires et montrer leur capacité à assurer le développement de la région".
Pour ce qui est des droits de l'Homme, le Roi a noté que le Maroc est parvenu à déjouer les manœuvres des ennemis de la patrie, "grâce à la mobilisation collective, à la gouvernance sécuritaire et à l'ouverture sur les acteurs de la société civile".
De même, a ajouté le Roi, le Conseil national des droits de l'Homme, avec ses commissions régionales, en tant qu'institution constitutionnelle pour la défense et la protection des droits et des libertés, s'emploie en toute indépendance à traiter tout abus, dans le cadre du dialogue et de la coopération avec les pouvoirs publics, les organisations associatives et les citoyens.
Dans le cadre de l'application du modèle de développement des provinces du Sud du Royaume, le domaine culturel n'est pas en reste, compte tenu notamment de la place particulière qu'occupe la culture hassanie dans la conscience collective des fils du Sahara.
Dans ce sens, le Souverain a rappelé les efforts déployés pour renforcer les mécanismes de préservation et de sensibilisation en faveur du patrimoine sahraoui, en édifiant notamment des théâtres, des musées et des maisons de culture dans les régions du Sud.
Le Roi a souligné que le Maroc, qui a tout mis en œuvre pour tenir ses promesses en matière d'élaboration d'un modèle de développement propre à ses provinces du Sud, y lance aujourd'hui les chantiers structurants et les projets générateurs de richesses et d'emploi.

Contrats programmes entre l’Etat et les régions du sud

Le Roi Mohammed VI a souligné que "pour illustrer la volonté de donner la primauté aux provinces du Sud dans le processus d'application de la régionalisation avancée, il est prévu de mettre au point des contrats-programmes entre l'Etat et les régions".
Ces contrats-programmes vont définir les obligations de chaque partie pour la réalisation des projets de développement, a précisé le Souverain.
Le Roi a appelé, à cet effet, le gouvernement à activer la mise en œuvre des dispositions juridiques relatives au transfert des compétences du centre vers les régions du sud, et à soutenir celles-ci en leur affectant les compétences humaines et les ressources matérielles nécessaires, dans la perspective de la généralisation de cette expérience parmi les autres régions du Royaume.
Il convient aussi, a poursuivi le Souverain, d'accélérer l'élaboration d'une véritable charte de déconcentration administrative, qui confère aux services régionaux les prérogatives nécessaires pour assurer la gestion des affaires des régions au niveau local.
Le Roi a tenu à souligner, à cet égard, la nécessité d'impliquer les populations, en assurant des espaces et des mécanismes permanents pour le dialogue et la concertation, leur permettant de s'approprier les programmes et de s'investir dans leur réalisation.
"Ainsi, nous mettons les habitants de nos provinces du Sud et leurs représentants devant leurs responsabilités, maintenant que nous leur avons assuré les mécanismes institutionnels et de développement pour gérer leurs affaires et répondre à leurs besoins'', a affirmé le Roi à ce sujet.
La légitimité démocratique et populaire que les élus ont acquise fait d'eux les représentants authentiques des populations des provinces du Sud, tant au niveau des institutions nationales que dans leurs rapports avec la communauté internationale, a affirmé le Souverain, rappelant que le Maroc, en mettant en application la régionalisation avancée, ne fait que conforter sa crédibilité et réaffirmer le respect de ses engagements.
"Lorsque le Maroc fait une promesse, il la tient par l'acte et la parole. Il ne s'engage que sur ce qu'il peut honorer", a assuré le Roi, rappelant que le Maroc a promis d'appliquer la régionalisation avancée et qu'aujourd'hui "c'est une réalité tangible, avec ses institutions et leurs attributions respectives".
"Nous ne brandissons pas de slogans creux, pas plus que nous ne vendons d'illusions comme le font les autres. En revanche, nous souscrivons des engagements et nous les respectons et veillons à leur concrétisation sur le terrain", a dit le Souverain.
"En entreprenant l'application de cette régionalisation et de ce modèle de développement, le Maroc veut donner de plus grandes chances à la recherche d'une solution définitive au conflit artificiel autour de notre intégrité territoriale", a relevé le Roi.
"Fermement convaincu de la justesse de notre cause, le Maroc a répondu favorablement, en 2007, à l'appel lancé par la communauté internationale pour avancer des propositions permettant de sortir de l'impasse où l'affaire se trouve désormais", a rappelé le Souverain, ajoutant à cet égard que le Maroc a présenté l'Initiative d'autonomie pour les provinces du Sud, dont la communauté internationale a reconnu le sérieux et la crédibilité.
"Comme je l'ai affirmé dans le discours de la Marche Verte de l'année dernière, cette initiative est le maximum que le Maroc peut offrir. Son application reste tributaire de l'impératif de parvenir à une solution politique définitive dans le cadre des Nations Unies", a dit le Roi.
"Il se leurre celui qui attend du Maroc qu'il fasse une tout autre concession. Car le Maroc a tout donné. Il a donné la vie de ses enfants pour défendre le Sahara", a souligné le Souverain.

