(Ph. Amine Belghazi)

Ils étaient plusieurs centaines à manifester à Casablanca et à Rabat, ce dimanche 28 juin, pour se solidariser avec les deux jeunes filles arrêtées à Inezgane et poursuivies pour atteinte à la pudeur.

La place des Nations Unies à Casa, était noire de monde ce dimanche soir. Et pour cause, plusieurs centaines de manifestants se sont donné rendez-vous à 22 heures, pour apporter leur soutien aux deux jeunes filles accusées d'avoir troublé l'ordre public par le simple fait d'avoir porté une robe.

"Il ne s'agit là que d'une infime partie du machisme ambiant auquel nous sommes constamment confrontées (...) Mais lorsque l'inégalité et l'injustice émanent d'une institution étatique, la gravité prend une dimension plus importante" nous a confié une militante, présente lors de la manifestation casablancaise.

Ce sit-in a également été l'occasion pour certains partis du gouvernement et de l'opposition, se revendiquant modernistes, de se refaire une virginité.

Ainsi, nous avons vu défiler parmi le cortège de manifestants des membres du PAM et du RNI.

"Il ne faudrait pas que le sort des deux jeunes victimes d'Inezgane fasse l'objet de calculs étroits ou de récupérations politiques, surtout à l'approche des échéances électorales" estiment de nombreux manifestants rencontrés sur place. D'autres partis de gauche, non représentés au parlement ont pris participé au sit-in. 

Médias 24 a par ailleurs constaté la présence importante d'organisations de la société civile. Ainsi, nous avons pu rencontrer Salah El Ouadie, co-fondateur du mouvement Damir pour la liberté de conscience, et constater la présence d'une délégation importante du mouvement Anfass. Les irréductibles membres du mouvement du 20 février ont également pris part au sit-in.

Les collectifs et associations n'étaient pas non plus en reste; l'association Racines pour la promotion de la culture, l'association marocaine des droits de l'Homme, la coalition civile pour l'application de l'article 19, l'association Marocains pluriels, la fédération de la ligue de défense des droits des femmes et d'autres ont eux aussi répondu présents à ce rendez-vous.

Habillées en robe d'été ou en robe de soirées, les manifestantes venues en masse ont réclamé le droit de disposer de leur corps. "Que la police nous arrête toutes s'il est interdit de porter une robe au Maroc!", nous a déclaré l'une d'entre elles, et de poursuivre: "si nous avons le droit de nous habiller ainsi dans les grandes villes, il faudrait qu'il en soit de même dans toutes les villes et villages du Maroc. Après tout, c'est la même loi qui s'applique partout."

Par ailleurs, plusieurs artistes ont pris part à ce sit-in. Barry, Oum ou encore Jauk Elmaleh faisaient partie des manifestants.

Au même moment à Rabat, se tenait une manifestation qui a réunit une centaine de personnes venues revendiquer leur soutien aux filles d'Inezgane devant le siège du parlement. Une partie de la foule a réclamé "une loi qui protège les femmes des dangers de la société", un message fort adressé au législateur.

Au final, nous avons remarqué, non sans plaisir, une présence mixte et paritaire au sit-in casablancais. Preuve qu'abstraction faite du genre, une grande partie des Marocains a atteint la maturité nécessaire pour comprendre qu'une société ne peut progresser que si les individus qui la composent avancent ensemble.

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Ils étaient plusieurs centaines à manifester à Casablanca et à Rabat, ce dimanche 28 juin, pour se solidariser avec les deux jeunes filles arrêtées à Inezgane et poursuivies pour atteinte à la pudeur.

La place des Nations Unies à Casa, était noire de monde ce dimanche soir. Et pour cause, plusieurs centaines de manifestants se sont donné rendez-vous à 22 heures, pour apporter leur soutien aux deux jeunes filles accusées d'avoir troublé l'ordre public par le simple fait d'avoir porté une robe.

"Il ne s'agit là que d'une infime partie du machisme ambiant auquel nous sommes constamment confrontées (...) Mais lorsque l'inégalité et l'injustice émanent d'une institution étatique, la gravité prend une dimension plus importante" nous a confié une militante, présente lors de la manifestation casablancaise.

Ce sit-in a également été l'occasion pour certains partis du gouvernement et de l'opposition, se revendiquant modernistes, de se refaire une virginité.

Ainsi, nous avons vu défiler parmi le cortège de manifestants des membres du PAM et du RNI.

"Il ne faudrait pas que le sort des deux jeunes victimes d'Inezgane fasse l'objet de calculs étroits ou de récupérations politiques, surtout à l'approche des échéances électorales" estiment de nombreux manifestants rencontrés sur place. D'autres partis de gauche, non représentés au parlement ont pris participé au sit-in. 

Médias 24 a par ailleurs constaté la présence importante d'organisations de la société civile. Ainsi, nous avons pu rencontrer Salah El Ouadie, co-fondateur du mouvement Damir pour la liberté de conscience, et constater la présence d'une délégation importante du mouvement Anfass. Les irréductibles membres du mouvement du 20 février ont également pris part au sit-in.

Les collectifs et associations n'étaient pas non plus en reste; l'association Racines pour la promotion de la culture, l'association marocaine des droits de l'Homme, la coalition civile pour l'application de l'article 19, l'association Marocains pluriels, la fédération de la ligue de défense des droits des femmes et d'autres ont eux aussi répondu présents à ce rendez-vous.

Habillées en robe d'été ou en robe de soirées, les manifestantes venues en masse ont réclamé le droit de disposer de leur corps. "Que la police nous arrête toutes s'il est interdit de porter une robe au Maroc!", nous a déclaré l'une d'entre elles, et de poursuivre: "si nous avons le droit de nous habiller ainsi dans les grandes villes, il faudrait qu'il en soit de même dans toutes les villes et villages du Maroc. Après tout, c'est la même loi qui s'applique partout."

Par ailleurs, plusieurs artistes ont pris part à ce sit-in. Barry, Oum ou encore Jauk Elmaleh faisaient partie des manifestants.

Au même moment à Rabat, se tenait une manifestation qui a réunit une centaine de personnes venues revendiquer leur soutien aux filles d'Inezgane devant le siège du parlement. Une partie de la foule a réclamé "une loi qui protège les femmes des dangers de la société", un message fort adressé au législateur.

Au final, nous avons remarqué, non sans plaisir, une présence mixte et paritaire au sit-in casablancais. Preuve qu'abstraction faite du genre, une grande partie des Marocains a atteint la maturité nécessaire pour comprendre qu'une société ne peut progresser que si les individus qui la composent avancent ensemble.

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