Algérie : Une escalade contre le Maroc qui n’est pas près de finir

En réaction au projet marocain de construire une caserne proche de sa frontière, l’Algérie a annoncé qu’elle allait édifier une station militaire d’écoute. Entre accusations d’espionnage et exercices militaires où l’ennemi est désigné par un drapeau rouge, l’expert en géopolitique, El Moussaoui El Ajlaoui, avance que l’escalade menée par l'équipe au pouvoir n’est pas prête de s’arrêter.

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Algérie : Une escalade contre le Maroc qui n’est pas près de finir

Le 24 juin 2020 à 18:41

Modifié le 25 juin 2020 à 09:48

Depuis l’arrivée du président Tebboune à la tête de l’Algérie, les attaques contre le Maroc ne cessent de se multiplier et les incidents diplomatiques n’ont pas l’air de vouloir s’arrêter. 

Le Maroc, "espion attitré" de l’Algérie

Après avoir qualifié d’agent de renseignements un diplomate marocain, au service du MAE depuis 25 ans, l’Algérie a accusé le Maroc de vouloir l’espionner en construisant une base à 37 km de sa frontière.

Malgré un démenti du 30 mai dernier de l’armée marocaine précisant que le projet de construction ne concernait pas une base militaire mais « une petite caserne à vocation d’hébergement de troupes », le journal algérien en ligne TSA a annoncé, lundi 23 juin, que son pays allait construire une base militaire.

Si le journal n’a pas donné plus de détails, sa source a déclaré que « l’Algérie allait construire une base similaire ou plus dans le cadre de la réciprocité. Nous avons tout ce qu’il faut pour monter un tel projet ».

Toujours selon TSA, cette réponse s’inscrirait dans une volonté de riposte à la future base marocaine, d’une superficie de 23 hectares, qui aurait selon nos voisins pour seule vocation d’espionner électroniquement l’Algérie avec l’aide des services israéliens.

Un projet secret de station d’espionnage annoncé au B.O. !

Au lendemain de l’annonce inhabituellement médiatisée de créer une station de renseignements pour espionner le Maroc, Médias24 a donc sollicité la lecture d’un expert en géostratégie et géopolitique.

Selon El Moussaoui El Ajlaoui, qui s’évertue de rester factuel dans ses analyses, il a dû y avoir une confusion dans la transcription au Bulletin officiel du projet marocain qui évoque bien un projet de base militaire.

« Dans le texte en arabe, la version française étant indisponible, les rédacteurs parlent bien de base (Qaida) et pas de caserne mais il y a certainement eu une erreur car si le Maroc voulait construire une base secrète, il serait illogique voire même idiot de prendre des risques en lui donnant cette publicité.

« Pour moi, la volonté algérienne de réagir en construisant une station d'écoute n'est que de la rhétorique enfantine car pour espionner ses voisins, cela ne passe pas forcément par une station aux frontières », résume l’expert en rappelant que le Maroc dispose de 2 satellites bien plus discrets et mieux taillés pour ce job.

Israël, joker algérien pour décrédibiliser le Maroc

Concernant les accusations d’une collusion entre les services du Maroc et d’Israël pour espionner l’Algérie à travers la future base, cette approche commence, selon El Ajlaoui, à être éculée.

« Les diplomates algériens ont toujours essayé de faire un parallèle entre les questions séparées de la Palestine et du Sahara en évoquant sans cesse de prétendus liens étroits notamment sécuritaires entre eux.

« D’ailleurs, à plusieurs reprises, une certaine presse n’a pas hésité à qualifier le Maroc de pays sioniste, ce qui est incroyable quand on sait que le Roi Mohammed VI préside le comité Al Qods.

Des accusations pratiques pour détourner l’attention de la population

« Si le nouveau pouvoir se reconstruit avec des purges, cela ne l’empêche pas de jouer, tout comme dans le passé, sur la carte marocaine avec qui l'Algérie a toujours entretenu de mauvais rapports.

« En réalité, cette propagande est destinée au peuple algérien pour détourner son attention des problèmes internes, comme les nombreuses arrestations liées au Hirak, la faillite économique de l’Etat, les échauffourées sociales à Tin Zaouatine, au sud à la frontière avec le Mali, … », affirme le géopoliticien.