Le Roi a précisé dans ce cadre que "le Maroc refuse toute aventure aux conséquences incertaines, potentiellement dangereuses, ou toute autre proposition creuse ne servant à rien d'autre qu'à torpiller la dynamique positive enclenchée par l'initiative d'autonomie".

Le Sahara, un centre d’échanges avec l’Afrique subsaharienne

Le Maroc s'engage aujourd'hui à faire du Sahara marocain "un centre d'échanges et un axe de communication avec les pays africains subsahariens et à mettre en place les infrastructures nécessaires à cet effet", a affirmé le Roi Mohammed VI.
Le Royaume va "honorer ses engagements au grand désespoir des ennemis" de son intégrité territoriale, a souligné le Souverain.
Le Souverain a rappelé, dans ce cadre, que la régionalisation avancée, que le Maroc a promis d'appliquer, est aujourd'hui "une réalité tangible", avec ses institutions et leurs attributions respectives.
"Le Maroc a promis la démocratie et s'est engagé à mettre les habitants de ses provinces du sud en capacité de gérer leurs affaires locales", a souligné le Roi, précisant qu'"aujourd'hui, cette population choisit ses représentants et participe aux institutions locales en toute liberté et en toute responsabilité".
Le Souverain a également indiqué que le Maroc a tenu son engagement concernant la garantie de la sécurité et de la stabilité, notant que "le Sahara marocain est aujourd'hui l'une des zones les plus sûres dans la région du Sahel et du Sahara".
"L'application du modèle de développement de nos provinces du Sud traduit notre fidélité à notre engagement auprès des citoyens dans nos provinces du Sud pour ériger celles-ci en un véritable modèle de développement intégré", a souligné le Roi, ajoutant que ce modèle se veut "un pilier d'appui pour l'insertion définitive de ces provinces dans la patrie unifiée, et pour le renforcement du rayonnement du Sahara, comme centre économique et comme trait d'union entre le Maroc et son prolongement africain".

"Nous espérons, en outre, relier ces réseaux et ces infrastructures aux pays africains, et contribuer ainsi à leur développement", a dit le Souverain, qui a invité également le gouvernement à "réfléchir à la mise en place dans les provinces du Sud d'un hub de transport aérien desservant l'Afrique".

Se disant "convaincu que ces infrastructures ne sont pas suffisantes, à elles seules, pour améliorer les conditions de vie des citoyens"  le Roi a affirmé: " Nous entendons continuer à promouvoir le secteur économique et à le soutenir par des projets de développement humain".
Le Souverain a dans ce sens annoncé qu'il sera créé un fonds de développement économique ayant vocation à renforcer le tissu économique, soutenir les entreprises et l'économie sociale et assurer l'emploi et un revenu stable, surtout pour les jeunes.

Tindouf, les affres de la pauvreté

Le Roi Mohammed VI a souligné que les populations de Tindouf, en Algérie, continuent d'endurer les affres de la pauvreté et de la désolation au moment où de grands projets structurants sont réalisés dans les provinces du Sud pour assurer à leurs habitants une vie digne et libre.
Le Souverain a affirmé que l'application du modèle de développement des provinces du sud est perçue comme un pilier d'appui pour l'insertion définitive de ces provinces dans la patrie unifiée, et pour le renforcement du rayonnement du Sahara, comme centre économique et comme trait d'union entre le Maroc et son prolongement africain.
"En revanche, a dit le Roi, les populations de Tindouf continuent à endurer les affres de la pauvreté, de la désolation et de la privation et à pâtir de la violation systématique de leurs droits fondamentaux".
"Où sont passées les centaines de millions d'euros accordées sous forme d'aides humanitaires, lesquelles dépassent les 60 millions d'euros par an, sans compter les milliards affectés à l'armement et au soutien de la machine de propagande et de répression utilisée par les séparatistes ?", s'est interrogé le Souverain.
"Comment expliquer la richesse insolente des leaders du séparatisme, qui possèdent des biens immobiliers et disposent de comptes et de fonds en banque, en Europe et en Amérique latine et pourquoi l'Algérie n'a rien fait pour améliorer les conditions de vie des habitants des camps de Tindouf estimés tout au plus à 40 mille individus, soit l'équivalent de la population d'un quartier de taille moyenne dans la capitale Alger?", s'est demandé le Roi avant d'expliquer que "cela veut dire qu'en quarante ans, elle n'a pas pu ou n'a pas voulu doter ces populations de quelque 6.000 logements pour préserver leur dignité, soit une moyenne annuelle de 150 unités de logement".
"Pourquoi l'Algérie, qui a dépensé des milliards dans sa croisade militaire et diplomatique contre le Maroc, accepte-t-elle de laisser la population de Tindouf vivre cette situation dramatique et inhumaine?", s'est encore demandé le Roi, notant que l'Histoire jugera ceux qui ont réduit les enfants libres et dignes du Sahara à l'état de quémandeurs d'aides humanitaires et retiendra aussi à leur sujet qu'ils ont exploité le drame d'un groupe parmi les femmes et les enfants du Sahara en faisant d'eux un butin de guerre, un fonds de commerce illégitime et un moyen de lutte diplomatique.

