Algérie: Bouteflika de retour, des décisions sont attendues

[ALGER. MEDIAS24].- Abdelaziz Bouteflika a regagné l'Algérie ce dimanche  mars en fin de journée, en provenance de Genève où il était hospitalisé depuis le 24  février pour "des contrôles médicaux". Les rumeurs et les spéculations font état d'un changement de gouvernement et d'un report des élections.

Algérie: Bouteflika de retour, des décisions sont attendues

Le 10 mars 2019 à 18:10

Modifié le 12 avril 2019 à 08:08

Un mois après le début des manifestations contre la candidature de Bouteflika pour un 5e mandat, la rue algérienne ne décolère pas. Ce dimanche a été marqué par des manifestations de lycéens et une grève générale diversement suivie.

L’insurrection citoyenne grandit de jour en jour et, ce dimanche 10 mars, elle a franchi un nouveau pas dans son opposition frontale à la reconduction d’un vieillard de 82 ans et au bout du rouleau à la tête d’un pays composé à 70% de jeunes.

La grève a été suivie dans nombre de secteurs y compris dans les grandes entreprises publiques Sonatrach, la mamelle du pays. Certes, des pans entiers de la population ont adhéré  à ce débrayage, mais beaucoup d’acteurs influents à l’image de l’avocat Mustapha Bouchachi ne l’ont pas vu d’un bon œil.

«Ce n’est pas le moment d’aller vers la grève générale, encore moins vers la désobéissance civile », assure le militant des droits de l’Homme qui, dans une déclaration au site HuffPost Algérie,  considère que cette grève générale  « ne sert pas l’intérêt des Algériens en ce moment » et elle est de nature à « diviser les Algériens ». « Cela ne sert absolument à rien », tranche Me Bouchachi.   

Il reste que ce début de désobéissance civile est le signe de la détermination de la jeunesse algérienne à ne pas lâcher prise et aller jusqu’au bout de leur mouvement avec pour objectif essentiel : la chute du régime de Bouteflika mais aussi le changement de système.

Effritement du clan de Bouteflika

Mais le point d’orgue de cette révolte juvénile a été incontestablement la marche du vendredi 8 mars  avec les millions d’Algériens qui ont battu le pavé de presque toutes villes algériennes pour crier d’une seule voix : « non au 5e mandat ». 

Et un tel "soulèvement’’ fait des dégâts dans le camp d’en face, c’est-à-dire les partisans du 5e mandat pour Bouteflika, qui tablait dans un premier temps sur l’essoufflement du mouvement avant de se rendre à l’évidence : la révolte est partie pour durer.

Les sponsors du maintien au pouvoir de l’actuel chef de l’Etat, les partis de l’Alliance présidentielle plus précisément, se sont complètement éclipsés de la scène  et leurs rangs se dégarnissent de jour en jour. Pour preuve, des démissions en cascades sont souvent rapportées par la presse algérienne chez le parti au pouvoir, Le Front de libération nationale (FLN), a vu un de ses principaux dirigeants, Abdelkrim Abada, mais aussi un ancien ministre et député d’Alger, Sid Ahmed Feroukhi, rendre leurs cartes de militants.

Idem pour le FCE, la principale organisation patronale du pays dirigée par un soutien inconditionnel  de Bouteflika, à  savoir Ali Haddad, a enregistré elle aussi pas moins d’une dizaine de défections dont des vice-présidents comme le patron du groupe Benamor. Mieux, le vent de révolte a atteint même la puissante Organisation nationale des moudjahidines (ONM) qui s’est prononcée contre le 5e mandat ! Un symbole de la fin d’une époque.    

Question : le retour dimanche au pays du président Bouteflika au réussirait-il à enrayer la descente aux enfers d’un clan en perdition qui, 20 ans durant, s’est tout permis ? Peu sûr.

Tags : algérie

Algérie: Bouteflika de retour, des décisions sont attendues

Le 10 mars 2019 à18:18

Modifié le 12 avril 2019 à 08:08

[ALGER. MEDIAS24].- Abdelaziz Bouteflika a regagné l'Algérie ce dimanche  mars en fin de journée, en provenance de Genève où il était hospitalisé depuis le 24  février pour "des contrôles médicaux". Les rumeurs et les spéculations font état d'un changement de gouvernement et d'un report des élections.

Un mois après le début des manifestations contre la candidature de Bouteflika pour un 5e mandat, la rue algérienne ne décolère pas. Ce dimanche a été marqué par des manifestations de lycéens et une grève générale diversement suivie.

L’insurrection citoyenne grandit de jour en jour et, ce dimanche 10 mars, elle a franchi un nouveau pas dans son opposition frontale à la reconduction d’un vieillard de 82 ans et au bout du rouleau à la tête d’un pays composé à 70% de jeunes.

La grève a été suivie dans nombre de secteurs y compris dans les grandes entreprises publiques Sonatrach, la mamelle du pays. Certes, des pans entiers de la population ont adhéré  à ce débrayage, mais beaucoup d’acteurs influents à l’image de l’avocat Mustapha Bouchachi ne l’ont pas vu d’un bon œil.

«Ce n’est pas le moment d’aller vers la grève générale, encore moins vers la désobéissance civile », assure le militant des droits de l’Homme qui, dans une déclaration au site HuffPost Algérie,  considère que cette grève générale  « ne sert pas l’intérêt des Algériens en ce moment » et elle est de nature à « diviser les Algériens ». « Cela ne sert absolument à rien », tranche Me Bouchachi.   

Il reste que ce début de désobéissance civile est le signe de la détermination de la jeunesse algérienne à ne pas lâcher prise et aller jusqu’au bout de leur mouvement avec pour objectif essentiel : la chute du régime de Bouteflika mais aussi le changement de système.

Effritement du clan de Bouteflika

Mais le point d’orgue de cette révolte juvénile a été incontestablement la marche du vendredi 8 mars  avec les millions d’Algériens qui ont battu le pavé de presque toutes villes algériennes pour crier d’une seule voix : « non au 5e mandat ». 

Et un tel "soulèvement’’ fait des dégâts dans le camp d’en face, c’est-à-dire les partisans du 5e mandat pour Bouteflika, qui tablait dans un premier temps sur l’essoufflement du mouvement avant de se rendre à l’évidence : la révolte est partie pour durer.

Les sponsors du maintien au pouvoir de l’actuel chef de l’Etat, les partis de l’Alliance présidentielle plus précisément, se sont complètement éclipsés de la scène  et leurs rangs se dégarnissent de jour en jour. Pour preuve, des démissions en cascades sont souvent rapportées par la presse algérienne chez le parti au pouvoir, Le Front de libération nationale (FLN), a vu un de ses principaux dirigeants, Abdelkrim Abada, mais aussi un ancien ministre et député d’Alger, Sid Ahmed Feroukhi, rendre leurs cartes de militants.

Idem pour le FCE, la principale organisation patronale du pays dirigée par un soutien inconditionnel  de Bouteflika, à  savoir Ali Haddad, a enregistré elle aussi pas moins d’une dizaine de défections dont des vice-présidents comme le patron du groupe Benamor. Mieux, le vent de révolte a atteint même la puissante Organisation nationale des moudjahidines (ONM) qui s’est prononcée contre le 5e mandat ! Un symbole de la fin d’une époque.    

Question : le retour dimanche au pays du président Bouteflika au réussirait-il à enrayer la descente aux enfers d’un clan en perdition qui, 20 ans durant, s’est tout permis ? Peu sûr.

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