Momo, 30 ans et 500.000 fans sur FB Ph. Médias 24

Mohammed Bousfiha, alias Momo, accompagne chaque matin des millions d’auditeurs sur le très écouté morning de Hit Radio. Véritable star nationale, ce passionné de radio multiplie les fans.

Il pulvérise les ondes de sa débordante et contagieuse énergie, et revient pour nous sur son parcours atypique afin de dévoiler un Momo «100% nature, garanti sans botox».

Le 7h-11, c’est chez lui! On arrive indiscutablement sur ses terres dans les studios rbatis de la station Hit Radio. Il règne sur les potards et les ondes mais adule le micro qu’il dompte avec aisance. Derrière un rire tonitruant et une bonne bouille montés sur une de ses nombreuses paires d’Adidas colorées, Momo fait son show pour le plus grand plaisir de ses milliers de fans.

 

 

500.000 fans sur Facebook

Pendant quatre heures, il est cette radio! C’est «sa life» comme il dit, sa planche de salut pendant les moments de galère, son plus bel épanouissement et sa success story un peu comme “Rocky“, un de ses héros. Sauf que son Adrienne à lui s’appelle «On air» et possède des milliers de visages.

Durant ses heures d’antenne, il nourrit «une histoire d’amour radiophonique avec ses auditeurs». Si les «love stories» classiques ont leurs embûches, celle qu’entretient l’animateur vedette avec ses fans est autrement plus complexe…

Imaginez en effet 500.000 soupirants vous déclarant leur flamme, quand d’autres se massent devant votre lieu de travail dans l’espoir de vous apercevoir ou obtenir le Graal ultime : une photo en votre compagnie ! Intimidant n’est-ce pas? Pas pour la «rock star» en baskets: c’est tout simplement devenu son quotidien.

Bien qu’il ne comprenne pas toujours l’incroyable engouement qu’il suscite, il s’en réjouit volontiers et ne boude aucunement son plaisir. Pas blasé pour autant le grand brun! Bien au contraire, il en tire sa force et réalise chaque jour son «rêve de gosse».

Le «sem positif»

Il faut dire que la radio, ce n’était pas franchement gagné. Pourtant il y a cru, dur comme fer, au mépris des nombreuses voix qui l’ont bousculé. «Tu parles français comme une bête» ; «tu seras jamais un animateur radio!» une phrase qu’il a entendue à l’en vomir, mais qu’il a également habilement transformée en «sem [poison, ndlr] positif».

Extrêmement déterminé et un poil givré (sa marque de fabrique), il gagne davantage en gnaque et va chercher son destin façon «Terminator». Une vraie machine de guerre, Momo, est «programmée pour la démerde» ! Lorsque «les portes se ferment, [il] passe par la fenêtre ; s’ils la claquent, il reste toujours un kadouss [égout, ndlr] !». 

Alors, bac en poche, il écourte les études supérieures et enchaîne les petits boulots: serveur, videur du haut de son mètre 86 (on taira le poids, vie privée oblige) etc., mais garde son objectif en ligne de mire et parvient à intégrer la chaîne publique, Radio 2M. Il y fait ses armes et apprend les rudiments de la profession auprès de Marc Scherrer, «son papa radiophonique» et accessoirement, directeur de la station en 2004.

La science du «t’riglage»

Deux ans plus tard : libéralisation des ondes au Maroc. Un déclic et le signe qu’il était temps d’explorer de nouveaux horizons.

Il tombe sur une interview de Younès Boumehdi, directeur de Hit Radio, et réalise comme une évidence, sans même l’avoir rencontré que cet aventurier sera «son futur patron».

Bonne intuition! Les deux explorateurs des ondes marocaines libres partagent une vision commune et se lancent à pieds joints en terre inconnue. «Au départ, c’était le système D, mais alors avec un D majuscule» se rappelle Momo.

Ensemble, ils ouvrent le passage, imposant leur style ; encaissent des coups, des sanctions et se relèvent pour apprendre à devenir ce qu’il appelle un «open-space sécurisé». Une antenne et une voix libre s’exprimant dans une réalité marocaine, avec toutes les lignes rouges qu’elle implique.