Ceux qui veulent boycotter les produits marocains doivent assumer les conséquences de leurs décisions

Le Roi Mohammed VI a assuré que le Maroc fera face, ''avec fermeté et rigueur'', à toutes les tentatives visant à remettre en question le statut juridique du Sahara marocain et à contester l'exercice par le Royaume de la plénitude de ses pouvoirs sur son territoire, tant dans ses provinces du Sud qu'au Nord.
''Le Maroc refuse toute aventure aux conséquences incertaines, potentiellement dangereuses, ou toute autre proposition creuse ne servant à rien d'autre qu'à torpiller la dynamique positive enclenchée par l'Initiative d'autonomie'', a affirmé le Souverain.
Le Roi a ajouté que le Royaume s'opposera aussi aux campagnes hostiles qui visent les produits économiques marocains, ''avec le même sens du sacrifice et le même engagement dont il fait preuve dans les domaines politique et sécuritaire pour défendre son unité et ses valeurs sacrées''.
''Pour ceux qui, en violation du droit international, veulent boycotter ces produits, libre à eux de le faire. Mais ils devront assumer les conséquences de leurs décisions'', a mis en garde SM le Roi, précisant que le Maroc a le droit d'ouvrir la porte à ses partenaires, Etats et entreprises mondiales, pour profiter des opportunités d'investissement que la région va offrir grâce aux grands projets qui seront lancés.
''Vu que Nous ne faisons pas de distinction entre les régions Nord et Sud du Royaume, il n'y a pas pour Nous de différence entre les tomates d'Agadir et celles de Dakhla, les sardines de Larache et celles de Boujdour et le phosphate de Khouribga et celui de Boucraâ, même si ce dernier représente moins de 2 pc des réserves nationales de cette ressource, comme l'attestent les données mondialement reconnues'', a dit le Roi qui a promis que le Royaume fera face, ''avec la même fermeté et la même rigueur'', ''à toutes les tentatives visant à remettre en question le statut juridique du Sahara marocain et à contester l'exercice par notre pays de la plénitude de ses pouvoirs sur son territoire, tant dans ses provinces du Sud qu'au Nord''.
Après avoir rappelé l'initiative d'autonomie pour les provinces du Sud présentée par le Maroc, et dont la communauté internationale a reconnu le sérieux et la crédibilité, le Souverain a fait remarquer que cette initiative est ''le maximum que le Maroc peut offrir'', tout en soulignant que son application reste tributaire de l'impératif de parvenir à une solution politique définitive dans le cadre des Nations Unies.
''Il se leurre celui qui attend du Maroc qu'il fasse une toute autre concession. Car le Maroc a tout donné. Il a donné la vie de ses enfants pour défendre le Sahara'', a dit le Roi en dénonçant les positions hostiles de certaines organisations internationales et non gouvernementales, ''qui n'ont pas le droit de s'immiscer dans les affaires du Maroc'', qui ''ignorent l'histoire du Maroc'', et qui ''cherchent à présenter des conceptions éloignées de la réalité car concoctées dans des bureaux feutrés, comme autant de propositions pour régler le différend régional suscité autour de la marocanité du Sahara''.
Le Souverain, qui a également rappelé que le Sahara n'est pas le premier problème auquel le Maroc a été confronté au fil de son histoire, a relevé que le Royaume ''a toujours surmonté les situations difficiles dont il sortait uni, fort et la tête haute''.

''Il y est parvenu grâce à la foi du peuple marocain qui croit à la communauté de son destin, à sa mobilisation pour la défense des valeurs sacrées du pays et de son intégrité territoriale et à la forte symbiose qui l'unit à son Trône'', a expliqué le Roi insistant sur la nécessité de promouvoir le développement des provinces du Sud, de préserver la dignité de leurs habitants et de défendre l'intégrité territoriale du pays, ''avec le même esprit d'engagement et le même sacrifice qui ont caractérisé la Marche Verte''.

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Le discours de la Marche Verte est une feuille de route pour donner au plus vite un contenu concret à la régionalisation avancée dans les trois régions du sud. 

D'importants projets seront réalisés mais surtout, la population devra gérer au plus vite ses propres affaires. L'Etat lui transfèrera les ressources humaines et matérielles ainsi que les compétences, comme le prévoit la loi sur la régionalisation. Elles seront les premières régions à le faire après les élections du 4 septembre.

Depuis le mercredi 4 novembre, la ville de Laâyoune vivait dans l’attente de l’arrivée du Roi.

Vendredi en fin de journée, c’est une marée humaine qui a déferlé sur la ville. L’avion du Roi a atterri peu après 20 heures. Entre l’aéroport et la ville, c’est une chaîne humaine qui a probablement dépassé les 200.000 personnes qui a accueilli le Souverain.

