Aviculture: le secteur avance à deux vitesses

Nouveau marché de gros à Casablanca, nouvelles règles de transport, d’abattage et de vente, assurance élargie… Les différents acteurs tentent de traiter les maux du secteur avicole qui, malgré le développement de la production, souffre de la persistance de l'informel dans l’aval de la filière.

Le 15 juillet 2019 à 15:04

Modifié le 15 juillet 2019 à 15:47

La Fédération interprofessionnelle du secteur avicole (Fisa) a organisé, ce lundi 15 juillet à El Jadida, une journée d’information au profit des éleveurs et des commerçants de gros et de détail des volailles.

Cette journée a été consacrée à la présentation des dernières actions et activités réalisées en faveur du secteur avicole notamment en ce qui concerne le suivi sanitaire, le transfert du marché de gros aux volailles de Casablanca, la circulaire au sujet des conditions de transport, de commercialisation et d'abattage des volailles vivantes.

L'aval, maillon faible de la filière

Force est de constater que le développement enregistré au niveau de l'amont de la filière avicole n'a pas été suivi au niveau de l'aval (vente, transport, abattage), toujours affecté par l'informel.

Exclus de la loi 49.99 relative à la protection sanitaire des élevages avicoles (2007), les abattoirs de proximité (riyacha) accaparent plus de 92% du traitement des viandes de poulet et 20% des viandes de dinde au niveau national. Ce segment compte 15.000 "tueries", contre 27 abattoirs agréés, et emploie près de 60.000 personnes, selon les chiffres des professionnels du secteur.

Dans une circulaire diffusée, en mai dernier, les ministères de l'Agriculture et de l'Intérieur ont imposé de nouvelles règles de contrôle de cette catégorie.

La circulaire porte notamment sur les conditions de transport, de commercialisation des volailles vivantes et d’abattage de proximité des volailles destinées aux besoins exclusifs des ménages. 

Selon la circulaire, la volaille doit être transportée des fermes aux marchés de gros dans des camions agréés par l'Onssa. Les transporteurs devront présenter aux vendeurs des "bons" précisant la provenance et les conditions d'élevage de la volaille. Objectif: assurer la traçabilité des produits avicoles. Des caisses en plastique ou en acier sont également exigées pour le transport des produits. La circulaire porte également sur les critères d'hygiène (eau propre, muraille lavable, registre de santé des ouvriers...).

Intervenant lors de la journée d'étude de ce lundi, Ahmed Addioui, président de l'Association des producteurs des viandes de volailles (APV), insiste sur la séparation entre la volaille vivante et la surface d'abattage. Il a également présenté des modèles d'abattoirs respectant les critères de salubrité, disponibles auprès des fédérations au profit des professionnels.

Un nouveau marché de gros à Casablanca

Objet de nombreuses problématiques d'hygiène et d'organisation, le marché de gros aux volailles de Casablanca sera transféré à Aïn Jemaâ. L'ancien marché réunissait les activités de vente au gros et au détail ainsi que d’abattage.

Rappelons que Casa Prestations a lancé, le 5 mars dernier, un appel d’offres pour la construction du futur marché de gros aux volailles. L’objectif est de séparer la zone d’abattage de celle de la commercialisation. Le délai global d’exécution du marché est de 4 mois. Le nouveau marché, qui sera construit sur un terrain de 4 hectares, est annoncé pour la prochaine campagne agricole.

L’estimation des coûts des prestations établies par le maître d’ouvrage est fixée à la somme de 6.781.512 DH. 

Le secteur en chiffres

Les taux de réalisation des principaux objectifs du contrat programme avicole 2011-2020 ont atteint des niveaux variables.

En 2018, le secteur avicole affiche des investissements cumulés avoisinant les 13 milliards de DH, pour un objectif de 38 MMDH à l'horizon 2020. Le secteur enregistre un chiffre d'affaires évalué à 31 MMDH et l’offre de près de 500.000 emplois directs et indirects. Près de 4 millions de personnes vivent de ce secteur, selon les chiffres du ministère de tutelle, soit 12% à 15% de la population marocaine.

Le secteur a produit en 2018 environ 670.000 tonnes de viandes de volailles et 5,8 milliards d’œufs de consommation permettant une consommation par habitant et par an de 20,5 kg de viandes de volailles, contre un objectif de 52 kg à l'horizon 2020, et 188 œufs de consommation, pour un objectif de 200 unités en 2020. A l'export, un objectif de 4.000 tonnes est fixé à l'horizon 2020.

La filière présente également un taux de couverture de 100% des besoins en viandes blanches et en œufs de consommation.

Une nouvelle assurance pour les aviculteurs

Côté assurance, la Mamda a lancé, en avril dernier, pour la première fois au Maroc et pour tous les aviculteurs, un produit d’assurance volailles offrant la garantie du paiement d’une indemnité complémentaire à celle prévue par les arrêtés en vigueur et couvrant l’une des maladies réputées légalement contagieuses (Influenza aviaire hautement pathogène (IAHP), maladie de Newcastle (NC) et Salmonelle Pulorrum Galinarum (SPG)).

Elle mettra également à la disposition de l’ensemble des adhérents et de leurs collaborateurs une panoplie de produits d’assurance adaptés à leurs activités et à taux préférentiels.

