Biadillah: Comme tous les partis, le PAM a échoué dans son rôle d'intermédiation

Quatre jours après la déclaration de candidature de Abdellatif Ouahbi, l’ancien secrétaire général du PAM affirme préférer mettre en avant ce qu’il peut apporter au parti plutôt que d’attaquer son adversaire. Appelé à commenter la conférence de presse de ce dernier, Mohamed Cheikh Biadillah l’a tout de même accusé d’insulter l’histoire de son parti et de ses militants, en prétendant que le PAM coupera, grâce à lui, le cordon ombilical avec le Makhzen auquel il aurait été inféodé.

Biadillah: Interview du candidat Biadillah

Le 27 janvier 2020 à 14:32

Modifié le 28 janvier 2020 à 21:59

Médias24 : Maintenant que Ouahbi a déclaré sa candidature, qu'est-ce qui vous distingue de lui ?

Mohamed Cheikh Biadillah : Je définis ma candidature autour d’un projet et d’un programme, et non pas contre une autre démarche.

- Pour résumer, certains disent qu'il est ouvert à un rapprochement avec le PJD et que vous êtes le gardien du temple des lignes rouges ?

- Lorsque j’étais secrétaire général du PAM, je n’ai jamais parlé de ligne rouge, et il est facile de le vérifier.

Concernant un rapprochement avec le PJD, il est prématuré d’en parler. Les alliances dans notre pays se font de manière post-électorale et sur la base d’un programme gouvernemental précis. 

- Dans sa conférence de presse, Ouahbi a réclamé l'indépendance de son parti par rapport au Makhzen auquel les anciens dirigeants auraient toujours été inféodés.

- Je m’exprime tout d’abord en tant que co-fondateur et ancien SG du PAM : le PAM est un parti d’institution. Il dispose d’un secrétariat général, d’un bureau politique, d’un bureau fédéral, d’un conseil national, de deux groupes parlementaires.

Remettre en question l’indépendance du PAM, c’est insulter nos militants et notre histoire.

Ensuite, en tant que candidat au secrétariat général du PAM, je souhaite que les instances dirigeantes du PAM répondent à ces très graves allégations.

- Pour reprendre les termes d'un confrère, êtes-vous un homme du bercail (politique) ou un homme du sérail (Makhzen) ?

- Je suis un homme politique, un élu de la Nation et un homme de terrain. J’ai eu l’honneur d’occuper des responsabilités de premier plan et je continue d’exercer mes mandats actuels avec la même abnégation, le même sens des responsabilités et le même dévouement. 

- Vous êtes unanimement respecté, est-ce que cela sera suffisant pour être élu ?

- Cela m’accorde une certaine crédibilité et de la sympathie, dont je sauris gré à mes concitoyennes et concitoyens que je remercie sincèrement.

Nos adhérents et l’opinion publique savent que j’œuvre dans une démarche militante et désintéressée.

Mais ce n’est évidemment pas suffisant, une élection interne comme celle-ci se gagne sur la base d’un programme.

C’est donc autour de celui-ci que je communique lors de mes différentes rencontres avec les militants dans les régions et au sein de nos organisations parallèles.

- Quels sont les grands axes de votre programme ?

- Le retour au projet initial du PAM, conformément à l’esprit et aux valeurs qui nous ont guidés à la création du parti. Nous nous sommes trop éloignés des idéaux qui ont fait l’ADN du PAM.

Je pense aussi qu’il est temps de mettre l’éthique, la transparence et les valeurs au cœur de notre action publique.

Dans ce sens, j’ambitionne de renforcer la commission d’éthique, qui doit être une boussole pour nous. Il faudra également s’atteler à la réorganisation du PAM et revoir sa gouvernance, renforcer nos assises régionales, mettre en place de véritables synergies entre nos instances régionales et nos organisations parallèles.

L’accompagnement de nos élus locaux et régionaux dans leur rôle d’intermédiation et de gestion des affaires courantes est également une préoccupation qui est au cœur de notre programme. Comme les autres partis, nous avons échoué à jouer notre rôle d’intermédiation.

