Startups : Le début d'une nouvelle ère ?

La première édition des assises de la start-up, organisée par l'APEBI, a été l'occasion pour les acteurs de l'écosystème de lister les chantiers en cours et de formuler des recommandations pour un Startup Act qui sera défendu auprès des pouvoirs publics. 

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Le 26 avril 2019 à 16:56

Modifié le 28 avril 2019 à 08:52

La start-up marocaine a eu ses premières assises. Organisées par l'APEBI, ces assises constituent un événement pour l'écosystème digital car elles ont réuni tous les intervenants le temps d'une matinée. Le secrétariat d'Etat chargé de l'investissement, l'Agence de Développement du Digital (ADD), l'APEBI, la CGEM, le Technopark, et des startuppeurs d'horizons différents se sont donné rendez-vous ce vendredi 26 avril. 

"Au Maroc nous n’avons pas de pétrole, notre seul pétrole ce sont nos jeunes. Ils sont capables de faire des choses incroyables. On a de belles success strories qui ont démarré de la France ou Dubaï mais pas encore assez depuis le Maroc", a déclaré Mehdi Alaoui, vice-président de l’APEBI en charge des startups. "C’est pour cela que nous sommes rassemblés aujourd’hui, pour démarrer un start-up Act afin de nous donner les conditions de pouvoir réussir", ajoute-t-il. 

Celui qui occupe également le poste de président de la commission économie numérique à la CGEM a résumé les problématiques du secteur en trois points: 

- L'absence de mindset : Pour pouvoir développer un écosystème de startups il faut travailler le mindset des jeunes depuis le démarrage. 

- Le manque de financement : En 2018, un milliard de dollars ont été investis dans les startups africaines. Au Maroc, ce sont seulement 4 millions de dollars qui ont été dédiés aux startups.

- Le manque de moyens pour les structures d’accompagnement : Il est temps de les aider à créer le dealflow nécessaire pour que les startups soient financées par la suite.

Cela dit, les intervenants ont également noté les avancées majeures enregistrées dans ce domaine, notamment: 

- La multiplication des structures d'accompagnement depuis 2011.

- La multiplication des programmes d’innovation portés par de grands groupes permettant aux startups de décrocher des marchés.

- Le lancement du fonds Innov Invest qui va investir quasiment 1 MMDH durant les 5 prochaines années dans 300 startups chaque année.

- La création de l'Agence de Développement du Digital (ADD).

"C’est le début d’une nouvelle ère", estime Mehdi Alaoui. Ce dernier est justement rejoint dans ces propos par le nouveau directeur de l'ADD, Mohamed Meliani, qui a profité de l'événement pour assurer que l'agence s'est dotée d’un département en charge de l’écosystème des startups et présenter les chantiers sur lesquels travaille l'agence pour développer l'écosystème startup : 

- La digitalisation de l’administration : Les startups auront un important rôle à jouer au niveau de ce chantier, assure Mohamed Meliani. "Il y aura une plateforme d’interopérabilité entre les administrations. Il y aura aussi la digitalisation du parcours des entreprises (investisseurs, exportateurs et importateurs) et des citoyens. Et enfin un digital Lab en faveur de l’administration". 

- L’inclusion sociale à l’aide du digital : A ce niveau, des plateformes participatives seront créées, des défis nationaux et de l’open innovation lancés. "Il y aura aussi un portail unique pour les jeunes qui peuvent participer dans ce cadre-là", révèle le DG de l'ADD. 

- La formation : "nous avons un chantier que l’on a dénommé génération digital", confie-t-il sans donner plus de détails. 

- L’adaptation du cadre réglementaire.

- La mise en place d’un écosystème de l’intelligence artificielle.

Le patron de l'ADD est également revenu sur les acquis dans ce secteur. "La stratégie digitale nationale, Maroc Digital, offre une réelle opportunité d’assurer une émergence digitale soutenue et réussie. Elle amorce dans ce sens une nouvelle dynamique de transformation du secteur de l’économie numérique et de ses acteurs et intervenants", avance-t-il tout en rappelant les objectifs de cette stratégie : 

- Réduire les inégalités à l’aide du digital et faciliter la vie des populations fragiles.

- Opérer une transformation numérique de l’administration à travers l’amélioration du service public à destination de l’ensemble des usagers.

- Renforcer et améliorer la compétitivité de l’économie marocaine.

- Dynamiser et booster les acteurs du digital.

