Créées il y a seulement 5 ans, les Archives du Maroc ont pour vocation de valoriser le patrimoine archivistique du Maroc. Interview du directeur général.

Sans trace écrite soigneusement conservée, il n’y a pas de mémoire et sans mémoire, il ne saurait y avoir d’histoire.

Depuis son indépendance, le Maroc n’a jamais disposé d’un établissement spécialement dévolu à cette tâche et il a fallu attendre 2011 pour que les archives administratives ne soient plus entassées dans des caves humides des ministères ou, pire, détruites.

Depuis sa nomination à la tête des Archives du Maroc, Jamal Baida essaie de faire de son établissement un outil central pour protéger et promouvoir les archives du Maroc.

Médias24: Quelle est l'utilité de l'établissement que vous dirigez?

Jamaâ Baida: Les Archives du Maroc sont situées dans une aile de l’ancienne Bibliothèque Nationale du Royaume du Maroc au quartier de l’Agdal à Rabat. C’est un établissement public stratégique qui a été créé en 2011 en vertu de la loi 69/99 relative aux archives (30/11/2007). 

Sa mission est de sauvegarder le patrimoine archivistique national, d’assurer la constitution, la conservation, l’organisation et la communication des archives publiques à des fins administratives, scientifiques, sociales ou culturelles. Cela se concrétise par:

-La promotion et la coordination de la gestion des archives courantes et intermédiaires.

-La sauvegarde et la mise en valeur du patrimoine archivistique national.

-La normalisation des pratiques de collecte, de tri, d’élimination, de classement, de description, de restauration et de substitution des supports d’archives.

-La promotion des archives par la recherche scientifique, la formation professionnelle et la coopération internationale.

-Que stockez-vous comme type d'ouvrages?

-Notre établissement collecte l’ensemble des documents, quels que soient leur date, leur forme et leur support matériel, produits ou reçus par toute personne physique ou morale et par tout service ou organisme public ou privé, dans l’exercice de leur activité.

Les imprimés comme les ouvrages, les journaux, les brochures… ne sont pas de notre ressort car il existe des bibliothèques spécialement dédiées à cette tâche.

-De quelle manière procédez-vous au stockage?

-Nous conservons généralement les originaux des archives administratives et il appartient aux services producteurs de garder une version numérique avant le versement de leurs  archives définitives aux Archives du Maroc. Les originaux offrent plus de garantie d’authenticité.

Nous numérisons les archives lorsque cela peut leur épargner un maniement fréquent par les utilisateurs (chercheurs ou autres) qui viennent les consulter dans nos locaux.

Nous avons également des archives sous forme numérique qui proviennent soit de fonds privés, soit de fonds étrangers qui conservent les originaux.

-Quelle différence avec les archives royales ou avec la Bibliothèque nationale?

-Les archives royales sont gérées par la direction des Archives royales, tandis que toutes les archives publiques (sauf celles de la Défense nationale) sont gérées par Archives du Maroc.

La Bibliothèque nationale a comme prérogative de s’occuper de l’imprimé, même si elle conserve aussi des manuscrits patrimoniaux (manuscrits thématiques: religion, littérature, astronomie, astrologie…).

-Combien de personnes employez-vous et quel est votre budget de fonctionnement?

-Nous sommes actuellement une quarantaine de personnes. Quant à notre budget annuel de fonctionnement pour 2015, il est d’environ dix millions de dirhams.

-Sous quelle tutelle êtes-vous assignés?

-En vertu d’un décret de 2009, les archives du Maroc sont sous la tutelle du ministère de la culture.

-Quel est l'équivalent de votre organisme ailleurs?

-En France c’est Archives de France, en Tunisie c’est Archives nationales de Tunisie, etc.

-Recevez-vous des financements extérieurs (Union européenne ou autre)?

-Les financements extérieurs sont vraiment exceptionnels; ils peuvent intervenir dans le cadre d’une convention de partenariat pour financer une activité bien précise (exposition…).

Lors de l’organisation d’une grande exposition sur "le Prince de Monaco Albert 1er au Maroc à la fin du XIXe siècle", nous avons été subventionnés par nos partenaires monégasques.

-Est-il vrai que vous êtes amenés à être absorbés par la Bibliothèque nationale?

-Je ne vois pas du tout en quoi. Les archives constituaient un petit département de la Bibliothèque nationale avant la loi du 30 novembre 2007 qui a donné naissance à Archives du Maroc en 2011.

Depuis lors, l’établissement, promu par le label stratégique en 2012, ne cesse de s’imposer sur les scènes nationale et internationale comme seul établissement marocain dédié aux archives. La Bibliothèque nationale a ses propres prérogatives qui sont d’ailleurs complémentaires à celles des Archives du Maroc.

