Le projet Al Maaden secoué par un conflit entre copropriétaires

Dilam Hotel Developpement et Dilam Resort Promotion, deux entités rattachées au groupe Alliances de Mohamed Alami Nafakh Lazrak, sont accusées de traîner des impayés. Celles-ci répliquent au pénal et menacent de déposer une plainte contre les membres du Conseil syndical.

Alliances : le projet Al Maaden secoué par un conflit entre copropriétaires

Le 11 février 2019 à 12:37

Modifié le 11 février 2019 à 14:42

Tensions à Al Maaden Golf Resort. Situé à Marrakech, ce luxueux lotissement touristique développé par le groupe Alliances est en proie à des conflits entre copropriétaires. Les charges de copropriété sont au cœur de ce contentieux. Le syndicat du lotissement pointe du doigt deux entités rattachées au groupe de Mohamed Alami Nafakh-Lazrak. Il s’agit de Dilam Hotel Developpement et Dilam Resort Promotion, accusées d’avoir cumulé 5 MDH d’impayés.

Les débiteurs ont fait l’objet de plusieurs sommations restées sans réponse. D’où les recours judiciaires initiés par les copropriétaires. Lesquels ont débouché sur des condamnations en paiement, qui n’ont pas non plus été exécutées.

Saisis, les biens immobiliers des deux sociétés devaient faire l’objet d’une vente aux enchères fixée au 29 janvier 2019. Dans le cas de Dilam Resort, deux terrains nus de 4 et 2 hectares ont été proposés à des prix initiaux, respectivement de 11 et 5,5 MMDH.

Mais la vente judiciaire n’a finalement pas eu lieu. Et pour cause… Elle a été suspendue sur demande de Mohamed Reda Nadime, président du Conseil syndical (SCL). Lui et trois autres membres du syndicat ont fait l’objet d’une mise en demeure adressée par l’avocat de Dilam Hotel et Dilam Developpement, Me Jalal Mohamed Amhoul. Ce dernier menace d’un recours pénal au cas où l’exécution n’est pas annulée.

Dans ce document, les deux entités contestent leurs qualités de copropriétaires et accusent même le Conseil d’avoir "fabriqué" des relevés de comptes selon lesquels elles seraient titulaires de trois tantièmes au sein du lotissement. C’est sur la base de ces "tantièmes fictifs" que le Conseil a initié les demandes en paiement contre les deux sociétés, invoque la même source.

Or, pour l’avocat, ses clientes n’ont jamais fait partie de la copropriété, leurs biens immobiliers se situant selon lui hors de sa zone. Pour lui, Dilam Hotel et Dilam Developpement ne figurent pas non plus parmi les 155 co-propriétaires fixés par le règlement de copropriété.

Il accuse enfin le SCL d’avoir utilisé des moyens "frauduleux" pour obtenir "indument" des titres exécutoires et d’avoir présenté, "dans un temps record" et sur "la base d’expertises douteuses", les biens des deux sociétés aux enchères. Des faits qui tombent, précise-t-il, sous le coup des articles 366, 360 et 361 du code pénal, passibles de peines pouvant atteindre 5 ans d’emprisonnement.  

L’avocat a d’ailleurs menacé d’initier une plainte en ce sens, mais uniquement contre le syndic de la copropriété.

Le 4 février, ce dernier a convoqué une assemblée générale urgente afin de faire le point sur les dernières évolutions de ce dossier.  

Seulement, l’argument selon lequel les entités Dilam n’auraient aucun lien avec la copropriété est réfuté par les avocats du CSL. Dans une lettre de réponse via le cabinet Bassamat & Laraqui, celui-ci estime que ces allégations ne résistent pas à l’épreuve des faits, sachant que les sociétés ont déjà procédé au paiement partiel des charges réclamées, et ce à hauteur de 1 MDH à la date du 24 février 2017. On en veut pour preuve un virement effectué au profit de l’union des copropriétaires d’Al Maaden, daté du 9 mars 2017.

Un aveu tacite qui prive de leur sérieux les menaces de plainte pénale, selon le SCL. Une plainte qui, si elle est déposée, ferait risquer à son auteur "une poursuite pour dénonciation calomnieuse", assure le cabinet conseil.

Pas de quoi rassurer le président du SCL. Dans une lettre adressée aux copropriétaires, celui-ci reconnaît "la pertinence" et "la gravité des éléments évoqués et des risques encourus". Etant donné "le caractère irréversible des ventes aux enchères programmées le 29 janvier 201", il affirme qu’il "a été décidé à titre provisoire et préventif de demander le report momentané du processus d’exécution".

Une mesure qui déplait fortement aux membres du SCL. Certains récusent au président tout pouvoir "de donner instructions en vue de suspendre l’ensemble des procédures judiciaires à l’encontre des sociétés Dilam". Sachant que ces décisions "n’ont pas emporté l’accord de tous les membres du conseil syndical" et qu’en tout état de cause celui-ci n’a aucune qualité pour suspendre les procédures.

En réalité, Reda Mohamed Nadim représente le Golf Resort Palace au sein du syndicat qu'il préside. Cet établissement appartient comme Dilam au groupe de Alami Nafakh Lazrak. C'est en quelque sorte, Alliances qui a recours à un représentant d'Alliances (le président du conseil syndical), pour suspendre une exécution contre une autre filiale d'Alliances, le groupe n‘ayant manifestement pas les moyens de payer les montants de la condamnation.