- Garantir un écosystème numérique fort et concurrentiel avec des infrastructures dédiées ainsi que des RH et compétences hautement qualifiées.

"En plus de cela, j’ajoute le projet de réforme de la charte d’investissement, en cours de finalisation, qui sans doute présentera des avantages spécifiques en faveur des startups", avance-t-il.

En effet, Othmane El Ferdaous, secrétaitaire d'Etat chargé de l'investissement a affirmé lors de l'événement que le projet de réforme de la charte avance bien. Selon lui, la nouvelle charte accorde une bonne place à l'investissement dans les startups avec plus de "100 occurrences". Il explique aussi que le texte est actuellement entre les mains du SGG qui y apporte les modifications nécessaires avant sa validation en conseil du gouvernement, puis en conseil des ministres et de poursuivre son chemin législatif au niveau du Parlement. 

Le nouveau directeur de l'ADD annonce également le lancement d'un hub virtuel des startups. Ce dernier va constituer une réelle opportunité d’encourager ces entreprises et de les accompagner dans leur effort de développement et de repositionnement.

La CGEM, partie prenante de l'événement par le biais de son vice-président Faical Mekouar, a de son côté, rappelé les efforts qu'elle mène sur les volets juridique et fiscal en faveur de la startup. Pour Mekouar, il faut d'abord s'atteler sur la définition de la startup selon des critères précis dans le cadre d'une loi avec un processus de labellisation pour qu'une fois les mesures fiscales d'encouragement décidées, on ne tombe pas dans le problème de l'éligibilité. 

>> Lire aussi : Startups : Le package fiscal défendu par la CGEM

Par ailleurs, ces premières assises ont été marquées par la mise en place de différents ateliers thématiques dans lesquels les différents participants à l'événement ont été appelés à participer afin de formuler des recommandations pour développer l'écosystème start-up. Six ateliers ont été mis en place : économique, juridique, fiscal, gouvernance, formation et ouverture à l'international. 

Les différentes recommandations vont être compilées par les équipes de l'APEBI, traitées et validées avant de constituer une feuille de route pour un start-up Act qui permettra à la start-up marocaine d'accélérer son développement. Cette feuille de route sera présentée par la suite aux pouvoirs publics (ADD et ministère). 

Startups : Le début d'une nouvelle ère ?

Le 26 avril 2019 à17:14

Modifié le 28 avril 2019 à 08:52

La première édition des assises de la start-up, organisée par l'APEBI, a été l'occasion pour les acteurs de l'écosystème de lister les chantiers en cours et de formuler des recommandations pour un Startup Act qui sera défendu auprès des pouvoirs publics. 

La start-up marocaine a eu ses premières assises. Organisées par l'APEBI, ces assises constituent un événement pour l'écosystème digital car elles ont réuni tous les intervenants le temps d'une matinée. Le secrétariat d'Etat chargé de l'investissement, l'Agence de Développement du Digital (ADD), l'APEBI, la CGEM, le Technopark, et des startuppeurs d'horizons différents se sont donné rendez-vous ce vendredi 26 avril. 

"Au Maroc nous n’avons pas de pétrole, notre seul pétrole ce sont nos jeunes. Ils sont capables de faire des choses incroyables. On a de belles success strories qui ont démarré de la France ou Dubaï mais pas encore assez depuis le Maroc", a déclaré Mehdi Alaoui, vice-président de l’APEBI en charge des startups. "C’est pour cela que nous sommes rassemblés aujourd’hui, pour démarrer un start-up Act afin de nous donner les conditions de pouvoir réussir", ajoute-t-il. 

Celui qui occupe également le poste de président de la commission économie numérique à la CGEM a résumé les problématiques du secteur en trois points: 

- L'absence de mindset : Pour pouvoir développer un écosystème de startups il faut travailler le mindset des jeunes depuis le démarrage. 

- Le manque de financement : En 2018, un milliard de dollars ont été investis dans les startups africaines. Au Maroc, ce sont seulement 4 millions de dollars qui ont été dédiés aux startups.

- Le manque de moyens pour les structures d’accompagnement : Il est temps de les aider à créer le dealflow nécessaire pour que les startups soient financées par la suite.

Cela dit, les intervenants ont également noté les avancées majeures enregistrées dans ce domaine, notamment: 

- La multiplication des structures d'accompagnement depuis 2011.

- La multiplication des programmes d’innovation portés par de grands groupes permettant aux startups de décrocher des marchés.

