Joel Edgerton dans le rôle de Ramsès.

L’exploitant du cinéma Rif à Casablanca : “Nous sommes menacés oralement de fermeture."

Les exploitants des salles de cinéma au Maroc sont ahuris. Depuis la programmation d’Exodus, le film de Ridley Scott retraçant la vie de Moïse, ils se disent harcelés par les appels et les visites d’agents du Centre cinématographique marocain (CCM), les invitant à déprogrammer la projection.

 Celle-ci a effectivement démarré ce mercredi dans plusieurs salles du royaume, après que le distributeur marocain du film a reçu le visa d’exploitation de la part du CCM.

“Le film a été visionné par la commission des visas le mardi 16 et le mercredi 17 décembre. Le vendredi 19, le visa a été donné au distributeur” nous raconte une source proche du dossier. Le CCM a même confié à certains exploitants que ce visa accordé est une victoire de la liberté d’expression et du droit d’accès à la culture.

Seulement, mercredi 24 décembre, le jour du début des projections du film, les exploitants disent avoir reçu des appels téléphoniques à partir de 15h les invitant à arrêter les projections et déprogrammer le film en question. L’ordre de déprogrammation a été oral, et certaines salles de cinéma ont reçu des “délégations” d’agents du CCM qui ont enjoints les employés des salles à arrêter le film, selon les mêmes sources.

Contacté par Médias 24, Hassan Belkady, exploitant du cinéma Rif à Casablanca a affirmé avoir reçu des menaces de personnes agissant au nom du CCM. “On m’a appelé pour me menacer de fermeture si jamais je ne déprogrammais pas le film”.

Un autre exploitant de cinéma a confié à Médias 24 que les appels “paniqués” et très insistants du CCM montraient que mêmes les fonctionnaires du centre étaient dépassés.

“Ils me disaient que le film fera trop de bruit, et que même Aljazeera a déjà commencé à en parler, il faut absolument le déprogrammer”.

Malgré ces interdictions, plusieurs salles, comme le Rif à Casablanca ou le Colisée à Marrakech, ont maintenu la projection du film, en l’absence d’une interdiction écrite.

En revanche, plusieurs salles ont cédé aux injonctions du personnel du CCM, comme le Mégarama, ou la salle Imax du Morocco Mall.

Sarim Fassi Fihri, le directeur général du Centre cinématographique marocain est resté injoignable toute la matinée, nous n’avons donc pas pu obtenir sa version sur ces faits très accusateurs.

Contacté par Médias 24, Jean-Pierre Lemoine, responsable de la chaîne Mégarama, a dit que le film a été projeté en première partie de la journée de mercredi jusqu’à 16h et ce, dans les salles de Fès, Casablanca, et Marrakech. “Nous n’avons enregistré aucun incident” a-t-il affirmé.

L’une des raisons de cette interdiction qui ne dit pas son nom est la représentation du prophète Moïse dans le film. “ Ils veulent le beurre, l’argent du beurre et le sourire de la crémière en bonus. Ils veulent interdire sans que cela ne s’appelle interdiction. Seulement, ils oublient qu’un film comme ça, il y a quarante ans, ne provoquait pas tout ce tollé” affirme un exploitant de cinéma qui a requis l’anonymat.

Mise à jour du 25/12/2014 à 15h40

Plusieurs salles de cinéma parmi celles qui maintenaient la projection d'Exodus malgré l'interdiction orale, ont plié face aux menaces de fermeture des salles et de sanctions à l'encontre de ses exploitants.

Le cinéma Rif de Casablanca, qui résistait face à l'injonction de retirer le film, a fini par céder et l’a déprogrammé.

Seul le cinéma Colisée du Marrakech a décidé de maintenir le film, jusqu'à ce que le CCM produise un acte écrit d'interdiction ou de retrait du visa d'exploitation.

Par ailleurs, le CCM a promis de publier un communiqué de presse cet après-midi. 

