Le Gadem dévoile la liste des lieux de détention des migrants au Maroc

Le Gadem a remonté les traces des migrants récemment raflés de la forêt de Gourougou à proximité de la ville de Melillia, transférés, puis détenus dans différentes villes et villages du Royaume.

Une enquête inédite qui aura nécessité plusieurs jours d'efforts de la part des membres du Groupe antiraciste de défense et d’accompagnement des étrangers et migrants (Gadem).

Ils ont retracé les chemins empruntés par les différents bus qui ont acheminé les 1.200 personnes arrêtées la nuit du lundi au mardi 11 février à la forêt de Gourougou, et transférés, dans 24 bus, dans un camping à Qirat Arkman, non loin de la ville de Nador.

A partir de cet endroit, les 1.200 personnes ont été, après identification, reconduites vers différentes villes.

Certaines destinations n'étaient pas encore identifiées au moment du transfert des migrants arrêtés. Plusieurs irrégularités ont entaché cette opération, il s'agit, globalement de la "privation de liberté hors de tout cadre juridique, du déplacement forcé dans différentes villes contre la volonté des déplacés, de l'absence d’un examen individuel et de l'arrestation de mineurs" nous avait déclaré, plus tôt, le président du Gadem, Mehdi Alioua, et d'ajouter qu'il n'y a pas eu "de maltraitance pour l'instant, à part la confiscation et la destruction d’effets personnels."

Le travail du Gadem sur le terrain a permis de recenser plusieurs centaines de migrants subsahariens détenus jusqu'à aujourd'hui dans plusieurs centres de détention improvisés, dans différentes villes du Maroc.

"D'après les témoignages récoltés sur place, il semble que les déplaces aient été répartis aléatoirement dans les bus," nous explique M. Alioua.

"A El Jadida, parmi les 32 migrants détenus, se trouvent des personnes de nationalité malienne, sénégalaise, ivoirienne, camerounaise et guinéenne. A Inezgane, quatre nationalités ont été répertoriées (des Camerounais, des Centrafricains, des Guinées et des Gabonais). A Aït Melloul, la personne contactée a parlé de la présence de 3 personnes d’origine malienne, 3 Guinéens, et de Camerounais. A Kelaat Sraghna,  parmi les 58 hommes détenus, il y aurait 17 Camerounais, 11 Maliens, 7 Ivoiriens, 6 Guinéens, 5 Burkinabés, 4 Congolais, 4 Gabonais, 2 Centrafricains, 1 Gambien et 1 Sénégalais," poursuit notre source.

 

 

Voici, dans le détail, la liste des villes répertoriées, le nombre des migrants détenus, et la structure dans laquelle ils sont détenus. Quelques informations manquent pour compléter le tableau:

- Chichaoua : 32 personnes détenues dans le centre de qualification agricole de Chichaoua ;

- El Jadida : 32 personnes détenues dans le centre d’accueil du ministère de la jeunesse et des sports ; 

- Tiznit : environ 150 personnes placées dans une maison d’étudiants ;

- Youssoufia : 67 personnes détenues dans un centre appartenant à l'entraide nationale.

Le Gadem a aussi pu établir le contact avec des migrants détenus et/ou a obtenu des informations auprès de partenaires locaux afin d’identifier ces autres lieux :

- Aït Melloul : 65 personnes dans un centre dépendant de l’INDH ;

- Beni Mellal : 33 personnes détenues dans un centre dépendant de l'INDH ;

- Errachidia : 30 personnes détenues dans un centre d’accueil dépendant du ministère de la jeunesse et des sports ;

- Essaouira : environ 65 personnes détenues l'école Hassania Atania ;

- Fquih Ben Salah : 30 personnes détenues dans une maison d’étudiants ;

- Kelaat Sraghna : 58 personnes détenues dans deux maisons gérées par les autorités locales l’une avec 18 personnes et la deuxième avec 40 personnes ; 

- Ouarzazate : 63 personnes détenues dans une maison de jeunesse, 

- Safi : entre 30 et 80 personnes détenues dans un complexe sportif ;

Certaines villes ont été identifiées, mais sans plus d’information sur la localité exacte et/ou le nombre de migrants détenus :

- Ben Ahmed : 33 personnes détenues dans un bâtiment non identifié près d’une station service ;

- Inezgane : entre 80 et 90 personnes détenues dans un centre qui n’a pas pu être identifié ;

- Agadir : le nombre de personnes détenues à Agadir n’a pas pu être identifié. Elles seraient détenues dans un centre d’hébergement pour enfants des rues ;

- Erfoud : le nombre de personnes n’a pas pu être identifié. Elles seraient détenues dans une maison de retraite ; 

- Goulmina : pas plus d’information sur le nombre de personnes et la localité exacte ;

- Guelmim : pas plus d’information sur le nombre de personnes et la localité exacte ;

- Taroudant : pas plus d’information sur le nombre de personnes et la localité exacte.

