Banques marocaines: Les recommandations de la DEPF pour réussir le pari africain

La direction des études et des prévisions financières (DEPF) relevant du ministère de l’Économie et des Finances vient de livrer ses cinq “clés de succès“ pour garantir un développement serein des banques marocaines africaines. Une analyse qui vient nuancer les critiques adressées dernièrement au secteur bancaire au sujet de sa forte exposition sur le continent.

Banques marocaines: Les recommandations de la DEPF pour réussir le pari africain Attijariwafa Bank est en tête des banques marocaines sur le continent, suivie de BMCE Bank of Africa et de la Banque Populaire

Le 07 juin 2019 à 09:00

Modifié le 07 juin 2019 à 18:52

Les trois premières banques marocaines (Attijariwafa bank, Banque Populaire et BMCE Bank of Africa) couvraient un total de 25 pays africains à fin 2017. Le Sénégal, la Côte d’Ivoire, le Mali et le Togo sont les pays au sein desquels ces trois établissements sont tous présents.

Au cours de la période 2009-2017, ces opérateurs bancaires marocains ont lancé une stratégie d’expansion qui a été parfois critiquée par quelques analystes internationaux.

Sur les trois agences de notation (Moody’s, Fitch, Standard & Poor’s) qui évaluent périodiquement le secteur financier du Maroc, Fitch s’est montrée récemment très critique vis-à-vis du secteur bancaire marocain.

En avril 2019, cet organisme de notation financière internationale a maintenu la note BBB- pour le Maroc avec une perspective stable, mais il n’a pas hésité à pointer du doigt l'exposition forte des banques marocaines sur l’Afrique subsaharienne.

Fitch avait, ainsi, estimé que “la capitalisation du secteur est relativement faible compte tenu des risques liés aux actifs découlant de la concentration du portefeuille de prêts, du niveau des prêts improductifs à 7,3% des prêts bruts et de l'expansion des banques à l'étranger dans des environnements opérationnels plus faibles que le Maroc“.

La DEPF se veut rassurante

Aujourd’hui, c’est au tour de la direction des études et des prévisions financières (DEPF) d’évaluer la situation du secteur bancaire marocain en Afrique en élaborant cinq recommandations, dans la dernière édition de son rapport Policy Africa, publié ce 4 juin 2019 sous l’intitulé : “Le positionnement du secteur bancaire marocain en Afrique : Réalité et perspectives de renforcement“.

L’étude rassure sur la stratégie adoptée en mettant en relief “les performances encourageantes“ enregistrées par celles-ci au cours des dernières années. L’étude est, même, franchement optimiste : “Les perspectives qui se profilent à l’aune des gisements d’opportunités offertes sur les marchés africains laissent penser que le potentiel d’expansion de l’activité des opérateurs bancaires marocains est bien“.

Les cinq orientations qu’il faut prendre en compte

La DEPF précise, en revanche, que pour maximiser les retombées de leurs investissements en Afrique au profit de l’économie nationale et celles africaines, le secteur bancaire marocain gagnerait à accorder une attention particulière à cinq lignes d’action stratégiques:

1.     Préserver la solidité des fondamentaux des filiales des banques marocaines en Afrique pour leur permettre d’être au diapason des nouvelles règles prudentielles

Le rapport souligne que les banques marocaines disposent de taux de provisionnement élevés, relayés par une meilleure gestion des risques, comme en atteste le faible taux des créances en souffrance dans le total des crédits octroyés.

“Cette situation relativement confortable ne devrait pas pour autant exempter les banques marocaines de faire preuve de grande vigilance pour anticiper autant le durcissement des règles prudentielles avec l’entrée en vigueur de Bâle II et III, que la recrudescence des pressions concurrentielles qui pourrait contribuer à comprimer les marges bénéficiaires des banques marocaines“, prévient la DEPF.

Ainsi, tout en renforçant davantage leurs capacités en matière de gestion des risques, les banques marocaines devraient également renforcer leurs fonds propres qui se situent à un niveau relativement moindre, comparativement aux banques concurrentes opérant sur place, pour préserver leurs capacités en matière de création de valeur et être en mesure d’accompagner leurs plans de développement futurs, en termes d’élargissement de leurs portefeuilles d’activité et d’extension de leurs réseaux.

