Algérie. L'armée en première ligne, mises en garde de Gaïd Salah

Le général Gaïd Salah a réuni samedi l'Etat-Major de l'armée. Il a rappelé la position du 26 mars dernier en y apportant des précisions et dénoncé des réunions "suspectes" et des "manœuvres" contre l'ANP, dans ce qui ressemble à un bras-de-fer avec le clan Bouteflika.

Le 31 mars 2019 à 07:18

Modifié le 31 mars 2019 à 22:26

Cette fois-ci, ce n'est pas dans une région militaire éloignée d'Alger que cela se passe. Mais à l'Etat-Major où Gaïd Salah a réuni les principaux chefs militaires du pays. Son premier message, c'est que ses paroles du 26 mars engagent tout l'Etat-Major et qu'il ne s'agit pas d'une prise de position isolée ou individuelle.

Les autres messages qui sont des mises en garde, semblent s'adresser au clan Bouteflika avec lequel un sourd bras-de-fer semble engagé. Le président n'a toujours pas démissionné, et le Conseil constitutionnel, dirigé par un fidèle du chef de l'Etat ne s'est pas réuni pour constater l'incapacité de celui-ci. Pour le moment, l'article 102 n'est pas appliqué.

C'est à l'application de cet article 102 de la Constitution qu'avait appelé Gaïd Salah le 26 mars. Il avait fait le constat de la crise et estimé que la solution résidait dans l'application de l'article 102: démission ou constat d'incapacité, président intérimaire, élections.

Mais cet article ne peut être appliqué qu'après réunion du Conseil constitutionnel. Celui-ci est dirigé par un fidèle de Bouteflika.

Gaïd Salah revient donc à la charge. Devant les principaux chefs militaires du pays, réunis à l'Etat-Major, il a transmis les messages suivants:

1. La solution réside dans les articles 7, 8 et 102 de la Constitution:

Art. 7. — Le peuple est la source de tout pouvoir. La souveraineté nationale appartient exclusivement au peuple.

Art. 8 — Le pouvoir constituant appartient au peuple. Le peuple exerce sa souveraineté par l'intermédiaire des institutions qu'il se donne. Le peuple l'exerce aussi par voie de référendum et par l'intermédiaire de ses représentants élus. Le Président de la République peut directement recourir à l'expression de la volonté du peuple.

Une lecture de l'article 102 a déjà été largement donnée dans nos colonnes. C'est l'article relatif à la démission ou à l'incapacité du chef de l'Etat.

2. S'appuyant implicitement sur les articles 7 et 8, Gaïd Salah estime que le peuple algérien s'est exprimé à travers ses marches pacifiques, appuyant la proposition de l'ANP relative à l'application de l'article 102.

3. Le communiqué publié sur le site du ministère algérien de la Défense, ajoute:

"A travers les marches pacifiques, le peuple a accueilli favorablement la proposition de l'ANP. Cependant, certaines parties malintentionnées s'affairent à préparer un plan visant à porter atteinte à la crédibilité de l'ANP et à contourner les revendications légitimes du peuple.

"En effet, et en date du 30 mars 2019, une réunion a été tenue par des individus connus, dont l'identité sera dévoilée en temps opportun, en vue de mener une campagne médiatique virulente à travers les différents médias et sur les réseaux sociaux contre l'ANP et faire accroire à l'opinion publique que le peuple algérien rejette l'application de l'article 102 de la Constitution.

"Dans ce cadre, le général de Corps d'Armée a souligné :

« A la lumière de ces développements, la position de l'ANP demeure immuable, dans la mesure où elle s'inscrit constamment dans le cadre de la légalité constitutionnelle et place les intérêts du peuple algérien au-dessus de toute autre considération, en estimant toujours que la solution de crise ne peut être envisagée qu'à travers l'activation des articles 7, 8 et 102 ».

L'expression "parties malintentionnées" fait-elle allusion au clan Bouteflika ? C'est ce que laissent entendre des commentaires de milieux politiques algériens cités dans la presse.

