A Marrakech, Alexandre Benalla décline ses étonnantes ambitions de businessman

A partir du Maroc et du Nigéria, le Franco-Marocain Alexandre Benalla veut créer un “géant européen“ de la sécurité, intervenant sur le continent africain. C’est ce qu’il annonce dans une interview au journal français Le Nouvel Economiste.

A Marrakech, Alexandre Benalla décline ses étonnantes ambitions de businessman

Le 16 juillet 2019 à 10:35

Modifié le 16 juillet 2019 à 16:31

Benalla dévoile des chiffres et vend une stratégie. Les chiffres sont plutôt étonnants.

Dans son interview au Nouvel Economiste, il annonce avoir fini l’année 2018 “avec 450 000 euros de chiffre d’affaires“ et viser “un CA de 3 millions d’euros pour 2019“. Sur sa lancée, il affirme avoir un objectif de CA de 300 à 500 millions d’euros dans dix ans.

La société qui a réalisé cette prouesse a été créée fin octobre à Marrakech, sous forme de SARLAU (sarl à associé unique). Son capital de création était de 100.000 DH. Elle s’appelait alors Instra Conseil. En avril 2019, Médias24 révélait qu’elle faisait l’objet d’un contrôle de la part de l’Office des changes suite à "des mouvements suspects de fonds“. Les résultats de ces contrôles, quels qu’ils soient, ne sont jamais communiqués au public par l’office.

Au cours du même mois d’avril 2019, Instra a changé de dénomination, devenant Comya. L’objet social a été élargi. Il s’agit désormais essentiellement de “conseil en sécurité à l'export et d’intelligence économique et stratégique“.

Pour expliquer le financement de cette entreprise, Benalla évoque deux amis qui lui ont prêté au total 65.000 euros. Il avait été licencié par la présidence de la République française le 31 juillet 2018 et n'a pas voulu "vivre de indemnités de licenciement" ni se présenter à "Pôle emploi".

Pourquoi une implantation au Maroc ?, lui demande le journaliste. Ce à quoi il répond : “Parce que j’y ai mes origines et parce que le projet étant de créer une société de sécurité africaine pour des Africains, cela n’aurait pas eu de sens de démarrer depuis l’Europe. Depuis la fin de l’année dernière, la société s’est implantée au Nigeria, au Maroc et j’envisage d’ouvrir une antenne européenne“.

“Les gros bras armés“ ne représentent que 5% du marché de la sécurité, selon lui. Le reste, c’est de l’intelligence économique, de l’information car “aujourd’hui, les grands groupes ont besoin d’être rassurés, sur la bonne gouvernance, sur le fait que lorsqu’ils envoient des gens en Afrique, ces derniers ne sont pas en danger“. Il ajoute une “troisième dimension, qui est la nécessité de disposer d’informations viables et d’interlocuteurs fiables, ce que recouvre l’intelligence économique et stratégique“.

Les premiers pays cibles sont la Côte d’Ivoire, le Sénégal, le Burkina Faso, le Nigeria et la République démocratique du Congo.

Benalla semble rebondir sur la médiatisation de ses propres déboires en tentant de faire de son propre nom une marque. L’avenir nous dira s’il réussira dans ce marché de la sécurité qui est à la fois un marché d’expertise et un marché de cooptation.

A Marrakech, Alexandre Benalla décline ses étonnantes ambitions de businessman

Le 16 juillet 2019 à10:58

Modifié le 16 juillet 2019 à 16:31

A partir du Maroc et du Nigéria, le Franco-Marocain Alexandre Benalla veut créer un “géant européen“ de la sécurité, intervenant sur le continent africain. C’est ce qu’il annonce dans une interview au journal français Le Nouvel Economiste.

Benalla dévoile des chiffres et vend une stratégie. Les chiffres sont plutôt étonnants.

Dans son interview au Nouvel Economiste, il annonce avoir fini l’année 2018 “avec 450 000 euros de chiffre d’affaires“ et viser “un CA de 3 millions d’euros pour 2019“. Sur sa lancée, il affirme avoir un objectif de CA de 300 à 500 millions d’euros dans dix ans.

La société qui a réalisé cette prouesse a été créée fin octobre à Marrakech, sous forme de SARLAU (sarl à associé unique). Son capital de création était de 100.000 DH. Elle s’appelait alors Instra Conseil. En avril 2019, Médias24 révélait qu’elle faisait l’objet d’un contrôle de la part de l’Office des changes suite à "des mouvements suspects de fonds“. Les résultats de ces contrôles, quels qu’ils soient, ne sont jamais communiqués au public par l’office.

Au cours du même mois d’avril 2019, Instra a changé de dénomination, devenant Comya. L’objet social a été élargi. Il s’agit désormais essentiellement de “conseil en sécurité à l'export et d’intelligence économique et stratégique“.

Pour expliquer le financement de cette entreprise, Benalla évoque deux amis qui lui ont prêté au total 65.000 euros. Il avait été licencié par la présidence de la République française le 31 juillet 2018 et n'a pas voulu "vivre de indemnités de licenciement" ni se présenter à "Pôle emploi".

Pourquoi une implantation au Maroc ?, lui demande le journaliste. Ce à quoi il répond : “Parce que j’y ai mes origines et parce que le projet étant de créer une société de sécurité africaine pour des Africains, cela n’aurait pas eu de sens de démarrer depuis l’Europe. Depuis la fin de l’année dernière, la société s’est implantée au Nigeria, au Maroc et j’envisage d’ouvrir une antenne européenne“.

“Les gros bras armés“ ne représentent que 5% du marché de la sécurité, selon lui. Le reste, c’est de l’intelligence économique, de l’information car “aujourd’hui, les grands groupes ont besoin d’être rassurés, sur la bonne gouvernance, sur le fait que lorsqu’ils envoient des gens en Afrique, ces derniers ne sont pas en danger“. Il ajoute une “troisième dimension, qui est la nécessité de disposer d’informations viables et d’interlocuteurs fiables, ce que recouvre l’intelligence économique et stratégique“.

Les premiers pays cibles sont la Côte d’Ivoire, le Sénégal, le Burkina Faso, le Nigeria et la République démocratique du Congo.

Benalla semble rebondir sur la médiatisation de ses propres déboires en tentant de faire de son propre nom une marque. L’avenir nous dira s’il réussira dans ce marché de la sécurité qui est à la fois un marché d’expertise et un marché de cooptation.

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