2.     S’arrimer aux nouvelles mutations du paysage bancaire africain marqué notamment par l’émergence du mobile money

Selon l’étude de la DEPF, l’ancrage à ce nouveau créneau porteur permettrait de soutenir l’activité des agences bancaires marocaines implantées en Afrique, en captant une partie de la clientèle exclue du circuit bancaire traditionnel.

“Pour ce faire, l’établissement de partenariats à forte valeur ajoutée avec des acteurs du télécom (Maroc Télécom en l’occurrence) ou des Fintech s’avérerait nécessaire pour offrir des services financiers mobiles adaptés. Une telle option pourrait, aussi, s’inscrire dans le cadre d’une stratégie de digitalisation ayant pour objectif d’anticiper les pressions concurrentielles qui devraient s’intensifier avec l’arrivée de nouveaux concurrents, à savoir les néo-banques, qui fondent leurs activités uniquement sur Internet ou sur le mobile“, recommande la direction des études du ministère de l’Economie et des Finances.

3.     Diversifier le portefeuille d’activité en intégrant le segment de la finance alternative

L’expertise acquise par les banques marocaines sur le marché marocain et les partenariats tissés avec des acteurs de choix relevant des pays du CCG (Conseil de coopération du Golfe) constituent des atouts importants à faire valoir pour s’approprier un positionnement profitable sur ce segment financier spécifique, notamment au niveau de certains marchés de la région comme le Sénégal, le Mali, le Cameroun et le Nigéria.

Selon la DEPF, la taille du marché de la finance alternative s’élève à 882 milliards de dollars d’actifs en 2016, avec des perspectives de croissance importante à l’horizon 2020 (+14%) pour atteindre 1.800 milliards de dollars d’actifs. L’Afrique du Sud a mis à niveau son cadre législatif en 2013 pour prendre en charge les produits de la finance alternative, ce qui devrait lui conférer un avantage compétitif indéniable.

4.     Mobiliser à grande échelle les synergies entre les banques marocaines et les opérateurs économiques en Afrique, en mettant l’accent sur les PME-PMI

“Dans la perspective d’élargir leur spectre d’activités, les banques marocaines actives en Afrique gagneraient à renforcer leur appui au profit des entreprises marocaines souhaitant développer leurs opérations au sein du continent, que ce soit à travers les exportations ou par le biais d’investissements directs“, préconisent les analystes de la direction des études.

Ce soutien pourrait prendre plusieurs formes englobant aussi bien l’assistance et le conseil, à travers des études de marché bien ciblées faisant ressortir les opportunités d’affaires sur les marchés domestiques, que des offres de financement compétitives et des services appropriés de couverture contre le risque inhérent aux marchés africains.

5.     Saisir le potentiel de la complémentarité régionale et intercontinentale

“L’extension des activités de certaines banques marocaines vers les autres régions du continent devrait se poursuivre selon des modalités appropriées, en s’appuyant sur des pays à fort potentiel et qui pourraient constituer en même temps une clé d’entrée dans la région ciblée“, note la DEPF.

C’est le cas, à titre d’exemple, de l’Ethiopie qui dispose d’un potentiel de marché immense (91 millions d’habitants avec un taux de bancarisation de 10% seulement) et pourrait aussi servir de levier de projection au niveau de la région de l’Afrique de l’Est.

L’étude préconise que dans le sillage de l’extension de leurs activités continentales, les banques marocaines gagneraient à indexer leurs stratégies de croissance externe en Afrique sur des configurations de partenariat tripartite impliquant, selon l’opportunité et le contexte, des opérateurs relevant des pays occidentaux, des pays émergents ou encore ceux du CCG, qui affichent un engouement particulier pour l’Afrique.

Ce que représentent les banques marocaines en Afrique

Les analystes de la DEPF ont également passé au peigne fin les principaux indicateurs financiers des établissements de crédit présents en Afrique.

La part du secteur bancaire dans les flux cumulés des IDE marocains en direction de l’Afrique s’est élevée, ainsi, à 52,2% du total sur la période 2007-2017, avec un volume d’investissement de 17,5 milliards de dirhams.