Selon nos sources, le Roi Mohammed VI va rester plusieurs jours dans les provinces du sud, probablement une ou deux semaines. Des projets économiques d’envergure doivent être lancés ou inaugurés.

Dans le discours très attendu marquant le 40e anniversaire de la Marche Verte, prononcé vendredi soir à Laâyoune, le Roi Mohammed VI en a énuméré quelques uns: une voie expresse Tiznit-Laâyoune-Dakhla; le port Dakhla Atlantique en eau profonde; une voie ferrée qui ira jusqu’à Lagouira; des projets énergétiques pour toute la région; relier les régions du sud à l’Afrique par le transport et la logistique; un projet de dessalement d’eau de mer à Dakhla; des projets industriels dans toute la région du sud…

Toujours sur le plan économique, le Roi Mohammed VI a annoncé la mise en œuvre du nouveau modèle pour les provinces du sud. “Nous voulons une rupture réelle avec l’économie de rente“, a-t-il dit.

Il a annoncé un cadre juridique qui encouragera les investissements privés dans ces régions.

Sur le plan politique :

-la régionalisation avancée doit être mise en œuvre au plus vite dans les régions du sud et en priorité; le Souverain a évoqué l’un des axes susceptibles de donner rapidement un contenu consistant à la régionalisation: les contrats-programmes avec l’Etat, par lesquels les régions élaborent des politiques dans différents domaines et l’Etat leur transfère les compétences et les financements.

-l’autonomie est le plafond au-delà duquel le Maroc ne peut pas aller. C’est le maximum de ce que peut faire le Royaume. Il n’ira pas au-delà.

-le Maroc garantit la dignité des citoyens issus des provinces sahariennes, ce qui n’est pas le cas à Tindouf où l’Algérie les confine dans des camps insalubres et les laisse à la merci des donateurs internationaux.

Au final, le Roi a annoncé :

-un nouveau modèle de développement, une vision stratégique sur le plan économique faisant de ces régions un hub africain;

-des investissements et des stratégies volontaristes pour accélérer l’intégration de ces provinces à la mère patrie;

-sur le plan politique, le Roi a apporté une réponse à une question que beaucoup d’observateurs se posaient : le Maroc n’avancera pas sur la voie de l’autonomie qu’il a proposée, tant qu’il n’y a pas d’accord sous l’égide des Nations Unies.

-par contre, les provinces sahariennes auront la primauté en termes de concrétisation de la régionalisation avancée. Les trois régions bénéficieront en priorité des moyens humains et financiers, des contrats programmes avec l’Etat, d’un transfert de compétences, de sorte à ce que les populations puissent prendre en main la gestion de leurs affaires. Cela facilitera, s’il y a lieu, la transition vers l’autonomie. A cet égard, une attention particulière sera accordée à la langue et au patrimoine (comme le prévoit la Cosntitution), les structures de médiation et de concertatioin seront renforcées. On comprend bien que tout sera fait pour aider à la réussite d'une prise en main par les populations de leurs propres affaires.

Voici la synthèse officielle du discours royal:

Rupture avec le passé

Le Roi Mohammed VI a souligné la nécessité d'opérer une rupture avec les méthodes adoptées dans la prise en charge des affaires du Sahara.
''Aujourd'hui, après quarante années et ce qu'on peut inscrire à leur actif comme à leur passif, nous voulons opérer une véritable rupture avec les méthodes adoptées jusque-là dans la prise en charge des affaires du Sahara: rupture avec l'économie de rente et des privilèges et la défaillance de l'initiative privée, et rupture avec la mentalité de la concentration administrative''.
Cette rupture est d'autant plus nécessaire qu'au terme d'années de sacrifices et d'efforts au plan politique et en matière de développement, le Maroc est arrivé au stade de ''la maturité'', a expliqué le Roi.
Les affaires du Sahara vont donc être prises en charge conformément à une nouvelle méthodologie, puisque le Maroc a créé ''les conditions de mise en chantier d'une étape nouvelle dans le processus de consolidation de l'intégrité territoriale et d'intégration totales de nos provinces du Sud au sein de la mère patrie'', a poursuivi le Souverain.
C'est dans ce cadre, a dit le Roi, que s'inscrivent la mise en œuvre du modèle de développement des provinces du Sud, et la mise en œuvre de la régionalisation avancée. Le but étant que ''les fils de nos provinces du Sud disposent des moyens nécessaires pour gérer leurs propres affaires et montrer leur capacité à assurer le développement de la région'', a souligné le Souverain qui a tenu à rappeler que le Maroc a toujours veillé à ce que les fils du Sahara puissent se prévaloir des attributs d'une citoyenneté pleine et entière et des conditions d'une vie libre et digne.
''Les Sahraouis sont connus pour être depuis toujours des hommes de commerce et de savoir, vivant de leur labeur, dignes et fiers, n'attendant l'aide de personne, si pénibles que soient les circonstances'', a souligné le Souverain affirmant que l'on parle ici ''des Sahraouis authentiques, des patriotes sincères, qui sont restés fidèles aux liens d'allégeance les unissant, eux et leurs ancêtres, à travers l'histoire, aux Rois du Maroc''.
Le Roi a toutefois affirmé que pour ''ceux, peu nombreux, qui se laissent berner par les thèses des ennemis et s'évertuent à les répandre, il n'y pas de place pour eux parmi nous. Mais pour ceux qui se sont ressaisis et repentis, la patrie est clémente et miséricordieuse''

