Tour du monde des Atmani : refoulés à la frontière péruvienne !

Le franchissement de la frontière entre la Bolivie et le Pérou tourne au casse-tête pour cette famille marocaine qui fait le tour du monde en camping-car. Après de multiples péripéties, la famille poursuit finalement son périple.

J + 345 (20 juillet 2014) Bloqués à la frontière péruvienne : que faire ?

Nous sommes encore sous le charme de cette belle pampa bolivienne que nous avons quitté. Nous repassons par la capitale La Paz pour nous diriger vers la frontière péruvienne. 150 kilomètres nous en séparent, soit 5 heures de route dans le fameux Altiplano! Avec en prime, encore la traversée du lac Titicaca sur une barge de fortune !

Nous décidons de ne pas prendre de risque et de nous diriger vers la frontière même si nos visas boliviens ont encore une bonne semaine de validité.

Une fois à Copacabana à 8 kilomètres de la frontière, nous proposons aux enfants de rester quelques jours au bord du lac, ils y ont maintenant des amis avec lesquels ils ont fait de la peinture et à qui ils ont fait découvrir le Maroc.

Il est vrai que l’endroit est magique aussi, un air d'Essaouira…

Les enfants, unanimes, semblent partisans de franchir la frontière sans attendre, car on ne sait jamais… Il est vrai que nous leur avons toujours inculqué que les passages de frontière, surtout avec un véhicule venu de si loin, reste un moment sensible où tout peut arriver.

Le lendemain dimanche, après les vérifications d’usage sur le véhicule (huile moteur, pression des pneumatiques, nettoyage du filtre à air…), nous prenons la route pour la frontière péruvienne qui n’est qu’à quelques kilomètres de Copacabana.

Nous prenons la route en milieu de matinée pour éviter les longues files d’attente générées par les bus. Surtout, il y a une heure de plus au Pérou et nous avons presque 3 heures pour rallier Puno, la ville la plus proche de la frontière où nous voulons passer la nuit.

Le Pérou est réputé être dangereux avec beaucoup de délinquance, donc nous devons être vigilants. Nous avons prévu de passer notre première nuit dans le parking d’un hôtel sur Puno…

Arrivés à la douane bolivienne, nous y passons presque une heure. Nous avons l’impression que le douanier cherche à tout prix l’erreur ! Il n’arrête pas de regarder toutes les pages de nos passeports, les tampons, les dates d’entrée et de sortie, la validité de nos passeports, les photos des enfants pour s’assurer que c’est bien eux… Comme il ne trouve rien au bout d’une heure, il tamponne enfin notre sortie du territoire bolivien. Précieux sésame pour pouvoir sortir Mesk Ellil, le camion du territoire bolivien car il est en admission temporaire. A nous le Pérou !

Arrivés à la douane péruvienne, une centaine de mètres plus loin, nous faisons la queue, remettons nos passeports à la douanière, qui après 10 longues minutes à scruter nos visas en silence, se tourne vers nous pour nous dire que nos visas sont caduques. Nous ne comprenons pas, nous essayons de lui expliquer que nous avons, comme mentionné dans notre carnet de voyage de juin dernier sur Medias 24, validé nos visas par la frontière de Desaguadero il y a un mois de cela, tampon d’entrée à l’appui…

Intraitable, la douanière maintient son refus : les visas ne sont plus valides !

Nous sommes atterrés,  nous tentons vainement de rassurer les enfants, mais l’inquiétude est visible sur nos visages… Que faire ? La douanière nous dit qu’il faut retourner en Bolivie (à La Paz plus précisément) etn de là, solliciter un nouveau visa.

Nous avons un moment de panique. Et si la Bolivie ne nous laisse pas retourner sachant que nous venions de sortir, nous n’avons pas de représentation diplomatique en Bolivie, à qui s’adresser ? Que faire ? Surtout que Mesk Ellil peut être saisi par les Douanes si nous dépassons la date délivrée par l’admission temporaire !

