Les prochaines élections au Venezuela ne seront « ni libres, ni démocratiques », prédit le président colombien

(AFP)

Le 3 novembre 2021

Les élections régionales et municipales prévues au Venezuela pour le 21 novembre ne seront « ni libres, ni démocratiques », a estimé lundi le président colombien Ivan Duque, voyant dans le scrutin une manœuvre du président vénézuélien Nicolas Maduro pour maintenir « sa dictature ».

Les élections « ne seront pas libres, ne seront pas démocratiques. C’est la stratégie de toujours de Maduro : briser l’opposition, l’inviter à participer à des élections, la laisser gagner quatre, cinq ou six régions pour pouvoir passer pour un démocrate aux yeux du monde et maintenir sa dictature », a-t-il déclaré dans un entretien avec l’AFP à Paris.

La Colombie et le Venezuela ont des rapport très tendus. La frontière entre ces deux pays est presque intégralement fermée depuis 2015 et Caracas a rompu les relations diplomatiques en 2019 avec Bogota après la reconnaissance par la Colombie, ainsi qu’une cinquantaine d’autres pays dont les Etats-Unis, de Juan Guaido en tant que président par intérim.

Répondant à l’AFP quelques heures après son déjeuner avec son homologue français Emmanuel Macron, Ivan Duque, qui achèvera son mandat en 2022 (il ne peut pas se représenter en vertu de la Constitution), a loué la convergence de vues avec le président français sur la question vénézuélienne, mais aussi plus largement, la qualité des relations entre leurs deux pays.

« Nous avons travaillé main dans la main, non seulement pour dénoncer Nicolas Maduro devant la Cour Pénale Internationale, mais aussi pour régénérer la démocratie au Venezuela, pour pouvoir renforcer les citoyens et voir des élections libres », a-t-il déclaré.

Lutte contre le réchauffement climatique, contre la pandémie, processus de paix colombien… « Nous sommes arrivés à un niveau de relations bilatérales jamais atteint », a estimé M. Duque, précisant s’attendre à des investissements d’entreprises françaises en Colombie de « plus de deux milliards de dollars » au cours des 18 prochains mois.

– « Il faut agir sur la demande » de drogue –

Alors que la Colombie fait face à la vague de violences la plus importante depuis le désarmement de la guérilla des FARC et l’accord de paix historique de 2016 dont c’était il y a peu le 5e anniversaire, Ivan Duque a assumé son choix de rupture en 2019 des négociations avec une autre guérilla, celle de l’ELN, qui poursuit ses actions.

« Il n’y a pas de volonté de paix » de sa part, a-t-il estimé. « Tant qu’il n’y a pas un arrêt de toutes les activités criminelles et une libération de tous les otages, il nous sera très difficile de nous rapprocher, car cela reviendrait à valider ces crimes atroces ».

Concernant les FARC, le président colombien voit « une sorte de situation mixte. Je pourrais dire que la grande majorité des personnes qui appartenaient à cette organisation sont entrées dans un chemin de légalité et (…) sont sur un chemin d’incorporation dans la vie sociale. Cependant, il est également très important de parler des défis. Je pense qu’il est nécessaire d’obtenir une réparation matérielle et économique plus efficace de la part des auteurs de ces crimes ».

Par ailleurs, « nous ne pouvons pas nier (qu’il y a)les dissidents des FARC », qui sont des centaines à continuer le combat dans plusieurs régions, où, selon les renseignements militaires, ils se livrent au trafic de drogue, à l’exploitation minière illégale et à l’extorsion.

D’après ces services de l’armée, ils se disputent ces lucratifs revenus avec l’ELN, les groupes paramilitaires d’extrême droite et les trafiquants de drogue.

Concernant ces derniers, et quelques jours après la retentissante arrestation d’Otoniel, l’un des plus importants barons de la drogue, le président colombien a insisté sur l’importance des politiques de lutte contre la drogue dans les pays consommateurs, pour ne pas laisser toute la responsabilité de ce combat à son pays.

« Combien de campagnes de prévention ? Combien d’arrestations de trafiquants dans les pays développés ? (…) Nous devons faire ce qui nous revient du côté de l’offre, mais il faut agir sur la demande, avec beaucoup de pédagogie d’actions réelles », a-t-il plaidé, refusant toutefois de citer tel ou tel pays consommateur qui ne livrerait pas correctement cette bataille.

Le 3 novembre 2021

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