En termes de répartition géographique des implantations des banques marocaines en Afrique au cours de cette période, celle-ci couvre un spectre large de pays. Le niveau de concentration reste, toutefois, assez visible sur quelques pays comme l’Egypte (30,5%), la Côte d’Ivoire (19,4%) et le Sénégal (12%).

Une telle concentration traduit, entre autres, le poids économique de ces pays et le renforcement de leurs perspectives de croissance.

Pour ce qui est du nombre d’agences, Attijariwafa bank a ouvert de 2009 à 2017, 643 agences (43% du total des agences marocaines en Afrique), contre 634 guichets (43%) pour BMCE Bank of Africa et 205 agences (14%) pour la Banque populaire.

Crédits et dépôts. AWB en tête

De son côté, l’encours total des dépôts collectés par les banques marocaines implantées en Afrique a atteint près de 188 milliards de dirhams en 2017. AWB réalise 48,6% des dépôts, suivie de la BMCE-BOA et de la BCP avec respectivement 33,2% et 18,2%.

Ces dépôts, qui représentent 23,8% de l’encours global des dépôts auprès des banques marocaines, ont connu une progression soutenue depuis 2009 puisqu’ils ont crû au rythme de 13,5% en moyenne annuelle, témoignant de l’importance croissante que représente l’Afrique pour l’activité des trois banques marocaines.

L’apport économique et financier des banques marocaines opérant en Afrique peut être apprécié, également, à travers l’encours total des crédits distribués au sein des pays d’accueil. Cet encours s’est élevé à 159,6 milliards de dirhams en 2017, en progression de 13,5% par rapport à 2009.

Représentant l’équivalent de 22,9% de l’encours global des crédits distribués par les banques marocaines, presque la moitié de l’encours des crédits distribués en Afrique est l’œuvre des filiales d’AWB. La BMCE-BOA et la BCP comptent respectivement pour 31,9% et 20,3% de cet encours.

Le Produit net bancaire (PNB) consolidé des banques marocaines en Afrique ne cesse de se renforcer. Il s’est accru de 18% en moyenne annuelle depuis 2009 pour se chiffrer à 19,8 milliards de dirhams en 2017. Ce montant représente 38,6% du PNB global consolidé des banques marocaines.

Attijariwafa Bank est en tête des banques marocaines sur le continent, suivie de BMCE Bank of Africa et de la Banque Populaire

Banques marocaines: Les recommandations de la DEPF pour réussir le pari africain

Le 07 juin 2019 à09:08

Modifié le 07 juin 2019 à 18:52

La direction des études et des prévisions financières (DEPF) relevant du ministère de l’Économie et des Finances vient de livrer ses cinq “clés de succès“ pour garantir un développement serein des banques marocaines africaines. Une analyse qui vient nuancer les critiques adressées dernièrement au secteur bancaire au sujet de sa forte exposition sur le continent.

Les trois premières banques marocaines (Attijariwafa bank, Banque Populaire et BMCE Bank of Africa) couvraient un total de 25 pays africains à fin 2017. Le Sénégal, la Côte d’Ivoire, le Mali et le Togo sont les pays au sein desquels ces trois établissements sont tous présents.

Au cours de la période 2009-2017, ces opérateurs bancaires marocains ont lancé une stratégie d’expansion qui a été parfois critiquée par quelques analystes internationaux.

Sur les trois agences de notation (Moody’s, Fitch, Standard & Poor’s) qui évaluent périodiquement le secteur financier du Maroc, Fitch s’est montrée récemment très critique vis-à-vis du secteur bancaire marocain.

En avril 2019, cet organisme de notation financière internationale a maintenu la note BBB- pour le Maroc avec une perspective stable, mais il n’a pas hésité à pointer du doigt l'exposition forte des banques marocaines sur l’Afrique subsaharienne.

Fitch avait, ainsi, estimé que “la capitalisation du secteur est relativement faible compte tenu des risques liés aux actifs découlant de la concentration du portefeuille de prêts, du niveau des prêts improductifs à 7,3% des prêts bruts et de l'expansion des banques à l'étranger dans des environnements opérationnels plus faibles que le Maroc“.

