Biodiversité: Près de 40 espèces animales en voie d'extinction au Maroc

La nature décline à un rythme sans précédent dans l’histoire humaine, et le taux d’extinction des espèces s’accélère dans le monde. Au Maroc, une quarantaine d’espèces animales sont en voie d’extinction. Certaines ont déjà disparu, notamment le lion de l’Atlas et l’aigle impérial.

Biodiversité: Une quarantaine d'espèces animales en voie d'extinction au Maroc Source: IPBES

Le 09 mai 2019 à 11:20

Modifié le 09 mai 2019 à 15:52

L’extinction des espèces provoque dès à présent des effets graves sur les populations humaines du monde entier, alerte un nouveau rapport de la Plateforme intergouvernementale sur la biodiversité et les services écosystèmes (IPBES).

"La santé des écosystèmes dont nous dépendons, ainsi que toutes les autres espèces, se dégrade plus vite que jamais. Nous sommes en train d’éroder les fondements mêmes de nos économies, nos moyens de subsistance, la sécurité alimentaire, la santé et la qualité de vie dans le monde entier" a déclaré le président de l’IPBES, Sir Robert Watson.

"Le rapport nous dit aussi qu'il n’est pas trop tard pour agir, mais seulement si nous commençons à le faire maintenant à tous les niveaux, du local au mondial", a-t-il ajouté. 

Un million d'espèces animales et végétales menacées d'extinction

Le rapport, élaboré par 145 experts issus de 50 pays au cours des trois dernières années, avec la contribution additionnelle apportée par 310 autres experts, évalue les changements au cours des cinq dernières décennies.

Le rapport estime qu’environ 1 million d'espèces animales et végétales sont aujourd'hui menacées d'extinction, notamment au cours des prochaines décennies, ce qui n’a jamais eu lieu auparavant dans l'histoire de l’humanité.

Depuis 1900, l'abondance moyenne des espèces locales dans la plupart des grands habitats terrestres a diminué d'au moins 20% en moyenne. Plus de 40% des espèces d’amphibiens, près de 33% des récifs coralliens et plus d'un tiers de tous les mammifères marins sont menacés. La situation est moins claire pour les espèces d'insectes, mais les données disponibles conduisent à une estimation provisoire de 10% d’espèces menacées. Au moins 680 espèces de vertébrés ont disparu depuis le 16e siècle. Plus de 9% de toutes les races domestiquées de mammifères, utilisées pour l’alimentation et l’agriculture avaient disparu en 2016, et 1.000 races de plus sont menacées.

Qu'en est-il du Maroc? 

Plusieurs espèces animales sont en voie d'extinction au Maroc. Certaines ont déjà disparu, notamment le lion de l'Atlas, aperçu pour la dernière fois en 1930, et l’aigle impérial, éteint entre 1960 et 1980.

Dans la catégorie des mammifères, "six espèces, toutes de grande taille, ont disparu du Maroc, entre 1925 et 1956". Il s’agit de quatre ongulés (l’oryx algazelle, l’addax, la gazelle leptocère et le bubale) et deux carnivores (le lion de l’Atlas et le serval), nous a expliqué dans un article précédent Zouhair Amhaouch, chef de la division des Parcs et réserves naturelles au sein du Haut commissariat aux eaux et forêts et à la lutte contre la désertification.

D’autres espèces sont menacées de disparition. Il s’agit du porc-épic, de la hyène rayée, de la gazelle dama, du phoque moine, du lynx caracal, du chat sauvage, du ratel et de l’écureuil du Sénégal. 

Chez les oiseaux, au moins une dizaine d’espèces nidificatrices ont disparu depuis le début du XXe siècle. Les extinctions les plus récentes concernent l’autruche à cou rouge (1960 – 1980), l’érismature à tête blanche (probablement à la fin des années 1950), la pintade sauvage (vers 1975), l’aigle impérial (1960 – 1980), la grue demoiselle (vers 1985), le vautour oricou (1955 - 1970), le vautour moine (1950 – 1975) et la guifette moustac (1950 – 1960).