Aviculture: le secteur avance à deux vitesses

Le 15 juillet 2019 à15:43

Modifié le 15 juillet 2019 à 15:47

Nouveau marché de gros à Casablanca, nouvelles règles de transport, d’abattage et de vente, assurance élargie… Les différents acteurs tentent de traiter les maux du secteur avicole qui, malgré le développement de la production, souffre de la persistance de l'informel dans l’aval de la filière.

La Fédération interprofessionnelle du secteur avicole (Fisa) a organisé, ce lundi 15 juillet à El Jadida, une journée d’information au profit des éleveurs et des commerçants de gros et de détail des volailles.

Cette journée a été consacrée à la présentation des dernières actions et activités réalisées en faveur du secteur avicole notamment en ce qui concerne le suivi sanitaire, le transfert du marché de gros aux volailles de Casablanca, la circulaire au sujet des conditions de transport, de commercialisation et d'abattage des volailles vivantes.

L'aval, maillon faible de la filière

Force est de constater que le développement enregistré au niveau de l'amont de la filière avicole n'a pas été suivi au niveau de l'aval (vente, transport, abattage), toujours affecté par l'informel.

Exclus de la loi 49.99 relative à la protection sanitaire des élevages avicoles (2007), les abattoirs de proximité (riyacha) accaparent plus de 92% du traitement des viandes de poulet et 20% des viandes de dinde au niveau national. Ce segment compte 15.000 "tueries", contre 27 abattoirs agréés, et emploie près de 60.000 personnes, selon les chiffres des professionnels du secteur.

Dans une circulaire diffusée, en mai dernier, les ministères de l'Agriculture et de l'Intérieur ont imposé de nouvelles règles de contrôle de cette catégorie.

La circulaire porte notamment sur les conditions de transport, de commercialisation des volailles vivantes et d’abattage de proximité des volailles destinées aux besoins exclusifs des ménages. 

Selon la circulaire, la volaille doit être transportée des fermes aux marchés de gros dans des camions agréés par l'Onssa. Les transporteurs devront présenter aux vendeurs des "bons" précisant la provenance et les conditions d'élevage de la volaille. Objectif: assurer la traçabilité des produits avicoles. Des caisses en plastique ou en acier sont également exigées pour le transport des produits. La circulaire porte également sur les critères d'hygiène (eau propre, muraille lavable, registre de santé des ouvriers...).

Intervenant lors de la journée d'étude de ce lundi, Ahmed Addioui, président de l'Association des producteurs des viandes de volailles (APV), insiste sur la séparation entre la volaille vivante et la surface d'abattage. Il a également présenté des modèles d'abattoirs respectant les critères de salubrité, disponibles auprès des fédérations au profit des professionnels.

Un nouveau marché de gros à Casablanca

Objet de nombreuses problématiques d'hygiène et d'organisation, le marché de gros aux volailles de Casablanca sera transféré à Aïn Jemaâ. L'ancien marché réunissait les activités de vente au gros et au détail ainsi que d’abattage.

Rappelons que Casa Prestations a lancé, le 5 mars dernier, un appel d’offres pour la construction du futur marché de gros aux volailles. L’objectif est de séparer la zone d’abattage de celle de la commercialisation. Le délai global d’exécution du marché est de 4 mois. Le nouveau marché, qui sera construit sur un terrain de 4 hectares, est annoncé pour la prochaine campagne agricole.

L’estimation des coûts des prestations établies par le maître d’ouvrage est fixée à la somme de 6.781.512 DH. 

Le secteur en chiffres

Les taux de réalisation des principaux objectifs du contrat programme avicole 2011-2020 ont atteint des niveaux variables.

En 2018, le secteur avicole affiche des investissements cumulés avoisinant les 13 milliards de DH, pour un objectif de 38 MMDH à l'horizon 2020. Le secteur enregistre un chiffre d'affaires évalué à 31 MMDH et l’offre de près de 500.000 emplois directs et indirects. Près de 4 millions de personnes vivent de ce secteur, selon les chiffres du ministère de tutelle, soit 12% à 15% de la population marocaine.

Le secteur a produit en 2018 environ 670.000 tonnes de viandes de volailles et 5,8 milliards d’œufs de consommation permettant une consommation par habitant et par an de 20,5 kg de viandes de volailles, contre un objectif de 52 kg à l'horizon 2020, et 188 œufs de consommation, pour un objectif de 200 unités en 2020. A l'export, un objectif de 4.000 tonnes est fixé à l'horizon 2020.

La filière présente également un taux de couverture de 100% des besoins en viandes blanches et en œufs de consommation.

Une nouvelle assurance pour les aviculteurs

Côté assurance, la Mamda a lancé, en avril dernier, pour la première fois au Maroc et pour tous les aviculteurs, un produit d’assurance volailles offrant la garantie du paiement d’une indemnité complémentaire à celle prévue par les arrêtés en vigueur et couvrant l’une des maladies réputées légalement contagieuses (Influenza aviaire hautement pathogène (IAHP), maladie de Newcastle (NC) et Salmonelle Pulorrum Galinarum (SPG)).

Elle mettra également à la disposition de l’ensemble des adhérents et de leurs collaborateurs une panoplie de produits d’assurance adaptés à leurs activités et à taux préférentiels.

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