Affaire Samir: Au tribunal de commerce, reprise sans surprises

Le dossier de cession de la Samir fait du surplace. Une nouvelle expertise en discussion. Le syndic veut transiger avec la Douane. 

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Affaire Samir: Au tribunal de commerce, reprise sans surprises

Le 24 septembre 2019 à 19:03

Modifié le 21 octobre 2019 à 16:50

Rien ne bouge à la Samir. A commencer par le dossier de la cession. Les acteurs de la liquidation (juge-commissaire, syndic et contrôleurs) se sont réunis ce mardi 24 septembre pour réexaminer les offres encore sur la table. Le constat reste le même: pas de garanties, aucun candidat sérieux, renvoi au 8 octobre.

Sur place, les sources les plus réservées disent "qu’il n’y a rien à signaler". Les plus frontales avancent qu’il "n’y a rien à espérer".

Plus de trois ans après la liquidation, la Samir dépérit. Qu’en est-il de sa valeur ? La dernière expertise évalue ses actifs à 21,16 MMDH. Selon nos sources, les parties discutent l’éventualité d’une nouvelle expertise. Les biens du raffineur ne sont pas tous concernés par le dépérissement. Certains ont même vu leur prix exploser. Estimées à 327 MDH en 2016, les actions détenues par la Samir dans la société Salam Gaz sont aujourd’hui valorisées à 1,7 MMDH. C’est ce que dit une expertise livrée courant avril.

Ce dernier élément influe sur un autre dossier en cours: la vente -dans une procédure autonome de la cession globale- des parts sociales détenues par la Samir dans ses filiales. Mars 2019, le syndic en avait formulé la demande. Six mois et une dizaine d’audiences plus tard, le juge-commissaire ne s’est pas encore décidé. Une audience se tiendra dans une semaine.

Sur les trois contrôleurs existants, deux s’opposent à cette cession. Il s’agit d’une part, du représentant des salariés et d’autre part, de Banque centrale populaire. Celle-ci est d’ailleurs à l’origine de l’expertise sur Salam Gaz. Manière de refroidir les prétendants à la reprise des actions Samir, notamment les associés via le droit de préemption.

Dur, dur de vendre les biens de la Samir. Stockées dans les citernes du raffineur, 30.000 tonnes de naphta et d’essence semi-finie attendent toujours un repreneur. Trois candidats s’étaient manifestés durant les derniers mois : Exol Lubrificants Canada (offre de 8 M de dollars), Glencore (13,99 M de dollars) et Trafigura (11,70 M de dollars). Le juge-commissaire a rejeté toutes ces offres, jugées insuffisantes. L’ordonnance a été rendue le 6 août.

La Douane et la BCP dans l'expectative

Un autre dossier est dans l’attente. Celui de la vérification des créances. La Douane et BCP n’ont pas encore été fixées sur leurs cas.

L’administration douanière est le plus grand créancier de la Samir. A la créance initialement déclarée (16,7 MMDH), se sont ajoutées les amendes douanières/de change prononcées contre le raffineur (37 MMDH, 18 MMDH et 296 MDH). Cette donne a compliqué la procédure, même si les condamnations n’ont pas encore été confirmées en appel. Le syndic voudrait transiger sur les amendes, mais n’a pas encore formulé son offre. La Douane se dit ouverte à la transaction mais demande au syndic de se décider au plus vite. A défaut, elle réclamera l’intégralité de sa créance !

Pour sa part, le sort de BCP, créancier à hauteur de 2,9 MMDH, ne se joue pas uniquement au tribunal de commerce. La Cour de cassation devra statuer sur la légalité des sûretés réelles couvrant une partie de sa créance (1,7 MMDH). Selon nos sources, des plaidoiries sont prévues au cours de la semaine. Ce qui signifie que la décision est proche. De son côté, le juge-commissaire attend cette décision avant de se prononcer sur la validation ou non de la créance.

Affaire Samir: Au tribunal de commerce, reprise sans surprises

Le 24 septembre 2019 à19:44

Modifié le 21 octobre 2019 à 16:50

Le dossier de cession de la Samir fait du surplace. Une nouvelle expertise en discussion. Le syndic veut transiger avec la Douane. 

Rien ne bouge à la Samir. A commencer par le dossier de la cession. Les acteurs de la liquidation (juge-commissaire, syndic et contrôleurs) se sont réunis ce mardi 24 septembre pour réexaminer les offres encore sur la table. Le constat reste le même: pas de garanties, aucun candidat sérieux, renvoi au 8 octobre.

Sur place, les sources les plus réservées disent "qu’il n’y a rien à signaler". Les plus frontales avancent qu’il "n’y a rien à espérer".

Plus de trois ans après la liquidation, la Samir dépérit. Qu’en est-il de sa valeur ? La dernière expertise évalue ses actifs à 21,16 MMDH. Selon nos sources, les parties discutent l’éventualité d’une nouvelle expertise. Les biens du raffineur ne sont pas tous concernés par le dépérissement. Certains ont même vu leur prix exploser. Estimées à 327 MDH en 2016, les actions détenues par la Samir dans la société Salam Gaz sont aujourd’hui valorisées à 1,7 MMDH. C’est ce que dit une expertise livrée courant avril.

Ce dernier élément influe sur un autre dossier en cours: la vente -dans une procédure autonome de la cession globale- des parts sociales détenues par la Samir dans ses filiales. Mars 2019, le syndic en avait formulé la demande. Six mois et une dizaine d’audiences plus tard, le juge-commissaire ne s’est pas encore décidé. Une audience se tiendra dans une semaine.

Sur les trois contrôleurs existants, deux s’opposent à cette cession. Il s’agit d’une part, du représentant des salariés et d’autre part, de Banque centrale populaire. Celle-ci est d’ailleurs à l’origine de l’expertise sur Salam Gaz. Manière de refroidir les prétendants à la reprise des actions Samir, notamment les associés via le droit de préemption.

Dur, dur de vendre les biens de la Samir. Stockées dans les citernes du raffineur, 30.000 tonnes de naphta et d’essence semi-finie attendent toujours un repreneur. Trois candidats s’étaient manifestés durant les derniers mois : Exol Lubrificants Canada (offre de 8 M de dollars), Glencore (13,99 M de dollars) et Trafigura (11,70 M de dollars). Le juge-commissaire a rejeté toutes ces offres, jugées insuffisantes. L’ordonnance a été rendue le 6 août.

La Douane et la BCP dans l'expectative

Un autre dossier est dans l’attente. Celui de la vérification des créances. La Douane et BCP n’ont pas encore été fixées sur leurs cas.

L’administration douanière est le plus grand créancier de la Samir. A la créance initialement déclarée (16,7 MMDH), se sont ajoutées les amendes douanières/de change prononcées contre le raffineur (37 MMDH, 18 MMDH et 296 MDH). Cette donne a compliqué la procédure, même si les condamnations n’ont pas encore été confirmées en appel. Le syndic voudrait transiger sur les amendes, mais n’a pas encore formulé son offre. La Douane se dit ouverte à la transaction mais demande au syndic de se décider au plus vite. A défaut, elle réclamera l’intégralité de sa créance !

Pour sa part, le sort de BCP, créancier à hauteur de 2,9 MMDH, ne se joue pas uniquement au tribunal de commerce. La Cour de cassation devra statuer sur la légalité des sûretés réelles couvrant une partie de sa créance (1,7 MMDH). Selon nos sources, des plaidoiries sont prévues au cours de la semaine. Ce qui signifie que la décision est proche. De son côté, le juge-commissaire attend cette décision avant de se prononcer sur la validation ou non de la créance.

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