Le projet Al Maaden secoué par un conflit entre copropriétaires

Le 11 février 2019 à14:41

Modifié le 11 février 2019 à 14:42

Dilam Hotel Developpement et Dilam Resort Promotion, deux entités rattachées au groupe Alliances de Mohamed Alami Nafakh Lazrak, sont accusées de traîner des impayés. Celles-ci répliquent au pénal et menacent de déposer une plainte contre les membres du Conseil syndical.

Tensions à Al Maaden Golf Resort. Situé à Marrakech, ce luxueux lotissement touristique développé par le groupe Alliances est en proie à des conflits entre copropriétaires. Les charges de copropriété sont au cœur de ce contentieux. Le syndicat du lotissement pointe du doigt deux entités rattachées au groupe de Mohamed Alami Nafakh-Lazrak. Il s’agit de Dilam Hotel Developpement et Dilam Resort Promotion, accusées d’avoir cumulé 5 MDH d’impayés.

Les débiteurs ont fait l’objet de plusieurs sommations restées sans réponse. D’où les recours judiciaires initiés par les copropriétaires. Lesquels ont débouché sur des condamnations en paiement, qui n’ont pas non plus été exécutées.

Saisis, les biens immobiliers des deux sociétés devaient faire l’objet d’une vente aux enchères fixée au 29 janvier 2019. Dans le cas de Dilam Resort, deux terrains nus de 4 et 2 hectares ont été proposés à des prix initiaux, respectivement de 11 et 5,5 MMDH.

Mais la vente judiciaire n’a finalement pas eu lieu. Et pour cause… Elle a été suspendue sur demande de Mohamed Reda Nadime, président du Conseil syndical (SCL). Lui et trois autres membres du syndicat ont fait l’objet d’une mise en demeure adressée par l’avocat de Dilam Hotel et Dilam Developpement, Me Jalal Mohamed Amhoul. Ce dernier menace d’un recours pénal au cas où l’exécution n’est pas annulée.

Dans ce document, les deux entités contestent leurs qualités de copropriétaires et accusent même le Conseil d’avoir "fabriqué" des relevés de comptes selon lesquels elles seraient titulaires de trois tantièmes au sein du lotissement. C’est sur la base de ces "tantièmes fictifs" que le Conseil a initié les demandes en paiement contre les deux sociétés, invoque la même source.

Or, pour l’avocat, ses clientes n’ont jamais fait partie de la copropriété, leurs biens immobiliers se situant selon lui hors de sa zone. Pour lui, Dilam Hotel et Dilam Developpement ne figurent pas non plus parmi les 155 co-propriétaires fixés par le règlement de copropriété.

Il accuse enfin le SCL d’avoir utilisé des moyens "frauduleux" pour obtenir "indument" des titres exécutoires et d’avoir présenté, "dans un temps record" et sur "la base d’expertises douteuses", les biens des deux sociétés aux enchères. Des faits qui tombent, précise-t-il, sous le coup des articles 366, 360 et 361 du code pénal, passibles de peines pouvant atteindre 5 ans d’emprisonnement.  

L’avocat a d’ailleurs menacé d’initier une plainte en ce sens, mais uniquement contre le syndic de la copropriété.

Le 4 février, ce dernier a convoqué une assemblée générale urgente afin de faire le point sur les dernières évolutions de ce dossier.  

Seulement, l’argument selon lequel les entités Dilam n’auraient aucun lien avec la copropriété est réfuté par les avocats du CSL. Dans une lettre de réponse via le cabinet Bassamat & Laraqui, celui-ci estime que ces allégations ne résistent pas à l’épreuve des faits, sachant que les sociétés ont déjà procédé au paiement partiel des charges réclamées, et ce à hauteur de 1 MDH à la date du 24 février 2017. On en veut pour preuve un virement effectué au profit de l’union des copropriétaires d’Al Maaden, daté du 9 mars 2017.

Un aveu tacite qui prive de leur sérieux les menaces de plainte pénale, selon le SCL. Une plainte qui, si elle est déposée, ferait risquer à son auteur "une poursuite pour dénonciation calomnieuse", assure le cabinet conseil.

Pas de quoi rassurer le président du SCL. Dans une lettre adressée aux copropriétaires, celui-ci reconnaît "la pertinence" et "la gravité des éléments évoqués et des risques encourus". Etant donné "le caractère irréversible des ventes aux enchères programmées le 29 janvier 201", il affirme qu’il "a été décidé à titre provisoire et préventif de demander le report momentané du processus d’exécution".

Une mesure qui déplait fortement aux membres du SCL. Certains récusent au président tout pouvoir "de donner instructions en vue de suspendre l’ensemble des procédures judiciaires à l’encontre des sociétés Dilam". Sachant que ces décisions "n’ont pas emporté l’accord de tous les membres du conseil syndical" et qu’en tout état de cause celui-ci n’a aucune qualité pour suspendre les procédures.

En réalité, Reda Mohamed Nadim représente le Golf Resort Palace au sein du syndicat qu'il préside. Cet établissement appartient comme Dilam au groupe de Alami Nafakh Lazrak. C'est en quelque sorte, Alliances qui a recours à un représentant d'Alliances (le président du conseil syndical), pour suspendre une exécution contre une autre filiale d'Alliances, le groupe n‘ayant manifestement pas les moyens de payer les montants de la condamnation.

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