Une trentaine d’autres espèces d’oiseaux sont aujourd’hui menacées d’extinction. Les plus remarquables en sont: l’ibis chauve, le vautour fauve, la grande outarde, l’outarde houbara et le cormoran huppé.

D’après les spécialistes, deux espèces de reptiles, spectaculaires et recherchées par les herpétologues et les terrariophiles, sont au bord de l’extinction dans la plaine du Souss et ont déjà disparu de plusieurs autres régions.

Le crocodile du Nil est la seule espèce de reptiles qui est considérée comme définitivement éteinte au Maroc. Il se trouvait encore dans les années 1930, dans certaines gueltas du bas Drâa.

Parmi les causes de l'extinction des espèces, la pression faite sur leur habitat naturel (exploitation forestière, incendies, défrichement à des fins agricoles, et surpâturage du bétail), le braconnage, ou encore le trafic d'espèces menacées, selon M. Amhaouch.

L'impact du changement climatique sur la diversité génétique 

Les auteurs du rapport de l'IPBES ont classé les cinq facteurs directs de changement qui affectent la nature et qui ont les plus forts impacts à l’échelle mondiale. Les facteurs responsables sont, par ordre décroissant:

1- les changements d’usage des terres et de la mer;

2- l'exploitation directe de certains organismes;

3- le changement climatique;

4- la pollution;

5- les espèces exotiques envahissantes. 

Le rapport souligne également que, depuis 1980, les émissions de gaz à effet de serre ont été multipliées par deux, provoquant une augmentation des températures moyennes mondiales d'au moins 0,7 degré Celsius. Le changement climatique a déjà un impact sur la nature, depuis le niveau des écosystèmes jusqu’à celui de la diversité génétique - impact qui devrait augmenter au cours des décennies à venir et, dans certains cas, surpasser l'impact dû au changement d’usage des terres et de la mer et des autres facteurs de pression. 

Source: IPBES

Biodiversité: Près de 40 espèces animales en voie d'extinction au Maroc

Le 09 mai 2019 à12:47

Modifié le 09 mai 2019 à 15:52

La nature décline à un rythme sans précédent dans l’histoire humaine, et le taux d’extinction des espèces s’accélère dans le monde. Au Maroc, une quarantaine d’espèces animales sont en voie d’extinction. Certaines ont déjà disparu, notamment le lion de l’Atlas et l’aigle impérial.

L’extinction des espèces provoque dès à présent des effets graves sur les populations humaines du monde entier, alerte un nouveau rapport de la Plateforme intergouvernementale sur la biodiversité et les services écosystèmes (IPBES).

"La santé des écosystèmes dont nous dépendons, ainsi que toutes les autres espèces, se dégrade plus vite que jamais. Nous sommes en train d’éroder les fondements mêmes de nos économies, nos moyens de subsistance, la sécurité alimentaire, la santé et la qualité de vie dans le monde entier" a déclaré le président de l’IPBES, Sir Robert Watson.

"Le rapport nous dit aussi qu'il n’est pas trop tard pour agir, mais seulement si nous commençons à le faire maintenant à tous les niveaux, du local au mondial", a-t-il ajouté. 

Un million d'espèces animales et végétales menacées d'extinction

Le rapport, élaboré par 145 experts issus de 50 pays au cours des trois dernières années, avec la contribution additionnelle apportée par 310 autres experts, évalue les changements au cours des cinq dernières décennies.

Le rapport estime qu’environ 1 million d'espèces animales et végétales sont aujourd'hui menacées d'extinction, notamment au cours des prochaines décennies, ce qui n’a jamais eu lieu auparavant dans l'histoire de l’humanité.

Depuis 1900, l'abondance moyenne des espèces locales dans la plupart des grands habitats terrestres a diminué d'au moins 20% en moyenne. Plus de 40% des espèces d’amphibiens, près de 33% des récifs coralliens et plus d'un tiers de tous les mammifères marins sont menacés. La situation est moins claire pour les espèces d'insectes, mais les données disponibles conduisent à une estimation provisoire de 10% d’espèces menacées. Au moins 680 espèces de vertébrés ont disparu depuis le 16e siècle. Plus de 9% de toutes les races domestiquées de mammifères, utilisées pour l’alimentation et l’agriculture avaient disparu en 2016, et 1.000 races de plus sont menacées.

