Amzazi: les étudiants marocains se détournent des filières scientifiques

Selon Saaid Amzazi, 30% des bacheliers scientifiques marocains choisissent des filières universitaires en langue arabe, notamment en sciences humaines. La raison? La fracture linguistique entre le secondaire et le supérieur.

Amzazi: les étudiants marocains se détournent des filières scientifiques

Le 28 février 2019 à 11:45

Modifié le 28 février 2019 à 12:17

Les sciences humaines, c’est évidemment un bon choix. Le problème n’est pas là. Le problème, c’est qu’une partie importante des vocations scientifiques marocaines désertent les filières scientifiques et que le Maroc ne forme pas suffisamment de médecins ou d’ingénieurs à titre d’exemple.

Ces chiffres ont été communiqués par Saaid Amzazi, ministre de l’Education nationale. Et c’est comme cela, explique le ministre, que “nous voyons nos étudiants se détourner de plus en plus des filières scientifiques qui n’accueillent plus actuellement que 12% des étudiants à l’université“.

Saaid Amzazi s’exprimait le mardi 26 février 2019, à l’ouverture de la session plénière de l’Académie Hassan II des sciences et techniques, tenue à Rabat pendant trois jours, sous le thème : “Ingénierie et médecine au service du diagnostic, de la prévention et de la thérapie". 

Ce constat établi par Amzazi suscite une question : pourquoi ?

Et voici la réponse : “Comme vous le savez, les étudiants marocains sont depuis plusieurs décennies victimes d’une véritable fracture linguistique qui les pénalise très lourdement lorsqu’ils optent pour des études universitaires scientifiques“. Il s’agit de la différence de langue véhiculaire entre le secondaire et le supérieur car le Maroc, comme on le sait, enseigne ces matières en langue arabe jusqu’au bac puis dans des langues étrangères dans les cycles supérieurs, ce qui est aberrant.

“Alors de quelle relève scientifique parle-t-on en matière de défis technologiques à relever par notre pays ?“, fait mine de s’interroger le ministre.

Cette question de langue d’enseignement des matières scientifiques et techniques est censée être résolue par le projet de loi-cadre sur l’éducation actuellement en discussion au parlement. Le seul problème, c’est que cette discussion est bloquée en commission parlementaire. Le point de blocage est précisément l’introduction de langues étrangères, telles que le français et l’anglais, comme langues d’enseignement des sciences et techniques à côté de l’arabe et ce, dès l’école primaire.

Amzazi: “En attendant que la loi cadre de l’éducation nous permette de restaurer définitivement une cohérence linguistique dans l’enseignement des matières scientifiques depuis le primaire, nous ne pouvons faire autrement que de veiller à dispenser aux générations actuelles d’étudiants un renforcement linguistique en français bien sûr, mais aussi en anglais.

“Je serais tenté de dire que le choix de l’anglais se justifie amplement par le fait que c’est la langue scientifique par excellence, puisque 95% des publications scientifiques dans le monde sont en anglais. C’est un processus dans lequel nous nous sommes résolument inscrits, mais qui prendra encore du temps, bien évidemment, à assoir, puisque tributaire de la maitrise de cette langue par les enseignants.

“Mais en réalité, et vous conviendrez avec moi, finalement, la véritable langue de l’avenir, ce n’est ni le français ni l’anglais mais bien la langue de l’informatique, le coding.

"D’ici peu, nous vivrons dans un monde d’algorithmes, et ceux qui ne maitriseront pas le langage informatique ne pourront plus jouer aucun rôle au sein des sociétés de demain, où l’intelligence artificielle règnera en maitre absolu“: voici ce qu'a dit le ministre, non sans justesse.

Au moment où comme nous l’avons déjà écrit, le PJD et l’Istiqlal bloquent le projet de loi-cadre, pour des raisons non dénuées d’idéologie, le Maroc a besoin d’élever le débat. Amzazi conclut: “Nous ne savons pas ce que seront 80 % des métiers d’ici 2050, nous ne savons pas ce que sera la place de l’homme quand les machines l’auront peu à peu remplacé. Nous sommes conscients que ce que nous enseignons aujourd’hui sera rapidement obsolète demain…

"Quel visage aura l’école de demain ? Et que devons-nous donc apprendre à nos enfants ?

"Notre nouveau challenge est désormais de pouvoir répondre à cette question. Et la voie de l’avenir s’incarne sans aucun doute dans les skills de l’avenir, que l’on peut résumer en une phrase :

"RÉUSSIR, C’EST DESORMAIS APPRENDRE A APPRENDRE, APPRENDRE A DÉSAPPRENDRE ET APPRENDRE A RÉAPPRENDRE".