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Créées il y a seulement 5 ans, les Archives du Maroc ont pour vocation de valoriser le patrimoine archivistique du Maroc. Interview du directeur général.

Sans trace écrite soigneusement conservée, il n’y a pas de mémoire et sans mémoire, il ne saurait y avoir d’histoire.

Depuis son indépendance, le Maroc n’a jamais disposé d’un établissement spécialement dévolu à cette tâche et il a fallu attendre 2011 pour que les archives administratives ne soient plus entassées dans des caves humides des ministères ou, pire, détruites.

Depuis sa nomination à la tête des Archives du Maroc, Jamal Baida essaie de faire de son établissement un outil central pour protéger et promouvoir les archives du Maroc.

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Jamaâ Baida: Les Archives du Maroc sont situées dans une aile de l’ancienne Bibliothèque Nationale du Royaume du Maroc au quartier de l’Agdal à Rabat. C’est un établissement public stratégique qui a été créé en 2011 en vertu de la loi 69/99 relative aux archives (30/11/2007). 

Sa mission est de sauvegarder le patrimoine archivistique national, d’assurer la constitution, la conservation, l’organisation et la communication des archives publiques à des fins administratives, scientifiques, sociales ou culturelles. Cela se concrétise par:

-La promotion et la coordination de la gestion des archives courantes et intermédiaires.

-La sauvegarde et la mise en valeur du patrimoine archivistique national.

-La normalisation des pratiques de collecte, de tri, d’élimination, de classement, de description, de restauration et de substitution des supports d’archives.

-La promotion des archives par la recherche scientifique, la formation professionnelle et la coopération internationale.

-Que stockez-vous comme type d'ouvrages?

-Notre établissement collecte l’ensemble des documents, quels que soient leur date, leur forme et leur support matériel, produits ou reçus par toute personne physique ou morale et par tout service ou organisme public ou privé, dans l’exercice de leur activité.

Les imprimés comme les ouvrages, les journaux, les brochures… ne sont pas de notre ressort car il existe des bibliothèques spécialement dédiées à cette tâche.

-De quelle manière procédez-vous au stockage?

-Nous conservons généralement les originaux des archives administratives et il appartient aux services producteurs de garder une version numérique avant le versement de leurs  archives définitives aux Archives du Maroc. Les originaux offrent plus de garantie d’authenticité.

Nous numérisons les archives lorsque cela peut leur épargner un maniement fréquent par les utilisateurs (chercheurs ou autres) qui viennent les consulter dans nos locaux.

Nous avons également des archives sous forme numérique qui proviennent soit de fonds privés, soit de fonds étrangers qui conservent les originaux.

-Quelle différence avec les archives royales ou avec la Bibliothèque nationale?

-Les archives royales sont gérées par la direction des Archives royales, tandis que toutes les archives publiques (sauf celles de la Défense nationale) sont gérées par Archives du Maroc.

La Bibliothèque nationale a comme prérogative de s’occuper de l’imprimé, même si elle conserve aussi des manuscrits patrimoniaux (manuscrits thématiques: religion, littérature, astronomie, astrologie…).

-Combien de personnes employez-vous et quel est votre budget de fonctionnement?

-Nous sommes actuellement une quarantaine de personnes. Quant à notre budget annuel de fonctionnement pour 2015, il est d’environ dix millions de dirhams.

-Sous quelle tutelle êtes-vous assignés?

-En vertu d’un décret de 2009, les archives du Maroc sont sous la tutelle du ministère de la culture.

-Quel est l'équivalent de votre organisme ailleurs?

-En France c’est Archives de France, en Tunisie c’est Archives nationales de Tunisie, etc.

-Recevez-vous des financements extérieurs (Union européenne ou autre)?

-Les financements extérieurs sont vraiment exceptionnels; ils peuvent intervenir dans le cadre d’une convention de partenariat pour financer une activité bien précise (exposition…).

Lors de l’organisation d’une grande exposition sur "le Prince de Monaco Albert 1er au Maroc à la fin du XIXe siècle", nous avons été subventionnés par nos partenaires monégasques.

-Est-il vrai que vous êtes amenés à être absorbés par la Bibliothèque nationale?

-Je ne vois pas du tout en quoi. Les archives constituaient un petit département de la Bibliothèque nationale avant la loi du 30 novembre 2007 qui a donné naissance à Archives du Maroc en 2011.

Depuis lors, l’établissement, promu par le label stratégique en 2012, ne cesse de s’imposer sur les scènes nationale et internationale comme seul établissement marocain dédié aux archives. La Bibliothèque nationale a ses propres prérogatives qui sont d’ailleurs complémentaires à celles des Archives du Maroc.

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