A El Haouz, la rentable reconversion dans l'oléiculture pour les agriculteurs

REPORTAGE. Le programme mis en œuvre dans le cadre du Plan Maroc Vert touche actuellement quelque 200 petits agriculteurs de la province. L’Etat fournit les plants, l’assistance, la formation et l’accompagnement durant 2 ans. Objectif : basculer vers l’arboriculture à valeur ajoutée.

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Province d’El Haouz : L’olivier pour remplacer la petite céréaculture.

Le 05 décembre 2019 à 16:20

Modifié le 07 décembre 2019 à 13:10

La région de Marrakech-Safi est connue par l’importance de son arboriculture qui occupe une surface totale de 215.000 hectares et principalement l’olivier qui fournit 24% de la production nationale d’olives et contribue à hauteur de 60% aux exportations des conserves d’olives.

Le salon national de l’olivier qui se déroule du 4 au 7 décembre à El Attaouia dans la province de Kelaâ des Sraghna a pour thème cette année l’accompagnement et la formation professionnelle agricole.

Le choix de ce thème n’est pas anodin, car au-delà de la filière organisée, il vise directement les populations rurales dans des zones reculées et souvent montagneuses de la région à travers des programmes de plantation, de valorisation et de commercialisation de leurs produits. Il s’agit à moyen terme de les intégrer à la filière oléicole qui leur est, en l’état actuel, quasiment inaccessible.

La petite céréaliculture génère des revenus modestes

En effet, on a pu le constater lors d’une visite dans la province d'El Haouz, loin des plaines où l’olivier est cultivé depuis des lustres. Sur les hauteurs de cette province, ce sont plutôt les cultures céréalières vivrières qui prédominent, avec des rendements modestes dépendant fortement de la pluviométrie et qui ne peuvent pas être améliorés.

D’où l’idée d’y développer la culture de l’olivier, principalement, et d’autres arbres fruitiers (amandiers, noyers, pommiers, etc.) en tablant sur l’adhésion des populations qui bénéficient, dans le cadre du plan Maroc Vert, de l’aide et du soutien nécessaires en matière de plantation, de formation et d’entretien des nouvelles cultures. Ce qui n’est pas une mince affaire.

Selon le Directeur provincial de l’agriculture d’El Haouz, My Abdellah Mandili, il s’agit d’œuvrer à changer les mentalités en incitant les petits agriculteurs à accepter le progrès qui aura des retombées sur leur revenus directs.

Encourager la production oléicole

D’abord au niveau de la production. Dans la province d’El Haouz, ce sont 11.000 hectares qui sont concernés par ces nouvelles plantations dont 9.000 dédiés à l’olivier. Sur le terrain, l’Etat fournit aux populations les plants d’arbre et accompagne les propriétaires, regroupés en coopératives ou en associations, en leur dispensant des formations pour l’entretien des cultures et une assistance rapprochée durant deux ans. Le processus de formation vise particulièrement les jeunes avec la création de fermes pédagogiques et des centres de formation.

L’approche adoptée pour faire adhérer les populations consiste à planter des arbres espacés à raison de 100 à 120 arbres par hectare. Ce procédé devrait permettre aux petits propriétaires de continuer à cultiver en parallèle leurs céréales avec l’idée d’obtenir à terme un revenu supplémentaire grâce à l’arboriculture et notamment l’olivier. Leur adhésion consiste en l’entretien et le suivi des plants, selon les méthodes modernes inculquées par les ingénieurs et les conseillers du ministère de l’Agriculture.

Dans les zones où il y a de l’eau, plus de 300 km de canaux d’irrigation ont été installés, précise le directeur provincial de l’agriculture.

Valoriser pour augmenter la valeur ajoutée

La deuxième étape consiste en la valorisation des produits grâce à la construction de petites unités de valorisation équipées et leur essaimage dans toute la région selon les besoins. "Ces unités, explique-t-il, sont de vrais pôles économiques permettant une meilleure valorisation des fruits dans le but de les commercialiser à un meilleur prix".

"Pour l’heure, ce sont 18 unités de valorisation qui ont été installées dans cette province", précise-t-il. "Et le programme profite à quelque 200 propriétaires dans cette province".

Labelliser et organiser la vente

S’agissant de la commercialisation, le soutien effectif commence par la labellisation en vue d’une meilleure valeur ajoutée. Déjà, la province bénéficie du label "Huile Amizmiz" obtenu récemment, et l’on vise le label des pommes, des noix ou encore du miel de la région.

Pour ce qui est de l’écoulement des produits, outre l’organisation des points de ventes traditionnels, on prévoit au courant de l’année 2020 l’ouverture à Asni d’une plateforme de commercialisation, opérationnelle toute l’année.

Par ailleurs, une coopération avec le CRT (Centre Régional du Tourisme) est prévue pour la promotion des produits du terroir dans cette province en faisant de cette plateforme un carrefour touristique.

Enfin, pour l’exportation, ces produits labellisés, notamment l’huile d’olive, pourront bénéficier des circuits existants et de l’assistance de l’ONSSA qui veille au grain, en termes de respect de la réglementation et des normes.

