Assises du commerce. Tijara 2020 formule ses doléances et recommandations dans un livre blanc

À la veille de la tenue des assises du Commerce les 24 et 25 avril 2019 à Marrakech, Tijara 2020 détaille les axes prioritaires sur lesquels l’ensemble des parties prenantes (acteurs du secteur, gouvernement, administrations) devraient se pencher pour garantir le développement du commerce. À ce titre, un livre blanc élaboré par Tijara 2020 sera dévoilé lors de ces assises.

Assises du Commerce. Tijara 2020 formule ses doléances et recommandations dans un livre blanc

Le 23 avril 2019 à 16:25

Modifié le 29 avril 2019 à 16:02

Alors que la CGEM a déjà fait part au ministre du Commerce et de l’Industrie, Moulay Hafid Elalamy, de 76 recommandations qui devraient tracer les contours du développement du commerce, Tijara 2020 a élaboré pour sa part un livre blanc qui détaille l’ensemble des problématiques de ce secteur ainsi que les propositions à même d’assurer son décollage.

"Nous avons réalisé un livre blanc sur le secteur du commerce et de la distribution, qui va être présenté lors des assises du commerce et distribué à l’ensemble des intervenants. Cet ouvrage détaille toutes les problématiques du secteur et comporte les différents chantiers sur lesquels le gouvernement et Tijara 2020 doivent travailler ensemble", soutient Moncef Belkhayat.

Des concertations pendant 1 an

L’objectif de cette démarche est de pouvoir apporter une solution globale au secteur, et ce en collaboration avec les différentes administrations : la direction générale des douanes, l’ONSSA, l’OFPPT, et la direction générale des impôts.

"Ce livre démontre aussi nos besoins en termes de gestion du commerce informel et de formation. Un secteur qui emploie 1,5 million de personnes a besoin d’une formation", déclare le président de Tijara 2020 regroupant les entreprises opérant dans le secteur du commerce et de la distribution.

Pour ce qui est de la méthodologie de l’élaboration de ce livre blanc, une commission a été mise en place et a travaillé sur ce projet pendant 1 an. Cette commission a collaboré avec l’ensemble des adhérents de Tijara 2020 pour recueillir leurs problèmes et besoins. S’en est suivie la définition des différentes thématiques qui sont aujourd’hui prioritaires pour cette fédération.

Haro sur la pression fiscale

"La première problématique est la pression fiscale, notamment après l’augmentation de la cotisation minimale. Il faut savoir que dans la chaîne de valeur des distributeurs, nous avons des opérateurs tels que les grossistes et les demi-grossistes dont la marge ne dépasse pas 1%. La marge nette des distributeurs ne dépasse pas 1,5%. Donc l’augmentation de manière significative de la cotisation minimale à 0,75% crée un véritable blocage", estime Moncef Belkhayat.

Pour ce qui est de l’ICE, le président de l’association recommande que l’administration fiscale mette à la disposition des acteurs une base de données des clients avec leur ICE.

"Il y a également la relation avec l’ONSSA. À titre d’exemple, aujourd’hui, il existe un véritable problème avec les boissons chaudes notamment le thé. L’importation de thé avec les différentes normes que l’ONSSA voudrait mettre en place peut créer des problèmes de rareté et d’inflation et donc l’augmentation de prix significative de ce produit", affirme notre interlocuteur. Parmi les problématiques du secteur du commerce figurent également l’informel et la gestion de la contrebande.

Problème de représentativité

"Toutes ces problématiques sont traitées dans le cadre de différentes thématiques du livre blanc qui ont été discutées au cours de plusieurs réunions que nous avons eues avec l’administration des douanes et  l’ONSSA. Nous préparons à ce titre, des conventions entre Tijara et ces administrations. Une convention va être bientôt signée avec l’administration de la douane. Une autre a déjà été signée avec l’ONSSA. La prochaine étape serait peut-être une convention entre Tijara et l’administration générale des impôts. Les assises du commerce et celles de la fiscalité devraient déboucher sur la signature de cette convention", espère Moncef Belkhayat qui affirme que la mission de Tijara 2020 est d’être l’interlocuteur direct du gouvernement pour résoudre les problématiques du secteur et ce, indépendamment de la CGEM.

"Jusqu’à présent, la CGEM n’a pas du tout compris les problématiques de notre secteur. D’ailleurs je considère que la CGEM n’est pas du tout représentative des chefs d’entreprises opérant dans cette filière, dans le sens où elle n’a ni l’expertise nécessaire ni les adhérents qu’il faut pour traiter cette problématique. Nous nous substituons, donc, en tant que Tijara 2020 à la CGEM qui ne nous représente pas en tant que distributeurs et commerçants au sein de ces assises. Et c’est pour cela d’ailleurs que nous avons créé Tijara 2020", affirme-t-il.