De toute manière, il est d’usage que le pays de sortie reste le pays d’accueil si la traversée de la frontière n’est pas possible. Devant la détermination de la douanière péruvienne, nous décidons de ne pas perdre de temps et de retourner sur nos pas au plus vite. Surprise ! Les douaniers ont l’habitude de cela, ils annulent sans problème notre tampon de sortie et surtout nous rendent le papier de l’admission temporaire de Mesk Ellil !

Heureusement, nous dit le douanier, qu’il nous restait une semaine de validité du visa.

Al Hamdoullah, nous avions été bien inspirés de quitter la Bolivie une semaine avant la fin du visa et heureusement que les enfants nous ont poussé à sortir du pays par précaution.

Nous apprenons que le mercredi est un jour férié dans la capitale bolivienne, en mémoire de la date anniversaire de la fondation de la ville. Cela nous stresse encore d’avantage, nous avons donc 3 jours ouvrables pour résoudre la situation.

Sans attestation de travail, sans revenus fixes, comment expliquer au consulat et surtout justifier notre demande ? En outre, mon passeport n’a plus qu’une seule page de vierge. Sans attendre, nous envoyons dès ce lundi un courriel à l’ambassade du Pérou à Rabat qui nous a délivré le visa.

Maintenant, il va falloir refaire encore les 5 heures de route pour La Paz et la traversée dangereuse sur la barge sur le lac Titicaca. Nous décidons de partir tout de suite pour ne pas perdre de temps. Nous sommes heureusement lundi, et dès mardi matin nous irons à l’ambassade péruvienne à La Paz. Nous avons exactement jusqu’au lundi d’après pour sortir de la Bolivie et donc avoir un visa pour le Pérou ! Et ne pas courir le risque de se faire saisir le véhicule !

Arrivés à la barge que nous craignons tellement, nous sommes interpellés par un "capitaine" de barge.

"Vous ne vous rappelez pas de moi ?, c’est moi qui vous ai fait traverser l’autre jour. Vous avez oublié des cassettes dans la barge !

Nous réalisons que nous avions oublié 3 heures de films ! Tous les films sur la Bolivie !

Pour information, nous avons un partenariat avec la chaine 2M au Maroc qui suit notre périple, et envoyons donc nos films pour l’émission Grand Angle qui programme le carnet de voyage de Planet khmissa trimestriellement.

Rabi K’bir !! Ma Temchi hir fin Machak Allah !

Nous ne nous étions même pas rendu compte, mais le fait de rebrousser chemin nous a permis de récupérer 3 heures de films ! Cela nous réchauffe le cœur après tant d’émotions.

Après tant de désagréments et de surprises, c’est la série des bonnes nouvelles ! L’ambassadeur du Pérou au Maroc Carlos Velasco Mendiola a d’ores et déjà contacté son homologue de la capitale bolivienne et nous informe que nous sommes attendus.

Nous sommes reçus royalement, avec gentillesse et bienveillance au consulat péruvien à La Paz.

Et ce n’est pas fini : nous avons 6 mois de visa pour le Pérou.

Nous sommes à nouveau sereins, nous devons repasser au consulat le vendredi pour récupérer nos passeports.

Nous abordons les 3 jours d’attente à La Paz avec beaucoup de tranquillité et de sérénité.

Nous flânons dans les ruelles de La Paz et rencontrons l’organisation La Chispa qui organise une marche de soutien pour le peuple palestinien.

Nous sommes émus et contents que si loin de là, les gens se mobilisent aussi. Les organisateurs de leur côté sont ravis de rencontrer des Arabes musulmans. Nous échangeons ensemble quelques embrassades, prenons des photos et promettons de publier leur témoignage.

Il ne nous reste plus qu’à refaire pour la 4ème fois le trajet de 5 heures pour rallier la frontière péruvienne, mais cette fois-ci "armés" d’un visa valide de 180 jours.

Nous vous donnons rendez-vous la semaine prochaine, In Cha Allah, pour la traversée vers le Pérou. En espérant que cette fois-ci, ce sera sans souci !