Les grands chantiers

Le Roi Mohammed VI a annoncé la mobilisation de tous les moyens disponibles pour la réalisation de grands chantiers et de projets sociaux et médico-éducatifs dans les régions de Laâyoune Sakia El-Hamra, Dakhla Oued Eddahab et Guelmim-Oued Noun, afin d'ériger les provinces du Sud en un véritable modèle de développement intégré.
"L'application du modèle de développement de nos provinces du Sud traduit notre fidélité à notre engagement auprès des citoyens dans nos provinces du Sud pour ériger celles-ci en un véritable modèle de développement intégré", a affirmé le Roi.
Le Souverain n’a pas annoncé de chiffres ni d’enveloppe allouée à ces investissements.
Ce modèle de développement constitue ''un pilier d'appui pour l'insertion définitive de ces provinces dans la patrie unifiée, et pour le renforcement du rayonnement du Sahara, comme centre économique et comme trait d'union entre le Maroc et son prolongement africain", a fait valoir le Souverain.
C'est pourquoi, a dit le Roi, "nous avons décidé de mobiliser, avec l'aide de Dieu, tous les moyens disponibles pour la réalisation de grands chantiers et de projets sociaux et médico-éducatifs, dans les régions de Laâyoune Sakia El-Hamra, Dakhla Oued Eddahab et Guelmim-Oued Noun".

On remarquera que le Souverain a cité la région de Guelmim-Oued Noun, qui est la région présaharienne, comme faisant partie des provinces du sud. Cette région fait partie de la partie du Maroc qui fut sous protectorat français, libérée en 1956. Mais géographiquement, ethniquement et culturellement, il s’agit bien de zones sahariennes.
Dans le domaine des infrastructures, le Roi a annoncé le renforcement du réseau routier de la région, à travers la réalisation d'une voie expresse, aux normes internationales, entre Tiznit-Laâyoune et Dakhla.
Parallèlement, le Souverain a invité le gouvernement à réfléchir à la mise en place dans les provinces du Sud d'un hub de transport aérien desservant l'Afrique.
Le Roi a de même fait état du souhait de construire une ligne ferroviaire de Tanger à Lagouira, pour relier le Maroc au reste de l'Afrique, formant le voeu de trouver les ressources financières qui manquent aujourd'hui en vue de parachever la ligne Marrakech-Lagouira.
De même, le Souverain a indiqué que "nous comptons construire le grand port Atlantique de Dakhla, réaliser d'importants projets d'énergie solaire et éolienne dans le Sud, et connecter la ville de Dakhla au réseau électrique national".
Le Roi a en outre formé l'espoir de voir ces réseaux et ces infrastructures reliées aux pays africains, et contribuer ainsi à leur développement.
Tout en se disant convaincu que ces infrastructures ne sont pas suffisantes, à elles seules, pour améliorer les conditions de vie des citoyens, le Roi a assuré que le secteur économique sera soutenu par des projets de développement humain.
A cet égard, le Souverain a réaffirmé la nécessité de continuer à faire investir les revenus des ressources naturelles au profit des habitants de la région, en concertation et en coordination avec eux.
"C'est dans cette perspective que nous avons décidé de réaliser une série de projets qui permettront de valoriser et d'exploiter les ressources et les produits locaux'', a dit le Souverain, précisant qu'il s'agit notamment de la mise en œuvre du grand projet de dessalement de l'eau de mer à Dakhla, et de la mise en place d'unités et de zones industrielles à Laâyoune, Marsa et Boujdour.
La nécessité de conforter ces initiatives à travers la mise en place d'un cadre juridique incitatif pour l'investissement, garantissant au secteur privé national et étranger, la visibilité et les conditions de compétitivité nécessaires pour contribuer au développement de la région, a été de même soulignée par le Roi qui a annoncé la prochaine création d'un Fonds de développement économique ayant vocation à renforcer le tissu économique, soutenir les entreprises et l'économie sociale et assurer l'emploi et un revenu stable, surtout pour les jeunes.

