Crédit: CSIC.- Kanijoman. Flickr

Une enquête menée auprès d’un échantillon d’hommes homosexuels à Agadir et Marrakech par le Ministère de la Santé, l’ALCS et UNAIDS révèle une prévalence importante du VIH et de la Syphillis et des comportements sexuels à risque auprès de cette population.

Les conclusions de l’enquête sont telles qu'elles imposent un sentiment d’urgence quant à la nécessité de décriminaliser et dé-stigmatiser l’homosexualité pour que cette population accède aux mesures de prévention et de soins.     

Le ministère de la santé mène régulièrement ou participe à des enquêtes à but scientifique, dont l’objectif est de connaître la prévalence de certaines maladies ou encore les conduites à risque.

Comment en effet prévenir le Sida ou les maladies sexuellement transmissibles sans connaître les populations à risque? C’est le cas avec cette enquête dont les conclusions ne sont ni politiques ni idéologiques, et elles n’engagent pas obligatoirement le ministère.

L’enquête a été menée en 2013 auprès d’un échantillon représentatif d’hommes ayant eu des relations sexuelles avec des hommes dans les 6 mois précédents à Agadir (323 personnes)  et Marrakech (346). Elle n’avait jamais été rendue publique.

La plupart des personnes enquêtées ont déclaré avoir moins de 25 ans, être sans emploi, bisexuel et être en couple avec un homme et une femme. La plupart révèle se prostituer.

La prévalence du VIH auprès de cette population est de 5,6% à Agadir et 2,8% à Marrakech; celle de la syphilis est de 7% à Agadir et 10,8% à Marrakech. Parmi les personnes  testées séropositives, 31,6% à Agadir et 56,4% à Marrakech sont co-infectées par la syphilis.

Ces taux d’infection sont effarants, lorsqu’on compare avec le taux d’infection de la population marocaine qui est de l’ordre de 0,1%.

Des pratiques sexuelles à risque

Les personnes sondées ont révélé ne pas utiliser régulièrement de préservatifs (pour 56% d’entre elles), avoir plusieurs partenaires sexuels masculins et féminins et engager des relations sexuelles contre rémunération.

Au regard du taux d’incidence du VIH et de la syphilis auprès de ces populations et des comportements décrits comme à risque, le rapport souligne la nécessité urgente de multiplier les services prophylactiques visant la population homosexuelle et bisexuelle.

Ces mesures doivent prendre la forme de programmes de prévention, de soin et de traitement des infections, lesquels doivent être  aisément accessibles et confortables pour les hommes ayant des relations homosexuelles.

Les résultats de l’enquête soulignent la difficulté d’engager une lutte contre les MST auprès de la population homosexuelle en raison de la stigmatisation sociale et de la criminalisation auxquelles elle fait face.

Pour les enquêteurs, la stigmatisation de l’homosexualité pousse de nombreuses personnes interrogées à se déclarer bisexuelles et être en couple avec une femme. De même, la prostitution est un moyen de justifier l’engagement dans des relations sexuelles. Enfin, la stigmatisation entraîne certaines populations à ne pas se faire dépister ni s’adresser aux associations de lutte contre le sida.

Les auteurs de l’enquête appellent aux réformes légales et à la promotion et protection des droits de l’homme.

Les changements politiques doivent inclure la décriminalisation de l’homosexualité et la lutte contre la stigmatisation associée aux relations homosexuelles. Ces réformes sont prioritaires pour mener une politique de santé sexuelle auprès de ces hommes et de leurs partenaires hommes et femmes.

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Les conclusions de l’enquête sont telles qu'elles imposent un sentiment d’urgence quant à la nécessité de décriminaliser et dé-stigmatiser l’homosexualité pour que cette population accède aux mesures de prévention et de soins.     

Le ministère de la santé mène régulièrement ou participe à des enquêtes à but scientifique, dont l’objectif est de connaître la prévalence de certaines maladies ou encore les conduites à risque.

Comment en effet prévenir le Sida ou les maladies sexuellement transmissibles sans connaître les populations à risque? C’est le cas avec cette enquête dont les conclusions ne sont ni politiques ni idéologiques, et elles n’engagent pas obligatoirement le ministère.

L’enquête a été menée en 2013 auprès d’un échantillon représentatif d’hommes ayant eu des relations sexuelles avec des hommes dans les 6 mois précédents à Agadir (323 personnes)  et Marrakech (346). Elle n’avait jamais été rendue publique.

La plupart des personnes enquêtées ont déclaré avoir moins de 25 ans, être sans emploi, bisexuel et être en couple avec un homme et une femme. La plupart révèle se prostituer.

La prévalence du VIH auprès de cette population est de 5,6% à Agadir et 2,8% à Marrakech; celle de la syphilis est de 7% à Agadir et 10,8% à Marrakech. Parmi les personnes  testées séropositives, 31,6% à Agadir et 56,4% à Marrakech sont co-infectées par la syphilis.

Ces taux d’infection sont effarants, lorsqu’on compare avec le taux d’infection de la population marocaine qui est de l’ordre de 0,1%.

Des pratiques sexuelles à risque

Les personnes sondées ont révélé ne pas utiliser régulièrement de préservatifs (pour 56% d’entre elles), avoir plusieurs partenaires sexuels masculins et féminins et engager des relations sexuelles contre rémunération.

Au regard du taux d’incidence du VIH et de la syphilis auprès de ces populations et des comportements décrits comme à risque, le rapport souligne la nécessité urgente de multiplier les services prophylactiques visant la population homosexuelle et bisexuelle.

Ces mesures doivent prendre la forme de programmes de prévention, de soin et de traitement des infections, lesquels doivent être  aisément accessibles et confortables pour les hommes ayant des relations homosexuelles.

Les résultats de l’enquête soulignent la difficulté d’engager une lutte contre les MST auprès de la population homosexuelle en raison de la stigmatisation sociale et de la criminalisation auxquelles elle fait face.

Pour les enquêteurs, la stigmatisation de l’homosexualité pousse de nombreuses personnes interrogées à se déclarer bisexuelles et être en couple avec une femme. De même, la prostitution est un moyen de justifier l’engagement dans des relations sexuelles. Enfin, la stigmatisation entraîne certaines populations à ne pas se faire dépister ni s’adresser aux associations de lutte contre le sida.

Les auteurs de l’enquête appellent aux réformes légales et à la promotion et protection des droits de l’homme.

Les changements politiques doivent inclure la décriminalisation de l’homosexualité et la lutte contre la stigmatisation associée aux relations homosexuelles. Ces réformes sont prioritaires pour mener une politique de santé sexuelle auprès de ces hommes et de leurs partenaires hommes et femmes.

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