La DEPF se veut rassurante

Aujourd’hui, c’est au tour de la direction des études et des prévisions financières (DEPF) d’évaluer la situation du secteur bancaire marocain en Afrique en élaborant cinq recommandations, dans la dernière édition de son rapport Policy Africa, publié ce 4 juin 2019 sous l’intitulé : “Le positionnement du secteur bancaire marocain en Afrique : Réalité et perspectives de renforcement“.

L’étude rassure sur la stratégie adoptée en mettant en relief “les performances encourageantes“ enregistrées par celles-ci au cours des dernières années. L’étude est, même, franchement optimiste : “Les perspectives qui se profilent à l’aune des gisements d’opportunités offertes sur les marchés africains laissent penser que le potentiel d’expansion de l’activité des opérateurs bancaires marocains est bien“.

Les cinq orientations qu’il faut prendre en compte

La DEPF précise, en revanche, que pour maximiser les retombées de leurs investissements en Afrique au profit de l’économie nationale et celles africaines, le secteur bancaire marocain gagnerait à accorder une attention particulière à cinq lignes d’action stratégiques:

1.     Préserver la solidité des fondamentaux des filiales des banques marocaines en Afrique pour leur permettre d’être au diapason des nouvelles règles prudentielles

Le rapport souligne que les banques marocaines disposent de taux de provisionnement élevés, relayés par une meilleure gestion des risques, comme en atteste le faible taux des créances en souffrance dans le total des crédits octroyés.

“Cette situation relativement confortable ne devrait pas pour autant exempter les banques marocaines de faire preuve de grande vigilance pour anticiper autant le durcissement des règles prudentielles avec l’entrée en vigueur de Bâle II et III, que la recrudescence des pressions concurrentielles qui pourrait contribuer à comprimer les marges bénéficiaires des banques marocaines“, prévient la DEPF.

Ainsi, tout en renforçant davantage leurs capacités en matière de gestion des risques, les banques marocaines devraient également renforcer leurs fonds propres qui se situent à un niveau relativement moindre, comparativement aux banques concurrentes opérant sur place, pour préserver leurs capacités en matière de création de valeur et être en mesure d’accompagner leurs plans de développement futurs, en termes d’élargissement de leurs portefeuilles d’activité et d’extension de leurs réseaux.

2.     S’arrimer aux nouvelles mutations du paysage bancaire africain marqué notamment par l’émergence du mobile money

Selon l’étude de la DEPF, l’ancrage à ce nouveau créneau porteur permettrait de soutenir l’activité des agences bancaires marocaines implantées en Afrique, en captant une partie de la clientèle exclue du circuit bancaire traditionnel.

“Pour ce faire, l’établissement de partenariats à forte valeur ajoutée avec des acteurs du télécom (Maroc Télécom en l’occurrence) ou des Fintech s’avérerait nécessaire pour offrir des services financiers mobiles adaptés. Une telle option pourrait, aussi, s’inscrire dans le cadre d’une stratégie de digitalisation ayant pour objectif d’anticiper les pressions concurrentielles qui devraient s’intensifier avec l’arrivée de nouveaux concurrents, à savoir les néo-banques, qui fondent leurs activités uniquement sur Internet ou sur le mobile“, recommande la direction des études du ministère de l’Economie et des Finances.

3.     Diversifier le portefeuille d’activité en intégrant le segment de la finance alternative

L’expertise acquise par les banques marocaines sur le marché marocain et les partenariats tissés avec des acteurs de choix relevant des pays du CCG (Conseil de coopération du Golfe) constituent des atouts importants à faire valoir pour s’approprier un positionnement profitable sur ce segment financier spécifique, notamment au niveau de certains marchés de la région comme le Sénégal, le Mali, le Cameroun et le Nigéria.

Selon la DEPF, la taille du marché de la finance alternative s’élève à 882 milliards de dollars d’actifs en 2016, avec des perspectives de croissance importante à l’horizon 2020 (+14%) pour atteindre 1.800 milliards de dollars d’actifs. L’Afrique du Sud a mis à niveau son cadre législatif en 2013 pour prendre en charge les produits de la finance alternative, ce qui devrait lui conférer un avantage compétitif indéniable.