Le PAM doit apporter toute l’assistance nécessaire à son corps d’élus pour jouer au mieux le rôle d’encadrement qui est le sien.

Le PAM doit également devenir un laboratoire d’idées pour contribuer au débat sur les pistes économiques que doit emprunter notre pays, nous avons délaissé les questions économiques au profit de la politique politicienne et des débats populistes qui ont pollué le discours politique ces dernières années.

Enfin, nous devons mettre en place des programmes de formation continue au profit de nos jeunes militants, car un parti est avant tout une école politique et de démocratie.

- Vous mettez en avant modernité et tradition, pourquoi ne pas s'inscrire uniquement dans la modernité comme le fait le PJD avec la tradition ?

- Nous mettons en avant à la fois l’authenticité et la modernité, car nous disposons de racines profondes dans notre histoire.

Ces racines nous permettent d’avoir une grande immunité et une grande souplesse en vue de négocier tous les virages, comme le fait le Maroc depuis plus de 12 siècles.

Nous nous inscrivons dans le temps long, le Maroc est un pays qui n’a pas de trous de mémoire. Il est difficile pour nous de ne pas en tenir compte dans notre conception de la politique : il s’agit du substratum de notre culture.

- Vous avez déjà été wali, ministre et secrétaire général de parti, pourquoi vouloir encore briguer un nouveau mandat ?

- Notre parti est passé par une période de tensions et de crises. Il a aujourd’hui besoin d’apaisement et de rassemblement.

J’estime, humblement, avoir les qualités nécessaires pour fédérer les énergies autour d’un projet commun.

Mais il ne s’agit pas d’une démarche individuelle : c’est autour d’une équipe renouvelée, rajeunie, que je souhaite diriger le PAM et passer le témoin à une nouvelle génération de responsables.

- Où vous situez-vous dans les courants du PAM (gauche, centre, droite) ?

- Tout d’abord, les courants au sein du PAM ne sont pas institutionnalisés ni structurés, encore moins autour d’une idéologie ou d’idées.

Pour ma part, si je devais appartenir à un courant, il prônerait le rassemblement de toutes nos forces vives et le retour à notre projet fondateur.

- Quelles sont les personnalités du PAM qui vous soutiennent ?

- Ce sont les militantes et les militants du PAM qui me soutiennent, et je suis très fier de leur soutien.

J’espère être à la hauteur de leurs attentes. S'ils m’investissent de leur confiance demain, je compterai encore plus sur leurs efforts.

- Quels sont les retours de votre campagne régionale ?

- Nous avons des retours positifs et spontanés du terrain.

Cela m’encourage à continuer le travail de proximité et de renouer le dialogue avec de nombreux pans et de nombreuses compétences de notre parti qui ont pu se sentir marginalisés ou oubliés ces dernières années, notamment lors de la dernière brouille.

- Quelles sont vos chances de gagner le leadership ?

- C’est une élection interne et un exercice de démocratie interne inédit pour le PAM. J’ai toute confiance dans le processus d’élection que je souhaite le plus transparent possible.

- Encore une fois, pensez-vous être l'homme de la victoire en 2021 ?

- Il ne faut pas se tromper, il y aura un travail de longue haleine pour être en ordre de bataille pour les législatives de 2021. Pour cela notre famille politique devra être unie. J’insiste donc sur l’importance de notre cohésion interne et sur la nécessité de tourner la page des conflits passés.

Une famille politique rassemblée autour d’un projet de société clair et d’un programme électoral réaliste, pragmatique et ambitieux pour notre pays.

A l’heure où nous réfléchissons au nouveau modèle de développement économique et social, le PAM sera attendu sur le terrain des idées avec des réponses concrètes aux problématiques que vivent nos concitoyennes et concitoyens.

- Tous les observateurs politiques prévoient pour le PAM une lourde défaite électorale au prochain scrutin législatif. Voulez-vous prendre le risque d'y être associé ?

- Tout d’abord, il me semble que nous ne lisons pas les mêmes analyses politiques.

Et puis pour mon parti, pour le projet de société qu’il défend, pour nos idéaux, et confiant dans les hautes compétences dont nous disposons, je prendrai tous les risques possibles.

