Algérie: le directeur de la télévision nationale limogé

Le directeur général de l'Entreprise publique de la télévision algérienne (EPTV), Toufik Khelladi, a été démis de ses fonctions, et remplacé par Lotfi Cheriet, a annoncé lundi 25 mars l'Agence de presse algérienne APS.

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Algérie: le directeur de la télévision nationale limogé Plusieurs dizaines de journalistes et autres personnels de la télévision nationale algérienne manifestent le 25 mars à Alger pour dénoncer la "censure" sur leurs chaînes. Crédit photo: RYAD KRAMDI

Le 26 mars 2019 à 11:30

Modifié le 26 mars 2019 à 11:11

"Ancien journaliste et directeur de l'information de l'EPTV et directeur de Canal Algérie, M. Cheriet est membre de l'Autorité de régulation de l'audiovisuel (ARAV)". "M. Khelladi a été appelé à d'autres fonctions", selon la même source.

M. Khelladi, a été limogé en pleine contestation de ses journalistes contre la "censure" dans la couverture des manifestations réclamant le départ du président Abdelaziz Bouteflika.

Ni l'agence de presse officielle APS, qui a annoncé son limogeage, ni un cadre de la télévision nationale, qui l'a confirmé à l'AFP, n'ont précisé les raisons de l'éviction de M. Khelladi de son poste qu'il occupait depuis 2012, après avoir dirigé la radio nationale.

M. Khelladi faisait face depuis près d'un mois à une fronde sans précédent de ses salariés, notamment les journalistes, qui dénoncent la "censure" sur les chaînes nationales, apparue au grand jour avec la couverture des manifestations d'ampleur contre M. Bouteflika, déclenchées le 22 février.

Comme leurs collègues de la radio nationale, les salariés de la télévision publique dénoncent des "pressions" de leur hiérarchie qui les a contraints à initialement passer sous silence ces manifestations inédites, puis à en faire état mais en atténuant les mots d'ordre.

Leurs protestations sont elles aussi largement inédites, les manifestations de mécontentement au sein des établissements publics étant jusqu'ici essentiellement liées à des revendications salariales ou aux conditions de travail.

Lundi, pour la troisième semaine de suite, plusieurs dizaines de salariés de la télévision nationale ont manifesté devant son siège à Alger et observé une minute de silence, la main symboliquement posée sur la bouche pour dénoncer les entraves à leur métier.

"Y'en a marre de la censure!", ont-ils scandé en réclamant une télévision "libre et démocratique".

"Nous ne voulons plus être un service pour le gouvernement. Nos équipes sont sur les manifestations, mais c'est ici (au siège de la TV nationale, ndlr) qu'opèrent les ciseaux de la censure", a dénoncé le journaliste Abdelmajid Benkaci.

Sa collègue Melina Yacef a reconnu "une petite ouverture au niveau des émissions de débat", tout en réclamant "un véritable" changement, en particulier pour les journaux télévisés, accusés de faire la part belle au point de vue officiel.

"Nous voulons une télévision publique ouverte à tous les partis, toutes les obédiences, tous les Algériens", a-t-elle ajouté.

Par ailleurs, une rédactrice en chef de la radio nationale et une présentatrice du journal de la télévision publique ont quitté leurs fonctions depuis le début des manifestations.

(Avec Agences)

Plusieurs dizaines de journalistes et autres personnels de la télévision nationale algérienne manifestent le 25 mars à Alger pour dénoncer la "censure" sur leurs chaînes. Crédit photo: RYAD KRAMDI

Algérie: le directeur de la télévision nationale limogé

Le 26 mars 2019 à11:11

Modifié le 26 mars 2019 à 11:11

Le directeur général de l'Entreprise publique de la télévision algérienne (EPTV), Toufik Khelladi, a été démis de ses fonctions, et remplacé par Lotfi Cheriet, a annoncé lundi 25 mars l'Agence de presse algérienne APS.

"Ancien journaliste et directeur de l'information de l'EPTV et directeur de Canal Algérie, M. Cheriet est membre de l'Autorité de régulation de l'audiovisuel (ARAV)". "M. Khelladi a été appelé à d'autres fonctions", selon la même source.

M. Khelladi, a été limogé en pleine contestation de ses journalistes contre la "censure" dans la couverture des manifestations réclamant le départ du président Abdelaziz Bouteflika.

Ni l'agence de presse officielle APS, qui a annoncé son limogeage, ni un cadre de la télévision nationale, qui l'a confirmé à l'AFP, n'ont précisé les raisons de l'éviction de M. Khelladi de son poste qu'il occupait depuis 2012, après avoir dirigé la radio nationale.

M. Khelladi faisait face depuis près d'un mois à une fronde sans précédent de ses salariés, notamment les journalistes, qui dénoncent la "censure" sur les chaînes nationales, apparue au grand jour avec la couverture des manifestations d'ampleur contre M. Bouteflika, déclenchées le 22 février.

Comme leurs collègues de la radio nationale, les salariés de la télévision publique dénoncent des "pressions" de leur hiérarchie qui les a contraints à initialement passer sous silence ces manifestations inédites, puis à en faire état mais en atténuant les mots d'ordre.

Leurs protestations sont elles aussi largement inédites, les manifestations de mécontentement au sein des établissements publics étant jusqu'ici essentiellement liées à des revendications salariales ou aux conditions de travail.

Lundi, pour la troisième semaine de suite, plusieurs dizaines de salariés de la télévision nationale ont manifesté devant son siège à Alger et observé une minute de silence, la main symboliquement posée sur la bouche pour dénoncer les entraves à leur métier.

"Y'en a marre de la censure!", ont-ils scandé en réclamant une télévision "libre et démocratique".

"Nous ne voulons plus être un service pour le gouvernement. Nos équipes sont sur les manifestations, mais c'est ici (au siège de la TV nationale, ndlr) qu'opèrent les ciseaux de la censure", a dénoncé le journaliste Abdelmajid Benkaci.

Sa collègue Melina Yacef a reconnu "une petite ouverture au niveau des émissions de débat", tout en réclamant "un véritable" changement, en particulier pour les journaux télévisés, accusés de faire la part belle au point de vue officiel.

"Nous voulons une télévision publique ouverte à tous les partis, toutes les obédiences, tous les Algériens", a-t-elle ajouté.

Par ailleurs, une rédactrice en chef de la radio nationale et une présentatrice du journal de la télévision publique ont quitté leurs fonctions depuis le début des manifestations.

(Avec Agences)

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