Mouloud Oukhouya, préfet de police de Tanger.

Au moins cinq autres personnes ont été arrêtées au cours des dernières 48 heures par la police de Tanger dans le cadre de l’affaire de la tentative de braquage du 13 août dernier.

Dans ce que l’on nomme désormais "les affaires de Tanger", des progrès sont réalisés sur au moins quatre autres dossiers sensibles.

Les progrès de l’enquête,dans l’affaire de la tentative de braquage du 13 août dernier, ont permis de faire progresser au moins quatre autres dossiers: celui du meurtre en mai 2013 d’un conducteur suivi du vol de sa berline; des tirs devant le cinéma Roxy en novembre 2013; le braquage du fourgon de G4S devant l’agence Attijariwafa Bank sur le boulevard Moulay Abdelaziz en février 2014 et un trafic d’armes entre la Belgique, l’Espagne et le Maroc avec l’implication possible de milieux islamistes radicaux.

Ce vendredi matin, Médias 24 peut confirmer le transfert vers les bureaux centraux du BCIJ du principal impliqué dans la tentative de braquage du 13 août en compagnie d’au moins quatre autres personnes.

Boîte de Pandore

Certaines sources parlent de 11 arrestations au total opérées mercredi et jeudi, mais il était difficile de confirmer  ce vendredi que plus de cinq personnes avaient été arrêtées, interrogées et mises en garde à vue. Les six autres personnes peuvent avoir été convoquées et interrogées sans qu’aucune charge n’ait été retenue contre elles.

En revanche, le chef du gang a été présenté au parquet dès jeudi et a été le premier transféré vers Salé. Son arrestation par les hommes du commissaire Oukhouya ouvre une boîte de Pandore dont Médias 24 peut révéler une partie du contenu ce vendredi. Une autre partie de ce contenu sera probablement révélée samedi 22 août à 11H lors d’une conférence de presse au siège de la BCIJ à Salé.

Une chose est désormais sûre: l’arrestation du chef de bande non seulement signifie le démantèlement d’un gang international maroco-belge, mais également le démantèlement d’une filière d’approvisionnement en armes vers le Maroc par les postes-frontières marocains. La question de la fiabilité aux frontières est posée.

Les progrès sur l’affaire de la Société Générale auront  permis de constater que le chef du gang, recherché depuis 2013 en Belgique et en Espagne, s’était réfugié au Maroc où il a pu organiser au moins trois attaques armées dont celles de mai 2013, de novembre 2013, de février 2014 et celle du 13 août dernier. Durant plus de deux ans, avec ses complices, il se comportait comme des poissons dans l’eau à Tanger. Par deux fois en mai et en novembre 2013, ils ont tiré, tué et volé des voitures sans qu’aucun progrès ne soit enregistré dans les enquêtes.

Le quatrième dossier et pas des moindres sur lequel des progrès ont été réalisés grâce au travail de la préfecture de police de  Tanger, des services de la BCIJ et de la DST est celui de la filière d’approvisionnement en armes et de sa possible connexion islamiste, notamment pour des motifs de financement des activités politiques.

Les progrès de l’enquête diront si cette filière belgo-tangéroise a fourni en armes les auteurs de braquages de Casablanca, Sidi Slimane et Meknès de ces dernières semaines. Mokhliss est un ancien agent de sécurité qui a travaillé à Meknès.

L’efficacité avec laquelle a été menée l’enquête sur la tentative de braquage du 13 août tient en partie à deux facteurs. Le travail de pénétration effectuée par la police de Tanger dans les milieux agissant en marge de la loi et la personnalité et les méthodes du préfet de police. Selon un interlocuteur de Médias 24, «l’erreur de la bande a été d’agir à Tanger alors qu’Oukhouya y est en poste».

Avant l’arrivée d’Oukhouya, le chef de la bande était connu à Tanger pour sa consommation de drogue et ses balades en Honda Goldwing.

Renseignement humain

Depuis l’arrivée fin juin 2014 du préfet Mouloud Oukhouya à Tanger, la considération portée aux agents sur le terrain et dans les quartiers et le renseignement humain ont été remis au centre du travail policier. Durant les mois précédant son arrivée, les incidents sécuritaires, braquages et usage d’armes à feu sur la voie publique s’étaient multipliés, mais la police semblait impuissante.