"Cela fait 20 ans que le secteur du commerce n’a pas été au centre des priorités du gouvernement. Les assises du commerce vont permettre de débattre de plusieurs sujets en lien avec ce secteur d’activité, qui emploie 1,5 million de personnes".

Pour rappel, une centaine d’entreprises sont regroupées au sein de Tijara 2020 et génèrent 85 milliards de dirhams de chiffre d’affaires. "Nous représentons, au sein de notre fédération des métiers de la distribution, près de 70% du secteur", souligne Moncef Belkhayat.

Les filières représentées sont notamment la distribution de produits de grande consommation secs, la distribution de produits de grande consommation froids, la distribution de boissons chaudes (café et thé), l’association des producteurs de produits télécoms, l’association des distributeurs des minotiers et l’association des producteurs de boissons gazeuses.

Pour rappel, les 76 recommandations de la CGEM en faveur du commerce ont été, pour leur part, regroupées autour de quatre principaux axes :

-Le développement du secteur du commerce au niveau de toute la chaîne et des typologies de commerce et e-commerce, 

-La recherche d’un équilibre durable et d’une complémentarité entre les différents acteurs  tout en tenant compte de l’évolution du consommateur,

-Une meilleure attractivité des investissements pour les différentes typologies de commerce national et international,

-Une meilleure organisation du secteur à travers l’intégration de l’ensemble des acteurs et des mesures d’accompagnement

Le programme des Assises du commerce

Pour ce qui est de la programmation de deux jours des premières Assises nationales du commerce, huit plénières ont été prévues autour des principales problématiques du secteur :

- Optimiser le commerce, protéger le commerçant, une impulsion nouvelle pour une ambition commune

- Face aux nouveaux défis : comment accompagner le commerçant, acteur central du développement ?

- Les chaînes de valeur, l’approvisionnement et la distribution à l’épreuve de la révolution technologique

- Vers une approche « consumer centric » : comment concilier qualité, pouvoir d’achat et proximité ?

- Formation, accompagnement et mise à niveau, pierres angulaires de la transformation réussie du commerce

- Du commerce intérieur au commerce extérieur, quel modèle de compétitivité pour le Maroc ?

- L’Afrique, le grand destin commercial du Maroc

- De la vision à l’action, comment fédérer les initiatives et libérer les énergies du commerce au service d’une prospérité partagée et inclusive.

Assises du commerce. Tijara 2020 formule ses doléances et recommandations dans un livre blanc

Le 23 avril 2019 à16:33

Modifié le 29 avril 2019 à 16:02

À la veille de la tenue des assises du Commerce les 24 et 25 avril 2019 à Marrakech, Tijara 2020 détaille les axes prioritaires sur lesquels l’ensemble des parties prenantes (acteurs du secteur, gouvernement, administrations) devraient se pencher pour garantir le développement du commerce. À ce titre, un livre blanc élaboré par Tijara 2020 sera dévoilé lors de ces assises.

Alors que la CGEM a déjà fait part au ministre du Commerce et de l’Industrie, Moulay Hafid Elalamy, de 76 recommandations qui devraient tracer les contours du développement du commerce, Tijara 2020 a élaboré pour sa part un livre blanc qui détaille l’ensemble des problématiques de ce secteur ainsi que les propositions à même d’assurer son décollage.

"Nous avons réalisé un livre blanc sur le secteur du commerce et de la distribution, qui va être présenté lors des assises du commerce et distribué à l’ensemble des intervenants. Cet ouvrage détaille toutes les problématiques du secteur et comporte les différents chantiers sur lesquels le gouvernement et Tijara 2020 doivent travailler ensemble", soutient Moncef Belkhayat.

Des concertations pendant 1 an

L’objectif de cette démarche est de pouvoir apporter une solution globale au secteur, et ce en collaboration avec les différentes administrations : la direction générale des douanes, l’ONSSA, l’OFPPT, et la direction générale des impôts.

"Ce livre démontre aussi nos besoins en termes de gestion du commerce informel et de formation. Un secteur qui emploie 1,5 million de personnes a besoin d’une formation", déclare le président de Tijara 2020 regroupant les entreprises opérant dans le secteur du commerce et de la distribution.

Pour ce qui est de la méthodologie de l’élaboration de ce livre blanc, une commission a été mise en place et a travaillé sur ce projet pendant 1 an. Cette commission a collaboré avec l’ensemble des adhérents de Tijara 2020 pour recueillir leurs problèmes et besoins. S’en est suivie la définition des différentes thématiques qui sont aujourd’hui prioritaires pour cette fédération.