Restructurer le dispositif de soutien social des provinces du sud

Le Roi Mohammed VI a annoncé avoir chargé le gouvernement de restructurer le dispositif de soutien social dans les provinces du Sud pour le rendre plus transparent et plus équitable.
Cette restructuration doit être opérée "dans le respect des principes d'égalité, et de la justice sociale réclamée par la majorité des catégories concernées".
Cette décision, a assuré le Roi, procède du souci "de préserver la dignité des fils du Sahara, surtout les générations montantes, et d'instiller en eux l'amour et l'attachement à la patrie".
C'est pourquoi, a précisé le Souverain, "nous avons décidé de mobiliser, avec l'aide de Dieu, tous les moyens disponibles pour la réalisation de grands chantiers et de projets sociaux et médico-éducatifs, dans les régions de Laâyoune Sakia El-Hamra, Dakhla Oued Eddahab et Guelmim-Oued Noun".
A cet égard, le Roi a fait part de sa détermination à doter les fils des provinces du Sud des moyens nécessaires "pour gérer leurs propres affaires et montrer leur capacité à assurer le développement de la région".
Pour ce qui est des droits de l'Homme, le Roi a noté que le Maroc est parvenu à déjouer les manœuvres des ennemis de la patrie, "grâce à la mobilisation collective, à la gouvernance sécuritaire et à l'ouverture sur les acteurs de la société civile".
De même, a ajouté le Roi, le Conseil national des droits de l'Homme, avec ses commissions régionales, en tant qu'institution constitutionnelle pour la défense et la protection des droits et des libertés, s'emploie en toute indépendance à traiter tout abus, dans le cadre du dialogue et de la coopération avec les pouvoirs publics, les organisations associatives et les citoyens.
Dans le cadre de l'application du modèle de développement des provinces du Sud du Royaume, le domaine culturel n'est pas en reste, compte tenu notamment de la place particulière qu'occupe la culture hassanie dans la conscience collective des fils du Sahara.
Dans ce sens, le Souverain a rappelé les efforts déployés pour renforcer les mécanismes de préservation et de sensibilisation en faveur du patrimoine sahraoui, en édifiant notamment des théâtres, des musées et des maisons de culture dans les régions du Sud.
Le Roi a souligné que le Maroc, qui a tout mis en œuvre pour tenir ses promesses en matière d'élaboration d'un modèle de développement propre à ses provinces du Sud, y lance aujourd'hui les chantiers structurants et les projets générateurs de richesses et d'emploi.

Contrats programmes entre l’Etat et les régions du sud

Le Roi Mohammed VI a souligné que "pour illustrer la volonté de donner la primauté aux provinces du Sud dans le processus d'application de la régionalisation avancée, il est prévu de mettre au point des contrats-programmes entre l'Etat et les régions".
Ces contrats-programmes vont définir les obligations de chaque partie pour la réalisation des projets de développement, a précisé le Souverain.
Le Roi a appelé, à cet effet, le gouvernement à activer la mise en œuvre des dispositions juridiques relatives au transfert des compétences du centre vers les régions du sud, et à soutenir celles-ci en leur affectant les compétences humaines et les ressources matérielles nécessaires, dans la perspective de la généralisation de cette expérience parmi les autres régions du Royaume.
Il convient aussi, a poursuivi le Souverain, d'accélérer l'élaboration d'une véritable charte de déconcentration administrative, qui confère aux services régionaux les prérogatives nécessaires pour assurer la gestion des affaires des régions au niveau local.
Le Roi a tenu à souligner, à cet égard, la nécessité d'impliquer les populations, en assurant des espaces et des mécanismes permanents pour le dialogue et la concertation, leur permettant de s'approprier les programmes et de s'investir dans leur réalisation.
"Ainsi, nous mettons les habitants de nos provinces du Sud et leurs représentants devant leurs responsabilités, maintenant que nous leur avons assuré les mécanismes institutionnels et de développement pour gérer leurs affaires et répondre à leurs besoins'', a affirmé le Roi à ce sujet.
La légitimité démocratique et populaire que les élus ont acquise fait d'eux les représentants authentiques des populations des provinces du Sud, tant au niveau des institutions nationales que dans leurs rapports avec la communauté internationale, a affirmé le Souverain, rappelant que le Maroc, en mettant en application la régionalisation avancée, ne fait que conforter sa crédibilité et réaffirmer le respect de ses engagements.
"Lorsque le Maroc fait une promesse, il la tient par l'acte et la parole. Il ne s'engage que sur ce qu'il peut honorer", a assuré le Roi, rappelant que le Maroc a promis d'appliquer la régionalisation avancée et qu'aujourd'hui "c'est une réalité tangible, avec ses institutions et leurs attributions respectives".
"Nous ne brandissons pas de slogans creux, pas plus que nous ne vendons d'illusions comme le font les autres. En revanche, nous souscrivons des engagements et nous les respectons et veillons à leur concrétisation sur le terrain", a dit le Souverain.
"En entreprenant l'application de cette régionalisation et de ce modèle de développement, le Maroc veut donner de plus grandes chances à la recherche d'une solution définitive au conflit artificiel autour de notre intégrité territoriale", a relevé le Roi.
"Fermement convaincu de la justesse de notre cause, le Maroc a répondu favorablement, en 2007, à l'appel lancé par la communauté internationale pour avancer des propositions permettant de sortir de l'impasse où l'affaire se trouve désormais", a rappelé le Souverain, ajoutant à cet égard que le Maroc a présenté l'Initiative d'autonomie pour les provinces du Sud, dont la communauté internationale a reconnu le sérieux et la crédibilité.
"Comme je l'ai affirmé dans le discours de la Marche Verte de l'année dernière, cette initiative est le maximum que le Maroc peut offrir. Son application reste tributaire de l'impératif de parvenir à une solution politique définitive dans le cadre des Nations Unies", a dit le Roi.
"Il se leurre celui qui attend du Maroc qu'il fasse une tout autre concession. Car le Maroc a tout donné. Il a donné la vie de ses enfants pour défendre le Sahara", a souligné le Souverain.

