Aziz Rabbah : « Le pays a besoin du raffinage de pétrole »

Aziz Rabbah se livre un peu plus sur la Samir, motive la décision d'en exploiter les capacités de stockage... et admet l'importance du raffinage. 

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Aziz Rabbah : « Le pays a besoin du raffinage de pétrole »

Le 02 juin 2020 à 18:19

Modifié le 02 juin 2020 à 19:32

Au gouvernement, la parole se libère peu à peu au sujet de la Samir. Intervenant lors d’une réunion à la commission des infrastructures (le 1er juin), Aziz Rabbah a lâché quelques détails sur le dossier, deux semaines après l’ordonnance ouvrant la voie à l’exploitation, par l’Etat, des capacités de stockage du raffineur.

Le ministre de l’Energie motive l’initiative étatique : « C’est notre conviction et une demande de tout le monde, syndicats, parlementaires, etc. Il fallait réactiver ce qui peut l’être à la Samir, mais nous devions préalablement saisir la Justice, à qui incombe la décision dans ce dossier. »

« La Samir dispose de quatre sociétés filiales que nous avons aidées. Nous avons octroyé une autorisation d’importation à l’une de ses filiales, car la loi nous autorise à le faire », a-t-il annoncé.

Dans le contexte de baisse du prix des carburants à l’international, la Samir offre une opportunité en vue de la reconstitution des réserves de sécurité, aujourd'hui établies en dessous des exigences légales. Couplés à l’exploitation des cuves de la Samir, les investissements menés par l’Etat « nous permettront d’atteindre, voire de dépasser les 60 jours de réserves de sécurité tel que prévu par la loi », ajoute M. Rabbah.

« La Samir dispose de capacités de stockage de plus de 1,8 million de tonnes, réparties sur les sites de Mohammedia et Sidi Kacem », rappelle le ministre.

52% des capacités sont consacrés au pétrole brut (962.000 tonnes). Cette partie ne peut être exploitée qu’en cas de redémarrage de l’activité du raffinage. La partie qui sera exploitée concerne les produits finis. Elle est répartie comme suit :

- L’essence (3% des capacités de stockage) : 34 jours de stocks

- Kérosène (3%) : 30 jours de stocks

- Gasoil (19%) : 21 jours de stocks

- Fuel (10%) : 54 jours de stocks

- Gaz butane (1%) : 2 jours de stocks

Quid de la raffinerie ?  « Notre espoir a toujours été qu’un investisseur vienne acquérir la Samir, car le pays a besoin de raffinage », lance le ministre. Un discours qui tranche avec ses sorties précédentes, parfois réservées, invoquant le dossier judiciaire en cours, sinon désespérant sur le sort de la Samir (évoquant sa fermeture ou son obsolescence).

« La Samir n’est pas fermée. Il y a des candidats [au rachat] qui prennent contact avec nous », indique cette fois le ministre. Qui rappelle quelques obstacles à la relance : « Il faut des milliards pour que l’outil de production redémarre. Ce sont des expertises du ministère qui le disent. Et même pour réactiver les capacités de stockage, il faut des millions de dirhams », explique-t-il.

Autre condition : Les acquéreurs potentiels exigent des garanties avant le rachat. Le ministre évoque le fait que tout investisseur exigera ou exige que l’Etat lui réserve « entre 30% et 40% du marché national », si la production est réservée au marché local. Ce qu'il ne dit pas, c'est qu'une grande partie des candidats demandent aussi une convention avec le gouvernement, de manière à sécuriser leur futur investissement. 

« Le candidat ne se jettera pas la tête la première », renchérit M. Rabbah. « Il demandera en plus, des remises de dettes avec les créanciers, notamment la Douane et les banques », ajoute-il.  En réalité, l’acquéreur de la Samir ne supportera pas le passif de l’entreprise. Il en achètera les actifs. Le prix de la cession sera remis au syndic judiciaire de la liquidation. C’est ce prix qui servira à désintéresser les créanciers.