- Le lancement du fonds Innov Invest qui va investir quasiment 1 MMDH durant les 5 prochaines années dans 300 startups chaque année.

- La création de l'Agence de Développement du Digital (ADD).

"C’est le début d’une nouvelle ère", estime Mehdi Alaoui. Ce dernier est justement rejoint dans ces propos par le nouveau directeur de l'ADD, Mohamed Meliani, qui a profité de l'événement pour assurer que l'agence s'est dotée d’un département en charge de l’écosystème des startups et présenter les chantiers sur lesquels travaille l'agence pour développer l'écosystème startup : 

- La digitalisation de l’administration : Les startups auront un important rôle à jouer au niveau de ce chantier, assure Mohamed Meliani. "Il y aura une plateforme d’interopérabilité entre les administrations. Il y aura aussi la digitalisation du parcours des entreprises (investisseurs, exportateurs et importateurs) et des citoyens. Et enfin un digital Lab en faveur de l’administration". 

- L’inclusion sociale à l’aide du digital : A ce niveau, des plateformes participatives seront créées, des défis nationaux et de l’open innovation lancés. "Il y aura aussi un portail unique pour les jeunes qui peuvent participer dans ce cadre-là", révèle le DG de l'ADD. 

- La formation : "nous avons un chantier que l’on a dénommé génération digital", confie-t-il sans donner plus de détails. 

- L’adaptation du cadre réglementaire.

- La mise en place d’un écosystème de l’intelligence artificielle.

Le patron de l'ADD est également revenu sur les acquis dans ce secteur. "La stratégie digitale nationale, Maroc Digital, offre une réelle opportunité d’assurer une émergence digitale soutenue et réussie. Elle amorce dans ce sens une nouvelle dynamique de transformation du secteur de l’économie numérique et de ses acteurs et intervenants", avance-t-il tout en rappelant les objectifs de cette stratégie : 

- Réduire les inégalités à l’aide du digital et faciliter la vie des populations fragiles.

- Opérer une transformation numérique de l’administration à travers l’amélioration du service public à destination de l’ensemble des usagers.

- Renforcer et améliorer la compétitivité de l’économie marocaine.

- Dynamiser et booster les acteurs du digital.

- Garantir un écosystème numérique fort et concurrentiel avec des infrastructures dédiées ainsi que des RH et compétences hautement qualifiées.

"En plus de cela, j’ajoute le projet de réforme de la charte d’investissement, en cours de finalisation, qui sans doute présentera des avantages spécifiques en faveur des startups", avance-t-il.

En effet, Othmane El Ferdaous, secrétaitaire d'Etat chargé de l'investissement a affirmé lors de l'événement que le projet de réforme de la charte avance bien. Selon lui, la nouvelle charte accorde une bonne place à l'investissement dans les startups avec plus de "100 occurrences". Il explique aussi que le texte est actuellement entre les mains du SGG qui y apporte les modifications nécessaires avant sa validation en conseil du gouvernement, puis en conseil des ministres et de poursuivre son chemin législatif au niveau du Parlement. 

Le nouveau directeur de l'ADD annonce également le lancement d'un hub virtuel des startups. Ce dernier va constituer une réelle opportunité d’encourager ces entreprises et de les accompagner dans leur effort de développement et de repositionnement.

La CGEM, partie prenante de l'événement par le biais de son vice-président Faical Mekouar, a de son côté, rappelé les efforts qu'elle mène sur les volets juridique et fiscal en faveur de la startup. Pour Mekouar, il faut d'abord s'atteler sur la définition de la startup selon des critères précis dans le cadre d'une loi avec un processus de labellisation pour qu'une fois les mesures fiscales d'encouragement décidées, on ne tombe pas dans le problème de l'éligibilité. 

>> Lire aussi : Startups : Le package fiscal défendu par la CGEM

Par ailleurs, ces premières assises ont été marquées par la mise en place de différents ateliers thématiques dans lesquels les différents participants à l'événement ont été appelés à participer afin de formuler des recommandations pour développer l'écosystème start-up. Six ateliers ont été mis en place : économique, juridique, fiscal, gouvernance, formation et ouverture à l'international. 

Les différentes recommandations vont être compilées par les équipes de l'APEBI, traitées et validées avant de constituer une feuille de route pour un start-up Act qui permettra à la start-up marocaine d'accélérer son développement. Cette feuille de route sera présentée par la suite aux pouvoirs publics (ADD et ministère). 

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