Le Roi a précisé dans ce cadre que "le Maroc refuse toute aventure aux conséquences incertaines, potentiellement dangereuses, ou toute autre proposition creuse ne servant à rien d'autre qu'à torpiller la dynamique positive enclenchée par l'initiative d'autonomie".

Le Sahara, un centre d’échanges avec l’Afrique subsaharienne

Le Maroc s'engage aujourd'hui à faire du Sahara marocain "un centre d'échanges et un axe de communication avec les pays africains subsahariens et à mettre en place les infrastructures nécessaires à cet effet", a affirmé le Roi Mohammed VI.
Le Royaume va "honorer ses engagements au grand désespoir des ennemis" de son intégrité territoriale, a souligné le Souverain.
Le Souverain a rappelé, dans ce cadre, que la régionalisation avancée, que le Maroc a promis d'appliquer, est aujourd'hui "une réalité tangible", avec ses institutions et leurs attributions respectives.
"Le Maroc a promis la démocratie et s'est engagé à mettre les habitants de ses provinces du sud en capacité de gérer leurs affaires locales", a souligné le Roi, précisant qu'"aujourd'hui, cette population choisit ses représentants et participe aux institutions locales en toute liberté et en toute responsabilité".
Le Souverain a également indiqué que le Maroc a tenu son engagement concernant la garantie de la sécurité et de la stabilité, notant que "le Sahara marocain est aujourd'hui l'une des zones les plus sûres dans la région du Sahel et du Sahara".
"L'application du modèle de développement de nos provinces du Sud traduit notre fidélité à notre engagement auprès des citoyens dans nos provinces du Sud pour ériger celles-ci en un véritable modèle de développement intégré", a souligné le Roi, ajoutant que ce modèle se veut "un pilier d'appui pour l'insertion définitive de ces provinces dans la patrie unifiée, et pour le renforcement du rayonnement du Sahara, comme centre économique et comme trait d'union entre le Maroc et son prolongement africain".

"Nous espérons, en outre, relier ces réseaux et ces infrastructures aux pays africains, et contribuer ainsi à leur développement", a dit le Souverain, qui a invité également le gouvernement à "réfléchir à la mise en place dans les provinces du Sud d'un hub de transport aérien desservant l'Afrique".

Se disant "convaincu que ces infrastructures ne sont pas suffisantes, à elles seules, pour améliorer les conditions de vie des citoyens"  le Roi a affirmé: " Nous entendons continuer à promouvoir le secteur économique et à le soutenir par des projets de développement humain".
Le Souverain a dans ce sens annoncé qu'il sera créé un fonds de développement économique ayant vocation à renforcer le tissu économique, soutenir les entreprises et l'économie sociale et assurer l'emploi et un revenu stable, surtout pour les jeunes.

Tindouf, les affres de la pauvreté

Le Roi Mohammed VI a souligné que les populations de Tindouf, en Algérie, continuent d'endurer les affres de la pauvreté et de la désolation au moment où de grands projets structurants sont réalisés dans les provinces du Sud pour assurer à leurs habitants une vie digne et libre.
Le Souverain a affirmé que l'application du modèle de développement des provinces du sud est perçue comme un pilier d'appui pour l'insertion définitive de ces provinces dans la patrie unifiée, et pour le renforcement du rayonnement du Sahara, comme centre économique et comme trait d'union entre le Maroc et son prolongement africain.
"En revanche, a dit le Roi, les populations de Tindouf continuent à endurer les affres de la pauvreté, de la désolation et de la privation et à pâtir de la violation systématique de leurs droits fondamentaux".
"Où sont passées les centaines de millions d'euros accordées sous forme d'aides humanitaires, lesquelles dépassent les 60 millions d'euros par an, sans compter les milliards affectés à l'armement et au soutien de la machine de propagande et de répression utilisée par les séparatistes ?", s'est interrogé le Souverain.
"Comment expliquer la richesse insolente des leaders du séparatisme, qui possèdent des biens immobiliers et disposent de comptes et de fonds en banque, en Europe et en Amérique latine et pourquoi l'Algérie n'a rien fait pour améliorer les conditions de vie des habitants des camps de Tindouf estimés tout au plus à 40 mille individus, soit l'équivalent de la population d'un quartier de taille moyenne dans la capitale Alger?", s'est demandé le Roi avant d'expliquer que "cela veut dire qu'en quarante ans, elle n'a pas pu ou n'a pas voulu doter ces populations de quelque 6.000 logements pour préserver leur dignité, soit une moyenne annuelle de 150 unités de logement".
"Pourquoi l'Algérie, qui a dépensé des milliards dans sa croisade militaire et diplomatique contre le Maroc, accepte-t-elle de laisser la population de Tindouf vivre cette situation dramatique et inhumaine?", s'est encore demandé le Roi, notant que l'Histoire jugera ceux qui ont réduit les enfants libres et dignes du Sahara à l'état de quémandeurs d'aides humanitaires et retiendra aussi à leur sujet qu'ils ont exploité le drame d'un groupe parmi les femmes et les enfants du Sahara en faisant d'eux un butin de guerre, un fonds de commerce illégitime et un moyen de lutte diplomatique.