Aziz Rabbah : « Le pays a besoin du raffinage de pétrole »

Le 02 juin 2020 à18:20

Modifié le 02 juin 2020 à 19:32

Aziz Rabbah se livre un peu plus sur la Samir, motive la décision d'en exploiter les capacités de stockage... et admet l'importance du raffinage. 

Au gouvernement, la parole se libère peu à peu au sujet de la Samir. Intervenant lors d’une réunion à la commission des infrastructures (le 1er juin), Aziz Rabbah a lâché quelques détails sur le dossier, deux semaines après l’ordonnance ouvrant la voie à l’exploitation, par l’Etat, des capacités de stockage du raffineur.

Le ministre de l’Energie motive l’initiative étatique : « C’est notre conviction et une demande de tout le monde, syndicats, parlementaires, etc. Il fallait réactiver ce qui peut l’être à la Samir, mais nous devions préalablement saisir la Justice, à qui incombe la décision dans ce dossier. »

« La Samir dispose de quatre sociétés filiales que nous avons aidées. Nous avons octroyé une autorisation d’importation à l’une de ses filiales, car la loi nous autorise à le faire », a-t-il annoncé.

Dans le contexte de baisse du prix des carburants à l’international, la Samir offre une opportunité en vue de la reconstitution des réserves de sécurité, aujourd'hui établies en dessous des exigences légales. Couplés à l’exploitation des cuves de la Samir, les investissements menés par l’Etat « nous permettront d’atteindre, voire de dépasser les 60 jours de réserves de sécurité tel que prévu par la loi », ajoute M. Rabbah.

« La Samir dispose de capacités de stockage de plus de 1,8 million de tonnes, réparties sur les sites de Mohammedia et Sidi Kacem », rappelle le ministre.

52% des capacités sont consacrés au pétrole brut (962.000 tonnes). Cette partie ne peut être exploitée qu’en cas de redémarrage de l’activité du raffinage. La partie qui sera exploitée concerne les produits finis. Elle est répartie comme suit :

- L’essence (3% des capacités de stockage) : 34 jours de stocks

- Kérosène (3%) : 30 jours de stocks

- Gasoil (19%) : 21 jours de stocks

- Fuel (10%) : 54 jours de stocks

- Gaz butane (1%) : 2 jours de stocks

Quid de la raffinerie ?  « Notre espoir a toujours été qu’un investisseur vienne acquérir la Samir, car le pays a besoin de raffinage », lance le ministre. Un discours qui tranche avec ses sorties précédentes, parfois réservées, invoquant le dossier judiciaire en cours, sinon désespérant sur le sort de la Samir (évoquant sa fermeture ou son obsolescence).

« La Samir n’est pas fermée. Il y a des candidats [au rachat] qui prennent contact avec nous », indique cette fois le ministre. Qui rappelle quelques obstacles à la relance : « Il faut des milliards pour que l’outil de production redémarre. Ce sont des expertises du ministère qui le disent. Et même pour réactiver les capacités de stockage, il faut des millions de dirhams », explique-t-il.

Autre condition : Les acquéreurs potentiels exigent des garanties avant le rachat. Le ministre évoque le fait que tout investisseur exigera ou exige que l’Etat lui réserve « entre 30% et 40% du marché national », si la production est réservée au marché local. Ce qu'il ne dit pas, c'est qu'une grande partie des candidats demandent aussi une convention avec le gouvernement, de manière à sécuriser leur futur investissement. 

« Le candidat ne se jettera pas la tête la première », renchérit M. Rabbah. « Il demandera en plus, des remises de dettes avec les créanciers, notamment la Douane et les banques », ajoute-il.  En réalité, l’acquéreur de la Samir ne supportera pas le passif de l’entreprise. Il en achètera les actifs. Le prix de la cession sera remis au syndic judiciaire de la liquidation. C’est ce prix qui servira à désintéresser les créanciers.

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