Le Maroc, "perfide Albion" éternelle

Selon lui, le discours récurrent d’une armée qui se pose en protectrice du peuple s'inscrit dans la même démarche que les exercices militaires tenus récemment vers Oran (600 km à vol d'oiseau du Maroc).

« Les activités militaires de l’Algérie ont toujours eu comme adversaire le Maroc. Il suffit de visionner les images des récents exercices pour constater que l'ennemi, de l'autre côté des collines, était affublé d'un drapeau rouge. S'il ne lui manque que l'étoile verte, la symbolique n’en reste pas moins forte.

« D’ailleurs, plusieurs journaux ont révélé que la 8ème division blindée, présentée comme le fer de lance de l'armée de terre, a souvent eu comme exercice d’envahir l’est du Maroc via l'axe Oujda-Nador-Fès.

« En fait, sachant que la révolution algérienne a toujours considéré la monarchie marocaine comme une menace, ces rodomontades à l’égard du Maroc datent déjà de 1962 », résume El Ajlaoui.

Des parades musclées pour se positionner en leader régional

Selon notre interlocuteur, les manœuvres militaires à répétition de l'Algérie ont pour vocation d’abord de montrer ses muscles puis d’adresser un message menaçant à la France et à l'Espagne, avec qui elle entretient de mauvais rapports, laissant entendre que son armée a les moyens d'envahir le Maroc.

« C'est toujours le même refrain avec notre voisin qui tient absolument à se positionner comme étant le leader militaire à l’échelle régionale mais aussi continentale et notamment sur le dossier libyen.

« Au final, je ne pense pas que cela ira jusqu'au conflit armé avec le Maroc, mais ce sont quand même des fanfaronnades qu'il convient de tenir à l'œil », conclut El Ajlaoui pour qui, à l’avenir, d’autres incidents diplomatiques ne sont pas à exclure au regard de la forte animosité anti-marocaine du président Abdelmajid Tebboune et de son chef d’état-major Saïd Chengriha.

Algérie : Une escalade contre le Maroc qui n’est pas près de finir

Le 24 juin 2020 à18:41

Modifié le 25 juin 2020 à 09:48

En réaction au projet marocain de construire une caserne proche de sa frontière, l’Algérie a annoncé qu’elle allait édifier une station militaire d’écoute. Entre accusations d’espionnage et exercices militaires où l’ennemi est désigné par un drapeau rouge, l’expert en géopolitique, El Moussaoui El Ajlaoui, avance que l’escalade menée par l'équipe au pouvoir n’est pas prête de s’arrêter.

Depuis l’arrivée du président Tebboune à la tête de l’Algérie, les attaques contre le Maroc ne cessent de se multiplier et les incidents diplomatiques n’ont pas l’air de vouloir s’arrêter. 

Le Maroc, "espion attitré" de l’Algérie

Après avoir qualifié d’agent de renseignements un diplomate marocain, au service du MAE depuis 25 ans, l’Algérie a accusé le Maroc de vouloir l’espionner en construisant une base à 37 km de sa frontière.

Malgré un démenti du 30 mai dernier de l’armée marocaine précisant que le projet de construction ne concernait pas une base militaire mais « une petite caserne à vocation d’hébergement de troupes », le journal algérien en ligne TSA a annoncé, lundi 23 juin, que son pays allait construire une base militaire.

Si le journal n’a pas donné plus de détails, sa source a déclaré que « l’Algérie allait construire une base similaire ou plus dans le cadre de la réciprocité. Nous avons tout ce qu’il faut pour monter un tel projet ».

Toujours selon TSA, cette réponse s’inscrirait dans une volonté de riposte à la future base marocaine, d’une superficie de 23 hectares, qui aurait selon nos voisins pour seule vocation d’espionner électroniquement l’Algérie avec l’aide des services israéliens.

Un projet secret de station d’espionnage annoncé au B.O. !

Au lendemain de l’annonce inhabituellement médiatisée de créer une station de renseignements pour espionner le Maroc, Médias24 a donc sollicité la lecture d’un expert en géostratégie et géopolitique.

