Affaire Ait El Jid: En attendant Hamidine, 4 accusés PJD face au verdict

Quatre membres du PJD attendent leur jugement, prévu pour le lundi 16 septembre, dans l'affaire de l'assassinat d'Ait El Jid. Jugé dans un dossier séparé, Abdelali Hamidine comparaîtra le lendemain. 

Affaire Ait El Jid: En attendant Hamidine, 4 accusés PJD face au verdict

Le 12 septembre 2019 à 16:40

Modifié le 12 septembre 2019 à 16:43

26 ans après, on s’achemine vers un nouvel épilogue dans l’affaire Bainaissa Ait El Jid, étudiant gauchiste assassiné le 25 février 1993, à Fès, lors d’une rixe avec une faction islamiste.

Quatre individus, tous membres du PJD, entendront bientôt leur jugement dans ce dossier déterré sur la base de nouveaux éléments, rapportés par El Khaddioui El Khammar, unique témoin dans ce dossier.

Pour l’heure, l’affaire n’a pas été mise en délibéré. Lundi 16 septembre, les accusés auront la possibilité de livrer leurs derniers mots, ultime étape avant les délibérés et le jugement. Avocat des proches du défunt, partie civile dans ce procès, Me Mohamed El Haini nous annonce que le verdict sera rendu le même jour.

Lancée fin janvier 2019, l’affaire sera donc bouclée au bout de 9 audiences. Le 9 septembre, la dernière audience a vu la défense des parties plaider pendant quatre heures.  

Deux accusés, Taoufik Kadi et Abdellah Akerioul, sont poursuivis pour leur participation (coauteurs) à un homicide volontaire. Pour leur part, Aajil Abdelkabir et Kassim Kabir font face à l’accusation de coups et blessures avec armes.

Tous étaient présents au moment des faits et sur les lieux du crime, les deux premiers ayant personnellement, affirme le témoin, jeté "un pavé de trottoir sur le crâne" d’Ait El Jid, ce qui a causé sa mort selon l’enquête policière.

Au préalable, les accusés avaient été acquittés par la Chambre criminelle d’appel près la Cour d’appel de Fès (arrêt rendu le 21 novembre 2017). Dans ces attendus, celle-ci avait mis en doute la véracité du témoignage.

Cette décision a néanmoins été cassée par la plus haute juridiction du Royaume (arrêt du 31 octobre 2018). En effet, la Cour de cassation a admis qu’au contraire, la déposition de Khammar était valide et corroborait, notamment, les résultats d’une autopsie réalisée à l’époque sur le corps de la victime.

Hamidine : Même affaire, dossier séparé

Quand il a reçu le coup fatal, Bainaissa Ait El Jid était à terre. Le témoignage précise qu’il avait la tête immobilisée par le pied d’un autre accusé : Abdelali Hamidine, un des leaders du PJD qu’il représente en tant que parlementaire à la Chambre des conseillers.

Hamidine est poursuivi dans le cadre d’un procès séparé, démarré fin décembre 2018. S’il s’agit de la même affaire, c’est ce procès qui accapare l’attention de l’opinion. Il se poursuivra ce mardi 17 septembre. "L'audience marquera le début des plaidoiries. En tant que partie civile, nous allons intervenir en premier", nous dit Me Lahbib Hajji.

"La complexité du dossier et le nombre d'avocats présents nous laissent dire que l'étape des plaidoiries sera longue, et qu'elle se prolongera probablement à d'autres audiences. Mais le procès en lui même en est à son stade final", explique notre interlocuteur. Après la partie civile, ce sera au parquet général de livrer ses réquisitions. La défense de l'accusé prendra ensuite la parole. 

L'accusé n’est pas jugé en tant que complice, mais en tant que coauteur de l’assassinat. Le juge qui a instruit son dossier considère que l’intéressé a "personnellement pris part à l'exécution matérielle" du crime.

Le conseiller doit répondre de "participation à un homicide volontaire avec préméditation et guet apens" (assassinat). L’intéressé a déjà été jugé pour la même affaire. En 1994, il avait été condamné à deux ans de prison ferme, sentence confirmée une année plus tard en appel. La prescription des faits et l'existence d'une condamnation ayant acquis la force de la chose jugée sont les arguments phare de la défense.

A l’époque, il avait été reconnu "coupable de participation à une rixe au cours de laquelle sont exercées des violences ayant entraîné la mort". Le nouveau témoignage a provoqué la réouverture du dossier et la requalification des faits en assassinat.

Le parlementaire est aujourd’hui poursuivi en état de liberté. Au vu de l’unique chef d’accusation, plus grave que celui retenu en 1994, il ne risque pas moins que la peine capitale.

