Affaire Samir: deux audiences de cessions au tribunal de commerce

Deux audiences au tribunal de commerce, les 11 et 18 juin, viendront examiner trois volets de cessions: des stocks de la Samir, des participations et enfin la cession globale qui semble dans l'impasse.

Affaire Samir: deux audiences de cessions au tribunal de commerce

Le 09 juin 2019 à 15:47

Modifié le 11 juin 2019 à 09:15

Le syndic de la Samir Abdelkbir Safadi souhaite céder des produits pétroliers stockés dans les citernes du raffineur. Il en a formulé la demande auprès du juge-commissaire Abderrafii Bouhamria.

La requête a été enregistrée le 15 mai 2019. Elle concerne près de 30.000 tonnes de naphta et d'essence semi-fini que le liquidateur voudrait vendre via appel d’offres.

Le juge-commissaire n’a toujours pas rendu sa décision. Il a recueilli et recueille encore les avis des contrôleurs (Douane, Banque centrale populaire, salariés). La position de la Douane, premier créancier de la Samir (16,7 MMDH) est attendue pour l’audience de ce mardi 11 juin.

A priori, les contrôleurs ne s’opposent pas à cette cession, mais "à condition qu’elle se fasse au bon prix", précise un acteur du dossier. Nous n’avons pas pu déterminer le prix de vente. Selon nos informations, il n’a pas été fixé et sera établi sur la base du cours international. "Il s’agit de produits semi-finis destinés à l’exportation, notamment à destination du marché régional", précise notre source. 

Si cette cession se concrétise, elle ne sera pas la première. Depuis sa désignation en mai 2018, M. Safadi a effectué au moins deux appels d’offres sur des produits stockés par la Samir, notamment du gaz butane (ordonnance 24 décembre 2018) et du platine (ordonnance du 12 novembre).

L’issue de ces opérations, leur fruit et l’usage auquel ce dernier est destiné n’ont jamais été communiqués. Bénéficiant d’une autorisation de continuité qui dure depuis 3 ans, la Samir supporte encore des charges (frais de personnel, frais de procédures, entretien de l’outil industriel etc.) D’où l’intérêt de ces rentrées de liquide.

Arrêtée à janvier 2017, une expertise judiciaire estimait à 800 millions de DH la valeur des stocks de produits pétroliers détenus par la raffinerie. Là aussi, aucune information ne circule sur le sort de ce stock, qui a été inclus dans la cession globale des actifs de la Samir.

A lui seul, le groupe Carlyle revendique la propriété de 959.999 tonnes métriques de pétrole brut achetés au raffineur et stockés chez ce dernier. Au vrai et jusqu’au 4 mars 2016, il ne restait que 118.633 tonnes MTE dans les citernes de la Samir, selon un document judiciaire dont Médias24 détient copie.  Malgré de nombreux recours en justice, le fonds américain n’a jamais réussi à récupérer ce qui restait de "sa marchandise". 

Une cession à l'étude, une autre à la dérive

En dehors des stocks pétroliers, le juge-commissaire devra se prononcer sur la cession d’actifs d’une toute autre nature: Celle des participations de la Samir dans d’autres sociétés. Plus de deux mois après la requête du syndic, le juge-commissaire n’a toujours pas tranché. Une audience est prévue le 11 juin au tribunal de commerce.

Le magistrat semble vouloir temporiser sur ce volet. Les réticences de certains contrôleurs (BCP et salariés) y sont pour quelque chose, même si la Douane ne semble pas s’opposer à l’idée de vendre les actions Samir. Un rebondissement pourrait de surcroît compliquer les velléités du liquidateur: Une récente expertise évalue les participations du raffineur dans Salam Gaz à 1,7 MMDH au lieu de 327 MDH en 2017. De quoi refroidir d’éventuels repreneurs, à commencer par les actionnaires de la filiale qui voudraient faire valoir leur droit de préemption mais que cette évaluation dissuade totalement selon nos sources. Elle semble loin d'être justifiée par les parts de marché de cette filiale ou son résultat.

Selon nos sources, des expertises sur d’autres filiales sont à prévoir ou sont déjà en cours.  Mais en ne tenant compte que de l’augmentation de la valeur "Salam Gaz", le prix de départ des participations Samir dans l’ensemble des filiales s’établira à 2,2 MMDH.

Si cette demande de cession est validée, cela donnera lieu à deux procédures de cession parallèles: Celle des participations et celle, la plus importante, du reste des actifs de la Samir, dont les unités de production basés à Mohammedia et Sidi Kacem (évaluées à 15 MMDH). 

Lancée début 2017, cette deuxième procédure, dite "cession globale des actifs", est quant à elle dans l’impasse. Tenue le 4 juin, la dernière réunion dédiée à l’examen des offres s’est avérée infructueuse. Motif officiel : "Absence d’offres assorties de garanties". La prochaine réunion aura lieu le 18 juin. Aucun élément ne présage un déblocage. Ce dossier est soumis plus que jamais aux aléas du destin. A la dérive, le bateau Samir. 

