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Algérie: la formation d'un nouveau gouvernement loin d'apaiser la rue (Photo AFP)

Algérie: la formation d'un nouveau gouvernement loin d'apaiser la rue

Le 01 avril 2019 à 15:45

Modifié le 01 avril 2019 à 15:23

La formation d’un gouvernement essentiellement composé de technocrates ne semble apaiser la rue, toujours mobilisée pour obtenir le départ du président Abdelaziz Bouteflika en Algérie, où des médias s’interrogent ouvertement sur une possible démission prochaine du chef de l'Etat.

Quelques centaines de personnes ont manifesté dans la nuit à Alger après l'annonce, dimanche 31 mars soir, de ce gouvernement assez terne, loin du rajeunissement annoncé, dont les nouvelles têtes sont essentiellement des hauts fonctionnaires.

Et qui reste composé pour plus du quart (8 sur 28) de ministres de la précédente équipe, dont les deux poids lourds: le Premier ministre Noureddine Bedoui et le général Ahmed Gaïd Salah, numéro 2 dans l'ordre protocolaire.

M. Bedoui, un fidèle de M. Bouteflika, a été décrié dès sa nomination, le 11 mars, en raison de ses précédentes fonctions de zélé ministre de l'Intérieur, peu à même d'inspirer confiance à la contestation.

Il aura mis 20 jours pour former son gouvernement, annoncé comme devant gérer les affaires courantes durant une "transition" annoncée à une date incertaine.

Inamovible chef d'état-major de l'armée depuis 15 ans, le général Gaïd Salah, conserve son portefeuille de vice-ministre de la Défense qu'il détient depuis 2013, après avoir semblé engager un bras de fer avec l'entourage présidentiel.

Fidèle indéfectible de M. Bouteflika jusqu'à il y a peu, le général Gaïd Salah a fermement réitéré dimanche la nécessité du départ du pouvoir, avant la fin de son mandat le 28 avril du chef de l'Etat, lâché durant la semaine par une bonne partie de ses soutiens.

"Le début de la fin"?

Le site d'information TSA (Tout sur l'Algérie) voit dans son maintien au sein du gouvernement le "résultat d'un compromis entre le commandement de l'armée et la présidence".

Après avoir envisagé une inquiétante "guerre de tranchée" entre l'armée et le clan Bouteflika, les médias algériens bruissent désormais des rumeurs d'une démission prochaine du chef de l'Etat de 82 ans, affaibli depuis 2013 par les séquelles d'un AVC et contesté de manière inédite et massive dans la rue depuis le 22 février.

Hasard ou annonce codée? L'éditorial du quotidien d'Etat El Moudjahid, traditionnel vecteur de messages du pouvoir s'intitule "Le début de la fin?".

"La proposition de l'armée de recourir aux dispositions de la Constitution" pour que le chef de l'Etat quitte le pouvoir "est la seule qui offre une porte de sortie claire et convaincante", note El Moudjahid.

Le quotidien indépendant Liberté voit dans la nomination du nouveau gouvernement le "dernier acte politique d'Abdelaziz Bouteflika avant de quitter la présidence", malgré la volonté affichée de l'intéressé de se maintenir au-delà de l'expiration de son mandat pour diriger une période de "transition".

Le maintien du général Gaïd Salah "achève de démontrer que le règne de Bouteflika tire à sa fin", croit savoir le quotidien francophone qui ne croit plus à un maintien du chef de l'Etat au pouvoir.

Avions privés interdits

La nomination du gouvernement, initialement censé -à défaut de calmer la rue- donner une apparence de normalité institutionnelle intervient dans un contexte de désagrégation du "système" au pouvoir, sur fond de rumeurs entre "chasse aux sorcières" et "les rats quittent le navire".

Symbole: l'arrestation nocturne lundi 1er avril, pour des raisons encore inconnues, à un poste-frontière avec la Tunisie, de l'homme d'affaires Ali Haddad, PDG du principal groupe de BTP du pays, largement dépendant des marchés publics, et proche du chef de l'Etat et surtout de son frère et conseiller Saïd Bouteflika.

Président démissionnaire de la principale organisation patronale d'Algérie, le Forum des chefs d'entreprises (FCE), devenue un instrument politique au service du pouvoir, il est l'incarnation aux yeux des Algériens les liens ambigus entre l'entourage du chef de l'Etat et les milieux économiques.

L'autorité de l'aviation civile a également interdit tout mouvement d'avions privés appartenant à des ressortissants algériens sur les aéroports du pays pour, selon certains médias algériens, empêcher certaines personnalités, susceptibles de faire l'objet d'enquêtes, de fuir le territoire national.

Plusieurs médias ont également fait état de listes, plus ou moins fournies, de personnalités interdites de sortie du territoire, liste dont l'existence a été démentie par d'autres organes de presse.

Par ailleurs, l'Agence de presse algérienne officielle APS Algérie annonce le lancement d'une enquête sur des faits de corruption et de transfert illicite de capitaux vers l'étranger.

