Al Boraq: 3 millions de passagers en 2019, "rentabilité d'exploitation assurée"

Un an après la mise en service du train à grande vitesse Al Boraq, l’ONCF a présenté, mercredi 20 novembre, le bilan de son activité. Selon le directeur général Mohamed Rabie Khlie, sa concrétisation "a permis de faire taire les mauvaises langues en servant un marché de 3 millions de voyageurs et en contribuant à créer de la richesse dans des secteurs comme ceux du tourisme ou de la logistique…"

Le 20 novembre 2019 à 16:45

Modifié le 22 novembre 2019 à 05:18

"Depuis qu’Al Boraq est opérationnel, je ne suis plus attaqué par la presse, j’en conclus donc que ce projet est une réussite qui valait le coup d’attendre", s’est réjoui, le directeur général de l’ONCF, qui en effet cristallisait toutes les critiques des voyageurs excédés des retards avant le lancement d’Al Boraq qui a coïncidé avec la fin des travaux de doublement et triplement de voies d’autres lignes classiques comme Casablanca-Rabat ou Casablanca-Marrakech.

Le trafic a augmenté de 80% à la gare de Tanger

Selon lui, le résultat le plus probant est la forte fréquentation de la ligne à grande vitesse Tanger-Casablanca qui s’est établie à 2,5 millions de voyageurs de janvier à Octobre 2019 et devrait atteindre 3 millions pour l’ensemble de l’année courante.

Entre la création de cette connexion ferroviaire et la construction de nouvelles gares d’accueil, le trafic a augmenté de 80% à la gare de Tanger, 43% à celle de l’Agdal et 23% à Casa-voyageurs.

Dans le détail, ce sont 7.000 trains, occupés à 68% en semaine et complets les week-end et jours de fêtes, qui ont transporté en 10 mois une moyenne de 8.250 passagers par jour.

Avec "un taux de satisfaction de 92%", le succès de l’offre de Al Boraq s’expliquerait par la forte réduction du temps de voyage (divisé par 2 voire par 3 sur certains tronçons) et par des fréquences journalières de 28 trains qui font l’aller-retour avec une ponctualité de 97%.

"Al Boraq n'est pas un éléphant blanc"

Côté résultats, les recettes engrangées depuis son lancement ont permis, selon Khlie, avant la fin de la 1ère année d’exploitation de "couvrir l’ensemble des coûts d’exploitation et de dégager une petite marge opérationnelle".

N’ayant pas encore arrêté les comptes pour révéler le résultat, le directeur a insisté sur le fait que ce projet n’était pas un éléphant blanc et que les profits seraient bientôt au rendez-vous.

Visiblement heureux des résultats du nouveau-né de l’ONCF, Khlie a ajouté que la LGV a également contribué à insuffler une dynamique de croissance socio-économique dans toutes les régions et villes traversées par Al Boraq.

L’urbanisme et le tourisme boostés

Ainsi, les prix des programmes immobiliers ou des terrains nus proches des gares desservies par la LGV ont été valorisés par la proximité de ce moyen de transport moderne et rapide.

Citant les chiffres de l’ONMT (office national marocain du tourisme), le DG a affirmé que le secteur du tourisme a beaucoup profité de l’arrivée du TGV qui a connecté le nord au centre du pays.

Le nombre de nuitées de touristes étrangers a augmenté de près de 20% (contre 6% au niveau national) tandis que les arrivées ont crû de 9% (1,5 fois la moyenne nationale).

De plus, sachant que le voyage entre la ville du Détroit et Casablanca ne dure plus que 2 heures dix, il s’est dit persuadé de l’arrivée imminente de nouvelles compagnies aériennes à Tanger.

Idem pour l’apport de la LGV à la logistique internationale. Selon lui, le groupe PSA ne se serait jamais installé à Kénitra sans Al Boraq dont le démarrage a libéré une voie ferroviaire empruntée par un train de marchandises destinés au port de Tanger.

Continuant sur sa lancée, Khlie a révélé que la LGV avait permis d’éviter la circulation de 600.000 voitures et de 58.400 autocars sur les routes soit 250 morts en moins, d’économiser 1 million de tonnes de carbone polluant.