A El Haouz, la rentable reconversion dans l'oléiculture pour les agriculteurs

Le 05 décembre 2019 à16:40

Modifié le 07 décembre 2019 à 13:10

REPORTAGE. Le programme mis en œuvre dans le cadre du Plan Maroc Vert touche actuellement quelque 200 petits agriculteurs de la province. L’Etat fournit les plants, l’assistance, la formation et l’accompagnement durant 2 ans. Objectif : basculer vers l’arboriculture à valeur ajoutée.

La région de Marrakech-Safi est connue par l’importance de son arboriculture qui occupe une surface totale de 215.000 hectares et principalement l’olivier qui fournit 24% de la production nationale d’olives et contribue à hauteur de 60% aux exportations des conserves d’olives.

Le salon national de l’olivier qui se déroule du 4 au 7 décembre à El Attaouia dans la province de Kelaâ des Sraghna a pour thème cette année l’accompagnement et la formation professionnelle agricole.

Le choix de ce thème n’est pas anodin, car au-delà de la filière organisée, il vise directement les populations rurales dans des zones reculées et souvent montagneuses de la région à travers des programmes de plantation, de valorisation et de commercialisation de leurs produits. Il s’agit à moyen terme de les intégrer à la filière oléicole qui leur est, en l’état actuel, quasiment inaccessible.

La petite céréaliculture génère des revenus modestes

En effet, on a pu le constater lors d’une visite dans la province d'El Haouz, loin des plaines où l’olivier est cultivé depuis des lustres. Sur les hauteurs de cette province, ce sont plutôt les cultures céréalières vivrières qui prédominent, avec des rendements modestes dépendant fortement de la pluviométrie et qui ne peuvent pas être améliorés.

D’où l’idée d’y développer la culture de l’olivier, principalement, et d’autres arbres fruitiers (amandiers, noyers, pommiers, etc.) en tablant sur l’adhésion des populations qui bénéficient, dans le cadre du plan Maroc Vert, de l’aide et du soutien nécessaires en matière de plantation, de formation et d’entretien des nouvelles cultures. Ce qui n’est pas une mince affaire.

Selon le Directeur provincial de l’agriculture d’El Haouz, My Abdellah Mandili, il s’agit d’œuvrer à changer les mentalités en incitant les petits agriculteurs à accepter le progrès qui aura des retombées sur leur revenus directs.

Encourager la production oléicole

D’abord au niveau de la production. Dans la province d’El Haouz, ce sont 11.000 hectares qui sont concernés par ces nouvelles plantations dont 9.000 dédiés à l’olivier. Sur le terrain, l’Etat fournit aux populations les plants d’arbre et accompagne les propriétaires, regroupés en coopératives ou en associations, en leur dispensant des formations pour l’entretien des cultures et une assistance rapprochée durant deux ans. Le processus de formation vise particulièrement les jeunes avec la création de fermes pédagogiques et des centres de formation.

L’approche adoptée pour faire adhérer les populations consiste à planter des arbres espacés à raison de 100 à 120 arbres par hectare. Ce procédé devrait permettre aux petits propriétaires de continuer à cultiver en parallèle leurs céréales avec l’idée d’obtenir à terme un revenu supplémentaire grâce à l’arboriculture et notamment l’olivier. Leur adhésion consiste en l’entretien et le suivi des plants, selon les méthodes modernes inculquées par les ingénieurs et les conseillers du ministère de l’Agriculture.

Dans les zones où il y a de l’eau, plus de 300 km de canaux d’irrigation ont été installés, précise le directeur provincial de l’agriculture.

Valoriser pour augmenter la valeur ajoutée

La deuxième étape consiste en la valorisation des produits grâce à la construction de petites unités de valorisation équipées et leur essaimage dans toute la région selon les besoins. "Ces unités, explique-t-il, sont de vrais pôles économiques permettant une meilleure valorisation des fruits dans le but de les commercialiser à un meilleur prix".

"Pour l’heure, ce sont 18 unités de valorisation qui ont été installées dans cette province", précise-t-il. "Et le programme profite à quelque 200 propriétaires dans cette province".

Labelliser et organiser la vente

S’agissant de la commercialisation, le soutien effectif commence par la labellisation en vue d’une meilleure valeur ajoutée. Déjà, la province bénéficie du label "Huile Amizmiz" obtenu récemment, et l’on vise le label des pommes, des noix ou encore du miel de la région.

Pour ce qui est de l’écoulement des produits, outre l’organisation des points de ventes traditionnels, on prévoit au courant de l’année 2020 l’ouverture à Asni d’une plateforme de commercialisation, opérationnelle toute l’année.

Par ailleurs, une coopération avec le CRT (Centre Régional du Tourisme) est prévue pour la promotion des produits du terroir dans cette province en faisant de cette plateforme un carrefour touristique.

Enfin, pour l’exportation, ces produits labellisés, notamment l’huile d’olive, pourront bénéficier des circuits existants et de l’assistance de l’ONSSA qui veille au grain, en termes de respect de la réglementation et des normes.

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