Affaire Ait El Jid: En attendant Hamidine, 4 accusés PJD face au verdict

Le 12 septembre 2019 à16:43

Modifié le 12 septembre 2019 à 16:43

Quatre membres du PJD attendent leur jugement, prévu pour le lundi 16 septembre, dans l'affaire de l'assassinat d'Ait El Jid. Jugé dans un dossier séparé, Abdelali Hamidine comparaîtra le lendemain. 

26 ans après, on s’achemine vers un nouvel épilogue dans l’affaire Bainaissa Ait El Jid, étudiant gauchiste assassiné le 25 février 1993, à Fès, lors d’une rixe avec une faction islamiste.

Quatre individus, tous membres du PJD, entendront bientôt leur jugement dans ce dossier déterré sur la base de nouveaux éléments, rapportés par El Khaddioui El Khammar, unique témoin dans ce dossier.

Pour l’heure, l’affaire n’a pas été mise en délibéré. Lundi 16 septembre, les accusés auront la possibilité de livrer leurs derniers mots, ultime étape avant les délibérés et le jugement. Avocat des proches du défunt, partie civile dans ce procès, Me Mohamed El Haini nous annonce que le verdict sera rendu le même jour.

Lancée fin janvier 2019, l’affaire sera donc bouclée au bout de 9 audiences. Le 9 septembre, la dernière audience a vu la défense des parties plaider pendant quatre heures.  

Deux accusés, Taoufik Kadi et Abdellah Akerioul, sont poursuivis pour leur participation (coauteurs) à un homicide volontaire. Pour leur part, Aajil Abdelkabir et Kassim Kabir font face à l’accusation de coups et blessures avec armes.

Tous étaient présents au moment des faits et sur les lieux du crime, les deux premiers ayant personnellement, affirme le témoin, jeté "un pavé de trottoir sur le crâne" d’Ait El Jid, ce qui a causé sa mort selon l’enquête policière.

Au préalable, les accusés avaient été acquittés par la Chambre criminelle d’appel près la Cour d’appel de Fès (arrêt rendu le 21 novembre 2017). Dans ces attendus, celle-ci avait mis en doute la véracité du témoignage.

Cette décision a néanmoins été cassée par la plus haute juridiction du Royaume (arrêt du 31 octobre 2018). En effet, la Cour de cassation a admis qu’au contraire, la déposition de Khammar était valide et corroborait, notamment, les résultats d’une autopsie réalisée à l’époque sur le corps de la victime.

Hamidine : Même affaire, dossier séparé

Quand il a reçu le coup fatal, Bainaissa Ait El Jid était à terre. Le témoignage précise qu’il avait la tête immobilisée par le pied d’un autre accusé : Abdelali Hamidine, un des leaders du PJD qu’il représente en tant que parlementaire à la Chambre des conseillers.

Hamidine est poursuivi dans le cadre d’un procès séparé, démarré fin décembre 2018. S’il s’agit de la même affaire, c’est ce procès qui accapare l’attention de l’opinion. Il se poursuivra ce mardi 17 septembre. "L'audience marquera le début des plaidoiries. En tant que partie civile, nous allons intervenir en premier", nous dit Me Lahbib Hajji.

"La complexité du dossier et le nombre d'avocats présents nous laissent dire que l'étape des plaidoiries sera longue, et qu'elle se prolongera probablement à d'autres audiences. Mais le procès en lui même en est à son stade final", explique notre interlocuteur. Après la partie civile, ce sera au parquet général de livrer ses réquisitions. La défense de l'accusé prendra ensuite la parole. 

L'accusé n’est pas jugé en tant que complice, mais en tant que coauteur de l’assassinat. Le juge qui a instruit son dossier considère que l’intéressé a "personnellement pris part à l'exécution matérielle" du crime.

Le conseiller doit répondre de "participation à un homicide volontaire avec préméditation et guet apens" (assassinat). L’intéressé a déjà été jugé pour la même affaire. En 1994, il avait été condamné à deux ans de prison ferme, sentence confirmée une année plus tard en appel. La prescription des faits et l'existence d'une condamnation ayant acquis la force de la chose jugée sont les arguments phare de la défense.

A l’époque, il avait été reconnu "coupable de participation à une rixe au cours de laquelle sont exercées des violences ayant entraîné la mort". Le nouveau témoignage a provoqué la réouverture du dossier et la requalification des faits en assassinat.

Le parlementaire est aujourd’hui poursuivi en état de liberté. Au vu de l’unique chef d’accusation, plus grave que celui retenu en 1994, il ne risque pas moins que la peine capitale.

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