Qu'en est-il du Maroc? 

Plusieurs espèces animales sont en voie d'extinction au Maroc. Certaines ont déjà disparu, notamment le lion de l'Atlas, aperçu pour la dernière fois en 1930, et l’aigle impérial, éteint entre 1960 et 1980.

Dans la catégorie des mammifères, "six espèces, toutes de grande taille, ont disparu du Maroc, entre 1925 et 1956". Il s’agit de quatre ongulés (l’oryx algazelle, l’addax, la gazelle leptocère et le bubale) et deux carnivores (le lion de l’Atlas et le serval), nous a expliqué dans un article précédent Zouhair Amhaouch, chef de la division des Parcs et réserves naturelles au sein du Haut commissariat aux eaux et forêts et à la lutte contre la désertification.

D’autres espèces sont menacées de disparition. Il s’agit du porc-épic, de la hyène rayée, de la gazelle dama, du phoque moine, du lynx caracal, du chat sauvage, du ratel et de l’écureuil du Sénégal. 

Chez les oiseaux, au moins une dizaine d’espèces nidificatrices ont disparu depuis le début du XXe siècle. Les extinctions les plus récentes concernent l’autruche à cou rouge (1960 – 1980), l’érismature à tête blanche (probablement à la fin des années 1950), la pintade sauvage (vers 1975), l’aigle impérial (1960 – 1980), la grue demoiselle (vers 1985), le vautour oricou (1955 - 1970), le vautour moine (1950 – 1975) et la guifette moustac (1950 – 1960).

Une trentaine d’autres espèces d’oiseaux sont aujourd’hui menacées d’extinction. Les plus remarquables en sont: l’ibis chauve, le vautour fauve, la grande outarde, l’outarde houbara et le cormoran huppé.

D’après les spécialistes, deux espèces de reptiles, spectaculaires et recherchées par les herpétologues et les terrariophiles, sont au bord de l’extinction dans la plaine du Souss et ont déjà disparu de plusieurs autres régions.

Le crocodile du Nil est la seule espèce de reptiles qui est considérée comme définitivement éteinte au Maroc. Il se trouvait encore dans les années 1930, dans certaines gueltas du bas Drâa.

Parmi les causes de l'extinction des espèces, la pression faite sur leur habitat naturel (exploitation forestière, incendies, défrichement à des fins agricoles, et surpâturage du bétail), le braconnage, ou encore le trafic d'espèces menacées, selon M. Amhaouch.

L'impact du changement climatique sur la diversité génétique 

Les auteurs du rapport de l'IPBES ont classé les cinq facteurs directs de changement qui affectent la nature et qui ont les plus forts impacts à l’échelle mondiale. Les facteurs responsables sont, par ordre décroissant:

1- les changements d’usage des terres et de la mer;

2- l'exploitation directe de certains organismes;

3- le changement climatique;

4- la pollution;

5- les espèces exotiques envahissantes. 

Le rapport souligne également que, depuis 1980, les émissions de gaz à effet de serre ont été multipliées par deux, provoquant une augmentation des températures moyennes mondiales d'au moins 0,7 degré Celsius. Le changement climatique a déjà un impact sur la nature, depuis le niveau des écosystèmes jusqu’à celui de la diversité génétique - impact qui devrait augmenter au cours des décennies à venir et, dans certains cas, surpasser l'impact dû au changement d’usage des terres et de la mer et des autres facteurs de pression. 

A lire aussi


Médias24 est un journal économique marocain en ligne qui fournit des informations orientées business, marchés, data et analyses économiques. Retrouvez en direct et en temps réel, en photos et en vidéos, toute l’actualité économique, politique, sociale, et culturelle au Maroc avec Médias24

Notre journal s’engage à vous livrer une information précise, originale et sans parti-pris vis à vis des opérateurs.