La dépendance des partis marocains à l'égard du financement étatique est décisive.

Les ressources des trois premiers partis en taille restent inférieures à celles du... Raja de Casablanca.

Les formations politiques marocaines survivent en grande partie grâce aux subventions publiques. Le dernier rapport de la Cour des comptes comprend des chiffres très instructifs.

L’origine des ressources de chacun des huit grands partis se ventile de la façon suivante:

-L’UC se finance à 36% grâce au soutien public et à 64% par ses propres moyens.

-Le PJD est financé à 55% par l’Etat et à 45% grâce aux cotisations (militants élus) dons, legs…

-L’Istiqlal à 61% par la subvention et à 39% par l'autofinancement.

-Le PPS (74%, contre 26%).

-Le PAM (73% contre 27%),

-Le RNI ((81% contre 19%),

-L’USFP (89%, contre 11%).

L’addition des ressources des trois partis les plus riches fait apparaître que le PJD (22,7 MDH), le PI (11,7 MDH) et le PAM (8,5 MDH), sont bien loin du budget du Raja de Casablanca, club de football qui culmine à 44 millions de dirhams. (*)

En France, le financement partisan est aussi public, mais les partis arrivent à dégager des ressources importantes, grâce aux cotisations de leurs adhérents et aux dons des particuliers.

Ainsi, en 2014, les aides publiques représentaient 63 millions d’euros, le PS qui en avait récolté 25 millions a atteint un budget de 60 millions, soit 35 M d’euros d’autofinancement.

Aucune subvention publique n’existe outre-Atlantique avec des partis dépendants quasi exclusivement de l’argent versé des donateurs individuels, entreprises, lobbies et même des syndicats. Le coût de la dernière course à la Maison Blanche avait dépassé le chiffre astronomique de 2,5 MM$.

Au Maroc, les montants en jeu restent modestes et le financement public reste vital pour la survie des partis politiques.

Sur 113,58 MDH dépensés en 2014 par les 33 partis, 80 MDH ont été alloués par la loi de finances, au titre du soutien public pour la contribution aux frais de gestion et d’organisation de congrès.

Dans les faits, le dernier rapport de la Cour des comptes affirme que le montant de la contribution réellement accordée aux partis était de 64 MDH, soit 80% du budget initialement alloué par la loi de finances 2014. Ce montant a permis d’assurer la couverture de leurs frais de gestion (59,52 MDH) et des frais d’organisation de leurs congrès (4,52 MDH).

13 partis sur les 33 que compte le Maroc ont été financés uniquement grâce au soutien des autorités, ce qui veut dire qu’ils ont été incapables de trouver d’autres sources de revenus.

Les ressources des autres proviennent du soutien public et des cotisations privées (militants, élus, dons, legs en cash dans la limite de 100.000 DH/an et activités sociales et culturelles).

A l’image des Etats-Unis, le financement pourrait se faire ponctuellement par des entreprises au Maroc, car les personnes morales peuvent faire des dons aux partis, si l’Etat n’est pas impliqué complètement ou en partie dans le capital de ces entreprises. 

Selon la loi sur les partis, "ne peuvent bénéficier d’un soutien public que les partis qui ont participé aux élections législatives et qui ont obtenu au moins 5 % des voix exprimées pour l’ensemble des circonscriptions électorales. Le montant de l’enveloppe allouée par l’Etat est déterminé par le nombre de voix obtenues et le nombre de sièges recueillis par le parti".

Cette condition du financement public exclut de facto une bonne partie des partis marocains qui ne sont pas représentés au Parlement. 88% du soutien public va aux 8 grands partis (PJD, PI, PAM, PPS, USFP, UC, RNI, MP).

Le PSU n’étant pas représenté au Parlement et n’ayant pas droit à un soutien de l’Etat, n’a déclaré que 113.150 DH de ressources provenant des cotisations de ses seuls sympathisants.

Si l’on ne dispose pas du détail de ses dépenses, le PJD a consacre 6,1 MDH/an pour payer ses salariés permanents, soit 500.000 dirhams par mois.

Le deuxième parti le plus riche (Istiqlal) qui a pourtant le plus de permanences au Maroc, ne dépense que 911.000 DH/an pour ses employés (PAM 4,5 MDH, USFP 2,4 MDH …).

Les sommes paraissent tellement dérisoires que se pose la quetsion de l'efficacité de l'action partisane et de sa professionnalisation.

(*) Nota: Nous n'avons pas tenu compte de l'UC, dont le total ressources est supérieur à 9 millions de DH, mais dont plus de 5 millions proviennent de ressources non courantes.

