Affaire Imlil: la partie civile invoque la responsabilité "fautive" de l'Etat

Démarrage des plaidoiries au procès du double assassinat d'Imlil. Les avocats de la partie civile attaque l'Etat sur le terrain de "la responsabilité pour faute". Le montant des dédommagements réclamés demeure confidentiel. 

Affaire Imlil : la partie civile invoque la responsabilité

Le 27 juin 2019 à 13:57

Modifié le 27 juin 2019 à 19:29

La Chambre criminelle près la cour d'appel de Rabat (annexe de Salé) a entamé, ce jeudi 27 juin, la phase des débats (plaidoiries) au procès des 24 accusés dans l'affaire de l'assassinat des deux touristes scandinaves à Imlil.

" Nous ne voulons pas la charité de l'Etat, nous invoquons sa responsabilité pour faute", a clamé Me Khalid El Fataoui, premier à plaider lors de cette audience. Cet avocat assiste les proches de Louisa Vesterager Jespersen, la victime danoise.

On attendait la partie civile sur le terrain de "la solidarité", c'est sur celui de la "faute" qu'elle réclame des dédommagements à l'Etat. Le montant n'a pas été oralement communiqué. Sollicité en aparté, Me El Fataoui nous a opposé le secret professionnel. "La famille de la victime ne souhaite pas dévoiler le montant de leurs demandes civiles", nous a-t-il dit. 
 
Me El Fataoui reproche à l'Etat marocain sa "responsabilité passive" dans le drame survenu à "Chamharouch", dans la nuit du 16 au 17 décembre 2018. Il estime que "les précautions nécessaires pour éviter le crime n'ont pas été observées". 
 
La partie civile décline la responsabilité de l'Etat en trois axes:

- Sur le volet sécuritaire, le Maroc avance la région de Chamharouch comme étant un site touristique, sans y fournir un dispositif de sécurité en conséquence, estime Me El Fataoui. 
 
- Le deuxième volet touche à la "politique religieuse", présentée par l'Etat comme "pacifiste et modérée". Cela alors que parmi les accusés, certains se sont présentés en tant qu'imams, d'autres ont même déclaré avoir perçu des rémunérations de la part du ministère des Habous et des Affaires islamiques. 
 
- Parmi les accusés, beaucoup ont des antécédents en matière de terrorisme. Certains se sont rencontrés en prison où leur radicalisation s'est vue aggravée. Me Fataoui avance l'exemple d'Abdessamad El Joud. Il a été arrêté et condamné en 2015 pour avoir tenté de rejoindre Da'ech en Syrie. Après son passage en prison, son projet n'était plus de faire le Jihad en Syrie, mais plutôt au Maroc."

Ici, la partie invoque la responsabilité de l'Etat du fait d'un manque de surveillance des personnes radicalisées à l'intérieur et en dehors des prisons".

Au moment où nous rédigions ces lignes, le représentant du ministère public avait pris la parole dans le cadre des réquisitions. Les proches de la deuxième victime, Maren Ueland (Norvège) ne se sont pas constitués partie civile.
 

>> Lire aussi:

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Affaire Imlil: la partie civile invoque la responsabilité "fautive" de l'Etat

Le 27 juin 2019 à14:02

Modifié le 27 juin 2019 à 19:29

Démarrage des plaidoiries au procès du double assassinat d'Imlil. Les avocats de la partie civile attaque l'Etat sur le terrain de "la responsabilité pour faute". Le montant des dédommagements réclamés demeure confidentiel. 

La Chambre criminelle près la cour d'appel de Rabat (annexe de Salé) a entamé, ce jeudi 27 juin, la phase des débats (plaidoiries) au procès des 24 accusés dans l'affaire de l'assassinat des deux touristes scandinaves à Imlil.

" Nous ne voulons pas la charité de l'Etat, nous invoquons sa responsabilité pour faute", a clamé Me Khalid El Fataoui, premier à plaider lors de cette audience. Cet avocat assiste les proches de Louisa Vesterager Jespersen, la victime danoise.

On attendait la partie civile sur le terrain de "la solidarité", c'est sur celui de la "faute" qu'elle réclame des dédommagements à l'Etat. Le montant n'a pas été oralement communiqué. Sollicité en aparté, Me El Fataoui nous a opposé le secret professionnel. "La famille de la victime ne souhaite pas dévoiler le montant de leurs demandes civiles", nous a-t-il dit. 
 
Me El Fataoui reproche à l'Etat marocain sa "responsabilité passive" dans le drame survenu à "Chamharouch", dans la nuit du 16 au 17 décembre 2018. Il estime que "les précautions nécessaires pour éviter le crime n'ont pas été observées". 
 
La partie civile décline la responsabilité de l'Etat en trois axes:

- Sur le volet sécuritaire, le Maroc avance la région de Chamharouch comme étant un site touristique, sans y fournir un dispositif de sécurité en conséquence, estime Me El Fataoui. 
 
- Le deuxième volet touche à la "politique religieuse", présentée par l'Etat comme "pacifiste et modérée". Cela alors que parmi les accusés, certains se sont présentés en tant qu'imams, d'autres ont même déclaré avoir perçu des rémunérations de la part du ministère des Habous et des Affaires islamiques. 
 
- Parmi les accusés, beaucoup ont des antécédents en matière de terrorisme. Certains se sont rencontrés en prison où leur radicalisation s'est vue aggravée. Me Fataoui avance l'exemple d'Abdessamad El Joud. Il a été arrêté et condamné en 2015 pour avoir tenté de rejoindre Da'ech en Syrie. Après son passage en prison, son projet n'était plus de faire le Jihad en Syrie, mais plutôt au Maroc."

Ici, la partie invoque la responsabilité de l'Etat du fait d'un manque de surveillance des personnes radicalisées à l'intérieur et en dehors des prisons".

Au moment où nous rédigions ces lignes, le représentant du ministère public avait pris la parole dans le cadre des réquisitions. Les proches de la deuxième victime, Maren Ueland (Norvège) ne se sont pas constitués partie civile.
 

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