Contrat-programme: 21 MMDH d'investissements

Au final, le directeur général a affirmé que ce projet structurant qui a déjà impacté le nord et le centre du Maroc allait, à terme, s’étendre à l’ensemble des grandes villes du Royaume.

Rappelant la signature récente (25/07/2019) d’un protocole d’accord avec l’Etat, Khlie a révélé que le nouveau contrat-programme 2019-2025 serait conclu avant la fin de l’année courante. Il sera doté d’une enveloppe de 21 MMDH pour l'investissement.

Des extensions de LGV dépendront du contrat-programme

Ce n’est qu’une fois que le contrat programme sera signé avec le Chef du gouvernement que l’ONCF pourra donner plus de détails sur les extensions ferroviaires en cours d’études comme celles de : Kénitra-Rabat (LGV), Casa-Marrakech (LGV), Marrakech-Agadir, Agadir-Laayoune, Oued Zem-Beni-Mellal, Oujda-Berkane-Nador, Rabat-Meknès via Khémisset et Tanger-Tétouan.

Tout ce que l’on sait est que cette feuille de route permettra de mettre en place le nouveau modèle économique de l’ONCF et ses nouvelles orientations qui sont résumées dans les 6 points suivants :

  • Consécration du rôle de l’Etat (prise en charge financière par l’Etat, ONCF devient uniquement maître d’ouvrage délégué chargé de l'exploitation …)
  • Refonte institutionnelle (création d'ONCF S.A …)
  • Restructuration comptable
  • Amélioration du profil du passif (restructuration de la dette, nouveaux emprunts à long-terme avec garantie de l’Etat …)
  • Revalorisation du patrimoine de l’ONCF (cession des actifs non stratégiques, monétisation des gares …). Par cession des actifs non stratégiques, fait-on allusion à La Mamounia entre autres?
  • Amélioration de l’efficience opérationnelle (partenariat industriel ONCF-OCP, assainissement des dettes, amélioration des délais de paiement …)

Al Boraq: 3 millions de passagers en 2019, "rentabilité d'exploitation assurée"

Le 20 novembre 2019 à16:45

Modifié le 22 novembre 2019 à 05:18

Un an après la mise en service du train à grande vitesse Al Boraq, l’ONCF a présenté, mercredi 20 novembre, le bilan de son activité. Selon le directeur général Mohamed Rabie Khlie, sa concrétisation "a permis de faire taire les mauvaises langues en servant un marché de 3 millions de voyageurs et en contribuant à créer de la richesse dans des secteurs comme ceux du tourisme ou de la logistique…"

"Depuis qu’Al Boraq est opérationnel, je ne suis plus attaqué par la presse, j’en conclus donc que ce projet est une réussite qui valait le coup d’attendre", s’est réjoui, le directeur général de l’ONCF, qui en effet cristallisait toutes les critiques des voyageurs excédés des retards avant le lancement d’Al Boraq qui a coïncidé avec la fin des travaux de doublement et triplement de voies d’autres lignes classiques comme Casablanca-Rabat ou Casablanca-Marrakech.

Le trafic a augmenté de 80% à la gare de Tanger

Selon lui, le résultat le plus probant est la forte fréquentation de la ligne à grande vitesse Tanger-Casablanca qui s’est établie à 2,5 millions de voyageurs de janvier à Octobre 2019 et devrait atteindre 3 millions pour l’ensemble de l’année courante.

Entre la création de cette connexion ferroviaire et la construction de nouvelles gares d’accueil, le trafic a augmenté de 80% à la gare de Tanger, 43% à celle de l’Agdal et 23% à Casa-voyageurs.

Dans le détail, ce sont 7.000 trains, occupés à 68% en semaine et complets les week-end et jours de fêtes, qui ont transporté en 10 mois une moyenne de 8.250 passagers par jour.

Avec "un taux de satisfaction de 92%", le succès de l’offre de Al Boraq s’expliquerait par la forte réduction du temps de voyage (divisé par 2 voire par 3 sur certains tronçons) et par des fréquences journalières de 28 trains qui font l’aller-retour avec une ponctualité de 97%.