Mais au jeu de la transgression, Momo ne se fera plus prendre. C’est un filou, un vrai «marroki dans l’âme » ! Un mélange de modernité, de darija new wave et de «chaâbi» chaleureux. S’il assure n’avoir ni recette pour durer à l’antenne, ni philtre d’amour pour séduire ses fans, on soupçonne ce côté populaire et proche des auditeurs de faire son effet.

Mohammed Bousfiha reste «un mec normal, zen, avec une vie normale, fan de sa mama (son premier soutien) […] il rigole avec les gens et ne se moque jamais d’eux», avoue-t-il. Momo lui n’est pas très différent, malgré une image de «3iwek [crâneur, ndlr]» qui lui colle encore un peu à la peau (les préjugés ont la vie dure, regrette-t-il). Cependant, ce dernier applique naturellement au micro la «science du t’riglage» : un peu de malice, de la complicité, une bonne dose de vannes, de l’énergie à revendre et du répondant. Et ça paye ! Ça use aussi…

Désordre et discipline

Après des journées commencées à 5 heures du matin pour s’achever, certains jours, à 18 heures, il se décharge comme ses deux portables qui sonnent et vibrent sans cesse.

Le matin, il galope sur les ondes comme «l3aoued elbied de Superlux [il fait référence au cheval blanc énergique, d’une publicité phare pour marque de piles marocaines, ndlr]», pour le reste il s’impose une discipline infaillible. Respect des heures de sommeil, travail de recherche – «parce qu’il y a pas mal de boulot derrière les émissions» souligne-t-il – de l’organisation, enfin suffisamment pour être compatible avec son «côté bordélique», et du sport : le foot, deux fois par semaine, «sa drogue!»

L’animation radio reste un équilibre fragile, soumis aux humeurs des auditeurs. Une chose dont Momo a pleinement conscience. Il ne sait pas de quoi demain sera fait, mais pourquoi pas troquer un peu son micro contre un plateau télé.

Enfin, plus tard, bien plus tard… Ce grand gosse de 30 ans, encore habité par les héros de son enfance, veut se réserver quelques surprises, comme les cadeaux qu’il s’achète, emballe pour s’offrir à lui-même. Pourquoi pas… après tout, charité bien ordonnée commence bien par soi-même. Il savoure aujourd’hui le bonheur que sa passion et ses fans lui procurent, et espère en convaincre encore bien d’autres.

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Mohammed Bousfiha, alias Momo, accompagne chaque matin des millions d’auditeurs sur le très écouté morning de Hit Radio. Véritable star nationale, ce passionné de radio multiplie les fans.

Il pulvérise les ondes de sa débordante et contagieuse énergie, et revient pour nous sur son parcours atypique afin de dévoiler un Momo «100% nature, garanti sans botox».

Le 7h-11, c’est chez lui! On arrive indiscutablement sur ses terres dans les studios rbatis de la station Hit Radio. Il règne sur les potards et les ondes mais adule le micro qu’il dompte avec aisance. Derrière un rire tonitruant et une bonne bouille montés sur une de ses nombreuses paires d’Adidas colorées, Momo fait son show pour le plus grand plaisir de ses milliers de fans.

 

 

500.000 fans sur Facebook

Pendant quatre heures, il est cette radio! C’est «sa life» comme il dit, sa planche de salut pendant les moments de galère, son plus bel épanouissement et sa success story un peu comme “Rocky“, un de ses héros. Sauf que son Adrienne à lui s’appelle «On air» et possède des milliers de visages.

Durant ses heures d’antenne, il nourrit «une histoire d’amour radiophonique avec ses auditeurs». Si les «love stories» classiques ont leurs embûches, celle qu’entretient l’animateur vedette avec ses fans est autrement plus complexe…

Imaginez en effet 500.000 soupirants vous déclarant leur flamme, quand d’autres se massent devant votre lieu de travail dans l’espoir de vous apercevoir ou obtenir le Graal ultime : une photo en votre compagnie ! Intimidant n’est-ce pas? Pas pour la «rock star» en baskets: c’est tout simplement devenu son quotidien.

Bien qu’il ne comprenne pas toujours l’incroyable engouement qu’il suscite, il s’en réjouit volontiers et ne boude aucunement son plaisir. Pas blasé pour autant le grand brun! Bien au contraire, il en tire sa force et réalise chaque jour son «rêve de gosse».