Haro sur la pression fiscale

"La première problématique est la pression fiscale, notamment après l’augmentation de la cotisation minimale. Il faut savoir que dans la chaîne de valeur des distributeurs, nous avons des opérateurs tels que les grossistes et les demi-grossistes dont la marge ne dépasse pas 1%. La marge nette des distributeurs ne dépasse pas 1,5%. Donc l’augmentation de manière significative de la cotisation minimale à 0,75% crée un véritable blocage", estime Moncef Belkhayat.

Pour ce qui est de l’ICE, le président de l’association recommande que l’administration fiscale mette à la disposition des acteurs une base de données des clients avec leur ICE.

"Il y a également la relation avec l’ONSSA. À titre d’exemple, aujourd’hui, il existe un véritable problème avec les boissons chaudes notamment le thé. L’importation de thé avec les différentes normes que l’ONSSA voudrait mettre en place peut créer des problèmes de rareté et d’inflation et donc l’augmentation de prix significative de ce produit", affirme notre interlocuteur. Parmi les problématiques du secteur du commerce figurent également l’informel et la gestion de la contrebande.

Problème de représentativité

"Toutes ces problématiques sont traitées dans le cadre de différentes thématiques du livre blanc qui ont été discutées au cours de plusieurs réunions que nous avons eues avec l’administration des douanes et  l’ONSSA. Nous préparons à ce titre, des conventions entre Tijara et ces administrations. Une convention va être bientôt signée avec l’administration de la douane. Une autre a déjà été signée avec l’ONSSA. La prochaine étape serait peut-être une convention entre Tijara et l’administration générale des impôts. Les assises du commerce et celles de la fiscalité devraient déboucher sur la signature de cette convention", espère Moncef Belkhayat qui affirme que la mission de Tijara 2020 est d’être l’interlocuteur direct du gouvernement pour résoudre les problématiques du secteur et ce, indépendamment de la CGEM.

"Jusqu’à présent, la CGEM n’a pas du tout compris les problématiques de notre secteur. D’ailleurs je considère que la CGEM n’est pas du tout représentative des chefs d’entreprises opérant dans cette filière, dans le sens où elle n’a ni l’expertise nécessaire ni les adhérents qu’il faut pour traiter cette problématique. Nous nous substituons, donc, en tant que Tijara 2020 à la CGEM qui ne nous représente pas en tant que distributeurs et commerçants au sein de ces assises. Et c’est pour cela d’ailleurs que nous avons créé Tijara 2020", affirme-t-il.

"Cela fait 20 ans que le secteur du commerce n’a pas été au centre des priorités du gouvernement. Les assises du commerce vont permettre de débattre de plusieurs sujets en lien avec ce secteur d’activité, qui emploie 1,5 million de personnes".

Pour rappel, une centaine d’entreprises sont regroupées au sein de Tijara 2020 et génèrent 85 milliards de dirhams de chiffre d’affaires. "Nous représentons, au sein de notre fédération des métiers de la distribution, près de 70% du secteur", souligne Moncef Belkhayat.

Les filières représentées sont notamment la distribution de produits de grande consommation secs, la distribution de produits de grande consommation froids, la distribution de boissons chaudes (café et thé), l’association des producteurs de produits télécoms, l’association des distributeurs des minotiers et l’association des producteurs de boissons gazeuses.

Pour rappel, les 76 recommandations de la CGEM en faveur du commerce ont été, pour leur part, regroupées autour de quatre principaux axes :

-Le développement du secteur du commerce au niveau de toute la chaîne et des typologies de commerce et e-commerce, 

-La recherche d’un équilibre durable et d’une complémentarité entre les différents acteurs  tout en tenant compte de l’évolution du consommateur,

-Une meilleure attractivité des investissements pour les différentes typologies de commerce national et international,

-Une meilleure organisation du secteur à travers l’intégration de l’ensemble des acteurs et des mesures d’accompagnement

Le programme des Assises du commerce

Pour ce qui est de la programmation de deux jours des premières Assises nationales du commerce, huit plénières ont été prévues autour des principales problématiques du secteur :

- Optimiser le commerce, protéger le commerçant, une impulsion nouvelle pour une ambition commune

- Face aux nouveaux défis : comment accompagner le commerçant, acteur central du développement ?

- Les chaînes de valeur, l’approvisionnement et la distribution à l’épreuve de la révolution technologique

- Vers une approche « consumer centric » : comment concilier qualité, pouvoir d’achat et proximité ?

- Formation, accompagnement et mise à niveau, pierres angulaires de la transformation réussie du commerce

- Du commerce intérieur au commerce extérieur, quel modèle de compétitivité pour le Maroc ?

- L’Afrique, le grand destin commercial du Maroc

- De la vision à l’action, comment fédérer les initiatives et libérer les énergies du commerce au service d’une prospérité partagée et inclusive.

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