Selon El Moussaoui El Ajlaoui, qui s’évertue de rester factuel dans ses analyses, il a dû y avoir une confusion dans la transcription au Bulletin officiel du projet marocain qui évoque bien un projet de base militaire.

« Dans le texte en arabe, la version française étant indisponible, les rédacteurs parlent bien de base (Qaida) et pas de caserne mais il y a certainement eu une erreur car si le Maroc voulait construire une base secrète, il serait illogique voire même idiot de prendre des risques en lui donnant cette publicité.

« Pour moi, la volonté algérienne de réagir en construisant une station d'écoute n'est que de la rhétorique enfantine car pour espionner ses voisins, cela ne passe pas forcément par une station aux frontières », résume l’expert en rappelant que le Maroc dispose de 2 satellites bien plus discrets et mieux taillés pour ce job.

Israël, joker algérien pour décrédibiliser le Maroc

Concernant les accusations d’une collusion entre les services du Maroc et d’Israël pour espionner l’Algérie à travers la future base, cette approche commence, selon El Ajlaoui, à être éculée.

« Les diplomates algériens ont toujours essayé de faire un parallèle entre les questions séparées de la Palestine et du Sahara en évoquant sans cesse de prétendus liens étroits notamment sécuritaires entre eux.

« D’ailleurs, à plusieurs reprises, une certaine presse n’a pas hésité à qualifier le Maroc de pays sioniste, ce qui est incroyable quand on sait que le Roi Mohammed VI préside le comité Al Qods.

Des accusations pratiques pour détourner l’attention de la population

« Si le nouveau pouvoir se reconstruit avec des purges, cela ne l’empêche pas de jouer, tout comme dans le passé, sur la carte marocaine avec qui l'Algérie a toujours entretenu de mauvais rapports.

« En réalité, cette propagande est destinée au peuple algérien pour détourner son attention des problèmes internes, comme les nombreuses arrestations liées au Hirak, la faillite économique de l’Etat, les échauffourées sociales à Tin Zaouatine, au sud à la frontière avec le Mali, … », affirme le géopoliticien.

Le Maroc, "perfide Albion" éternelle

Selon lui, le discours récurrent d’une armée qui se pose en protectrice du peuple s'inscrit dans la même démarche que les exercices militaires tenus récemment vers Oran (600 km à vol d'oiseau du Maroc).

« Les activités militaires de l’Algérie ont toujours eu comme adversaire le Maroc. Il suffit de visionner les images des récents exercices pour constater que l'ennemi, de l'autre côté des collines, était affublé d'un drapeau rouge. S'il ne lui manque que l'étoile verte, la symbolique n’en reste pas moins forte.

« D’ailleurs, plusieurs journaux ont révélé que la 8ème division blindée, présentée comme le fer de lance de l'armée de terre, a souvent eu comme exercice d’envahir l’est du Maroc via l'axe Oujda-Nador-Fès.

« En fait, sachant que la révolution algérienne a toujours considéré la monarchie marocaine comme une menace, ces rodomontades à l’égard du Maroc datent déjà de 1962 », résume El Ajlaoui.

Des parades musclées pour se positionner en leader régional

Selon notre interlocuteur, les manœuvres militaires à répétition de l'Algérie ont pour vocation d’abord de montrer ses muscles puis d’adresser un message menaçant à la France et à l'Espagne, avec qui elle entretient de mauvais rapports, laissant entendre que son armée a les moyens d'envahir le Maroc.

« C'est toujours le même refrain avec notre voisin qui tient absolument à se positionner comme étant le leader militaire à l’échelle régionale mais aussi continentale et notamment sur le dossier libyen.

« Au final, je ne pense pas que cela ira jusqu'au conflit armé avec le Maroc, mais ce sont quand même des fanfaronnades qu'il convient de tenir à l'œil », conclut El Ajlaoui pour qui, à l’avenir, d’autres incidents diplomatiques ne sont pas à exclure au regard de la forte animosité anti-marocaine du président Abdelmajid Tebboune et de son chef d’état-major Saïd Chengriha.

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