4.     Mobiliser à grande échelle les synergies entre les banques marocaines et les opérateurs économiques en Afrique, en mettant l’accent sur les PME-PMI

“Dans la perspective d’élargir leur spectre d’activités, les banques marocaines actives en Afrique gagneraient à renforcer leur appui au profit des entreprises marocaines souhaitant développer leurs opérations au sein du continent, que ce soit à travers les exportations ou par le biais d’investissements directs“, préconisent les analystes de la direction des études.

Ce soutien pourrait prendre plusieurs formes englobant aussi bien l’assistance et le conseil, à travers des études de marché bien ciblées faisant ressortir les opportunités d’affaires sur les marchés domestiques, que des offres de financement compétitives et des services appropriés de couverture contre le risque inhérent aux marchés africains.

5.     Saisir le potentiel de la complémentarité régionale et intercontinentale

“L’extension des activités de certaines banques marocaines vers les autres régions du continent devrait se poursuivre selon des modalités appropriées, en s’appuyant sur des pays à fort potentiel et qui pourraient constituer en même temps une clé d’entrée dans la région ciblée“, note la DEPF.

C’est le cas, à titre d’exemple, de l’Ethiopie qui dispose d’un potentiel de marché immense (91 millions d’habitants avec un taux de bancarisation de 10% seulement) et pourrait aussi servir de levier de projection au niveau de la région de l’Afrique de l’Est.

L’étude préconise que dans le sillage de l’extension de leurs activités continentales, les banques marocaines gagneraient à indexer leurs stratégies de croissance externe en Afrique sur des configurations de partenariat tripartite impliquant, selon l’opportunité et le contexte, des opérateurs relevant des pays occidentaux, des pays émergents ou encore ceux du CCG, qui affichent un engouement particulier pour l’Afrique.

Ce que représentent les banques marocaines en Afrique

Les analystes de la DEPF ont également passé au peigne fin les principaux indicateurs financiers des établissements de crédit présents en Afrique.

La part du secteur bancaire dans les flux cumulés des IDE marocains en direction de l’Afrique s’est élevée, ainsi, à 52,2% du total sur la période 2007-2017, avec un volume d’investissement de 17,5 milliards de dirhams.

En termes de répartition géographique des implantations des banques marocaines en Afrique au cours de cette période, celle-ci couvre un spectre large de pays. Le niveau de concentration reste, toutefois, assez visible sur quelques pays comme l’Egypte (30,5%), la Côte d’Ivoire (19,4%) et le Sénégal (12%).

Une telle concentration traduit, entre autres, le poids économique de ces pays et le renforcement de leurs perspectives de croissance.

Pour ce qui est du nombre d’agences, Attijariwafa bank a ouvert de 2009 à 2017, 643 agences (43% du total des agences marocaines en Afrique), contre 634 guichets (43%) pour BMCE Bank of Africa et 205 agences (14%) pour la Banque populaire.

Crédits et dépôts. AWB en tête

De son côté, l’encours total des dépôts collectés par les banques marocaines implantées en Afrique a atteint près de 188 milliards de dirhams en 2017. AWB réalise 48,6% des dépôts, suivie de la BMCE-BOA et de la BCP avec respectivement 33,2% et 18,2%.

Ces dépôts, qui représentent 23,8% de l’encours global des dépôts auprès des banques marocaines, ont connu une progression soutenue depuis 2009 puisqu’ils ont crû au rythme de 13,5% en moyenne annuelle, témoignant de l’importance croissante que représente l’Afrique pour l’activité des trois banques marocaines.

L’apport économique et financier des banques marocaines opérant en Afrique peut être apprécié, également, à travers l’encours total des crédits distribués au sein des pays d’accueil. Cet encours s’est élevé à 159,6 milliards de dirhams en 2017, en progression de 13,5% par rapport à 2009.

Représentant l’équivalent de 22,9% de l’encours global des crédits distribués par les banques marocaines, presque la moitié de l’encours des crédits distribués en Afrique est l’œuvre des filiales d’AWB. La BMCE-BOA et la BCP comptent respectivement pour 31,9% et 20,3% de cet encours.

Le Produit net bancaire (PNB) consolidé des banques marocaines en Afrique ne cesse de se renforcer. Il s’est accru de 18% en moyenne annuelle depuis 2009 pour se chiffrer à 19,8 milliards de dirhams en 2017. Ce montant représente 38,6% du PNB global consolidé des banques marocaines.

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