 

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Le franchissement de la frontière entre la Bolivie et le Pérou tourne au casse-tête pour cette famille marocaine qui fait le tour du monde en camping-car. Après de multiples péripéties, la famille poursuit finalement son périple.


 

J + 345 (20 juillet 2014) Bloqués à la frontière péruvienne : que faire ?

Nous sommes encore sous le charme de cette belle pampa bolivienne que nous avons quitté. Nous repassons par la capitale La Paz pour nous diriger vers la frontière péruvienne. 150 kilomètres nous en séparent, soit 5 heures de route dans le fameux Altiplano! Avec en prime, encore la traversée du lac Titicaca sur une barge de fortune !

Nous décidons de ne pas prendre de risque et de nous diriger vers la frontière même si nos visas boliviens ont encore une bonne semaine de validité.

Une fois à Copacabana à 8 kilomètres de la frontière, nous proposons aux enfants de rester quelques jours au bord du lac, ils y ont maintenant des amis avec lesquels ils ont fait de la peinture et à qui ils ont fait découvrir le Maroc.

Il est vrai que l’endroit est magique aussi, un air d'Essaouira…

Les enfants, unanimes, semblent partisans de franchir la frontière sans attendre, car on ne sait jamais… Il est vrai que nous leur avons toujours inculqué que les passages de frontière, surtout avec un véhicule venu de si loin, reste un moment sensible où tout peut arriver.

Le lendemain dimanche, après les vérifications d’usage sur le véhicule (huile moteur, pression des pneumatiques, nettoyage du filtre à air…), nous prenons la route pour la frontière péruvienne qui n’est qu’à quelques kilomètres de Copacabana.

Nous prenons la route en milieu de matinée pour éviter les longues files d’attente générées par les bus. Surtout, il y a une heure de plus au Pérou et nous avons presque 3 heures pour rallier Puno, la ville la plus proche de la frontière où nous voulons passer la nuit.

Le Pérou est réputé être dangereux avec beaucoup de délinquance, donc nous devons être vigilants. Nous avons prévu de passer notre première nuit dans le parking d’un hôtel sur Puno…

Arrivés à la douane bolivienne, nous y passons presque une heure. Nous avons l’impression que le douanier cherche à tout prix l’erreur ! Il n’arrête pas de regarder toutes les pages de nos passeports, les tampons, les dates d’entrée et de sortie, la validité de nos passeports, les photos des enfants pour s’assurer que c’est bien eux… Comme il ne trouve rien au bout d’une heure, il tamponne enfin notre sortie du territoire bolivien. Précieux sésame pour pouvoir sortir Mesk Ellil, le camion du territoire bolivien car il est en admission temporaire. A nous le Pérou !

Arrivés à la douane péruvienne, une centaine de mètres plus loin, nous faisons la queue, remettons nos passeports à la douanière, qui après 10 longues minutes à scruter nos visas en silence, se tourne vers nous pour nous dire que nos visas sont caduques. Nous ne comprenons pas, nous essayons de lui expliquer que nous avons, comme mentionné dans notre carnet de voyage de juin dernier sur Medias 24, validé nos visas par la frontière de Desaguadero il y a un mois de cela, tampon d’entrée à l’appui…

Intraitable, la douanière maintient son refus : les visas ne sont plus valides !

Nous sommes atterrés,  nous tentons vainement de rassurer les enfants, mais l’inquiétude est visible sur nos visages… Que faire ? La douanière nous dit qu’il faut retourner en Bolivie (à La Paz plus précisément) etn de là, solliciter un nouveau visa.

Nous avons un moment de panique. Et si la Bolivie ne nous laisse pas retourner sachant que nous venions de sortir, nous n’avons pas de représentation diplomatique en Bolivie, à qui s’adresser ? Que faire ? Surtout que Mesk Ellil peut être saisi par les Douanes si nous dépassons la date délivrée par l’admission temporaire !