Le Gadem a aussi eu connaissance de bus, transportant des migrants, et dont la destination n’a pas pu être identifiée.

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Une enquête inédite qui aura nécessité plusieurs jours d'efforts de la part des membres du Groupe antiraciste de défense et d’accompagnement des étrangers et migrants (Gadem).

Ils ont retracé les chemins empruntés par les différents bus qui ont acheminé les 1.200 personnes arrêtées la nuit du lundi au mardi 11 février à la forêt de Gourougou, et transférés, dans 24 bus, dans un camping à Qirat Arkman, non loin de la ville de Nador.

A partir de cet endroit, les 1.200 personnes ont été, après identification, reconduites vers différentes villes.

Certaines destinations n'étaient pas encore identifiées au moment du transfert des migrants arrêtés. Plusieurs irrégularités ont entaché cette opération, il s'agit, globalement de la "privation de liberté hors de tout cadre juridique, du déplacement forcé dans différentes villes contre la volonté des déplacés, de l'absence d’un examen individuel et de l'arrestation de mineurs" nous avait déclaré, plus tôt, le président du Gadem, Mehdi Alioua, et d'ajouter qu'il n'y a pas eu "de maltraitance pour l'instant, à part la confiscation et la destruction d’effets personnels."

Le travail du Gadem sur le terrain a permis de recenser plusieurs centaines de migrants subsahariens détenus jusqu'à aujourd'hui dans plusieurs centres de détention improvisés, dans différentes villes du Maroc.

"D'après les témoignages récoltés sur place, il semble que les déplaces aient été répartis aléatoirement dans les bus," nous explique M. Alioua.

"A El Jadida, parmi les 32 migrants détenus, se trouvent des personnes de nationalité malienne, sénégalaise, ivoirienne, camerounaise et guinéenne. A Inezgane, quatre nationalités ont été répertoriées (des Camerounais, des Centrafricains, des Guinées et des Gabonais). A Aït Melloul, la personne contactée a parlé de la présence de 3 personnes d’origine malienne, 3 Guinéens, et de Camerounais. A Kelaat Sraghna,  parmi les 58 hommes détenus, il y aurait 17 Camerounais, 11 Maliens, 7 Ivoiriens, 6 Guinéens, 5 Burkinabés, 4 Congolais, 4 Gabonais, 2 Centrafricains, 1 Gambien et 1 Sénégalais," poursuit notre source.

 

 

Voici, dans le détail, la liste des villes répertoriées, le nombre des migrants détenus, et la structure dans laquelle ils sont détenus. Quelques informations manquent pour compléter le tableau:

- Chichaoua : 32 personnes détenues dans le centre de qualification agricole de Chichaoua ;

- El Jadida : 32 personnes détenues dans le centre d’accueil du ministère de la jeunesse et des sports ; 

- Tiznit : environ 150 personnes placées dans une maison d’étudiants ;

- Youssoufia : 67 personnes détenues dans un centre appartenant à l'entraide nationale.

Le Gadem a aussi pu établir le contact avec des migrants détenus et/ou a obtenu des informations auprès de partenaires locaux afin d’identifier ces autres lieux :

- Aït Melloul : 65 personnes dans un centre dépendant de l’INDH ;

- Beni Mellal : 33 personnes détenues dans un centre dépendant de l'INDH ;

- Errachidia : 30 personnes détenues dans un centre d’accueil dépendant du ministère de la jeunesse et des sports ;

- Essaouira : environ 65 personnes détenues l'école Hassania Atania ;

- Fquih Ben Salah : 30 personnes détenues dans une maison d’étudiants ;

- Kelaat Sraghna : 58 personnes détenues dans deux maisons gérées par les autorités locales l’une avec 18 personnes et la deuxième avec 40 personnes ; 

- Ouarzazate : 63 personnes détenues dans une maison de jeunesse, 

- Safi : entre 30 et 80 personnes détenues dans un complexe sportif ;

Certaines villes ont été identifiées, mais sans plus d’information sur la localité exacte et/ou le nombre de migrants détenus :

- Ben Ahmed : 33 personnes détenues dans un bâtiment non identifié près d’une station service ;

- Inezgane : entre 80 et 90 personnes détenues dans un centre qui n’a pas pu être identifié ;

- Agadir : le nombre de personnes détenues à Agadir n’a pas pu être identifié. Elles seraient détenues dans un centre d’hébergement pour enfants des rues ;

- Erfoud : le nombre de personnes n’a pas pu être identifié. Elles seraient détenues dans une maison de retraite ; 

- Goulmina : pas plus d’information sur le nombre de personnes et la localité exacte ;

- Guelmim : pas plus d’information sur le nombre de personnes et la localité exacte ;

- Taroudant : pas plus d’information sur le nombre de personnes et la localité exacte.

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