Ceux qui veulent boycotter les produits marocains doivent assumer les conséquences de leurs décisions

Le Roi Mohammed VI a assuré que le Maroc fera face, ''avec fermeté et rigueur'', à toutes les tentatives visant à remettre en question le statut juridique du Sahara marocain et à contester l'exercice par le Royaume de la plénitude de ses pouvoirs sur son territoire, tant dans ses provinces du Sud qu'au Nord.
''Le Maroc refuse toute aventure aux conséquences incertaines, potentiellement dangereuses, ou toute autre proposition creuse ne servant à rien d'autre qu'à torpiller la dynamique positive enclenchée par l'Initiative d'autonomie'', a affirmé le Souverain.
Le Roi a ajouté que le Royaume s'opposera aussi aux campagnes hostiles qui visent les produits économiques marocains, ''avec le même sens du sacrifice et le même engagement dont il fait preuve dans les domaines politique et sécuritaire pour défendre son unité et ses valeurs sacrées''.
''Pour ceux qui, en violation du droit international, veulent boycotter ces produits, libre à eux de le faire. Mais ils devront assumer les conséquences de leurs décisions'', a mis en garde SM le Roi, précisant que le Maroc a le droit d'ouvrir la porte à ses partenaires, Etats et entreprises mondiales, pour profiter des opportunités d'investissement que la région va offrir grâce aux grands projets qui seront lancés.
''Vu que Nous ne faisons pas de distinction entre les régions Nord et Sud du Royaume, il n'y a pas pour Nous de différence entre les tomates d'Agadir et celles de Dakhla, les sardines de Larache et celles de Boujdour et le phosphate de Khouribga et celui de Boucraâ, même si ce dernier représente moins de 2 pc des réserves nationales de cette ressource, comme l'attestent les données mondialement reconnues'', a dit le Roi qui a promis que le Royaume fera face, ''avec la même fermeté et la même rigueur'', ''à toutes les tentatives visant à remettre en question le statut juridique du Sahara marocain et à contester l'exercice par notre pays de la plénitude de ses pouvoirs sur son territoire, tant dans ses provinces du Sud qu'au Nord''.
Après avoir rappelé l'initiative d'autonomie pour les provinces du Sud présentée par le Maroc, et dont la communauté internationale a reconnu le sérieux et la crédibilité, le Souverain a fait remarquer que cette initiative est ''le maximum que le Maroc peut offrir'', tout en soulignant que son application reste tributaire de l'impératif de parvenir à une solution politique définitive dans le cadre des Nations Unies.
''Il se leurre celui qui attend du Maroc qu'il fasse une toute autre concession. Car le Maroc a tout donné. Il a donné la vie de ses enfants pour défendre le Sahara'', a dit le Roi en dénonçant les positions hostiles de certaines organisations internationales et non gouvernementales, ''qui n'ont pas le droit de s'immiscer dans les affaires du Maroc'', qui ''ignorent l'histoire du Maroc'', et qui ''cherchent à présenter des conceptions éloignées de la réalité car concoctées dans des bureaux feutrés, comme autant de propositions pour régler le différend régional suscité autour de la marocanité du Sahara''.
Le Souverain, qui a également rappelé que le Sahara n'est pas le premier problème auquel le Maroc a été confronté au fil de son histoire, a relevé que le Royaume ''a toujours surmonté les situations difficiles dont il sortait uni, fort et la tête haute''.

''Il y est parvenu grâce à la foi du peuple marocain qui croit à la communauté de son destin, à sa mobilisation pour la défense des valeurs sacrées du pays et de son intégrité territoriale et à la forte symbiose qui l'unit à son Trône'', a expliqué le Roi insistant sur la nécessité de promouvoir le développement des provinces du Sud, de préserver la dignité de leurs habitants et de défendre l'intégrité territoriale du pays, ''avec le même esprit d'engagement et le même sacrifice qui ont caractérisé la Marche Verte''.

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