Amzazi: les étudiants marocains se détournent des filières scientifiques

Le 28 février 2019 à12:17

Modifié le 28 février 2019 à 12:17

Selon Saaid Amzazi, 30% des bacheliers scientifiques marocains choisissent des filières universitaires en langue arabe, notamment en sciences humaines. La raison? La fracture linguistique entre le secondaire et le supérieur.

Les sciences humaines, c’est évidemment un bon choix. Le problème n’est pas là. Le problème, c’est qu’une partie importante des vocations scientifiques marocaines désertent les filières scientifiques et que le Maroc ne forme pas suffisamment de médecins ou d’ingénieurs à titre d’exemple.

Ces chiffres ont été communiqués par Saaid Amzazi, ministre de l’Education nationale. Et c’est comme cela, explique le ministre, que “nous voyons nos étudiants se détourner de plus en plus des filières scientifiques qui n’accueillent plus actuellement que 12% des étudiants à l’université“.

Saaid Amzazi s’exprimait le mardi 26 février 2019, à l’ouverture de la session plénière de l’Académie Hassan II des sciences et techniques, tenue à Rabat pendant trois jours, sous le thème : “Ingénierie et médecine au service du diagnostic, de la prévention et de la thérapie". 

Ce constat établi par Amzazi suscite une question : pourquoi ?

Et voici la réponse : “Comme vous le savez, les étudiants marocains sont depuis plusieurs décennies victimes d’une véritable fracture linguistique qui les pénalise très lourdement lorsqu’ils optent pour des études universitaires scientifiques“. Il s’agit de la différence de langue véhiculaire entre le secondaire et le supérieur car le Maroc, comme on le sait, enseigne ces matières en langue arabe jusqu’au bac puis dans des langues étrangères dans les cycles supérieurs, ce qui est aberrant.

“Alors de quelle relève scientifique parle-t-on en matière de défis technologiques à relever par notre pays ?“, fait mine de s’interroger le ministre.

Cette question de langue d’enseignement des matières scientifiques et techniques est censée être résolue par le projet de loi-cadre sur l’éducation actuellement en discussion au parlement. Le seul problème, c’est que cette discussion est bloquée en commission parlementaire. Le point de blocage est précisément l’introduction de langues étrangères, telles que le français et l’anglais, comme langues d’enseignement des sciences et techniques à côté de l’arabe et ce, dès l’école primaire.

Amzazi: “En attendant que la loi cadre de l’éducation nous permette de restaurer définitivement une cohérence linguistique dans l’enseignement des matières scientifiques depuis le primaire, nous ne pouvons faire autrement que de veiller à dispenser aux générations actuelles d’étudiants un renforcement linguistique en français bien sûr, mais aussi en anglais.

“Je serais tenté de dire que le choix de l’anglais se justifie amplement par le fait que c’est la langue scientifique par excellence, puisque 95% des publications scientifiques dans le monde sont en anglais. C’est un processus dans lequel nous nous sommes résolument inscrits, mais qui prendra encore du temps, bien évidemment, à assoir, puisque tributaire de la maitrise de cette langue par les enseignants.

“Mais en réalité, et vous conviendrez avec moi, finalement, la véritable langue de l’avenir, ce n’est ni le français ni l’anglais mais bien la langue de l’informatique, le coding.

"D’ici peu, nous vivrons dans un monde d’algorithmes, et ceux qui ne maitriseront pas le langage informatique ne pourront plus jouer aucun rôle au sein des sociétés de demain, où l’intelligence artificielle règnera en maitre absolu“: voici ce qu'a dit le ministre, non sans justesse.

Au moment où comme nous l’avons déjà écrit, le PJD et l’Istiqlal bloquent le projet de loi-cadre, pour des raisons non dénuées d’idéologie, le Maroc a besoin d’élever le débat. Amzazi conclut: “Nous ne savons pas ce que seront 80 % des métiers d’ici 2050, nous ne savons pas ce que sera la place de l’homme quand les machines l’auront peu à peu remplacé. Nous sommes conscients que ce que nous enseignons aujourd’hui sera rapidement obsolète demain…

"Quel visage aura l’école de demain ? Et que devons-nous donc apprendre à nos enfants ?

"Notre nouveau challenge est désormais de pouvoir répondre à cette question. Et la voie de l’avenir s’incarne sans aucun doute dans les skills de l’avenir, que l’on peut résumer en une phrase :

"RÉUSSIR, C’EST DESORMAIS APPRENDRE A APPRENDRE, APPRENDRE A DÉSAPPRENDRE ET APPRENDRE A RÉAPPRENDRE".

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