De toute manière, il est d’usage que le pays de sortie reste le pays d’accueil si la traversée de la frontière n’est pas possible. Devant la détermination de la douanière péruvienne, nous décidons de ne pas perdre de temps et de retourner sur nos pas au plus vite. Surprise ! Les douaniers ont l’habitude de cela, ils annulent sans problème notre tampon de sortie et surtout nous rendent le papier de l’admission temporaire de Mesk Ellil !

Heureusement, nous dit le douanier, qu’il nous restait une semaine de validité du visa.

Al Hamdoullah, nous avions été bien inspirés de quitter la Bolivie une semaine avant la fin du visa et heureusement que les enfants nous ont poussé à sortir du pays par précaution.

Nous apprenons que le mercredi est un jour férié dans la capitale bolivienne, en mémoire de la date anniversaire de la fondation de la ville. Cela nous stresse encore d’avantage, nous avons donc 3 jours ouvrables pour résoudre la situation.

Sans attestation de travail, sans revenus fixes, comment expliquer au consulat et surtout justifier notre demande ? En outre, mon passeport n’a plus qu’une seule page de vierge. Sans attendre, nous envoyons dès ce lundi un courriel à l’ambassade du Pérou à Rabat qui nous a délivré le visa.

Maintenant, il va falloir refaire encore les 5 heures de route pour La Paz et la traversée dangereuse sur la barge sur le lac Titicaca. Nous décidons de partir tout de suite pour ne pas perdre de temps. Nous sommes heureusement lundi, et dès mardi matin nous irons à l’ambassade péruvienne à La Paz. Nous avons exactement jusqu’au lundi d’après pour sortir de la Bolivie et donc avoir un visa pour le Pérou ! Et ne pas courir le risque de se faire saisir le véhicule !

Arrivés à la barge que nous craignons tellement, nous sommes interpellés par un "capitaine" de barge.

"Vous ne vous rappelez pas de moi ?, c’est moi qui vous ai fait traverser l’autre jour. Vous avez oublié des cassettes dans la barge !

Nous réalisons que nous avions oublié 3 heures de films ! Tous les films sur la Bolivie !

Pour information, nous avons un partenariat avec la chaine 2M au Maroc qui suit notre périple, et envoyons donc nos films pour l’émission Grand Angle qui programme le carnet de voyage de Planet khmissa trimestriellement.

Rabi K’bir !! Ma Temchi hir fin Machak Allah !

Nous ne nous étions même pas rendu compte, mais le fait de rebrousser chemin nous a permis de récupérer 3 heures de films ! Cela nous réchauffe le cœur après tant d’émotions.

Après tant de désagréments et de surprises, c’est la série des bonnes nouvelles ! L’ambassadeur du Pérou au Maroc Carlos Velasco Mendiola a d’ores et déjà contacté son homologue de la capitale bolivienne et nous informe que nous sommes attendus.

Nous sommes reçus royalement, avec gentillesse et bienveillance au consulat péruvien à La Paz.

Et ce n’est pas fini : nous avons 6 mois de visa pour le Pérou.

Nous sommes à nouveau sereins, nous devons repasser au consulat le vendredi pour récupérer nos passeports.

Nous abordons les 3 jours d’attente à La Paz avec beaucoup de tranquillité et de sérénité.

Nous flânons dans les ruelles de La Paz et rencontrons l’organisation La Chispa qui organise une marche de soutien pour le peuple palestinien.

Nous sommes émus et contents que si loin de là, les gens se mobilisent aussi. Les organisateurs de leur côté sont ravis de rencontrer des Arabes musulmans. Nous échangeons ensemble quelques embrassades, prenons des photos et promettons de publier leur témoignage.

Il ne nous reste plus qu’à refaire pour la 4ème fois le trajet de 5 heures pour rallier la frontière péruvienne, mais cette fois-ci "armés" d’un visa valide de 180 jours.

Nous vous donnons rendez-vous la semaine prochaine, In Cha Allah, pour la traversée vers le Pérou. En espérant que cette fois-ci, ce sera sans souci !


 

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