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Suspension de la Omra : des pertes importantes pour les hôteliers en Arabie (Photo AFP)

Suspension de la Omra: des pertes importantes pour les hôteliers en Arabie

Le 28 février 2020 à 14:10

Modifié le 28 février 2020 à 16:07

En pèlerinage à La Mecque, Nadia Bitam dit ne pas avoir peur du coronavirus. Comme les autres fidèles arrivés dans la ville sainte juste avant la suspension jeudi 27 février des visas par les autorités saoudiennes, elle prend toutefois ses précautions.

Arrivée d'Algérie cinq jours avant la décision de Ryad de suspendre l'octroi de visas pour la Omra, Nadia, la cinquantaine, se considère "chanceuse".

Elle se trouve à quelques mètres de la Kaâba. "Je n'ai pas peur (...) Nous prenons des précautions", dit-elle en désignant les masques blancs couvrant le bas de son visage et celui de sa sœur qui l'accompagne.

Le royaume qui n'a pas encore été touché par l'épidémie de coronavirus, a annoncé jeudi suspendre "temporairement" l'entrée des pèlerins se rendant dans la ville sainte, une décision d'une ampleur sans précédent destinée à prévenir "l'arrivée" du nouveau coronavirus qui s'est propagé dans le Golfe, affectant particulièrement des personnes revenant d'Iran, pays le plus lourdement touché après la Chine.

Les sols de la Grande mosquée sont lavés quatre fois par jour, quelque 13.500 tapis de prière ont été retirés, d'autres ont été désinfectés, selon les autorités. Chaque année, La Mecque accueille des millions de fidèles pour la Omra.

Parmi eux, Hossam Eldin Ali, un jeune turc de 21 ans qui étudie la loi islamique (la charia), à l'université d'Al-Azhar au Caire. "Comment pourrait-on avoir peur dans la maison de Dieu?", s'interroge-t-il. "Même si j'étais infecté, je mourrais en martyr ici."

 "Pertes importantes" 

Robina Mahmoud guide un groupe d'une centaine de pèlerins venus des Pays-Bas. Elle dit s'assurer en permanence que tous portent un masque, boivent de l'eau et se lavent les mains régulièrement.

Avec des centaines de milliers de fidèles en pèlerinage, les masques ont été pris d'assaut dans les pharmacies adjacentes à la Grande mosquée.

"La demande au cours des deux derniers jours est sans précédent. J'ai vendu 200 boîtes en trois jours, notre stock pour tout le mois", indique un pharmacien syrien.

Les affaires sont en revanche moins bonnes pour les hôteliers. "Des groupes entiers (de pèlerins) ont annulé leurs réservations à cause de la suspension des visas", déplore Mahfouz, un expatrié égyptien qui loue des chambres dans plusieurs hôtels de la ville sainte.

"Je compte toujours mes pertes, elles sont importantes", se désole-t-il.

"Au moins 20 chambres sont annulées quotidiennement. Malheureusement, cela se produit pendant la saison haute de la Omra", confirme un employé d'un hôtel près de la Kaâba.

 "Sécurité des personnes" 

Les autorités saoudiennes, appuyées par les plus grandes institutions musulmanes comme l'université Al-Azhar, martèlent que leur décision est justifiée.

"Nous avons chaque mois des centaines de milliers de pèlerins de toutes les régions du monde. Si le virus arrive ici et se propage, ce sera une épidémie mondiale", explique un responsable saoudien qui a requis l'anonymat.

Pour le royaume, qui observe une application très strict de l'islam, "la sécurité des personnes est plus importante que la pratique de la Omra", assure-t-il.

En 2003, l'Arabie saoudite avait suspendu l'octroi de visas pour la Omra mais seulement à certains pays d'Asie, en raison du syndrome respiratoire aigu sévère (Sras), qui avait fait 774 morts dans le monde, bilan largement dépassé par le nouveau coronavirus.

En plus du visa pour le petit pèlerinage, Ryad a décidé de suspendre l'octroi de visas touristiques au ressortissants de sept pays, dont ceux particulièrement touchés par le virus, tels que la Chine, l'Italie et la Corée du sud.

Les autorités saoudiennes ne se sont pas encore exprimées sur d'éventuelles mesures de précaution dans l'organisation du Haj, qui doit avoir lieu cette année entre fin juillet et début août. Il avait rassemblé quelque 2,5 millions de fidèles en 2019.