(Avec Agences)

(Photo AFP)

Algérie: la formation d'un nouveau gouvernement loin d'apaiser la rue

Le 01 avril 2019 à15:23

Modifié le 01 avril 2019 à 15:23

La formation d’un gouvernement essentiellement composé de technocrates ne semble apaiser la rue, toujours mobilisée pour obtenir le départ du président Abdelaziz Bouteflika en Algérie, où des médias s’interrogent ouvertement sur une possible démission prochaine du chef de l'Etat.

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Quelques centaines de personnes ont manifesté dans la nuit à Alger après l'annonce, dimanche 31 mars soir, de ce gouvernement assez terne, loin du rajeunissement annoncé, dont les nouvelles têtes sont essentiellement des hauts fonctionnaires.

Et qui reste composé pour plus du quart (8 sur 28) de ministres de la précédente équipe, dont les deux poids lourds: le Premier ministre Noureddine Bedoui et le général Ahmed Gaïd Salah, numéro 2 dans l'ordre protocolaire.

M. Bedoui, un fidèle de M. Bouteflika, a été décrié dès sa nomination, le 11 mars, en raison de ses précédentes fonctions de zélé ministre de l'Intérieur, peu à même d'inspirer confiance à la contestation.

Il aura mis 20 jours pour former son gouvernement, annoncé comme devant gérer les affaires courantes durant une "transition" annoncée à une date incertaine.

Inamovible chef d'état-major de l'armée depuis 15 ans, le général Gaïd Salah, conserve son portefeuille de vice-ministre de la Défense qu'il détient depuis 2013, après avoir semblé engager un bras de fer avec l'entourage présidentiel.

Fidèle indéfectible de M. Bouteflika jusqu'à il y a peu, le général Gaïd Salah a fermement réitéré dimanche la nécessité du départ du pouvoir, avant la fin de son mandat le 28 avril du chef de l'Etat, lâché durant la semaine par une bonne partie de ses soutiens.

"Le début de la fin"?

Le site d'information TSA (Tout sur l'Algérie) voit dans son maintien au sein du gouvernement le "résultat d'un compromis entre le commandement de l'armée et la présidence".

Après avoir envisagé une inquiétante "guerre de tranchée" entre l'armée et le clan Bouteflika, les médias algériens bruissent désormais des rumeurs d'une démission prochaine du chef de l'Etat de 82 ans, affaibli depuis 2013 par les séquelles d'un AVC et contesté de manière inédite et massive dans la rue depuis le 22 février.

Hasard ou annonce codée? L'éditorial du quotidien d'Etat El Moudjahid, traditionnel vecteur de messages du pouvoir s'intitule "Le début de la fin?".

"La proposition de l'armée de recourir aux dispositions de la Constitution" pour que le chef de l'Etat quitte le pouvoir "est la seule qui offre une porte de sortie claire et convaincante", note El Moudjahid.

Le quotidien indépendant Liberté voit dans la nomination du nouveau gouvernement le "dernier acte politique d'Abdelaziz Bouteflika avant de quitter la présidence", malgré la volonté affichée de l'intéressé de se maintenir au-delà de l'expiration de son mandat pour diriger une période de "transition".

Le maintien du général Gaïd Salah "achève de démontrer que le règne de Bouteflika tire à sa fin", croit savoir le quotidien francophone qui ne croit plus à un maintien du chef de l'Etat au pouvoir.

Avions privés interdits

La nomination du gouvernement, initialement censé -à défaut de calmer la rue- donner une apparence de normalité institutionnelle intervient dans un contexte de désagrégation du "système" au pouvoir, sur fond de rumeurs entre "chasse aux sorcières" et "les rats quittent le navire".

Symbole: l'arrestation nocturne lundi 1er avril, pour des raisons encore inconnues, à un poste-frontière avec la Tunisie, de l'homme d'affaires Ali Haddad, PDG du principal groupe de BTP du pays, largement dépendant des marchés publics, et proche du chef de l'Etat et surtout de son frère et conseiller Saïd Bouteflika.

Président démissionnaire de la principale organisation patronale d'Algérie, le Forum des chefs d'entreprises (FCE), devenue un instrument politique au service du pouvoir, il est l'incarnation aux yeux des Algériens les liens ambigus entre l'entourage du chef de l'Etat et les milieux économiques.

L'autorité de l'aviation civile a également interdit tout mouvement d'avions privés appartenant à des ressortissants algériens sur les aéroports du pays pour, selon certains médias algériens, empêcher certaines personnalités, susceptibles de faire l'objet d'enquêtes, de fuir le territoire national.

Plusieurs médias ont également fait état de listes, plus ou moins fournies, de personnalités interdites de sortie du territoire, liste dont l'existence a été démentie par d'autres organes de presse.

Par ailleurs, l'Agence de presse algérienne officielle APS Algérie annonce le lancement d'une enquête sur des faits de corruption et de transfert illicite de capitaux vers l'étranger.

(Avec Agences)

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