Interview du candidat Biadillah

Biadillah: Comme tous les partis, le PAM a échoué dans son rôle d'intermédiation

Le 27 janvier 2020 à14:32

Modifié le 28 janvier 2020 à 21:59

Quatre jours après la déclaration de candidature de Abdellatif Ouahbi, l’ancien secrétaire général du PAM affirme préférer mettre en avant ce qu’il peut apporter au parti plutôt que d’attaquer son adversaire. Appelé à commenter la conférence de presse de ce dernier, Mohamed Cheikh Biadillah l’a tout de même accusé d’insulter l’histoire de son parti et de ses militants, en prétendant que le PAM coupera, grâce à lui, le cordon ombilical avec le Makhzen auquel il aurait été inféodé.

Médias24 : Maintenant que Ouahbi a déclaré sa candidature, qu'est-ce qui vous distingue de lui ?

Mohamed Cheikh Biadillah : Je définis ma candidature autour d’un projet et d’un programme, et non pas contre une autre démarche.

- Pour résumer, certains disent qu'il est ouvert à un rapprochement avec le PJD et que vous êtes le gardien du temple des lignes rouges ?

- Lorsque j’étais secrétaire général du PAM, je n’ai jamais parlé de ligne rouge, et il est facile de le vérifier.

Concernant un rapprochement avec le PJD, il est prématuré d’en parler. Les alliances dans notre pays se font de manière post-électorale et sur la base d’un programme gouvernemental précis. 

- Dans sa conférence de presse, Ouahbi a réclamé l'indépendance de son parti par rapport au Makhzen auquel les anciens dirigeants auraient toujours été inféodés.

- Je m’exprime tout d’abord en tant que co-fondateur et ancien SG du PAM : le PAM est un parti d’institution. Il dispose d’un secrétariat général, d’un bureau politique, d’un bureau fédéral, d’un conseil national, de deux groupes parlementaires.

Remettre en question l’indépendance du PAM, c’est insulter nos militants et notre histoire.

Ensuite, en tant que candidat au secrétariat général du PAM, je souhaite que les instances dirigeantes du PAM répondent à ces très graves allégations.

- Pour reprendre les termes d'un confrère, êtes-vous un homme du bercail (politique) ou un homme du sérail (Makhzen) ?

- Je suis un homme politique, un élu de la Nation et un homme de terrain. J’ai eu l’honneur d’occuper des responsabilités de premier plan et je continue d’exercer mes mandats actuels avec la même abnégation, le même sens des responsabilités et le même dévouement. 

- Vous êtes unanimement respecté, est-ce que cela sera suffisant pour être élu ?

- Cela m’accorde une certaine crédibilité et de la sympathie, dont je sauris gré à mes concitoyennes et concitoyens que je remercie sincèrement.

Nos adhérents et l’opinion publique savent que j’œuvre dans une démarche militante et désintéressée.

Mais ce n’est évidemment pas suffisant, une élection interne comme celle-ci se gagne sur la base d’un programme.

C’est donc autour de celui-ci que je communique lors de mes différentes rencontres avec les militants dans les régions et au sein de nos organisations parallèles.

- Quels sont les grands axes de votre programme ?

- Le retour au projet initial du PAM, conformément à l’esprit et aux valeurs qui nous ont guidés à la création du parti. Nous nous sommes trop éloignés des idéaux qui ont fait l’ADN du PAM.

Je pense aussi qu’il est temps de mettre l’éthique, la transparence et les valeurs au cœur de notre action publique.

Dans ce sens, j’ambitionne de renforcer la commission d’éthique, qui doit être une boussole pour nous. Il faudra également s’atteler à la réorganisation du PAM et revoir sa gouvernance, renforcer nos assises régionales, mettre en place de véritables synergies entre nos instances régionales et nos organisations parallèles.

L’accompagnement de nos élus locaux et régionaux dans leur rôle d’intermédiation et de gestion des affaires courantes est également une préoccupation qui est au cœur de notre programme. Comme les autres partis, nous avons échoué à jouer notre rôle d’intermédiation.