Le «sem positif»

Il faut dire que la radio, ce n’était pas franchement gagné. Pourtant il y a cru, dur comme fer, au mépris des nombreuses voix qui l’ont bousculé. «Tu parles français comme une bête» ; «tu seras jamais un animateur radio!» une phrase qu’il a entendue à l’en vomir, mais qu’il a également habilement transformée en «sem [poison, ndlr] positif».

Extrêmement déterminé et un poil givré (sa marque de fabrique), il gagne davantage en gnaque et va chercher son destin façon «Terminator». Une vraie machine de guerre, Momo, est «programmée pour la démerde» ! Lorsque «les portes se ferment, [il] passe par la fenêtre ; s’ils la claquent, il reste toujours un kadouss [égout, ndlr] !». 

Alors, bac en poche, il écourte les études supérieures et enchaîne les petits boulots: serveur, videur du haut de son mètre 86 (on taira le poids, vie privée oblige) etc., mais garde son objectif en ligne de mire et parvient à intégrer la chaîne publique, Radio 2M. Il y fait ses armes et apprend les rudiments de la profession auprès de Marc Scherrer, «son papa radiophonique» et accessoirement, directeur de la station en 2004.

La science du «t’riglage»

Deux ans plus tard : libéralisation des ondes au Maroc. Un déclic et le signe qu’il était temps d’explorer de nouveaux horizons.

Il tombe sur une interview de Younès Boumehdi, directeur de Hit Radio, et réalise comme une évidence, sans même l’avoir rencontré que cet aventurier sera «son futur patron».

Bonne intuition! Les deux explorateurs des ondes marocaines libres partagent une vision commune et se lancent à pieds joints en terre inconnue. «Au départ, c’était le système D, mais alors avec un D majuscule» se rappelle Momo.

Ensemble, ils ouvrent le passage, imposant leur style ; encaissent des coups, des sanctions et se relèvent pour apprendre à devenir ce qu’il appelle un «open-space sécurisé». Une antenne et une voix libre s’exprimant dans une réalité marocaine, avec toutes les lignes rouges qu’elle implique.

Mais au jeu de la transgression, Momo ne se fera plus prendre. C’est un filou, un vrai «marroki dans l’âme » ! Un mélange de modernité, de darija new wave et de «chaâbi» chaleureux. S’il assure n’avoir ni recette pour durer à l’antenne, ni philtre d’amour pour séduire ses fans, on soupçonne ce côté populaire et proche des auditeurs de faire son effet.

Mohammed Bousfiha reste «un mec normal, zen, avec une vie normale, fan de sa mama (son premier soutien) […] il rigole avec les gens et ne se moque jamais d’eux», avoue-t-il. Momo lui n’est pas très différent, malgré une image de «3iwek [crâneur, ndlr]» qui lui colle encore un peu à la peau (les préjugés ont la vie dure, regrette-t-il). Cependant, ce dernier applique naturellement au micro la «science du t’riglage» : un peu de malice, de la complicité, une bonne dose de vannes, de l’énergie à revendre et du répondant. Et ça paye ! Ça use aussi…

Désordre et discipline

Après des journées commencées à 5 heures du matin pour s’achever, certains jours, à 18 heures, il se décharge comme ses deux portables qui sonnent et vibrent sans cesse.

Le matin, il galope sur les ondes comme «l3aoued elbied de Superlux [il fait référence au cheval blanc énergique, d’une publicité phare pour marque de piles marocaines, ndlr]», pour le reste il s’impose une discipline infaillible. Respect des heures de sommeil, travail de recherche – «parce qu’il y a pas mal de boulot derrière les émissions» souligne-t-il – de l’organisation, enfin suffisamment pour être compatible avec son «côté bordélique», et du sport : le foot, deux fois par semaine, «sa drogue!»

L’animation radio reste un équilibre fragile, soumis aux humeurs des auditeurs. Une chose dont Momo a pleinement conscience. Il ne sait pas de quoi demain sera fait, mais pourquoi pas troquer un peu son micro contre un plateau télé.

Enfin, plus tard, bien plus tard… Ce grand gosse de 30 ans, encore habité par les héros de son enfance, veut se réserver quelques surprises, comme les cadeaux qu’il s’achète, emballe pour s’offrir à lui-même. Pourquoi pas… après tout, charité bien ordonnée commence bien par soi-même. Il savoure aujourd’hui le bonheur que sa passion et ses fans lui procurent, et espère en convaincre encore bien d’autres.

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