Le nouveau traitement de l’hépatite C de Gilead inaccessible pour les Marocains

Le Maroc est exclu de l’accord passé entre Gilead et les fabricants de génériques permettant aux malades de 91 pays pauvres d’accéder à un traitement abordable. Le coût du nouveau traitement atteint 84.000 dollars aux Etats-Unis.

Un accord a été signé lundi 15 septembre entre le laboratoire américain Gilead et 7 fabricants de génériques indiens afin que ces derniers puissent fabriquer et exporter le sofosbuvir à prix accessible vers 91 pays à bas et moyens revenus.

Ce même contrat exclut le Maroc, ainsi que 50 autres pays, de la liste des bénéficiaires. Au total, ce sont 73 millions d’hépatiques dans le monde qui n’auront pas accès à ce médicament.

Le sofosbuvir est une molécule qui, associée à d’autres médicaments déjà en vente, peut guérir le patient en 12 semaines.

Toutefois, le prix du médicament reste cher. Au Etats-Unis, il faut compter 1.000 dollars le comprimé, ce qui représente une facture de 84.000 dollars pour toute la période du traitement. En France, le prix est compris entre 45.000 et 50.000 euros. L’accord dont bénéficieront 91 pays porte le coût du traitement à environ 900 dollars.

Le prix élevé du médicament écarte d’office le Maroc des pays bénéficiaires, car à ces coûts s’ajoutent ceux des autres molécules et les frais des examens médicaux nécessaires.

L’Association de lutte contre le sida, le Collectif pour le droit à la santé et la Coalition internationale de préparation aux traitements dans la région Mena (ITCP-MENA)dénoncent, dans un communiqué conjoint, cette décision qui compromet la vie de 625.000 Marocains atteints par le virus.

En effet, l’exclusion du Maroc de la liste des pays bénéficiaires représente un coût estimé de 790 millions de dollars à l’Etat marocain pour couvrir le traitement des patients atteints d’hépatite C, selon les nouveaux standards internationaux de soins.

Le traitement de l’hépatite C reposait, il y a encore un an, sur l’administration de la bithérapie peg-Interferon et ribavirine, réputés pour le taux d’échec thérapeutique élevé et pour leur toxicité, mais il s’agissait de l’unique traitement efficace contre l’hépatite C. Au Maroc, seuls 2.000 personnes ont été prises en charge, via le Ramed ou l’AMO.

Pourtant, le coût réel de production du sofosbuvir est de 101 dollars, comme le prouve l’étude menée par les pharmacologues de l’université de Liverpool. De plus, plusieurs pays s’opposent à la reconnaissance de la licence de Gilead sur le sofosbuvir, car la molécule ne présente pas de réelle nouveauté ou inventivité. Plusieurs procès ont actuellement lieu, en Thaïlande et en Inde notamment pour l’annulation du brevet.

La volonté du laboratoire américain est de prendre en otage les pays vers lesquels le sofosbuvir n’est pas exporté, comme l’explique Pauline Londeix, spécialiste des questions de propriété intellectuelle pour ITCP-Mena.

Elle dénonce « la volonté du laboratoire de contrôler les producteurs de génériques et de matières premières afin que ceux-ci soient dans l’incapacité de fournir les pays exclus du territoire de la licence, sous peine de poursuite judiciaire. Ainsi, le monopole de Gilead sera renforcé sur les marchés qui intéressent le plus la firme américaine : les pays à hauts revenus, et à revenus intermédiaires comme le Maroc. »

Les trois associations signataires du communiqué exhortent le gouvernement à prendre ses responsabilités, en dénonçant la licence de Gilead, et en lançant la fabrication et la commercialisation du sofosbuvir au Maroc.

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Le Maroc est exclu de l’accord passé entre Gilead et les fabricants de génériques permettant aux malades de 91 pays pauvres d’accéder à un traitement abordable. Le coût du nouveau traitement atteint 84.000 dollars aux Etats-Unis.


 

Un accord a été signé lundi 15 septembre entre le laboratoire américain Gilead et 7 fabricants de génériques indiens afin que ces derniers puissent fabriquer et exporter le sofosbuvir à prix accessible vers 91 pays à bas et moyens revenus.

Ce même contrat exclut le Maroc, ainsi que 50 autres pays, de la liste des bénéficiaires. Au total, ce sont 73 millions d’hépatiques dans le monde qui n’auront pas accès à ce médicament.

Le sofosbuvir est une molécule qui, associée à d’autres médicaments déjà en vente, peut guérir le patient en 12 semaines.

Toutefois, le prix du médicament reste cher. Au Etats-Unis, il faut compter 1.000 dollars le comprimé, ce qui représente une facture de 84.000 dollars pour toute la période du traitement. En France, le prix est compris entre 45.000 et 50.000 euros. L’accord dont bénéficieront 91 pays porte le coût du traitement à environ 900 dollars.

Le prix élevé du médicament écarte d’office le Maroc des pays bénéficiaires, car à ces coûts s’ajoutent ceux des autres molécules et les frais des examens médicaux nécessaires.

L’Association de lutte contre le sida, le Collectif pour le droit à la santé et la Coalition internationale de préparation aux traitements dans la région Mena (ITCP-MENA)dénoncent, dans un communiqué conjoint, cette décision qui compromet la vie de 625.000 Marocains atteints par le virus.

En effet, l’exclusion du Maroc de la liste des pays bénéficiaires représente un coût estimé de 790 millions de dollars à l’Etat marocain pour couvrir le traitement des patients atteints d’hépatite C, selon les nouveaux standards internationaux de soins.

Le traitement de l’hépatite C reposait, il y a encore un an, sur l’administration de la bithérapie peg-Interferon et ribavirine, réputés pour le taux d’échec thérapeutique élevé et pour leur toxicité, mais il s’agissait de l’unique traitement efficace contre l’hépatite C. Au Maroc, seuls 2.000 personnes ont été prises en charge, via le Ramed ou l’AMO.

Pourtant, le coût réel de production du sofosbuvir est de 101 dollars, comme le prouve l’étude menée par les pharmacologues de l’université de Liverpool. De plus, plusieurs pays s’opposent à la reconnaissance de la licence de Gilead sur le sofosbuvir, car la molécule ne présente pas de réelle nouveauté ou inventivité. Plusieurs procès ont actuellement lieu, en Thaïlande et en Inde notamment pour l’annulation du brevet.

La volonté du laboratoire américain est de prendre en otage les pays vers lesquels le sofosbuvir n’est pas exporté, comme l’explique Pauline Londeix, spécialiste des questions de propriété intellectuelle pour ITCP-Mena.

Elle dénonce « la volonté du laboratoire de contrôler les producteurs de génériques et de matières premières afin que ceux-ci soient dans l’incapacité de fournir les pays exclus du territoire de la licence, sous peine de poursuite judiciaire. Ainsi, le monopole de Gilead sera renforcé sur les marchés qui intéressent le plus la firme américaine : les pays à hauts revenus, et à revenus intermédiaires comme le Maroc. »

Les trois associations signataires du communiqué exhortent le gouvernement à prendre ses responsabilités, en dénonçant la licence de Gilead, et en lançant la fabrication et la commercialisation du sofosbuvir au Maroc.

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