"Al Boraq n'est pas un éléphant blanc"

Côté résultats, les recettes engrangées depuis son lancement ont permis, selon Khlie, avant la fin de la 1ère année d’exploitation de "couvrir l’ensemble des coûts d’exploitation et de dégager une petite marge opérationnelle".

N’ayant pas encore arrêté les comptes pour révéler le résultat, le directeur a insisté sur le fait que ce projet n’était pas un éléphant blanc et que les profits seraient bientôt au rendez-vous.

Visiblement heureux des résultats du nouveau-né de l’ONCF, Khlie a ajouté que la LGV a également contribué à insuffler une dynamique de croissance socio-économique dans toutes les régions et villes traversées par Al Boraq.

L’urbanisme et le tourisme boostés

Ainsi, les prix des programmes immobiliers ou des terrains nus proches des gares desservies par la LGV ont été valorisés par la proximité de ce moyen de transport moderne et rapide.

Citant les chiffres de l’ONMT (office national marocain du tourisme), le DG a affirmé que le secteur du tourisme a beaucoup profité de l’arrivée du TGV qui a connecté le nord au centre du pays.

Le nombre de nuitées de touristes étrangers a augmenté de près de 20% (contre 6% au niveau national) tandis que les arrivées ont crû de 9% (1,5 fois la moyenne nationale).

De plus, sachant que le voyage entre la ville du Détroit et Casablanca ne dure plus que 2 heures dix, il s’est dit persuadé de l’arrivée imminente de nouvelles compagnies aériennes à Tanger.

Idem pour l’apport de la LGV à la logistique internationale. Selon lui, le groupe PSA ne se serait jamais installé à Kénitra sans Al Boraq dont le démarrage a libéré une voie ferroviaire empruntée par un train de marchandises destinés au port de Tanger.

Continuant sur sa lancée, Khlie a révélé que la LGV avait permis d’éviter la circulation de 600.000 voitures et de 58.400 autocars sur les routes soit 250 morts en moins, d’économiser 1 million de tonnes de carbone polluant.

Contrat-programme: 21 MMDH d'investissements

Au final, le directeur général a affirmé que ce projet structurant qui a déjà impacté le nord et le centre du Maroc allait, à terme, s’étendre à l’ensemble des grandes villes du Royaume.

Rappelant la signature récente (25/07/2019) d’un protocole d’accord avec l’Etat, Khlie a révélé que le nouveau contrat-programme 2019-2025 serait conclu avant la fin de l’année courante. Il sera doté d’une enveloppe de 21 MMDH pour l'investissement.

Des extensions de LGV dépendront du contrat-programme

Ce n’est qu’une fois que le contrat programme sera signé avec le Chef du gouvernement que l’ONCF pourra donner plus de détails sur les extensions ferroviaires en cours d’études comme celles de : Kénitra-Rabat (LGV), Casa-Marrakech (LGV), Marrakech-Agadir, Agadir-Laayoune, Oued Zem-Beni-Mellal, Oujda-Berkane-Nador, Rabat-Meknès via Khémisset et Tanger-Tétouan.

Tout ce que l’on sait est que cette feuille de route permettra de mettre en place le nouveau modèle économique de l’ONCF et ses nouvelles orientations qui sont résumées dans les 6 points suivants :

  • Consécration du rôle de l’Etat (prise en charge financière par l’Etat, ONCF devient uniquement maître d’ouvrage délégué chargé de l'exploitation …)
  • Refonte institutionnelle (création d'ONCF S.A …)
  • Restructuration comptable
  • Amélioration du profil du passif (restructuration de la dette, nouveaux emprunts à long-terme avec garantie de l’Etat …)
  • Revalorisation du patrimoine de l’ONCF (cession des actifs non stratégiques, monétisation des gares …). Par cession des actifs non stratégiques, fait-on allusion à La Mamounia entre autres?
  • Amélioration de l’efficience opérationnelle (partenariat industriel ONCF-OCP, assainissement des dettes, amélioration des délais de paiement …)

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