Outre le fait que les services de la police sont extrêmement sollicitées depuis les attentats de Casablanca de 2003 tout d’abord, les manifestations du printemps 2011 ensuite, puis l’émergence des menaces de Daech depuis 2014 enfin, ceux-ci traînent aussi une réputation de corruption et donc d’inefficacité. C’est à ce double challenge que semble notamment répondre l’arrivée à la tête de la DGSN d’Abdellatif Hammouchi à Rabat.

Accélérer la professionnalisation des forces de sécurité et sévir contre les dérives dangereuses de certains agents, petite corruption et passe-droits en matière de recrutement notamment, devenait impératif.

Ancien numéro 2 de la police de Rabat, Mouloud Oukhouya a été désigné en juin 2014 pour remettre de l’ordre dans la police de Tanger et en matière de sécurité. L’homme a fait sa carrière dans la maison à Salé, Rabat et Tanger, il y a un peu plus de 10 ans.

Atout non négligeable avant son arrivée à la préfecture de police de Tanger, M. Oukhouya a servi à Aouama-Béni Makada à la tête de la PJ en 2001,2002 et 2003.

Comme au cours de ces dernières 24 heures, et encore dans les heures qui suivront les festivités de la Fête de la Jeunesse ce vendredi 21 août à Tanger, les réunions sécuritaires au sommet  se succèdent. «Il s’en tient tous les jours,»indique-t-on à Médias 24. Dès le 14 août, dans les heures qui ont suivi l’arrestation des premiers suspects, Abdellatif Hammouchi  s’était rendu à Tanger. Depuis, le préfet de police de Tanger et ses collègues de la BCIJ et de la DST coordonnent et poursuivent le travail.

Politiquement enfin à ce jour, deux faits se dégagent: d’un côté, la mise à niveau sérieuse et méthodique des services de sécurité et de renseignement entamée en 2003 puis poursuivie 2011 et en 2014 entre dans une nouvelle étape; de l’autre, contrairement à ce que les déclarations politiques ou les informations en continu peuvent parfois laisser croire, «la plus importante menace pour la sécurité des Marocains aujourd’hui vient de gangs marocains et maroco-européens qui disposent de complicités locales et notamment dans des services publics».

Cela, les services marocains de sécurité et de renseignements en sont désormais persuadés.

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Mouloud Oukhouya, préfet de police de Tanger.

Au moins cinq autres personnes ont été arrêtées au cours des dernières 48 heures par la police de Tanger dans le cadre de l’affaire de la tentative de braquage du 13 août dernier.

Dans ce que l’on nomme désormais "les affaires de Tanger", des progrès sont réalisés sur au moins quatre autres dossiers sensibles.

Les progrès de l’enquête,dans l’affaire de la tentative de braquage du 13 août dernier, ont permis de faire progresser au moins quatre autres dossiers: celui du meurtre en mai 2013 d’un conducteur suivi du vol de sa berline; des tirs devant le cinéma Roxy en novembre 2013; le braquage du fourgon de G4S devant l’agence Attijariwafa Bank sur le boulevard Moulay Abdelaziz en février 2014 et un trafic d’armes entre la Belgique, l’Espagne et le Maroc avec l’implication possible de milieux islamistes radicaux.

Ce vendredi matin, Médias 24 peut confirmer le transfert vers les bureaux centraux du BCIJ du principal impliqué dans la tentative de braquage du 13 août en compagnie d’au moins quatre autres personnes.

Boîte de Pandore

Certaines sources parlent de 11 arrestations au total opérées mercredi et jeudi, mais il était difficile de confirmer  ce vendredi que plus de cinq personnes avaient été arrêtées, interrogées et mises en garde à vue. Les six autres personnes peuvent avoir été convoquées et interrogées sans qu’aucune charge n’ait été retenue contre elles.

En revanche, le chef du gang a été présenté au parquet dès jeudi et a été le premier transféré vers Salé. Son arrestation par les hommes du commissaire Oukhouya ouvre une boîte de Pandore dont Médias 24 peut révéler une partie du contenu ce vendredi. Une autre partie de ce contenu sera probablement révélée samedi 22 août à 11H lors d’une conférence de presse au siège de la BCIJ à Salé.

Une chose est désormais sûre: l’arrestation du chef de bande non seulement signifie le démantèlement d’un gang international maroco-belge, mais également le démantèlement d’une filière d’approvisionnement en armes vers le Maroc par les postes-frontières marocains. La question de la fiabilité aux frontières est posée.