Algérie. L'armée en première ligne, mises en garde de Gaïd Salah

Le 31 mars 2019 à07:43

Modifié le 31 mars 2019 à 22:26

Le général Gaïd Salah a réuni samedi l'Etat-Major de l'armée. Il a rappelé la position du 26 mars dernier en y apportant des précisions et dénoncé des réunions "suspectes" et des "manœuvres" contre l'ANP, dans ce qui ressemble à un bras-de-fer avec le clan Bouteflika.

Cette fois-ci, ce n'est pas dans une région militaire éloignée d'Alger que cela se passe. Mais à l'Etat-Major où Gaïd Salah a réuni les principaux chefs militaires du pays. Son premier message, c'est que ses paroles du 26 mars engagent tout l'Etat-Major et qu'il ne s'agit pas d'une prise de position isolée ou individuelle.

Les autres messages qui sont des mises en garde, semblent s'adresser au clan Bouteflika avec lequel un sourd bras-de-fer semble engagé. Le président n'a toujours pas démissionné, et le Conseil constitutionnel, dirigé par un fidèle du chef de l'Etat ne s'est pas réuni pour constater l'incapacité de celui-ci. Pour le moment, l'article 102 n'est pas appliqué.

C'est à l'application de cet article 102 de la Constitution qu'avait appelé Gaïd Salah le 26 mars. Il avait fait le constat de la crise et estimé que la solution résidait dans l'application de l'article 102: démission ou constat d'incapacité, président intérimaire, élections.

Mais cet article ne peut être appliqué qu'après réunion du Conseil constitutionnel. Celui-ci est dirigé par un fidèle de Bouteflika.

Gaïd Salah revient donc à la charge. Devant les principaux chefs militaires du pays, réunis à l'Etat-Major, il a transmis les messages suivants:

1. La solution réside dans les articles 7, 8 et 102 de la Constitution:

Art. 7. — Le peuple est la source de tout pouvoir. La souveraineté nationale appartient exclusivement au peuple.

Art. 8 — Le pouvoir constituant appartient au peuple. Le peuple exerce sa souveraineté par l'intermédiaire des institutions qu'il se donne. Le peuple l'exerce aussi par voie de référendum et par l'intermédiaire de ses représentants élus. Le Président de la République peut directement recourir à l'expression de la volonté du peuple.

Une lecture de l'article 102 a déjà été largement donnée dans nos colonnes. C'est l'article relatif à la démission ou à l'incapacité du chef de l'Etat.

2. S'appuyant implicitement sur les articles 7 et 8, Gaïd Salah estime que le peuple algérien s'est exprimé à travers ses marches pacifiques, appuyant la proposition de l'ANP relative à l'application de l'article 102.

3. Le communiqué publié sur le site du ministère algérien de la Défense, ajoute:

"A travers les marches pacifiques, le peuple a accueilli favorablement la proposition de l'ANP. Cependant, certaines parties malintentionnées s'affairent à préparer un plan visant à porter atteinte à la crédibilité de l'ANP et à contourner les revendications légitimes du peuple.

"En effet, et en date du 30 mars 2019, une réunion a été tenue par des individus connus, dont l'identité sera dévoilée en temps opportun, en vue de mener une campagne médiatique virulente à travers les différents médias et sur les réseaux sociaux contre l'ANP et faire accroire à l'opinion publique que le peuple algérien rejette l'application de l'article 102 de la Constitution.

"Dans ce cadre, le général de Corps d'Armée a souligné :

« A la lumière de ces développements, la position de l'ANP demeure immuable, dans la mesure où elle s'inscrit constamment dans le cadre de la légalité constitutionnelle et place les intérêts du peuple algérien au-dessus de toute autre considération, en estimant toujours que la solution de crise ne peut être envisagée qu'à travers l'activation des articles 7, 8 et 102 ».

L'expression "parties malintentionnées" fait-elle allusion au clan Bouteflika ? C'est ce que laissent entendre des commentaires de milieux politiques algériens cités dans la presse.

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