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La dépendance des partis marocains à l'égard du financement étatique est décisive. 

Les ressources des trois premiers partis en taille restent inférieures à celles du... Raja de Casablanca.

Les formations politiques marocaines survivent en grande partie grâce aux subventions publiques. Le dernier rapport de la Cour des comptes comprend des chiffres très instructifs.

L’origine des ressources de chacun des huit grands partis se ventile de la façon suivante:

-L’UC se finance à 36% grâce au soutien public et à 64% par ses propres moyens.

-Le PJD est financé à 55% par l’Etat et à 45% grâce aux cotisations (militants élus) dons, legs…

-L’Istiqlal à 61% par la subvention et à 39% par l'autofinancement.

-Le PPS (74%, contre 26%).

-Le PAM (73% contre 27%),

-Le RNI ((81% contre 19%),

-L’USFP (89%, contre 11%).

L’addition des ressources des trois partis les plus riches fait apparaître que le PJD (22,7 MDH), le PI (11,7 MDH) et le PAM (8,5 MDH), sont bien loin du budget du Raja de Casablanca, club de football qui culmine à 44 millions de dirhams. (*)

En France, le financement partisan est aussi public, mais les partis arrivent à dégager des ressources importantes, grâce aux cotisations de leurs adhérents et aux dons des particuliers.

Ainsi, en 2014, les aides publiques représentaient 63 millions d’euros, le PS qui en avait récolté 25 millions a atteint un budget de 60 millions, soit 35 M d’euros d’autofinancement.

Aucune subvention publique n’existe outre-Atlantique avec des partis dépendants quasi exclusivement de l’argent versé des donateurs individuels, entreprises, lobbies et même des syndicats. Le coût de la dernière course à la Maison Blanche avait dépassé le chiffre astronomique de 2,5 MM$.

Au Maroc, les montants en jeu restent modestes et le financement public reste vital pour la survie des partis politiques.

Sur 113,58 MDH dépensés en 2014 par les 33 partis, 80 MDH ont été alloués par la loi de finances, au titre du soutien public pour la contribution aux frais de gestion et d’organisation de congrès.

Dans les faits, le dernier rapport de la Cour des comptes affirme que le montant de la contribution réellement accordée aux partis était de 64 MDH, soit 80% du budget initialement alloué par la loi de finances 2014. Ce montant a permis d’assurer la couverture de leurs frais de gestion (59,52 MDH) et des frais d’organisation de leurs congrès (4,52 MDH).

13 partis sur les 33 que compte le Maroc ont été financés uniquement grâce au soutien des autorités, ce qui veut dire qu’ils ont été incapables de trouver d’autres sources de revenus.

Les ressources des autres proviennent du soutien public et des cotisations privées (militants, élus, dons, legs en cash dans la limite de 100.000 DH/an et activités sociales et culturelles).

A l’image des Etats-Unis, le financement pourrait se faire ponctuellement par des entreprises au Maroc, car les personnes morales peuvent faire des dons aux partis, si l’Etat n’est pas impliqué complètement ou en partie dans le capital de ces entreprises. 

Selon la loi sur les partis, "ne peuvent bénéficier d’un soutien public que les partis qui ont participé aux élections législatives et qui ont obtenu au moins 5 % des voix exprimées pour l’ensemble des circonscriptions électorales. Le montant de l’enveloppe allouée par l’Etat est déterminé par le nombre de voix obtenues et le nombre de sièges recueillis par le parti".

Cette condition du financement public exclut de facto une bonne partie des partis marocains qui ne sont pas représentés au Parlement. 88% du soutien public va aux 8 grands partis (PJD, PI, PAM, PPS, USFP, UC, RNI, MP).

Le PSU n’étant pas représenté au Parlement et n’ayant pas droit à un soutien de l’Etat, n’a déclaré que 113.150 DH de ressources provenant des cotisations de ses seuls sympathisants.

Si l’on ne dispose pas du détail de ses dépenses, le PJD a consacre 6,1 MDH/an pour payer ses salariés permanents, soit 500.000 dirhams par mois.

Le deuxième parti le plus riche (Istiqlal) qui a pourtant le plus de permanences au Maroc, ne dépense que 911.000 DH/an pour ses employés (PAM 4,5 MDH, USFP 2,4 MDH …).

Les sommes paraissent tellement dérisoires que se pose la quetsion de l'efficacité de l'action partisane et de sa professionnalisation.

(*) Nota: Nous n'avons pas tenu compte de l'UC, dont le total ressources est supérieur à 9 millions de DH, mais dont plus de 5 millions proviennent de ressources non courantes.

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