Lire aussi 

La Samir: Il y a trois ans, le jugement de liquidation

Tags : La Samir

Affaire Samir: deux audiences de cessions au tribunal de commerce

Le 09 juin 2019 à16:34

Modifié le 11 juin 2019 à 09:15

Deux audiences au tribunal de commerce, les 11 et 18 juin, viendront examiner trois volets de cessions: des stocks de la Samir, des participations et enfin la cession globale qui semble dans l'impasse.

Le syndic de la Samir Abdelkbir Safadi souhaite céder des produits pétroliers stockés dans les citernes du raffineur. Il en a formulé la demande auprès du juge-commissaire Abderrafii Bouhamria.

La requête a été enregistrée le 15 mai 2019. Elle concerne près de 30.000 tonnes de naphta et d'essence semi-fini que le liquidateur voudrait vendre via appel d’offres.

Le juge-commissaire n’a toujours pas rendu sa décision. Il a recueilli et recueille encore les avis des contrôleurs (Douane, Banque centrale populaire, salariés). La position de la Douane, premier créancier de la Samir (16,7 MMDH) est attendue pour l’audience de ce mardi 11 juin.

A priori, les contrôleurs ne s’opposent pas à cette cession, mais "à condition qu’elle se fasse au bon prix", précise un acteur du dossier. Nous n’avons pas pu déterminer le prix de vente. Selon nos informations, il n’a pas été fixé et sera établi sur la base du cours international. "Il s’agit de produits semi-finis destinés à l’exportation, notamment à destination du marché régional", précise notre source. 

Si cette cession se concrétise, elle ne sera pas la première. Depuis sa désignation en mai 2018, M. Safadi a effectué au moins deux appels d’offres sur des produits stockés par la Samir, notamment du gaz butane (ordonnance 24 décembre 2018) et du platine (ordonnance du 12 novembre).

L’issue de ces opérations, leur fruit et l’usage auquel ce dernier est destiné n’ont jamais été communiqués. Bénéficiant d’une autorisation de continuité qui dure depuis 3 ans, la Samir supporte encore des charges (frais de personnel, frais de procédures, entretien de l’outil industriel etc.) D’où l’intérêt de ces rentrées de liquide.

Arrêtée à janvier 2017, une expertise judiciaire estimait à 800 millions de DH la valeur des stocks de produits pétroliers détenus par la raffinerie. Là aussi, aucune information ne circule sur le sort de ce stock, qui a été inclus dans la cession globale des actifs de la Samir.

A lui seul, le groupe Carlyle revendique la propriété de 959.999 tonnes métriques de pétrole brut achetés au raffineur et stockés chez ce dernier. Au vrai et jusqu’au 4 mars 2016, il ne restait que 118.633 tonnes MTE dans les citernes de la Samir, selon un document judiciaire dont Médias24 détient copie.  Malgré de nombreux recours en justice, le fonds américain n’a jamais réussi à récupérer ce qui restait de "sa marchandise". 

Une cession à l'étude, une autre à la dérive

En dehors des stocks pétroliers, le juge-commissaire devra se prononcer sur la cession d’actifs d’une toute autre nature: Celle des participations de la Samir dans d’autres sociétés. Plus de deux mois après la requête du syndic, le juge-commissaire n’a toujours pas tranché. Une audience est prévue le 11 juin au tribunal de commerce.

Le magistrat semble vouloir temporiser sur ce volet. Les réticences de certains contrôleurs (BCP et salariés) y sont pour quelque chose, même si la Douane ne semble pas s’opposer à l’idée de vendre les actions Samir. Un rebondissement pourrait de surcroît compliquer les velléités du liquidateur: Une récente expertise évalue les participations du raffineur dans Salam Gaz à 1,7 MMDH au lieu de 327 MDH en 2017. De quoi refroidir d’éventuels repreneurs, à commencer par les actionnaires de la filiale qui voudraient faire valoir leur droit de préemption mais que cette évaluation dissuade totalement selon nos sources. Elle semble loin d'être justifiée par les parts de marché de cette filiale ou son résultat.

Selon nos sources, des expertises sur d’autres filiales sont à prévoir ou sont déjà en cours.  Mais en ne tenant compte que de l’augmentation de la valeur "Salam Gaz", le prix de départ des participations Samir dans l’ensemble des filiales s’établira à 2,2 MMDH.

Si cette demande de cession est validée, cela donnera lieu à deux procédures de cession parallèles: Celle des participations et celle, la plus importante, du reste des actifs de la Samir, dont les unités de production basés à Mohammedia et Sidi Kacem (évaluées à 15 MMDH). 

Lancée début 2017, cette deuxième procédure, dite "cession globale des actifs", est quant à elle dans l’impasse. Tenue le 4 juin, la dernière réunion dédiée à l’examen des offres s’est avérée infructueuse. Motif officiel : "Absence d’offres assorties de garanties". La prochaine réunion aura lieu le 18 juin. Aucun élément ne présage un déblocage. Ce dossier est soumis plus que jamais aux aléas du destin. A la dérive, le bateau Samir. 

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