(Avec AFP)

(Photo AFP)

Suspension de la Omra: des pertes importantes pour les hôteliers en Arabie

Le 28 février 2020 à14:10

Modifié le 28 février 2020 à 16:07

En pèlerinage à La Mecque, Nadia Bitam dit ne pas avoir peur du coronavirus. Comme les autres fidèles arrivés dans la ville sainte juste avant la suspension jeudi 27 février des visas par les autorités saoudiennes, elle prend toutefois ses précautions.

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Arrivée d'Algérie cinq jours avant la décision de Ryad de suspendre l'octroi de visas pour la Omra, Nadia, la cinquantaine, se considère "chanceuse".

Elle se trouve à quelques mètres de la Kaâba. "Je n'ai pas peur (...) Nous prenons des précautions", dit-elle en désignant les masques blancs couvrant le bas de son visage et celui de sa sœur qui l'accompagne.

Le royaume qui n'a pas encore été touché par l'épidémie de coronavirus, a annoncé jeudi suspendre "temporairement" l'entrée des pèlerins se rendant dans la ville sainte, une décision d'une ampleur sans précédent destinée à prévenir "l'arrivée" du nouveau coronavirus qui s'est propagé dans le Golfe, affectant particulièrement des personnes revenant d'Iran, pays le plus lourdement touché après la Chine.

Les sols de la Grande mosquée sont lavés quatre fois par jour, quelque 13.500 tapis de prière ont été retirés, d'autres ont été désinfectés, selon les autorités. Chaque année, La Mecque accueille des millions de fidèles pour la Omra.

Parmi eux, Hossam Eldin Ali, un jeune turc de 21 ans qui étudie la loi islamique (la charia), à l'université d'Al-Azhar au Caire. "Comment pourrait-on avoir peur dans la maison de Dieu?", s'interroge-t-il. "Même si j'étais infecté, je mourrais en martyr ici."

 "Pertes importantes" 

Robina Mahmoud guide un groupe d'une centaine de pèlerins venus des Pays-Bas. Elle dit s'assurer en permanence que tous portent un masque, boivent de l'eau et se lavent les mains régulièrement.

Avec des centaines de milliers de fidèles en pèlerinage, les masques ont été pris d'assaut dans les pharmacies adjacentes à la Grande mosquée.

"La demande au cours des deux derniers jours est sans précédent. J'ai vendu 200 boîtes en trois jours, notre stock pour tout le mois", indique un pharmacien syrien.

Les affaires sont en revanche moins bonnes pour les hôteliers. "Des groupes entiers (de pèlerins) ont annulé leurs réservations à cause de la suspension des visas", déplore Mahfouz, un expatrié égyptien qui loue des chambres dans plusieurs hôtels de la ville sainte.

"Je compte toujours mes pertes, elles sont importantes", se désole-t-il.

"Au moins 20 chambres sont annulées quotidiennement. Malheureusement, cela se produit pendant la saison haute de la Omra", confirme un employé d'un hôtel près de la Kaâba.

 "Sécurité des personnes" 

Les autorités saoudiennes, appuyées par les plus grandes institutions musulmanes comme l'université Al-Azhar, martèlent que leur décision est justifiée.

"Nous avons chaque mois des centaines de milliers de pèlerins de toutes les régions du monde. Si le virus arrive ici et se propage, ce sera une épidémie mondiale", explique un responsable saoudien qui a requis l'anonymat.

Pour le royaume, qui observe une application très strict de l'islam, "la sécurité des personnes est plus importante que la pratique de la Omra", assure-t-il.

En 2003, l'Arabie saoudite avait suspendu l'octroi de visas pour la Omra mais seulement à certains pays d'Asie, en raison du syndrome respiratoire aigu sévère (Sras), qui avait fait 774 morts dans le monde, bilan largement dépassé par le nouveau coronavirus.

En plus du visa pour le petit pèlerinage, Ryad a décidé de suspendre l'octroi de visas touristiques au ressortissants de sept pays, dont ceux particulièrement touchés par le virus, tels que la Chine, l'Italie et la Corée du sud.

Les autorités saoudiennes ne se sont pas encore exprimées sur d'éventuelles mesures de précaution dans l'organisation du Haj, qui doit avoir lieu cette année entre fin juillet et début août. Il avait rassemblé quelque 2,5 millions de fidèles en 2019.

(Avec AFP)

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