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L’exploitant du cinéma Rif à Casablanca : “Nous sommes menacés oralement de fermeture."

Les exploitants des salles de cinéma au Maroc sont ahuris. Depuis la programmation d’Exodus, le film de Ridley Scott retraçant la vie de Moïse, ils se disent harcelés par les appels et les visites d’agents du Centre cinématographique marocain (CCM), les invitant à déprogrammer la projection.

 Celle-ci a effectivement démarré ce mercredi dans plusieurs salles du royaume, après que le distributeur marocain du film a reçu le visa d’exploitation de la part du CCM.

“Le film a été visionné par la commission des visas le mardi 16 et le mercredi 17 décembre. Le vendredi 19, le visa a été donné au distributeur” nous raconte une source proche du dossier. Le CCM a même confié à certains exploitants que ce visa accordé est une victoire de la liberté d’expression et du droit d’accès à la culture.

Seulement, mercredi 24 décembre, le jour du début des projections du film, les exploitants disent avoir reçu des appels téléphoniques à partir de 15h les invitant à arrêter les projections et déprogrammer le film en question. L’ordre de déprogrammation a été oral, et certaines salles de cinéma ont reçu des “délégations” d’agents du CCM qui ont enjoints les employés des salles à arrêter le film, selon les mêmes sources.

Contacté par Médias 24, Hassan Belkady, exploitant du cinéma Rif à Casablanca a affirmé avoir reçu des menaces de personnes agissant au nom du CCM. “On m’a appelé pour me menacer de fermeture si jamais je ne déprogrammais pas le film”.

Un autre exploitant de cinéma a confié à Médias 24 que les appels “paniqués” et très insistants du CCM montraient que mêmes les fonctionnaires du centre étaient dépassés.

“Ils me disaient que le film fera trop de bruit, et que même Aljazeera a déjà commencé à en parler, il faut absolument le déprogrammer”.

Malgré ces interdictions, plusieurs salles, comme le Rif à Casablanca ou le Colisée à Marrakech, ont maintenu la projection du film, en l’absence d’une interdiction écrite.

En revanche, plusieurs salles ont cédé aux injonctions du personnel du CCM, comme le Mégarama, ou la salle Imax du Morocco Mall.

Sarim Fassi Fihri, le directeur général du Centre cinématographique marocain est resté injoignable toute la matinée, nous n’avons donc pas pu obtenir sa version sur ces faits très accusateurs.

Contacté par Médias 24, Jean-Pierre Lemoine, responsable de la chaîne Mégarama, a dit que le film a été projeté en première partie de la journée de mercredi jusqu’à 16h et ce, dans les salles de Fès, Casablanca, et Marrakech. “Nous n’avons enregistré aucun incident” a-t-il affirmé.

L’une des raisons de cette interdiction qui ne dit pas son nom est la représentation du prophète Moïse dans le film. “ Ils veulent le beurre, l’argent du beurre et le sourire de la crémière en bonus. Ils veulent interdire sans que cela ne s’appelle interdiction. Seulement, ils oublient qu’un film comme ça, il y a quarante ans, ne provoquait pas tout ce tollé” affirme un exploitant de cinéma qui a requis l’anonymat.

Mise à jour du 25/12/2014 à 15h40

Plusieurs salles de cinéma parmi celles qui maintenaient la projection d'Exodus malgré l'interdiction orale, ont plié face aux menaces de fermeture des salles et de sanctions à l'encontre de ses exploitants.

Le cinéma Rif de Casablanca, qui résistait face à l'injonction de retirer le film, a fini par céder et l’a déprogrammé.

Seul le cinéma Colisée du Marrakech a décidé de maintenir le film, jusqu'à ce que le CCM produise un acte écrit d'interdiction ou de retrait du visa d'exploitation.

Par ailleurs, le CCM a promis de publier un communiqué de presse cet après-midi. 

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