Les progrès sur l’affaire de la Société Générale auront  permis de constater que le chef du gang, recherché depuis 2013 en Belgique et en Espagne, s’était réfugié au Maroc où il a pu organiser au moins trois attaques armées dont celles de mai 2013, de novembre 2013, de février 2014 et celle du 13 août dernier. Durant plus de deux ans, avec ses complices, il se comportait comme des poissons dans l’eau à Tanger. Par deux fois en mai et en novembre 2013, ils ont tiré, tué et volé des voitures sans qu’aucun progrès ne soit enregistré dans les enquêtes.

Le quatrième dossier et pas des moindres sur lequel des progrès ont été réalisés grâce au travail de la préfecture de police de  Tanger, des services de la BCIJ et de la DST est celui de la filière d’approvisionnement en armes et de sa possible connexion islamiste, notamment pour des motifs de financement des activités politiques.

Les progrès de l’enquête diront si cette filière belgo-tangéroise a fourni en armes les auteurs de braquages de Casablanca, Sidi Slimane et Meknès de ces dernières semaines. Mokhliss est un ancien agent de sécurité qui a travaillé à Meknès.

L’efficacité avec laquelle a été menée l’enquête sur la tentative de braquage du 13 août tient en partie à deux facteurs. Le travail de pénétration effectuée par la police de Tanger dans les milieux agissant en marge de la loi et la personnalité et les méthodes du préfet de police. Selon un interlocuteur de Médias 24, «l’erreur de la bande a été d’agir à Tanger alors qu’Oukhouya y est en poste».

Avant l’arrivée d’Oukhouya, le chef de la bande était connu à Tanger pour sa consommation de drogue et ses balades en Honda Goldwing.

Renseignement humain

Depuis l’arrivée fin juin 2014 du préfet Mouloud Oukhouya à Tanger, la considération portée aux agents sur le terrain et dans les quartiers et le renseignement humain ont été remis au centre du travail policier. Durant les mois précédant son arrivée, les incidents sécuritaires, braquages et usage d’armes à feu sur la voie publique s’étaient multipliés, mais la police semblait impuissante.

Outre le fait que les services de la police sont extrêmement sollicitées depuis les attentats de Casablanca de 2003 tout d’abord, les manifestations du printemps 2011 ensuite, puis l’émergence des menaces de Daech depuis 2014 enfin, ceux-ci traînent aussi une réputation de corruption et donc d’inefficacité. C’est à ce double challenge que semble notamment répondre l’arrivée à la tête de la DGSN d’Abdellatif Hammouchi à Rabat.

Accélérer la professionnalisation des forces de sécurité et sévir contre les dérives dangereuses de certains agents, petite corruption et passe-droits en matière de recrutement notamment, devenait impératif.

Ancien numéro 2 de la police de Rabat, Mouloud Oukhouya a été désigné en juin 2014 pour remettre de l’ordre dans la police de Tanger et en matière de sécurité. L’homme a fait sa carrière dans la maison à Salé, Rabat et Tanger, il y a un peu plus de 10 ans.

Atout non négligeable avant son arrivée à la préfecture de police de Tanger, M. Oukhouya a servi à Aouama-Béni Makada à la tête de la PJ en 2001,2002 et 2003.

Comme au cours de ces dernières 24 heures, et encore dans les heures qui suivront les festivités de la Fête de la Jeunesse ce vendredi 21 août à Tanger, les réunions sécuritaires au sommet  se succèdent. «Il s’en tient tous les jours,»indique-t-on à Médias 24. Dès le 14 août, dans les heures qui ont suivi l’arrestation des premiers suspects, Abdellatif Hammouchi  s’était rendu à Tanger. Depuis, le préfet de police de Tanger et ses collègues de la BCIJ et de la DST coordonnent et poursuivent le travail.

Politiquement enfin à ce jour, deux faits se dégagent: d’un côté, la mise à niveau sérieuse et méthodique des services de sécurité et de renseignement entamée en 2003 puis poursuivie 2011 et en 2014 entre dans une nouvelle étape; de l’autre, contrairement à ce que les déclarations politiques ou les informations en continu peuvent parfois laisser croire, «la plus importante menace pour la sécurité des Marocains aujourd’hui vient de gangs marocains et maroco-européens qui disposent de complicités locales et notamment dans des services publics».

Cela, les services marocains de sécurité et de renseignements en sont désormais persuadés.

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