Le PAM doit apporter toute l’assistance nécessaire à son corps d’élus pour jouer au mieux le rôle d’encadrement qui est le sien.

Le PAM doit également devenir un laboratoire d’idées pour contribuer au débat sur les pistes économiques que doit emprunter notre pays, nous avons délaissé les questions économiques au profit de la politique politicienne et des débats populistes qui ont pollué le discours politique ces dernières années.

Enfin, nous devons mettre en place des programmes de formation continue au profit de nos jeunes militants, car un parti est avant tout une école politique et de démocratie.

- Vous mettez en avant modernité et tradition, pourquoi ne pas s'inscrire uniquement dans la modernité comme le fait le PJD avec la tradition ?

- Nous mettons en avant à la fois l’authenticité et la modernité, car nous disposons de racines profondes dans notre histoire.

Ces racines nous permettent d’avoir une grande immunité et une grande souplesse en vue de négocier tous les virages, comme le fait le Maroc depuis plus de 12 siècles.

Nous nous inscrivons dans le temps long, le Maroc est un pays qui n’a pas de trous de mémoire. Il est difficile pour nous de ne pas en tenir compte dans notre conception de la politique : il s’agit du substratum de notre culture.

- Vous avez déjà été wali, ministre et secrétaire général de parti, pourquoi vouloir encore briguer un nouveau mandat ?

- Notre parti est passé par une période de tensions et de crises. Il a aujourd’hui besoin d’apaisement et de rassemblement.

J’estime, humblement, avoir les qualités nécessaires pour fédérer les énergies autour d’un projet commun.

Mais il ne s’agit pas d’une démarche individuelle : c’est autour d’une équipe renouvelée, rajeunie, que je souhaite diriger le PAM et passer le témoin à une nouvelle génération de responsables.

- Où vous situez-vous dans les courants du PAM (gauche, centre, droite) ?

- Tout d’abord, les courants au sein du PAM ne sont pas institutionnalisés ni structurés, encore moins autour d’une idéologie ou d’idées.

Pour ma part, si je devais appartenir à un courant, il prônerait le rassemblement de toutes nos forces vives et le retour à notre projet fondateur.

- Quelles sont les personnalités du PAM qui vous soutiennent ?

- Ce sont les militantes et les militants du PAM qui me soutiennent, et je suis très fier de leur soutien.

J’espère être à la hauteur de leurs attentes. S'ils m’investissent de leur confiance demain, je compterai encore plus sur leurs efforts.

- Quels sont les retours de votre campagne régionale ?

- Nous avons des retours positifs et spontanés du terrain.

Cela m’encourage à continuer le travail de proximité et de renouer le dialogue avec de nombreux pans et de nombreuses compétences de notre parti qui ont pu se sentir marginalisés ou oubliés ces dernières années, notamment lors de la dernière brouille.

- Quelles sont vos chances de gagner le leadership ?

- C’est une élection interne et un exercice de démocratie interne inédit pour le PAM. J’ai toute confiance dans le processus d’élection que je souhaite le plus transparent possible.

- Encore une fois, pensez-vous être l'homme de la victoire en 2021 ?

- Il ne faut pas se tromper, il y aura un travail de longue haleine pour être en ordre de bataille pour les législatives de 2021. Pour cela notre famille politique devra être unie. J’insiste donc sur l’importance de notre cohésion interne et sur la nécessité de tourner la page des conflits passés.

Une famille politique rassemblée autour d’un projet de société clair et d’un programme électoral réaliste, pragmatique et ambitieux pour notre pays.

A l’heure où nous réfléchissons au nouveau modèle de développement économique et social, le PAM sera attendu sur le terrain des idées avec des réponses concrètes aux problématiques que vivent nos concitoyennes et concitoyens.

- Tous les observateurs politiques prévoient pour le PAM une lourde défaite électorale au prochain scrutin législatif. Voulez-vous prendre le risque d'y être associé ?

- Tout d’abord, il me semble que nous ne lisons pas les mêmes analyses politiques.

Et puis pour mon parti, pour le projet de société qu’il défend, pour nos idéaux, et confiant dans les hautes compétences dont nous disposons, je prendrai tous les risques possibles.

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